Mon avis sur… Blue Period T.8 de Tsubasa Yamaguchi

Blue Period Tome 8

Après un septième volume en deçà du reste de la série, présentant de nouveaux enjeux et personnages aux côtés de Yatora, ce huitième tome a une grosse responsabilité sur les épaules, celle de relancer pour de bon la série à un niveau d’excellence auquel elle nous avait habitués jusqu’alors. Voyons donc si la mission est remplie.


Un grand merci à Pika pour l’envoi de ce volume.


Mon avis sur les tomes précédents : Tome 1Tome 2Tome 3Tome 4Tome 5Tomes 6&7


Avant d’entrer dans le vif du sujet concernant ce huitième tome, précisons que Nathalie Lejeune, traductrice de la série, a reçu le prix Konishi de la traduction de manga au festival d’Angoulème 2022.

À peine entré à Geidai, Yatora déchante. Non seulement il se sent incompétent comparé aux autres étudiants, mais les professeurs lui font également comprendre qu’il doit commencer par oublier tout ce qu’il a appris jusqu’ici pour trouver sa propre identité artistique. Rien ne semble gagné pour Yatora, qui est aussi dépité qu’exaspéré… mais ouvert à la découverte d’autres centres d’intérêt

On reprend directement sur les chapeaux de roues, passé une première page où l’on peut contempler un étudiant nu comme un ver, avec une nouvelle épreuve pour les jeunes de Geidai, dont Yatora fait désormais partie. L’occasion une fois de plus de questionner son rapport à l’art, son regard en tant qu’artiste, et proposer pour le lectorat des idées passionnantes. Car autant le dire tout de suite, la baisse de régime du tome 7 est déjà derrière nous, et on a affaire à un tome encore une fois passionnant, qui arrive de nouveau à combiner les différents aspects qui rendent cette série passionnante : le travail sur la psychologie de Yatora, qui va de paire avec les questionnements techniques, esthétiques, thématiques et émotionnels sur l’art, rien que ça !

Notre jeune étudiant a compris qu’il ne pouvait pas rester le nez dans sa peinture et adopter une approche purement intellectuelle, mais qu’il doit nourrir son imaginaire artistique. Il commence par découvrir les vidéos d’Idols, qui l’intriguent, et s’intéresse à l’histoire de son pays, dressant des correspondances entre les modes de vie passé et présent. L’occasion d’aborder l’air de rien le rapport fluctuant aux formes d’art, par le biais d’un homme lui expliquant que le Kabuki, vu comme un art élitiste aujourd’hui était à l’origine une discipline populaire.

Le genre de chose qui peut être évidente lorsque l’on s’intéresse à l’histoire des arts au sens large (par exemple, le théâtre de Shakespeare a connu une évolution du même ordre en terme de réception), qui enrichit toujours intelligemment le discours du manga, propice aux réflexions sur l’art. Et encore une fois, tout ceci est fait sans lourdeur ni côté purement didactique, se mariant au contraire très bien avec le développement du récit et de Yatora. Un numéro d’équilibriste auquel la mangaka nous avait de toute façon habitué depuis longtemps.

Enfin, dans le même ordre d’idée, à la faveur de l’élaboration d’une sculpture collective en vue d’un festival, plusieurs personnages secondaires sont développés en plus de proposer un regard intéressant sur les aléas de la création, rappelant que toute œuvre nait aussi en partie des contingences du moment, qui influent sur ce qu’elle sera au final. Le cinéma fonctionne totalement comme ça, Truffaut le disait déjà dans La Nuit Américaine, et le manga n’échappe pas à la règle, bien entendu.

Ainsi, la baisse de régime du tome 7 était fort heureusement uniquement passagère, et ce nouveau volume renoue avec la qualité d’écriture qui porte la série depuis ses débuts (je n’ai pas parlé de l’esthétique, mais on est également dans la droite lignée de ce à quoi on a droit depuis le premier volume). Je trouve même cette nouvelle partie de l’apprentissage de Yatora encore plus enthousiasmante, confirmant le fait que Blue Period est une des séries en cours qui me passionne le plus.

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