Pourquoi Prisonnier Riku est mon manga préféré ?

Je n’ai pas pour habitude de trop parler de moi sur le blog, quand bien même il arrive lorsque j’évoque les mangas que j’aime et qui me touchent que j’en vienne à évoquer des choses un peu personnelles. Mais je ne suis pas forcément à l’aise avec le fait de me dévoiler, même si je reste relativement anonyme ici. Cependant, j’ai eu envie d’écrire à propos de Prisonnier Riku et de la relation très forte qui me lie à ce manga en particulier, et qui fait qu’il est devenu plus qu’une simple œuvre de fiction à mes yeux. Au moment où j’écris ces lignes, je ne sais pas encore vraiment ce qui va émerger, mais je pense que je vais un peu me dévoiler, vous partager mon rapport au monde et des choses qui trottent dans ma tête, afin de faire comprendre la nature des émotions que ce manga me fait ressentir. J’en appelle de ce fait à votre bienveillance, car ce n’est pas forcément facile de parler de soi et de comment on se sent au fond de nous.

Je tiens à préciser avant de commencer qu’il n’y a aucun spoil dans cet article. Le but pour moi étant de donner envie à un maximum de gens de découvrir Prisonnier Riku, je ne souhaite rien gâcher à qui que ce soit. Aucune révélation concernant l’intrigue n’est faite. L’élément le plus « spoilesque » étant que je parle d’un personnage introduit après 8 tomes (sur 38), mais je ne donne pas d’information réelle sur le personnage en question. De ce fait, vous pouvez lire sans soucis cet article même si vous ne connaissez pas le manga. J’ai également fait de mon mieux pour qu’il soit compréhensible sans connaissance préalable de l’histoire.

Développer un rapport intime avec une œuvre

Avant de parler plus en détails de Prisonnier Riku, et en guise de préambule, je vais parler un peu d’un sujet qui m’intéresse beaucoup, réfléchissant depuis des années sur mon rapport aux œuvres de fiction : le fait qu’on noue une forme d’ « intimité » avec certaines œuvres. J’entends par là que des films, romans, mangas, BD, jeux vidéo ou autres peuvent nous toucher profondément, au point où on revienne à elles régulièrement, et où elles influencent considérablement notre rapport au monde et nous apportent bien plus que les autres.

Je pense que tous les passionnés, quels que soient les objets de leur passion, connaissent ça vis-à-vis de certaines œuvres en particulier. Et je considère d’ailleurs ça comme très bien et très sain, et ce quelle que soit l’œuvre concernée (en espérant quand même qu’elle transmette des choses positives). Au fil des années, j’ai eu l’occasion de connaître ça avec pas mal de films, mais aussi avec quelques romans, jeux vidéo, et évidemment mangas. Bien souvent, ce rapport intime aux œuvres naît chez moi par le biais d’émotions très fortes ressenties, qui me donnent envie de me replonger régulièrement dans l’œuvre en question pour revivre ces émotions. Mais cela vient aussi d’une forme de rapport au monde que l’œuvre me transmet. Mais sur ce point, je souhaite développer la notion de « co-construction » des œuvres pour être clair.

Toute œuvre est une co-construction

Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises sur le blog, j’ai étudié le cinéma, qui est sans doute ma plus grosse passion à l’origine. Et lorsque j’ai commencé à étudier cet art, j’avais beaucoup de présupposés et d’idées toutes faites, qui pour la plupart ont pas mal vacillé. Une d’entre elles était que les films étaient l’expression intégrale de la vision d’une personne, son réalisateur (ou réalisatrice), et qu’il y avait un sens à en dégager qui était quelque part immuable.

Or, l’expérience m’a démontré que cette vision n’était pas tenable en réalité, et que les films, mais aussi toute forme d’expression artistique, était une co-construction. Tout d’abord parce que rares sont les œuvres créées par une personne seule, et que les différents intervenants contribuent à la façonner de ce fait. Mais aussi et surtout, car le récepteur (donc vous et moi) y apporte également de nombreuses choses en fonction de sa sensibilité, sa culture, son éducation, son vécu, en bref, en fonction de sa vision du monde. Ainsi, d’une personne à une autre, le sens qu’on dégage d’une œuvre est différent même s’il peut y avoir des éléments qui subiront peu de variations.

Avenir

Et je suis finalement plutôt à l’aise avec cette idée, car ça laisse à chacun une part de liberté interprétative, mais surtout, cela nous permet de nous approprier à notre façon les différentes œuvres et de développer un rapport personnel, voire « intime » en fonction de notre degré d’investissement dans l’œuvre. Me concernant, il y a beaucoup de films avec lesquels j’ai noué cette forme de rapport, le premier étant la trilogie du Seigneur des Anneaux, mais depuis de nombreux autres ont rejoint mon panthéon et ont contribué à définir mon rapport au monde, et m’ont apporté au fil des ans. Je pense d’ailleurs que la saga Matrix est celle qui a eu le plus d’impact concernant mon rapport au monde, mais aussi mon éveil culturel.

Et dans le cas du manga, je pense qu’il y a trois titres qui ont eu un impact particulier jusqu’à présent (et qui seront rejoint par d’autres au fil des ans), et qui constituent actuellement mes trois mangas préférés : Vinland Saga, Real et donc Prisonnier Riku dont il est question ici.

Nous allons donc voir, après ce long prélude (mais néanmoins important), en quoi Prisonnier Riku a eu un impact particulier sur moi, et comment ce manga m’accompagne depuis que je l’ai commencé.

Un chef d’œuvre d’humanisme

Je dois avouer que je suis quelqu’un de très solitaire, et que cela vient en partie du fait que j’ai davantage de plaisir à me plonger dans la fiction qu’à côtoyer mes semblables. Mais je pense que cela me vient aussi du fait que je ne suis pas très en phase avec le monde tel qu’il est. Je me sens infiniment proche des animaux mais assez peu des gens en général (quand bien même je ne suis pas un ermite), et cela me vient du fait que la façon dont on se traite les uns les autres, et dont on traite les plus faibles (les animaux en faisant partie) est une source de souffrance chez moi.

Je pense que j’ai du mal à accepter et gérer mes émotions, et que j’ai également une forte empathie qui font que je suis globalement quelqu’un qui souffre, et qui est assez malheureux. Depuis longtemps la fiction m’aide à me mettre en phase avec mes émotions, et m’aide à me comprendre moi-même (car c’est difficile de se comprendre finalement). J’ai donc besoin de retrouver dans la fiction des figures proches de moi, et des valeurs et une vision du monde proche de la mienne. Je retrouve cela notamment dans la figure des Hobbits, que ce soit dans les œuvres de Tolkien ou dans les formidables adaptations ciné de Peter Jackson (Bilbon est un de mes personnages de fiction préférés, et je trouve qu’il a été magnifié dans les films). Et le personnage de Riku est dans cette veine selon moi, transmettant des valeurs humanistes fortes et qui frappent dès le premier tome du manga.

Petit rappel au cas-où : Prisonnier Riku est un manga qui se passe dans un futur proche, alors qu’une météorite a dévasté Tokyo, les autorités ont décidé d’ériger un mur entre le bidonville (la partie détruite) et le reste de la ville. Le jeune Riku Kurita a grandi dans le bidonville en question, et s’en sort tant bien que mal notamment grâce à la bienveillance d’un vieux policier intègre (une espèce rare), qu’il considère comme son Papy. Mais il assiste à l’assassinat de ce dernier par un certain Kidoin, et porte le chapeau pour ce meurtre et est envoyé à la prison de L’île du Paradis. Dès lors il va vouloir s’évader et retrouver Kidoin pour savoir pourquoi il a tué son Papy. Cependant, vous vous en doutez bien, la vie n’est pas rose en prison.

Et c’est justement le contraste entre la dureté de la prison et la bonté de ce petit garçon qui sera au cœur de la série, l’idée étant qu’il arrivera à rester pur malgré la violence de ce milieu et de ce monde, et qu’il arrivera même à faire revenir dans la lumière des détenus qui deviendront comme ses frères. C’est un point très important car si Riku est clairement mon personnage préféré, je me sens bien plus proche en tempérament de quelqu’un comme Renoma, qui porte en lui en grande colère. Je n’ai pas ses accès de violence, mais j’ai aussi une forme de colère qui vient de toutes les formes d’injustice qui engendrent des souffrances, et pour lesquelles on ne peut rien faire.

La vision d’un auteur

Shinobu Seguchi
La seule photo de Seguchi que j’ai trouvé (il est à droite, évidemment).

Et à travers ce duo, mais aussi les autres personnages qui les accompagnent, un très grand humanisme transparaît dans le manga. Humanisme qui est selon moi l’expression de son auteur, Shinobu Seguchi. Comme vous l’avez sûrement remarqué, j’ai une passion pour les mots d’auteur qu’on retrouve dans les jaquettes de mangas, et cette passion a été considérablement alimentée par ceux de Seguchi (j’en ai fait une petite sélection ici), tout simplement parce que tout l’humanisme de l’auteur et de son œuvre transparaissent dedans. J’irai même jusqu’à dire que certains de ses mots résument finalement les messages de son manga.

 

 

 

Je précise au passage que j’ai longtemps été ce qu’on peut appeler un « fan », dans le sens où j’admirais de nombreux artistes, essentiellement des cinéastes et des acteurs. Et depuis quelques années, j’ai pris beaucoup de distance par rapport à tout ça, ne supportant plus le culte de la personnalité qui entoure ceci (c’est un point de vue très personnel, et je ne blâme pas les gens qui sont fans d’artistes). Mais dans le domaine du manga, mon rapport aux artistes est un peu différent car j’ai conscience que ce sont des gens qui travaillent énormément, dans des conditions difficiles, et je suis assez touché par cela. De plus, j’ai le sentiment que beaucoup de mangakas sont très éloignés du « star system » et du culte de la personnalité qui me déplaît. De ce fait, j’arrive à avoir de l’admiration pour les mangakas, et Shinobu Seguchi doit être de ceux que j’admire le plus. Et les valeurs humanistes qu’il transmet me parlent particulièrement. Et, petit détail anodin, j’ai découvert récemment qu’il était né le même jour que moi (17 ans avant, soit, mais on est quand même tous les deux du 27 décembre), et ça me fait plaisir, je dois l’avouer.

Riku Kurita, la lumière dans les ténèbres

Cet aparté concernant l’auteur étant fait, revenons en aux valeurs transmises par le manga, qui sont en grande partie responsables de ma passion. Pour moi, l’humanisme de l’œuvre vient en grande partie du personnage de Riku, comme je l’ai déjà dit. J’ai longtemps pensé qu’un message fort ne pouvait être délivré dans la fiction que s’il était énoncé avec subtilité. Et je ne pense plus forcément cela. Mon avis est désormais que la subtilité est une façon de faire, mais qu’être rentre dedans peut aussi marcher. L’important est d’arriver à créer une connexion émotionnelle avec les récepteurs que nous sommes. Dans le cas de Prisonnier Riku, je pense que Seguchi sait doser l’aspect subtil et l’aspect rentre dedans pour tirer meilleur parti de chacun quand c’est nécessaire.

LuneJ’entends par là qu’à travers le personnage de Riku, qui a une vision d’enfant du monde, il arrive à expliciter des idées fortes de façon simple, notamment par le biais de répliques profondément émouvantes, portées avec une voix d’enfant, mais pourtant d’une grande sagesse. Cet enfant refuse de se laisser abattre, quand bien même ce qu’il vit est d’une totale injustice. Et malgré les brimades qu’il subit, il refuse de faire du mal aux autres, et c’est cette bonté et cette droiture qui va l’amener à devenir un leader. Dans les shonen nekketsu (Prisonnier Riku en partage certains codes, même s’il est difficile de le faire entrer dans un genre précis selon moi), on a très souvent ce schéma du faible qui devient le fort et peut de ce fait protéger ceux qui sont toujours faibles. J’aime l’idée avec Riku qu’il reste faible, mais que cela ne l’empêche pas de faire le nécessaire pour les autres. Car il a choisi de dire non à la violence, et de ce fait il n’a pas besoin de devenir fort physiquement.

RikuSa force à lui vient du fait qu’il endure, qu’il fait face à ces injustices sans jamais baisser les bras et sans jamais arrêter de croire que la bonté peut triompher. C’est quelque chose de bouleversant à mes yeux, moi qui au contraire ait tendance à baisser les bras, à jeter la faute sur les autres et à avoir une vision totalement négative du monde. C’est en ça que Riku est pour moi un être de lumière, qui m’éclaire tout comme il éclaire ses codétenus. Et le fait qu’il soit un enfant le rend d’autant plus beau. Car il représente encore davantage l’innocence et la pureté qu’on essaie de souiller. Ses camarades ayant été broyés par ce monde et ce système dans lequel ils vivent (de nombreux flash-back en témoignent, notamment concernant Renoma), lui refuse de se laisser aller. La question de l’enfance sacrifiée est d’ailleurs développée à travers Renoma et Tanaka, montrant les deux faces d’une même pièce.

Renoma et Tanaka, ceux qui refusent d’oublier

En début d’histoire, Renoma est un chef de gang effrayant qui malmène les plus faibles dans la prison. Mais très rapidement, il va s’adoucir au contact de Riku, qui réveille en lui ses bons côtés (comme ce sera d’ailleurs le cas pour d’autres personnages), au point de devenir comme son frère. On veille sur les notresMais le personnage n’en reste pas moins quelqu’un qui a vécu des choses tellement dures dans le bidonville qu’il a fini par devenir une boule de colère et de violence, et ce dès l’enfance. On revient à de nombreuses reprises sur la vie de Renoma dans le bidonville, nous permettant de comprendre pourquoi il est ainsi. L’idée est simple et évidente : les gens violents ne le sont pas par nature, c’est leur environnement et ce qu’ils ont vécu qui les ont rendu comme cela. Renoma est devenu violent (mais continue à protéger les siens quoi qu’il arrive), et les choses qu’il a vécu fait qu’il n’arrive plus à faire confiance aux adultes.

Car on a tendance à l’oublier compte tenu du fait que les personnages principaux, en dehors de Riku sont tous immense et souvent bodybuildés, mais il reste des jeunes (Renoma a 18 ans), et gardent souvent de la rancœur envers les adultes. Mon interprétation est que Seguchi souhaite nous dire que c’est aux adultes de prendre soin des enfants afin qu’ils évoluent au mieux. JusticeEt ce discours concernant les enfants me touche particulièrement, et encore plus maintenant que je suis père. Et il est selon moi une des thématiques principales du manga, et contribue à son message humaniste. Je pense que l’idée est qu’une société qui traite ses enfants de la sorte ne peut pas avoir de visage humain. Et au contraire, Seguchi nous montre d’emblée une figure parentale idéale avec le Papy de Riku, mort pour avoir tenté de se dresser contre Kidoin et sa vision du monde. Une autre figure d’adulte importante du récit n’est autre qu’Ichigo Tanaka, le troisième personnage le plus important de l’histoire.

Tanaka apporte une richesse énorme au récit car c’est par son biais que vient une grosse partie de la dimension politique de l’histoire. Il est un ancien avocat, devenu activiste politique suite à la construction du mur séparant le bidonville du reste de la ville. Alors qu’il aurait pu vivre confortablement en dehors, il a choisi de rester dans cette zone horrible afin de protéger les gens qui y vivent. Et une partie de la beauté du personnage vient du fait qu’il refuse d’oublier les choses qu’il a vues, et les atrocités subies par les autres personnes. C’est d’ailleurs ça qui va faire que Renoma finira par lui faire confiance, en témoigne cette réplique poignante : « En ce qui me concerne, apprendre qu’il y a eu des adultes qui ont essayé de faire quelque chose de bien dans cet enfer et que l’un d’entre eux refuse d’oublier ce qui s’y passe, ça me fait du bien. »Ceux qui refusent d'oublier
Et c’est ce point qui me touche le plus chez Tanaka, il ne peut s’empêcher de souffrir en voyant la violence qui s’exerce sur les gens, et son corps marqué témoigne du poids et de la souffrance qu’il porte en lui. Et étant moi-même une personne qui souffre face aux horreurs qui se produisent dans notre monde, je ressens beaucoup de proximité et d’empathie pour lui. Je sais que c’est quelque chose qui peut être difficile à comprendre, mais je pense que dans les faits les personnes n’arrivant pas à supporter le monde tel qu’il est sont très nombreuses, et me concernant, voir des personnages de fiction comme Riku et Tanaka qui se battent contre ça me fait beaucoup de bien.

Et si j’ai pris le temps de bien parler des trois personnages principaux de l’histoire, c’est parce que c’est par eux, mais aussi par leurs camarades codétenus que passent les grandes émotions du manga, car une des choses qui caractérise cette série, c’est qu’elle est riche en émotions. Les personnages pleurent beaucoup, et nous pleurons avec eux, grâce à la connexion forte que Seguchi a réussi à créer entre eux et le lecteur.

Un manga riche en émotions

J’en ai un peu parlé, mais la fiction a une grande importance dans la vie car elle me permet d’affiner ma vision du monde, mais aussi car elle me permet de mieux comprendre et accueillir mes émotions. Je pense que nous sommes finalement assez nombreux à avoir des soucis pour comprendre, accepter et gérer nos émotions. Et les œuvres qui me font ressentir des choses très fortes m’aident à les identifier et les gérer.

Et dans le cas de Prisonnier Riku, j’aime beaucoup le fait que Seguchi n’hésite pas à représenter les émotions des personnages de façon exacerbée. Car comme je l’ai dit précédemment, ils vont beaucoup pleurer face aux événements terribles auxquels ils sont confrontés. Ce monde qui nous est dépeint est une source de souffrance pour eux, et ils doivent pouvoir exprimer leurs émotions afin de supporter ce qu’ils doivent endurer. Riku est évidemment celui qui pleure le plus, mais même les plus forts et les plus imposants ont leurs failles et versent des larmes, à l’image de Matsuo (un des codétenus de Riku), dont les larmes m’auront marqué.

Matsuo
De très nombreuses planches m’ont bouleversé et imprimé la rétine, et celle-ci en fait partie.

À mes yeux, la force émotionnelle de Prisonnier Riku passe évidemment par l’empathie que l’on développe pour ces personnages, tous magnifiques, mais aussi par un travail visuel et d’écriture global. Je ne compte plus les répliques qui m’ont mis les larmes, ni les planches dont la beauté a suffit à me terrasser. C’est à un point tel où le simple fait de me remémorer certains passages, ou lire certaines répliques totalement déconnectées de tout contexte suffit à me faire remonter les larmes. De très nombreux récits, y compris en manga, ont réussi à me faire pleurer, mais je ne pense pas qu’il y en ait qui aient réussi à le faire aussi fort et à autant de reprises que Prisonnier Riku. Cela vient en partie de la connexion et du rapport intime que j’ai noué avec l’œuvre, comme je l’ai expliqué précédemment.

EdaEt cette importance accordée aux émotions dans la série contribue aussi à son humanisme, et à diffuser des messages de toute beauté. Car je pense qu’il faut qu’une œuvre nous parle émotionnellement afin de capter toute notre attention pour ensuite faire un travail intellectuel et délivrer un message fort. C’est en partie ce que j’ai essayé de démontrer au cours de mon développement, car si Prisonnier Riku me touche, c’est aussi à travers ce qu’il dit (ou en tout cas le sens que j’en dégage) sur le monde dans lequel nous vivons. Évidemment que dans nos sociétés occidentales aisées, on ne parque pas les gens derrière des murs, les laissant mourir, ou on ne fait pas les choses que Kidoin fait par la suite dans le récit (encore une fois, je ne dévoilerai rien ici), mais même si le manga offre un reflet déformé de nos sociétés, je pense que la façon dont les individus sont abandonnés et laissés à leur souffrance est authentique. Les injustices n’ont pas la même forme dans la réalité que celle qu’elles ont dans le manga, mais je pense que leur finalité est la même, et comme je l’ai dit, cette finalité est devenue une source de souffrance pour moi au quotidien. Et trouver des personnages qui partagent cette douleur et qui arrivent à vivre avec m’aide beaucoup.

En conclusion, une œuvre qui m’aide à avancer

Pour terminer, je reviens un peu sur ce que j’ai dit en début d’article. J’ai expliqué en quoi on peut nouer des rapports « intimes » avec certaines œuvres, qui nous touchent profondément et qui contribuent à forger notre rapport au monde. Vous l’aurez compris, Prisonnier Riku est une des plus importantes à mes yeux sur ce point, par la connexion émotionnelle que j’ai établi avec et par le reflet que ce manga offre de ma vision des choses. Mais aussi et surtout, parce qu’il me fait du bien.

Amour

Car je me projette énormément dans ces personnages, en particulier les trois dont j’ai le plus parlé. Je n’ai d’ailleurs pas beaucoup évoqué le Papy de Riku, et je me dis que je devrais en faire un article dédié tant ce personnage a une importance fondamentale et un impact majeur sur le récit alors qu’il meurt dans le premier chapitre. Toujours est-il que les souffrances qu’ils vivent et la façon dont ils les endossent et avancent malgré ça est inspirant, et me touche particulièrement. Comme je l’ai dit, le monde tel qu’il est ne me convient pas et engendre chez moi certaines souffrances. Et j’ai beaucoup de mal à les gérer, de ce fait, je cherche des moyens de faire avec et d’avancer. Et depuis longtemps, la fiction m’aide sur un certain nombre de points. Certaines œuvres ayant plus d’impact que d’autres comme je l’ai déjà noté. Et Prisonnier Riku est sur ce point certainement la plus importante pour moi actuellement. Alors que j’ai la chance de vivre dans un pays en paix, que je ne manque de rien et que j’ai une famille, je n’arrive pas à fermer les yeux sur certaines choses qui me font du mal au quotidien. Mais Prisonnier Riku m’aide à faire avec et à avancer. Et je pense de ce fait que ce manga dépasse largement le cadre de la simple fiction, et j’espère qu’il va aider d’autres personnes tristes comme moi.

38 commentaires

  1. Article très intéressant et personnel, et ça se ressent vraiment, donc belle réussite. C’est touchant de voir à quel point tu l’apprécies et de percevoir cette connexion que tu ressens. Ça me donnerait presque l’impression que je pourrais apprécier le manga.

    Maintenant j’ai quand même un peu tiqué (ayant moi aussi fait des études d’audiovisuel) sur le coup de réalisateur où je ne suis qu’à moitié d’accord. Bien sûr qu’il s’agit d’un travail conjoint, mais je peux distinguer deux cas, aussi bien dans ce que fait Hollywood que dans les productions japonaises. Le premier cas, ce sont les œuvres de commande. Le réalisateur n’est pas quelqu’un qui aura une vision particulière, il cherchera avant tout à faire aboutir le projet en se reposant sur les talents (ou non) du groupe. Il décidera, mais sans y mettre quelque chose, sous réserve de proposition de l’équipe. Mais il y a malgré tout des personnalités dont on distingue quelque chose au-delà du film, dans la façon dont c’est réalisé et ce que ça raconte. Parce qu’il reste des chefs de bord qui ont une personnalité qui s’exprime et, si ceux qui travaillent avec eux sont aussi force de proposition, c’est avant tout dans le but de satisfaire cette vision du réalisateur. On le voit chez Tarantino, chez Kubrick, chez Miyazaki ou Masaaki Yuasa (même s’il passe la main à son studio, il l’a façonné à son image, à sa façon de faire). Donc même si, bien sûr, toutes ces œuvrent restent collectives et ne seraient rien sans toutes les petites mains qu’on ne remercie jamais assez, il y a quand même des visions à porter. Pas tout le temps, certes.

    Là où je te rejoins (et c’est là que ça devient intéressant sinon je commente hors sujet), c’est sur le fait que le public donne vie aux œuvres. Et là, effectivement, on peut plus parler de co-création dans ce sens. Ton article permet d’autant plus d’en prendre conscience que tu donnes véritablement corps à Prisonnier Riku. Tu transcendes ta lecture et la fait ressentir à travers tes mots, c’est quelque chose d’assez exceptionnel. Transmettre sa passion est véritablement quelque chose de formidable. D’ailleurs, un peu de la même façon, ton article trouvera résonance ou non auprès de certains. Cette variété d’approche d’un article ou d’une œuvre, c’est ce qui fait toute la richesse de ce type de média, justement parce qu’il n’y a pas qu’une seule vérité, mais autant que de spectateurs / lecteurs. D’où la nécessité de discuter et de partager les points de vue. C’est en ce qu’il y a de personnel que les différences d’appréciation se font, et il est peut-être parfois important ou nécessaire de se livrer pour faire comprendre et respecter notre passion (que ce soit en général, ou à destination d’un titre en particulier). Ce qui, je trouve, est bien fait ici. Et ça s’applaudit. Bravo.

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    • Merci infiniment pour ton commentaire qui me touche beaucoup compte tenu du côté très personnel de mon article.

      En dehors de ça, pour rebondir sur ta remarque concernant le cinéma, je suis totalement d’accord, mais comme ce n’était pas le sujet de l’article je suis passé rapidement sur ce point. Mais étant très orienté cinéastes dans mes choix cinématographiques, j’ai bien conscience que les grands cinéastes ont leur pâte et leurs obsessions qui transparaissent dans leurs films.
      C’est d’ailleurs quelque chose qui me passionne quel que soit le media, et je cherche aussi un peu de ça dans le manga avec les auteurs que j’aime le plus.

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      • Je pense que c’est important, déjà de faire vivre la commu des blogs, a fortiori comme j’en fais partie maintenant ; mais aussi de souligner le travail sur les articles personnels. Parce que c’est dur de se livrer, mais c’est aussi ce qu’il y a de plus efficace pour donner envie et transmettre sa passion. J’aimerais en voir plus souvent, plutôt que des reviews ou critiques qui se veulent objectives, analysent chaque point, un peu froidement en essayant de prendre du recul. Alors que notre subjectivité biaise systématiquement notre appréciation de ces points précisément. Je pense l’expliquer modestement à ma manière dans mon article sur la valeur d’un 10/10. C’est pour ça que j’apprécie d’autant plus ta démarche d’essayer d’inscrire ça dans ton parcours et de mettre en avant ce qui te touche dans cette œuvre (l’humanisme est quelque chose de très important et on le ressent bien), ce qui pour toi la rend unique et lui donne une telle aura. Et à mon avis, on a davantage besoin de ça.

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      • Encore merci à toi. Compte tenu du fait que c’est très personnel comme article, ça me touche d’autant plus.
        J’essaie au maximum de mettre en avant dans mes articles le fait que cela représente mon point de vue selon ma sensibilité personnelle.

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  2. C’est bien de parler des oeuvres et artistes qui nous touchent. Ils sont souvent une porte ouverte sur le monde, une façon de l’appréhender.
    Moi ce que j’avais aimé dans le manga c’est suivre une oeuvre dans son évolution, au fur et à mesure du temps. Parfois il faut plusieurs années avant d’en voir la fin et c’est beau.
    Chaque oeuvre nous touche, nous fait ressentir des émotions, nous bousculent. Certaines nous accompagnent toute notre vie.
    Il n’y a pas forcément de mots pour décrire ce que l’on ressent mais indéniablement le battement de coeur est à l’unisson. Magique, non ?
    Juste pour le clin d’oeil, moi je suis du 26 décembre… amusant 😉

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    • Ah oui, c’est cool de voir des dates de naissance si rapprochées !

      On est parfaitement d’accord concernant le fait que les œuvres permettent d’appréhender le monde.
      Je pense de toute façon que l’on a un grand besoin en fiction parce qu’on y cherche des réponses à certaines questions et qu’elles nous touchent.
      C’est vrai que je suis aussi fasciné par le fait d’accompagner une œuvre dans son évolution pendant de nombreuses années. Je me dis d’ailleurs que j’aimerais vivre ça avec certaines séries en cours, évoluer avec elles et qu’elles m’accompagnent quelques années.

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      • Je crois qu’avec Vinland Saga c’est bien parti pour durer 😉 !
        Oui la fiction est un amplificateur de nos peurs, de nos désirs, de nos questionnements. Elle permet de nous bousculer.
        Moi je vis ça avec tellement d’oeuvres et d’artistes depuis 30 ans que je ne conçois absolument pas de vivre sans elles !
        J’ai grandi avec elles.
        J’aime beaucoup si on reste sur le manga, relire des oeuvres que j’avais adoré à l’époque. J’en étais fan au point d’acheter des produits dérivés. Parfois, je me dis, bon ça correspondait à qui j’étais mais là je suis sur une autre voie. A contrario d’autres me bousculent encore plus aujourd’hui qu’à l’époque. Et puis d’autres et bien, l’émotion est aussi forte hier qu’aujourd’hui. C’est ce que je ressens avec City Hunter. Je ne serai compter le nombre de fois que j’ai lu ce manga, peut-être un million de fois. Pendant cinq ans, je n’ai rien relu. Et quand j’ai recommencé, j’ai eu l’impression de revenir 20 ans en arrière avec le même plaisir de lecture. Un truc de dingue !
        Je trouve ça beau. J’ai hâte de voir comment je le lirai dans 20 ans ! 🙂

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      • Je comprends aussi très bien ça !
        Je lis des mangas depuis assez peu de temps, sauf Dragon Ball que j’ai lu la première fois il y a plus de 20 ans.
        Mais je suis comme ça avec le cinéma, j’aime revoir mes films préférés année après année et voir comment la façon dont je les ressens évolue. Et maintenant s’ajoute le fait que j’ai envie de partager tout ça avec ma fille quand elle sera plus grande (si elle en a envie, bien entendu).

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  3. Bravo pour cet excellent article. En plus, j’avais vraiment une image faussée de ce manga, ça me donne envie d’essayer ! Vu ce que tu dis, je pense que ça me toucherait aussi.

    Perso, je fais une différence entre les oeuvres qui ont marqué ma vie et mes préférées, dans le sens où elles ne font peut-être plus parties de mes favoris à l’heure actuelle. Elles ont juste eu leur place. J’avais fait une série de trois articles sur les livres qui ont marqué ma vie, qui ont participé à me construire.

    Les mangas, je n’en avais mentionné que trois (Yu-Gi-Oh !, Prince of tennis et X/1999) mais je pourrais en rajouter d’autres ! Et surtout, je reconnais les énormes défauts du deuxième, je ne le conseille absolument pas (grosse perte de temps) mais je le kiffe toujours, et puis les personnages, je les aime encore beaucoup. Ceux que je conseillerais ne sont pas les mêmes aujourd’hui. (et concernant YGO, faut commencer au début de l’adolescence, sinon tu passes à côté)

    J’ai aussi ce rapport émotionnel à certaines oeuvres. Je ne vais pas rentrer dans les détails ici mais en tout cas, ton article m’a beaucoup touché !

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  4. Article personnel très touchant. On a tous quelque chose que ce soit un sport ou un livre qui nous forge grâce à ses valeurs et nous donne du courage dans ce monde loin d’être merveilleux.

    Par exemple, moi, c’est Olive & Tom qui m’a fait avancé (j’ai écris aussi un article perso sur ce sujet https://gommahan.wordpress.com/2019/02/28/captain-tsubasa-bien-plus-quun-simple-anime-pour-moi/)

    Même la plus petite des choses peut changer une vie

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  5. Encore un superbe article, on ressent bien tout l’amour que tu portes à Prisonnier Riku et c’est super 😀 Tu te dévoiles un peu et c’est bien aussi, ça permet d’un peu mieux connaître l’homme derrière les articles.

    Je te remercie d’ailleurs pour m’avoir fait découvrir ce pur chef-d’oeuvre, il est dans mon top 3 de mes mangas préférés. C’est un des rares mangas où je n’ai pas su décrocher des 32 tomes et que j’ai lu d’une traite en une semaine.

    Ce manga véhicule tant de choses et m’a fait passer par pleins d’états (colère, tristesse, joie, …) Je trouve juste dommage que Prisonnier Riku n’ai pas plus de succès.

    Bravo encore pour ce superbe article. Des fois, j’ai envie d’écrire un blog, mais quand je lis tes articles, où d’autres bloggeurs, jamais je ne pourrai écrire des articles de si bonne qualité

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    • Tu ne peux pas savoir tant que tu ne t’es pas lancé 😉

      Merci à toi pour ce message qui me fait très plaisir et qui me touche 🙏

      Je suis content que tu te sois lancé et ça me fait plaisir de me dire que c’est un peu grace à moi. On est d’accord que ce manga n’a pas le succès qu’il mérite. Je sens qu’il a des fans très investis, mais on en parle finalement assez peu en dehors de ce cercle de fans.

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      • Le soucis c’est que Akata est un petit éditeur et ça coute cher de faire une grosse comm. C’est sur que chez un gros comme Pika, Glenat, ou même Ki-oon, ils aurait eu les moyens de pousser davantage le titre.
        Mais je suis content quand même qu’il soit chez eux.
        Et je crois aussi que quand une série est longue, au fil du temps les éditeurs poussent moins car ils savent qu’ils vont pas recruter beaucoup de nouveaux lecteurs.

        Mais du coup, je suis d’autant plus content quand je vois des gens qui se lancent dedans comme toi et qui en plus aiment, parce que si ça ne t’avait pas plu j’aurai été dégoûté.
        Moi-même, j’ai découvert grâce à des gens sur twitter, j’ai un peu contribué a le faite découvrir à d’autres. Je me dis qu’ensemble on peut faire un effet boule de neige et aider la serie.

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  6. Bel article dans lequel tu exprimes très bien le pouvoir de cette série et qui donnera envie de découvrir Prisonnier Riku à d’autres. Je me pencherai dessus prochainement puisque ta présentation est tentante.

    A propos du culte de la personnalité que tu évoques, j’ai un problème avec ce concept. De fait, j’ai toujours une certaine distance avec les artistes, ou disons plus généralement, les célébrités. Non pas que je ne comprenne pas qu’on puisse être absolument fan de quelqu’un mais parfois, il me semble que ça vire à l’obsession malsaine. Bref. Comme tout, il faudrait un juste milieu.

    J’espère découvrir un jour ce manga tout en n’ayant pas forcément à l’esprit le regard que tu lui portes (au risque d’être déçue si je ne ressentais pas la même chose) pour pouvoir aussi me forger un avis dépourvu de pistes à suivre. Je ne sais pas si c’est bien clair.

    Et je pense aussi que je ne parviens pas à être aussi impliquée dans mes lectures parce que je refuse d’accorder trop de crédits à de la fiction (quand bien même elle serait basée sur une réalité), au même titre que je n’aime pas « adorer » une personne qui n’est qu’une image publique largement faussée par la vision de quelqu’un d’autre.

    Merci pour ce superbe article. 🙂

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    • Merci à toi d’avoir pris le temps de le lire et de commenter.

      En effet, pendant longtemps j’étais dans le mood « fan » mais maintenant je préfère me focaliser sur les oeuvres plutôt que le créateurs ou les stars en général. Ce n’est vraiment plus quelque chose que j’apprécie.

      Par contre concernant les œuvres, j’ai un rapport très fort à la fiction comme tu l’as compris.

      Et effectivement, si tu te lance dans Prisonnier Riku, j’espère que tu appréciera mais que tu arrivera à ne pas penser à tour ce que j’en ai dit car je ne voudrai pas avoir créé de trop grosses attentes. Surtout que comme pour toute œuvre, c’est vraiment un rapport personnel du coup les autres ne le ressentent pas forcément de la même façon.

      Bref, je suis content si je t’ai donné envie de t’y intéresser et je te remercie encore pour ton message qui me fait très plaisir.

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      • Je ne nie pas le pouvoir des fictions dans la manière dont tu l’évoques. Le truc, c’est que j’ai souvent l’air d’un alien pour mon entourage quand je me mets à parler d’un bouquin que j’ai adoré…. et ça gâche tout de ne pas être comprise. J’ai dû mettre des barrières pour limiter l’impact IRL et parfois ça ne fonctionne pas non plus. Évidemment, je serai forcément plus réceptive à des thèmes qui me touche personnellement.

        Et même si je n’y arrive pas tout le temps, j’essaie de rédiger mes retours de manière neutre.

        En tout cas, si je me lance, je t’en parlerai. En attendant, j’ai encore pas mal de livres pour m’occuper.

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      • Je comprends tout à fait où tu veux en venir.
        Et je comprends aussi le fait de vouloir en parler de façon neutre.
        Moi mon truc quand j’écris sur le blog c’est de m’impliquer émotionnellement pour essayer de faire comprendre ce que je ressens, sûrement parce que je n’ai pas vraiment l’occasion de le faire en vrai.

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  7. bonjour, comment vas tu? merci pour la découverte de ce titre. je ne sais pas si j’accrocherais. je me rends compte que dernièrement je deviens de plus en plus difficile en matière de manga 😉 je ne sais pas pourquoi, mais j’accroche de moins en moins aux shonens classiques par exemple. en ce moment je regarde l’animé hunter x hunter avec mon fils (je sais qu’un animé et une lecture c’est différent) et je t’avoue que je m’ennuie un peu. pourtant c’est une série de qualité… passe un bon vendredi et à bientôt!

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    • Ah oui, en plus Hunter x Hunter c’est vraiment le haut du panier pour moi. Et on s’éloigne quand même des schémas classiques du shonen. Vous en êtes où ? Et quel âge a ton fils si ce n’est pas indiscret ? Parce que la série devient vite assez violente et complexe je trouve.

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      • Attention, je ne dis pas que la série est nulle. J’aime bien mais je ne suis pas autant à fond que sur d’autres séries. Nous en sommes à la fin de la saison 1, on a débuté récemment. Mon fils a 13 ans, 14 à l’automne. C’est un gros mangavore et en général, je le laisse choisir un animé qu’on regarde ensemble. j’aime ces moments de partage et d’échanges, mais parfois on n’a pas les mêmes gouts 😉

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      • Je comprends tout à fait. Ma fille a 7 mois et j’ai tellement hâte qu’on partage des loisirs, quels qu’ils soient.

        Pour Hunter, d’une saison à lautre les ambiances changent énormément, ce qui fait que beaucoup accrochent à certaines parties et moins à d’autres.
        Ma partie préférée se déroule dans la saison 5. Je n’ai l’ai pas encore regardée mais dans le manga c’est mon arc préféré.
        Jai écrit un article par arc justement et ça colle avec les saisons si tu veux te faire une idée. Mais je spoile beaucoup.

        13-14 ans ça me semble un bon âge pour cet anime. Il ne devrait pas être choqué par la violence à venir.

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  8. Eh bien, c’est un article très personnel où j’ai quasiment pu entendre ta voix (alors que je ne t’ai jamais entendu, c’est pour dire).

    J’arrive après la bataille et tu auras sûrement une sensation de répétitions par mes mots mais bravo pour cet article où on comprends facilement pourquoi cette oeuvre t’a tant marqué. Et parce que c’est difficile de parler de soi, surtout quand il s’agit de montrer les choses qui nous blessent ou nous marquent, félicitations à toi.

    J’ai tendance à ne pas dire facilement ce qui m’émeut ou me fait pleurer pour ne pas avoir l’étiquette de « fragile » collé au front et j’avais pensé, en te voyant parlé de certaines scènes qui t’ont marqué de ce manga sur twitter, que toi, tu ne bloquais pas du tout pour le dire, même si autour de toi (hors du cercle des fans de l’oeuvre par exemple, comme moi je ne le lis pas), tu risques de paraître incompris.

    Eh bien, ton article m’a confirmé que je fais bien d’être moins renfermée sur ce genre de trucs (j’ai été un peu éduqué à la « les garçons, ça ne pleure pas » mdrr, bien que je sois une fille). J’ai apprécié te lire aussi parce que ça fait plaisir de voir l’amour d’une oeuvre être déclaré comme ça. Je pense par exemple que je ne parviendrai jamais à me faire comprendre sur pourquoi Bleach, avec tous ces défauts, reste pourtant le manga qui m’a le plus atteint.

    Et concernant le culte de la personnalité, j’ai eu la même phase que toi….au collège j’avais une période Nick Jonas (sans que ça devienne weird mdrr) mais dès 16 ans, j’ai vite perdu le fil de l’effet star dont tu parles et qui est bien un trait occidental car les mangakas, alors même que certains d’entre eux ont fortement impacté l’histoire du manga par leurs œuvres (Rumiko Takahashi et Akira Toriyama par exemple qui sont milliardaires grâce à leurs écrits), mènent une vie assez discrète. J’entends par là que certaines célébrités (et pas forcément celles européennes), même sans faire de recherche sur eux, tu en entends parler, alors qu’eux, c’est plutôt silence radio.

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    • Merci beaucoup pour ce message qui me fait très plaisir et qui me touche beaucoup compte tenu du caractère très personnel de l’article.

      Tu sais, j’ai reussi à l’écrire et à le poster parce que je ressens beaucoup de bienveillance depuis que jai créé ce blog, de ta part et de celle des autres personnes avec qui j’échange. A aucun moment il n’y a eu de prise de tête, je ne me suis jamais senti jugé ou autre. Et ça m’a aidé je pense. Dans la vie je suis plutôt quelqu’un de triste et je ne partage pas beaucoup ce que je ressens, et le fait que ce soit un espace plutôt anonyme même si il y a mon prénom sur mon twitter, fait que ça ne m’a pas dérangé de me dévoiler comme ça. Et surtout, j’ai estimé que c’était important de parler des œuvres qui nous touchent plus profondément et ont un impact sur nous.

      Du coup,encore merci pour ce commentaire, et merci en règle générale pour tous ces échanges qui font du bien qu’on peut avoir !

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  9. Très bel article, j’aime beaucoup la façon dont tu abordes le côté personnel, la perception des oeuvres selon notre vécu et notre personnalité (la preuve que ces éléments ont leur importance, c’est qu’une oeuvre va être adulée par quelqu’un et détestée par quelqu’un d’autre : les deux personnes ont lu la même chose, mais leur expérience impose un prisme différent à chacune).

    Shinobu Seguchi semble être une belle personne, et vu la façon dont tu parles de Prisonnier Riku, ça a l’air de se refléter dans son oeuvre ^^
    Personnellement, j’aime beaucoup les titres de ce genre, que ce soit en roman ou en manga : ils sont souvent très marquants et permettent de se positionner un peu mieux par rapport au monde qui nous entoure, plein d’injustice mais aussi (heureusement) de gens généreux et inspirants.

    J’espère trouver l’occasion de lire cette série en tout cas !

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    • Je te le souhaite en tout cas, c’est vraiment une œuvre à part à mes yeux, tu l’auras compris.

      Je te remercie pour ton commentaire, je le dis à tout le monde mais c’est sincère, ça me touche vraiment d’avoir des retours positifs tant cet article me tenait à cœur.
      Comme je l’ai dit à Fiore, c’est aussi parce que je me sens bien entouré sur Internet que j’ai réussi à l’écrire et le mettre en ligne.

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