Le Hobbit – Du livre aux films : Analyse comparée – Partie 1

Hobbit

Si vous me connaissez un peu, vous savez que j’ai bien d’autres passions que le manga, parmi lesquelles le cinéma, surement la plus importante. Et s’il y a des films qui ont déclenché chez moi cette passion, c’est clairement la trilogie du Seigneur des Anneaux, dont j’ai découvert chaque épisode au cinéma durant mon adolescence, et qui m’ont accompagné durant tout le reste de ma vie d’adulte jusqu’à présent.

Et vous n’êtes pas sans savoir qu’après cette trilogie pharaonique, Peter Jackson est retourné en Terre du Milieu en adaptant la précédente oeuvre de Tolkien, à savoir Le Hobbit (ou Bilbo le hobbit). Je dois avouer qu’à l’époque j’attendais le premier film avec de nombreuses craintes, peur que Jackson se perde, peur que l’intrigue soit moins impactante, peur aussi des aléas de la production (Del Toro qui devait le réaliser évincé en cours de route, le projet de deux films découpé finalement en trois à quelques mois de la sortie du premier, etc…). De nombreuses craintes donc, qui ont finalement été balayées pour moi très rapidement devant le premier épisode, Un Voyage Inattendu, qui m’a totalement bouleversé et ce dès ses premières scènes. Depuis, il est devenu mon film préféré de la saga, et mon film préféré tout court.

Beaucoup sont étonnés quand je leur dit que je préfère la trilogie du Hobbit à celle du Seigneur des Anneaux, mais j’y trouve une approche qui correspond encore plus à ce qui me fait vibrer en tant que spectateur, bien que je considère les deux d’une qualité plus ou moins équivalente.

Et de ce fait, en bon monomaniaque, je réfléchissais depuis quelques temps à comment aborder ces films, d’un point de vue qui puisse être pertinent, personnel, et cependant assez riche pour que ça vaille le coup. Je ne voulais pas apporter un énième avis en mode « pourquoi j’adore ce film », je souhaitais proposer une vraie réflexion sur cette oeuvre si importante pour moi, quitte à faire quelque chose d’assez fouillé et dense par rapports aux standards de mon blog. Et finalement, je me suis dit que si j’étais passionné et amoureux de ces films, mon rapport à l’oeuvre originelle de Tolkien était pas mal non plus. De ce fait, l’idée de proposer une analyse comparée a fini par germer, idée qui m’a semblé d’autant plus pertinente que ces films se sont fait défoncer pendant des années (et se font encore défoncer) sur la base de l’aspect mercantile de l’adaptation, puisque d’un livre d’un peu plus de 300 pages, on a fait 3 films, soit autant que pour Le Seigneur des Anneaux qui adapte plus de 2000 pages.

3 books

Si je comprends qu’on puisse se questionner sur ce point, le procès fait à Jackson ne me semble pas tout à fait juste. Et je me suis donc dis qu’une analyse comparée du livre et des films pouvait être un bon moyen de rendre justice au travail d’adaptation effectué, tout en me permettant le luxe de ne pas être totalement exhaustif, de ne pas pousser les analyses dans des directions qui ne me conviendraient pas. En bref, cela me donne un fil conducteur, que je trouve intéressant et pertinent, et m’aidera à garder un certain cap, quand bien même je m’autoriserai volontiers des digressions, des interprétations et des réflexions qui n’entreront pas forcément dans le cadre du comparatif avec le livre.

Je ne sais pas encore exactement combien d’articles comportera cette série. Au départ je me suis dit que j’en ferai trois pour chaque film, soit 9 en tout, avec un article final sous forme de conclusion. Mais je pense que ça ferait des articles trop longs, donc je vais voir déjà comment découper chaque partie en fonction des films, je pense que ce sera plutôt de l’ordre de 5 articles par film. De plus, je précise que cette analyse se basera sur les versions longues des films, car tant qu’à faire, autant prendre les plus complètes. D’autant plus que La Bataille des cinq armées (le dernier film) doit absolument être vu en version longue selon moi pour prendre la pleine mesure de l’ampleur de la bataille. Mais je préciserai au maximum quels séquences sont ajoutées, car ça peut aussi avoir un intérêt de se questionner sur le pourquoi de certaines scènes ont été coupées ou non dans la version cinéma.

Enfin, précisons que si mon analyse comparera le livre à son adaptation cinématographique, j’irai régulièrement piocher dans les autres ouvrages de Tolkien puisque, on le verra, ils ont été une source importante pour Jackson et ses co-scénaristes dans le travail d’adaptation. Sur ce point, je précise rapidement que Le Hobbit est le premier ouvrage des Terres du Milieu à avoir été publié, et à ce titre il comporte des scories et incohérences par rapport à ce qui sera écrit par la suite. Tolkien en avait connaissance et a parfois un peu modifié le récit de l’aventure de Bilbon, en utilisant comme prétexte le fait que le roman était le récit de ce que le hobbit décrit dans son livre rouge, et à ce titre, il pourrait avoir modifié certains événements.

Bilbo and gollumQuoi qu’il en soit, Tolkien avait écrit à l’époque certaines choses qui appelaient à être affinées voire modifiées, et Jackson a tenu compte de tout ceci dans son adaptation, d’autant plus qu’il avait également l’impératif de coller aux événements du Seigneur des Anneaux (les films, j’entends). Sur ce dernier point, la version du livre que nous pouvons trouver dans le commerce est déjà modifiée par rapport à la première à avoir vu le jour. Un exemple bien connu est le chapitre des énigmes dans le noir, soit la confrontation entre Bilbon et Gollum. L’anneau était à l’origine un simple artefact et Gollum n’y accordait pas une aussi grosse importance que dans la version actuelle du récit. Tolkien a du opérer cette modification pour que l’on constate déjà l’importance de l’anneau (quand bien même très peu d’indices ne laissent à penser qu’il serait un objet si important lorsque l’on lit le livre… Ce qui est déjà une différence assez notable avec l’adaptation cinématographique).

Ainsi, j’espère que ce retour vous permettra d’en apprendre un peu plus sur l’oeuvre de Jackson et de Tolkien, que ça vous intéressera et vous invitera éventuellement à voir avec plus de bienveillance la trilogie du Hobbit, si chère à mon cœur. Enfin, j’espère surtout que vous aurez autant de plaisir à me lire que j’en ai à écrire.

Le Prologue

Dès sa séquence d’ouverture, l’adaptation du Hobbit se démarque du roman d’origine, débutant chez Bilbon. Ici, Peter Jackson choisit une construction similaire à celle du Seigneur des Anneaux, commençant avec un petit prologue qui permet de situer les bases de l’intrigue, avec le royaume d’Erebor et la ville de Dale attaqués par Smaug, la rivalité entre les nains et les elfes et la rancœur que Thorin va nourrir à leur égard. On peut déjà noter que dans la version longue de ce premier film, quelques plans sont ajoutés afin de bien montrer que l’animosité de Thranduil envers les nains viendrait du fait que le grand-père de Thorin, rongé par la cupidité, aurait dérobé des joyeux précieux aux elfes. Cette séquence d’ouverture n’est pas pour autant une pure invention, puisqu’elle reprend en partie le récit que Thorin fait dans le livre de l’attaque de Smaug (premier chapitre).

Ce prologue permet déjà de montrer la volonté chez Jackson d’une ambiance d’emblée bien plus sombre que celle du roman d’origine (qui sait quand même se faire sombre quand il faut, surtout pour un roman pour enfants). Et cela permet déjà de mettre en avant des enjeux importants d’emblée, notamment concernant la rivalité entre les nains et les elfes, qui sera cruciale pour le développement du récit. Mais surtout, le prologue impose d’emblée Thorin comme le personnage central du récit, dont la responsabilité en tant que roi, son vécu et son rapport à sa famille seront d’une importance cruciale dans son développement, mais aussi dans l’histoire dans sa globalité.

Thorin

Et ce prologue est également raconté par un personnage de l’histoire, comme c’était le cas dans la séquence d’ouverture du Seigneur des Anneaux. Ici, c’est Bilbon le narrateur, qui encadre le récit puisque la trilogie s’achèvera également avec lui. Il est toujours interprété par Ian Holm dans ces scènes, et est accompagné de Frodon. Notre héros est en train de rédiger son fameux livre rouge où il consigne son aventure, justifiant le fait qu’il introduise l’histoire par sa narration. Ainsi, cela permet de lier plusieurs impératifs : celui d’introduire le récit efficacement, l’adresse directe aux fans de la trilogie cinématographique d’origine avec la présence de visages connus, et l’adresse aux fans de Tolkien avec la mention du livre rouge de Bilbon (également présente dans l’adaptation cinématographique du Seigneur des Anneaux, mais plus important dans les ouvrages de Tolkien), et également l’impératif de blockbuster de commencer, si possible, par une séquence forte.

Enfin, cela permet une continuité en terme d’ambiance avec la précédente trilogie cinématographique puisqu’on part directement sur quelque chose de plus sérieux et dramatique, avec quelques plans qui reviendront d’ailleurs par la suite dans les films lorsqu’il sera question d’introduire Barde.

Première rencontre avec Gandalf

Autant le dire clairement, la première heure du Hobbit – Un Voyage Inattendu, est surement un des moments de cinéma qui me bouleverse le plus à chaque visionnage. Je pense que ça peut paraître étonnant dit comme ça, car de prime abord il n’y a peut-être rien de vraiment extraordinaire là-dedans (quand bien même on va revenir un peu sur certaines choses vraiment remarquables), ce qui m’a amené au fil des ans à me questionner sur les raisons pour lesquelles ce début d’histoire avait un effet si particulier sur moi.

En fait, cela tient énormément à ce que Tolkien a réussi à transmettre avec les Hobbits, que Peter Jackson a retranscrit selon moi avec talent dans ses films (et ce dès La Communauté de l’Anneau). Dans un colloque sur la représentation de la guerre chez Tolkien, Anne Besson arrive à poser des mots très simple sur cette idée, qui est que les adeptes de la fantasy ont en principe grandi avec le privilège d’être protégés de la violence du monde, et s’y retrouvent confrontés par le biais de ce genre littéraire. C’est d’autant plus pertinent avec le cas de Tolkien qui a connu la guerre, ayant notamment participé à la Bataille de la Somme durant la Première Guerre Mondiale.

Mais au-delà de l’idée de la guerre, je pense que le cas des Hobbits peut être étendu à un rapport global au monde. Ce n’est d’ailleurs pas anodin si un ouvrage intitulé La Sagesse de la Comté a vu le jour, revenant de façon ludique sur les leçons de vie que ses habitants nous dispensent. Et je pense donc que mon attachement au début du film vient de la façon dont Jackson a réussi à représenter à la fois la Comté, mais aussi et surtout le personnage de Bilbon, son mode de vie et son rapport particulier au monde. On va voir ça en détails ensemble.

Ici, on entre chez Bilbon avec la narration de Ian Holm, qui reprend les mots du roman de Tolkien. De la même façon, la première rencontre devant le porche de Bilbon entre le Hobbit et Gandalf est assez fidèle au roman. Certains échanges sont repris tel quel, permettant de constater à quel point Tolkien est un maître dans l’art du dialogue. La simple réplique de Gandalf : « Me souhaitez vous le bonjour ou constatez vous que c’est une bonne journée, que je le veuille ou non, ou encore que c’est une journée où il faut être bon ? » est particulièrement savoureuse. Et dès cette première rencontre, on peut déjà prendre plaisir à voir le talent immense de Ian McKellen et Martin Freeman à l’oeuvre, les deux incarnant à la perfection leurs personnages (alors que ces deux rôles sont pourtant particulièrement compliqués je trouve).

Et surtout, on peut d’emblée voir que Peter Jackson, quand bien même il adapte clairement à sa sauce le texte, y ajoutant beaucoup de choses, que ce soit venant des appendices écrits par Tolkien ou simplement des éléments purement à la Jackson, est d’une fidélité sidérante au texte quand cela est nécessaire. Ainsi, les dialogues, bien que raccourcis, sont parfois strictement identiques, ce qui sera le cas à un certain nombre de reprises, et ce dès la scène suivante.

Précisons que dans la version longue du film, on a droit à deux très brefs ajouts. Le premier est un rapide flashback où on voit Bilbon enfant mettre des coups d’épée en bois à Gandalf. Cela rappelle que les deux se connaissaient déjà, mais surtout que le Hobbit, malgré son côté pantouflard, a quand même un petit sens de l’aventure en lui à satisfaire, chose que le magicien avait compris avant même qu’il en ait conscience. C’est d’ailleurs pour cela que c’est lui en particulier que Gandalf vient chercher. D’ailleurs, un élément sur lequel j’aurai l’occasion de revenir, qui est quasiment absent du livre, vient du fait que Jackson mettra pas mal en avant l’idée que ce n’est surement pas sans raison que le magicien à souhaité faire appel à Bilbon. L’autre ajout est une scène simplement comique, où Bilbon a l’impression de voir partout le chapeau de Gandalf. Je dis simplement comique, mais elle est aussi l’occasion de voir la Comté un peu animée, ce qui est toujours agréable.

Quoi qu’il en soit, cette première rencontre, très fidèle au texte de Tolkien, arrive à parfaitement caractériser les deux personnages (que l’on connait de toute façon déjà, puisqu’en principe on a vu Le Seigneur des Anneaux). Mais elle est surtout une entrée en matière extrêmement plaisante par la qualité des échanges et l’alchimie qu’on sent déjà entre les deux acteurs.

L’arrivée des nains

Cette nouvelle séquence, comme la précédente, est par moment ultra fidèle au texte d’origine dans les répliques. Cependant, elle est encore plus intéressante sur ses différences, et aussi par le travail de mise en scène vraiment impressionnant de Jackson.

Si l’on compare au roman, l’ordre d’arrivée des nains est le même, et ce qui se passe est sensiblement similaire. On peut quand même noter un certain nombre de différences, à commencer par une qui a beaucoup fait parler alors qu’il s’agit d’un détail. Dwalin est le premier nain à entrer chez Bilbon, suivi de Balin. Lorsque les deux se saluent, ils s’empoignent et se mettent un coup de tête pour se dire bonjour. J’ai vu énormément de réactions décontenancées par ceci, et si personnellement je ne vois pas en quoi ça pose un problème, c’est surtout la référence qui m’amuse. En effet, dans les bonus du Seigneur des Anneaux (je ne sais plus lequel des trois), Viggo Mortensen (Aragorn) raconte une anecdote, expliquant qu’il passait beaucoup de temps avec les cascadeurs qui interprétaient notamment des orcs et Uruk hai, et qu’ils avaient pris l’habitude de se saluer en se mettant un coup de tête. La fin de l’anecdote, moins amusante est qu’un jour, alors qu’ils étaient ivres, il a pris la tête d’Orlando Bloom et n’a pas contrôlé son geste, lui mettant le front en sang. Quoi qu’il en soit, je pense que cette façon de se saluer entre Balin et Dwalin est vraiment juste là pour la référence à l’ambiance de tournage du Seigneur des Anneaux.

Pour ce qui est du reste de la séquence, la différence majeure est que dans le roman, Thorin arrive en même temps que les derniers nains et n’impacte pas grandement l’ambiance festive du moment (ambiance sur laquelle je reviendrai). Or, Jackson fait le choix de ne pas introduire directement Thorin, les autres nains prétextant des affaires en cours pour le roi. Je pense que la raison de cette différence vient dans la volonté de conférer au personnage une aura particulière. En effet, dans le film, l’ambiance de la scène change radicalement une fois Thorin arrivé. On passe d’un moment convivial et bruyant (chants et rots au rendez-vous) à quelque chose de sérieux et solennel, afin d’asseoir l’autorité du roi d’emblée, tout en soulignant la lourde charge qu’il porte (Richard Armitage est vraiment excellent dans le rôle, et son regard seul transmet énormément de tristesse en même temps qu’une volonté très affirmée). Mais nous évoquerons après toute la partie avec Thorin, pour le moment, je souhaite revenir sur ce qui précède.

La séquence de l’arrivée des nains chez Bilbon est importante car Jackson fait le choix d’accentuer sa durée par rapport au livre, afin de caractériser plus densément chaque membre de la compagnie (dans le livre, il y a une vraie dynamique de groupe et en dehors de Thorin, la plupart ont une caractérisation très faible, qui n’est pas dérangeante mais qui passerait mal durant trois films). On peut déjà souligner la qualité du travail de costume et de maquillage qui donne à chacun une identité visuelle très marquée, qui permet de tous les distinguer quand bien même plusieurs d’entre eux n’auront pas de rôle important. 

Mais surtout, le but de cette séquence est, comme dans le livre, de montrer l’irruption de l’inattendu dans une vie des plus banales. Ainsi, le fait que Bilbon soit dérangé alors qu’il prend son dîner n’est pas anodin, et j’aime tout particulièrement la façon dont Martin Freeman joue la réaction du personnage lorsque le premier nain arrive. Mais que ce soit dans le livre ou dans le film, on insiste bien sur l’hospitalité forcée du Hobbit en même temps que son agacement. Il sert tout le monde comme il se doit, alors même qu’il ne supporte pas cette visite.

Et comme je le dis, le film se fait plus insistant (car il a le temps pour ça), et Peter Jackson filme de main de maître le joyeux bordel que les nains mettent. C’est visible en particulier lorsque Gandalf, au milieu de la maison, tourne dans tous les sens afin de compter les nains. On les voit tous aller et venir, déplaçant des objets et de la nourriture, l’un d’entre eux apportant un ver de vin rouge à Gandalf (élément qui vient du roman, encore une fois, Jackson a un soucis de fidélité maladif sur de nombreux points). Et le tout se déroule dans un seul et même plan, aux mouvements de caméras discrets mais pourtant complexes.

Gandalf green screen
J’insiste là-dessus car cette partie représente un tour de force technique, puisque les différents acteurs ont été filmés séparément en fonction de la taille des personnages afin de pouvoir rendre cette différence visible. Ainsi, Ian McKellen jouait la scène seul et il devait réussir à rendre des interactions inexistantes crédibles, un vrai tour de force qui aura par ailleurs donné beaucoup de mal à l’acteur car il ne supportait pas de jouer seul sur fond vert. Suite à cela, Gandalf est incrusté dans le décor construit à l’échelle pour les nains et Bilbon. Cette astuce technique et réutilisée à plusieurs moments (chez Beorn ou chez Barde dans La Désolation de Smaug) et permet de rendre les différentes échelles de taille tout en libérant totalement la mise en scène de Jackson. Cela peut sembler anodin, mais ces moyens technologiques et financiers font qu’il n’a plus besoin d’utiliser d’astuces pratiques comme c’était le cas lors du tournage du Seigneur des Anneaux.

Gandalf

En résulte une mise en scène bien plus libre qui ici permet de mettre en exergue, par le travail sur le plan séquence et les mouvements de caméra (mais aussi à l’intérieur du cadre), toute la vie qui d’un coup se met à jaillir à l’intérieur du foyer de Bilbon. Cet élément est loin d’être anodin puisqu’un des enjeux de ce début de film est évidemment de situer l’intrigue et le but de la compagnie, mais aussi de retranscrire de façon immersive ce qui se passe chez Bilbon mais aussi dans la tête du Hobbit. Le roman insiste beaucoup sur le fait qu’il est un Sacquet, très casanier, mais aussi moitié Touque, famille bien plus aventureuse. Tolkien met beaucoup en avant la dualité chez le Hobbit qui fait qu’il est autant énervé par le dérangement que fasciné et attiré par le frisson de l’aventure.

Sur ce point, Jackson met tout ce tiraillement intérieur de Bilbon en avant par sa mise en scène et son travail de scénographie. Pour le dire simplement, si durant toute cette partie il refuse l’invitation de l’aventure, on ressent physiquement quelque chose de plus fort que lui qui va justifier son départ de la Comté.

Au-delà de ça, la séquence reste dans l’ensemble fidèle au roman, parfois jusque dans les dialogues, mais surtout dans les intentions et dans l’idée. La différence principale étant que le livre étend beaucoup les dialogues, et que tout semble se passer en un seul temps là où Jackson, dans un soucis d’efficacité narrative, préfère dérouler toute cette partie en plusieurs temps, avec des changements d’ambiance. Si ce premier temps permet d’apporter un minimum de caractérisation aux différents nains, en particulier par le travail sur leur style, le second temps débute lors de l’arrivée de Thorin, qui permet de passer à une séquence d’exposition des enjeux du récit.

Le plan des nains

Thorin arrivé, il est temps de passer aux choses sérieuses. Cependant, ce ne serait pas pertinent de décrire en détails ce qu’il en est. Ce qui compte, c’est surtout de signaler que la séquence précédente et celle-ci ne reprennent pas fidèlement les dialogues, et parfois l’ordre des échanges sont changés. Je pense que le soucis principal de Jackson était de rendre le récit fluide, car le roman expose beaucoup d’éléments qu’il aurait été très fastidieux de reprendre tel quel dans le film. Comme je l’ai déjà signalé, la séquence du prologue avec l’attaque de Dale est contée ici par Thorin. De même, la mort du grand-père de ce dernier à la bataille d’Azanulbizar de la main d’Azog est évoquée ici. On aura l’occasion de revenir sur ce point plus tard, car Peter Jackson a choisi de la raconter à un autre moment, et différemment. Enfin, Gandalf évoque sa rencontre avec le père de Thorin dans les cachots du Nécromancien, à Dol Guldur. Ce point a aussi été totalement modifié dans les films, pour la simple et bonne raison que Tolkien lui-même est un peu revenu là-dessus.

Thorin

Dans le roman, le Nécromancien n’apparaît pas puisqu’il est seulement évoqué, Gandalf expliquant qu’il est bien trop puissant pour les nains. Ils se contentent donc d’éviter son lieu de résidence. Or, c’est bien plus tard que Tolkien modifie cet aspect (je dois avouer ne plus me souvenir si c’est évoqué dans les Appendices du Seigneur des Anneaux, Le Silmarilion ou encore un autre ouvrage), indiquant que le Nécromancien est en réalité Sauron. Mais on approfondira ce point plus tard, car cela est l’objet d’une sous-intrigue centrée sur Gandalf. Ce qui compte ici, c’est que le Nécromancien n’est pas du tout évoqué à ce stade dans le film, mais sera introduit plus tard, afin de ménager les révélations et ne pas alourdir cette séquence de dialogue déjà suffisamment longue.

Autre élément important, après toute cette partie d’exposition, Bilbon s’entretient un peu avec Gandalf. Le Hobbit explique au magicien qu’il ne peut pas partir à l’aventure comme ça, étant un Sacquet, ce à quoi l’autre lui rétorque qu’il est aussi un Touque (chose mise en avant dans le roman, comme je l’ai déjà signalé). Il raconte ensuite l’histoire d’un de ses ancêtres tellement grand pour un Hobbit qu’il montait à cheval et qu’il avait décapité un seigneur Gobelin durant une bataille, inventant le jeu du Golf (ou du criquet selon les traductions) par la même occasion. Cette anecdote est dans le roman par ailleurs, mais Jackson y a fait un ajout intéressant, qui n’a pas cessé d’être relevé lors de la sortie du film, et que je me dois de signaler à nouveau quitte à répéter ce qui a déjà été dit.

Baggins

En effet, Bilbon est incrédule face à ce récit et Gandalf lui répond « All good story deserves embellishment », ce qu’on peut traduire par « Toute bonne histoire mérite d’être embellie ». Pour moi, il y a deux interprétations possibles. Tout d’abord, celle qui a été relevée par la plupart des gens, le fait que ce soit une petite référence glissée par Jackson concernant ce qu’il a fait avec ces films, cherchant à étoffer et « embellir » l’histoire d’origine. Mais je pense qu’on peut aussi y voir une remarque au sujet du récit de son aventure que Bilbon écrit dans la diégèse, qui est également une version « embellie » de l’histoire qu’il va vivre. Dans un cas comme dans l’autre, la réplique fait mouche et est vraiment très représentative de la qualité d’écriture de Jackson et ses co-scénaristes.

Et après cette conversation, on a droit à la fameuse chanson des nains. Et non avant comme dans le livre, dans un soucis de fluidité du récit, mais aussi pour permettre de faire facilement la transition vers la séquence suivante, où Bilbon décide de rejoindre le groupe dans son aventure.  En effet, que ce soit dans le roman où c’est explicité ou dans le film, où le travail de mise en scène et la prestation de Martin Freeman l’indiquent, ce moment plus solennel devant la cheminée semble montrer que quelque chose se passe dans la tête de Bilbon.

Le travail de scénographie est encore une fois très intéressant. Les nains sont dans la même pièce et se rapprochent au fil de la chanson, montrant bien l’effet de groupe qu’il y a entre eux. Bilbon, quant à lui, est dans la pièce d’à côté, isolé. Il n’appartient pas encore à ce groupe. Cependant, les deux plans qui le montrent attentif à la chanson permettent de comprendre qu’il y a déjà une connexion qui se crée. Concernant Gandalf, il est dans la pièce mais à l’écart, témoignant de sa position particulière dans le récit.

La décision de Bilbon

Suite à cela, Jackson opère une transition vers le réveil de Bilbon, où le changement de séquence est assuré par le chant. C’est alors qu’au petit matin, il se retrouve seul dans sa maison vide et silencieuse. On comprend que le retour à la vie banale lui fait une sorte d’électrochoc, ce qui va l’encourager dans sa décision de partir et rejoindre le groupe des nains, avec ce fameux plan bien connu et la réplique « I’m going on an adventure ! » qui fonctionne parfaitement bien, la course de Martin Freeman vers la caméra créant un effet des plus réussis. Précisons que dans le roman, la séquence est un peu différente puisqu’il fait le ménage au réveil et prend un petit déjeuner tranquillement lorsque Gandalf vient le chercher. Je pense que le choix de Jackson est judicieux car une nouvelle scène avec le magicien aurait alourdi le rythme sur le moment, et traiter ce passage de la sorte montre vraiment que c’est Bilbon qui prend la décision de lui-même d’accompagner le groupe.

Ainsi, Jackson a opéré dans cette première partie du film un travail d’adaptation déjà complexe, entre le respect parfois maniaque du texte, des adaptations sobres dans un soucis d’efficacité narrative, et parfois des modifications plus en profondeur dont on ressentira plus tard l’importance. J’ai commencé à expliquer certains enjeux de ce travail d’adaptation opéré par Peter Jackson, mais on aura largement l’occasion de revenir sur tous les choix opérés et leur effet dans les prochains articles. Pour l’heure, nous nous quittons donc avec Bilbon qui a décidé de prendre part à l’aventure.

31 commentaires

  1. Eh bien… C’est ce qu’on appelle une analyse très poussée et détaillée dans les moindres détails ;).

    Pour ma part, je trouve que les films du Seigneur des Anneaux ont une patine plus propre, plus personnelle que la franchise du Hobbit. J’ai aimé Martin Freeman en Bilbo, c’est indéniable, comme j’ai aimé le premier film. Pourtant la suite m’a laissé un goût amer et la Bataille des Cinq Armées est une hérésie lorsque l’on connait l’univers de Tolkien et trop de fond vert gâche vraiment tout. Même si je reconnais que la bataille était amusante en elle-même (bien que trop longue, un peu comme celle du Gouffre de Helm dans les Deux Tours du SDA)…

    La Warner a trop poussé, trop étiré… Trois films pour un roman de 300 pages environs. C’est dommage.

    Je suis vraiment curieuse de lire ton analyse complète.

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    • J’essaierai vraiment de me tenir à un rythme d’un article tous les 10 jours ou deux semaines pour pas que ça ne prenne trop de temps.

      Je vais être honnête, tout ce que tu reproches, ce sont des points que j’ai aimé. Mais tu verras, on aura le temps de discuter de tout ça en détails !

      Après pour l’esthétique des images de synthèse, on aime ou on aime pas, moi j’aime beaucoup l’esthétique globale des films, mais je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde. Ma femme me dit tout le temps que les couleurs pètent trop et qu’il y a trop de filtres par exemple.

      Mais c’est plus fort que moi, je suis vraiment amoureux de ces films.

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      • Concernant les couleurs, je rejoins l’avis de ta femme pour le coup ! Tu sais parfois les préférences ne s’expliquent pas 😉 Enfin, si , toi tu vas nous l’expliquer et j’ai hâte de découvrir tes points de vues sur le sujet.

        Je ne vais pas te mentir, mais dans mon cas, cette franchise a été une déception dans son ensemble (j’en attendais sans doute trop).

        Je n’ai pas aimé ce Legolas joué par Orlando Bloom, ni le triangle amoureux (bidon) avec Tauriel et Kili. J’ai trouvé d’ailleurs le personnage de Tauriel intéressant mais mal amené. Ils auraient pu faire tellement mieux.

        Cela dit, j’ai aimé le premier film et si je le regarde de temps à autre, c’est loin d’être le cas des suivants. Pour ma part, Le Seigneur des Anneaux reste mes films chouchous et de loin…

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      • Je comprends tout à fait. Me concernant, j’avais des attentes énormes avec cette nouvelle trilogie, mais en même temps que je m’attendais à une grosse déception. La surprise n’en a été que meilleure.

        Ah ça, il y a beaucoup à dire sur Legolas et Tauriel, et pour le coup, même si je les aime beaucoup, je ne peux pas contredire toutes les critiques à leur encontre. Ca crée même une incohérence dans la caractérisation de Legolas qui est sensé détester les nains dans Le Seigneur des Anneaux pour ensuite devenir ami avec Gimli. Dans Le Hobbit, il y a quand même un début de réconciliation quand même avec cet effet miroir entre la scène des tonneaux où Thorin bute un orc en balançant une épée pour sauver Legolas, et la bataille des 5 armées où cette fois c’est Legolas qui balance Glamdring (ou Orchrist, je ne sais plus…) pour sauver Thorin en mode « vazy, je peux pas non plus te laisser te faire buter ».

        Enfin, tout ça pour dire qu’il y aura vraiment beaucoup à dire sur tous ces films !

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      • Tant mieux, tu m’en vois ravi !

        On a regardé le premier et le second film récemment (ça me rafraîchit la mémoire mais dans les faits, je les connais quasiment par coeur).
        Et j’ai le livre avec moi tout le temps ainsi que le livre audio dans la voiture pour aller au travail, comme ça je me plonge totalement dedans pour vraiment être efficace, et éviter de dire trop de bêtises !

        Du coup je suis en principe bien préparé pour être au rendez-vous et ne pas prendre de retard par rapport à mes objectifs.

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  2. Ayant comparé les livres et les films de mon côté, même si j’adore l’hexalogie de la Terre du Milieu, je ne peux éviter de constater que pour « Le Hobbit » il manque bien plus de choses dans le livre que dans le film contrairement au « Seigneur des anneaux ».

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    • Désolé, je ne sais pas si j’ai bien compris le commentaire. Si tu veux dire que Le Seigneur des Anneaux fait plus de coupe dans le travail d’adaptation par rapport au Hobbit, je suis bien d’accord.

      Le fait que Jackson ait plus de temps, ou en tout cas moins de matériau à adapter dans Le Hobbit, lui permet de remplir ses films d’éléments périphériques qui viennent l’enrichir par rapport au livre, contrairement au Seigneur des Anneaux où les livres sont tellement denses qu’il a dû couper de façon violente parfois (en conservant quand même une grande qualité et clarté narrative).

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  3. Même si j’aime beaucoup la trilogie du Hobbit, je pense être beaucoup plus critique de toi envers les films.
    Je trouve que Peter Jackson a réussi à faire revivre admirablement l’ambiance qui se dégage du livre. Il a réussi à approfondir l’histoire d’un livre pourtant assez court. Il a plus travaillé les personnages et comme tu le dis, Thorin est très bien interprété. Certes les autres nains ont une personnalité moins marquées que Thorin mais, j’ai trouvé qu’ils arrivaient tous à se démarquer. Si bien qu’ils sont plus attachants dans les films que dans le livre. Je te rejoins également en ce qui concerne l’introduction des nains. J’aime beaucoup cette scène.
    Même si certaines choses ne sont pas dans le livre mais apparaissent à l’écran, elles n’ont pas forcement dérangées comme les scènes plus nombreuses avec Gandalf ou le nécromancien. L’apparition de Legolas ne m’a pas dérangée non plus car même si on ne le voit pas dans le livre, il aurait très bien pu être présent et croiser les hobbit. Ce qui m’a vraiment dérangé, c’est le personnage de Tauriel avec l’apparition de l’amourette nain/elfe. Je trouve que cette romance inutile prend trop de place dans l’intrigue et c’est dommage.
    Je suis fan aussi de la BO du film.
    En tout cas, tu as écris un superbe article, très complet 🙂

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    • Merci beaucoup pour ton commentaire, j’espère que tu apprécieras autant les suivants !

      Concernant Tauriel et la romance, je ne vais pas te contredire. Personnellement, ce point ne me dérange pas, mais j’arrive sans soucis à comprendre que ça ait fait, et que ça fasse toujours grincer des dents. D’autant plus que cette romance contient les séquences les plus cucul de la saga, qui moi me plaisent, bien que j’ai conscience que ce soit un peu too much.

      Après, tu l’auras compris je pense, mon but n’est pas de dire « les films sont supers, si vous n’êtes pas d’accord vous avez tort », mais c’est d’essayer de questionner les choix d’adaptation qui ont été faits, pour mon propre plaisir déjà, mais aussi pour partager ce que j’aime dans ces films avec les personnes qui passeront par ici.

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  4. @OmbreBones
    Quand on regarde un film ou une série, on suit l’intrigue en entier. Pas en sautant des bouts qui nous déplaisent ; au moins par respect envers les gens qui ont travaillé dessus.

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    • J’ai déjà vu la trilogie en entier et au cinéma en plus, j’ai également acheté les dvd. J’estime avoir le droit de passer les moments qui m’ennuient si je souhaite regarder certains passages et pas d’autres 😅 je ne vois pas en quoi c’est un manque de respect.

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  5. Personnellement, j’avais été très déçue par « La bataille des Cinq Armées », alors que j’avais adoré celui-ci et beaucoup aimé « La désolation de Smaug ». Je vais lire ta série d’articles attentivement, peut-être que je regarderais à nouveau le troisième film que je boude depuis que je l’ai vu au cinéma…

    En tout cas, c’est très intéressant tout ce que tu dis ! J’avoue que le début du film est tout simplement génial.

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    • Je suis content que tu aies envie de lire ces articles pour commencer, mais également que tu aimes les deux premiers films. La Bataille des Cinq Armées m’avait déjà calmé au cinéma, mais c’est clairement en version longue que le film prend toute son ampleur.
      Après, c’est quand même un film essentiellement dédié à la grosse bagarre, ça peut aussi moins intéresser que la grande aventure où on voyage dans cet univers.

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      • Ben en fait, pour « La Bataille des Cinq Armées », j’ai peu de souvenirs mais je me souviens qu’il y avait des choses que je trouvais trop stéréotypées et faciles. Puis gâcher le seul personnage féminin qui pouvait avoir du potentiel avec une histoire d’amour bidon…
        Bah les deux premiers films sont très biens… Y en a qui ont pas aimé dès le premier ?

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      • Oh oui, beaucoup. Dès le premier la saga s’est faite incendier. Je peux comprendre certaines choses, même en étant en désaccord. Mais certains arguments sont falacieux du genre « trois films pour un livre de 120 pages c’est du foutage de gueule » que j’ai lu et entendu pendant des années alors que BORDEL vérifiez ! Le bouquin fait plus de 300 pages. Ce qui reste court, mais, comme je vais essayer de le démontrer, Jackson a mis des ajouts qui viennent de Tolkien et qui font sens.

        Après pour l’histoire d’amour, elle était déjà dans le 2, je ne la défendrai pas car je conçoit qu’elle fasse tâche. Moi elle ne me dérange pas au final, même si on aurait pu s’en passer.

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      • En effet, l’argument des 300 pages est fallacieux, comme tu dis. Le Hobbit, c’était un livre pour enfants : s’ils voulaient déjà de base juste un film épique, en respectant à la lettre le livre (je l’ai lu), je pense qu’ils peuvent oublier ! Un peu choquée que le 1 soit critiquée parce qu’il est vraiment génial…

        En fait, j’en attendais beaucoup de ce personnage (un perso féminin fort dans cet univers, un sacré atout !), sauf que la classique romance a tout gâché. Je suis d’accord qu’elle était déjà présente dans le 2 lais ça aurait pu être plus finement joué.

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      • Tiens ça me rappele, j’avais répondu à un questionnaire sur une recherche universitaire sur la réception du Hobbit par rapport au Seigneur des Anneaux il y a quelque années, mais je n’ai jamais eu de retour et je n’ai plus les sources pour voir si quelque chose en est sorti. Il faudrait que je recherche.

        Mais de ce que j’ai pu lire ou entendre, il y a la friction entre une ambiance plus légère mais une volonté de dramatisation quand même qui a déplu.
        L’esthétique globale avec beaucoup plus d’images de synthèse et de couleurs qui pètent aussi. Et les péripéties qui semblent étirer le récit pour rien mais sur ce point je pense encore une fois que c’est une idée préconçue à cause de la durée du bouquin. Si il avait fait 1000 pages et qu’on aurait eu les 3 mêmes films, je pense que beaucoup ne se seraient pas plaint sur ce point.

        Après il y a aussi globalement quelque chose qui a fait qu’une partie du public ne s’y est peut-être pas retrouvé, tout simplement.

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