Mon avis sur… Blue Period T.4 de Tsubasa Yamaguchi

Blue Period

Je l’ai dit récemment à l’occasion d’un retour sur le premier semestre 2021, Blue Period est clairement le titre que je retiens cette année dans la quantité pourtant assez conséquente de nouveautés que nous avons eu. L’histoire de Yatora, jeune lycéen qui ne s’intéresse à rien et qui va se découvrir une passion pour la peinture, a réussi à me toucher grâce à un travail particulièrement pertinent sur le point de vue du personnage, et son regard sur cet art qui lui parle tout particulièrement. Et avec ce tome 4, mon amour pour la série ne va clairement pas aller en diminuant !

Un grand merci à Pika pour l’envoi de ce volume.


Mon avis sur les tomes précédents : Tome 1Tome 2Tome 3 – 


À un mois de l’examen d’admission de Geidai, Mme Ooba, la professeure à la prépa d’Art, pointe du doigt les faiblesses de Yatora. Un coup dur pour le jeune garçon qui se donne corps et âme pour réussir. À quelques semaines d’affronter la première épreuve du concours tant redouté, il perd complètement pied. La douleur et la peur le paralysent. Mais il est encore temps de tirer les enseignements de ce passage à vide et de résister au renoncement…

Je l’ai dit en introduction, mais pour moi, la grande force du récit, au-delà de son esthétique originale et somptueuse ou de son écriture didactique sans jamais être chiante sur les techniques de peinture, est clairement l’écriture du personnage de Yatora. Ce jeune homme un peu paumé qui va se découvrir une passion et se découvrir lui-même par ce biais force l’empathie et la sympathie. 

Il a cette puissance évocatrice des héros de roman d’apprentissage, qui nous permet de totalement s’identifier à lui, tant il est porteur d’une certaine vérité sur ce qu’est le fait de grandir, de devenir adulte, et de devoir se trouver en tant qu’individu, pour avancer à la fois en tant qu’être, mais également socialement. C’est en partie de cette tension qu’il est question, avec le choix radical de Yatora, qui préfère aller vers ce qui désormais le fait vibrer plutôt que vers une carrière « classique ». Mais pour cela, il doit déjà réussir l’examen d’entrée à Geidai.

Ce sera le cœur de ce quatrième tome, sachant que l’on assiste qu’à une seule épreuve pour le moment, épreuve dont le sujet n’est clairement pas choisi au hasard, puisqu’il s’agit de l’autoportrait. Yatora doit donc trouver une façon de se représenter, et pour cela il doit faire le point sur ce qu’il est au fond de lui. Cette réflexion est d’une part tout à fait pertinente dans le cas d’un récit d’apprentissage, où il est constamment question de savoir qui on est, et qui on souhaite devenir. Mais en plus, dans le cadre d’un récit sur la peinture, il s’agit aussi de se questionner sur quel artiste on est, et qu’est-ce que l’on met de soi dans son œuvre.

Une problématique qui, personnellement, me passionne. Sans doute car je n’ai par ailleurs aucune fibre artistique, l’idée de faire passer des idées, des obsessions personnelles au sein de son œuvre me fascine tout particulièrement.

Ainsi, ce questionnement devient central dans le développement de l’histoire, par le biais de Yatora et de son évolution. Mais il n’est pas question que de peinture ici, et au détour d’une conversation avec un de ses rares amis proches, le jeune homme arrive un peu mieux à se comprendre lui-même, et décide de se faire plaisir par le biais de son art, ce qui semble être la chose la plus importante dans l’acte de création. En tout cas, c’est ce que la mangaka semble ici nous dire. Ce qui est certain, c’est qu’en se faisant plaisir, elle nous fait plaisir, et confirme une fois de plus tout le brio de son œuvre, qui mérite définitivement le coup d’œil !

2 commentaires

  1. Les questionnements et remises en question même si tu as la fibre artistique tu te les poses forcément… Je suis d’accord avec toi et rejoins sur ta chronique. c’est une excellente série qui mérite tellement d’être lue ! La tension avec l’examen… c’était juste palpitant (et ça m’a rappelé de très vieux souvenirs).

    Aimé par 1 personne

    • Ayant quand même connu un certain nombre d’examens (et passant encore par là avec les concours de la fonction publique), je connais bien aussi 😉

      Une série toujours aussi passionnante, je trouve qu’on en parle pas encore assez

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