Le Hobbit – Du livre aux films : Analyse comparée – Partie 2

Reprenons directement là où nous nous étions arrêtés. Bilbon a pris la décision de se joindre à la compagnie des nains. L’occasion d’une petite séquence comique où ils s’échangent des bourses d’or, après avoir parié sur le fait qu’il les accompagne où non. Le genre de petit trait d’humour typique de Jackson qui fait souvent grincer des dents les fans les plus acharnés de Tolkien, car ses romans sont globalement assez peu portés sur l’humour. Mais personnellement, je trouve que le cinéaste insère ceci plutôt harmonieusement, et il garde d’ailleurs les moments les plus gras pour les versions longues des films, afin de ne pas s’aliéner une partie du public (on aura l’occasion de revenir dessus lorsque les exemples se présenteront).

Quoi qu’il en soit, la compagnie est désormais au complet, et la grande aventure va pouvoir commencer.


Les différentes parties de l’analyse :
Partie 1


La Bataille d’Azanulbizar

Une séquence selon moi fondamentale pour apprécier la différence de ton entre le roman et l’adaptation cinématographique est celle où Balin raconte la bataille d’Azanulbizar. Profitant d’une pause nocturne, le nain va raconter à Bilbon cette bataille terrible qui est à peine évoquée dans le roman. En effet, dans le livre, il est juste précisé que le grand père de Thorin est mort pendant cet affrontement, tué par l’orc Azog.

Peter Jackson va se servir de cette séquence pour iconiser à l’extrême le personnage de Thorin, usant de plusieurs techniques visuelles et narratives. Tout d’abord, toute la partie concernant la bataille baigne dans un filtre légèrement sépia, afin de marquer le fait qu’il s’agisse d’un événement passé, mais surtout, l’intégralité des plans sont au ralenti. Ce choix esthétique marqué est relativement classique mais pas moins efficace pour autant. Le ralenti renforçant la dramaturgie de la séquence. Le ralenti rend ces affrontements plus brutaux, d’autant plus que Jackson insiste sur l’impact des coups donnés via des raccords souvent synchronisés avec les coups. De plus, la musique (formidable) d’Howard Shore ne lésine pas non plus sur les effets, avec des chœurs qui renforcent l’impact de la scène.

Azog

On voit dans la séquence Azog (également iconisé comme il se doit) décapiter le grand-père de Thorin et jeter sa tête, alors que Balin précise que l’orc a juré de détruire la lignée de Durin. Précisons au passage qu’Azog est intégralement en images de synthèse, interprété cependant en motion capture par Manu Bennett. Ce choix, selon moi totalement payant, a été effectué à la dernière minute, voyant que le costume d’orc qui avait été designé ne fonctionnait pas. L’avantage ici est que cet Azog en images de synthèse peut être bien plus grand que les autres, et a un aspect qui se distingue vraiment de la masse, avec sa peau blanche notamment. De plus, la perfection du système de captation des mouvements faciaux est telle qu’on n’a aucun mal à croire à la présence du personnage. Dernier petit détail concernant l’aspect visuel d’Azog, on a souvent critiqué ses cicatrices parfaitement symétriques comme une grosse incohérence, dans le sens où au milieu de la bataille, les chances de se faire blesser de façon symétriquement sont plus ou moins inexistantes. Sachez que les équipes de designer ont expliqué avoir fait des choix visuels montrant que les orcs se scarifient (notamment avec des « piercings osseux »), et de ce fait, on peut supposer que Azog s’est fait ses cicatrices lui-même.

Revenons-en à notre séquence. Les flash-backs sont entrecoupés de plans sur Balin, le narrateur, Bilbon, l’auditeur, et Thorin, le sujet du récit. Ces plans accentuent la solennité du récit et contribuent à faire grandir l’aura du nain, l’enjeu étant de l’imposer comme une figure héroïque importante.

Alors que l’on voit l’armée de nains en grande difficulté suite à la mort de Thror, Thorin va affronter en duel Azog et arrivera à le vaincre en lui coupant le bras. Encore une fois, le duel est l’occasion de raccords brutaux et de plans soulignant la différence de taille entre les deux. L’effet étant d’accentuer d’autant plus la puissance de Thorin, puisqu’il arrive à vaincre son adversaire, utilisant une branche de chêne en guise de bouclier (d’où son surnom « Écudechêne »). Cet acte héroïque fait basculer la bataille, que les nains finissent par remporter au prix de nombreuses morts. C’est alors que l’on voit le regard de Balin se lever vers Thorin, et qu’on a droit à la fameuse réplique « There is one I could follow, there is one I could call King. » et ce plan en légère contre-plongée qui imprime la rétine.
ThorinPetit aparté sur ce plan, auquel on ne peut pas concéder l’originalité. En effet, aussi beau et puissant soit-il, cela reste un très gros cliché de mise en scène. Mais si c’est devenu quelque chose de si répandu, c’est aussi parce que ça fonctionne du tonnerre quand c’est bien fait ! Car on ne peut pas se contenter de la petite contre plongée avec le mouvement de caméra qui va bien, il faut vraiment que tout le contexte amène à ça. Et dans le cas de cette scène, il y a la narration de Balin, la mise en scène de la bataille dans son ensemble et tout le travail de construction du personnage de Thorin qui font que ce plan arrive pour parachever un travail d’iconisation du personnage.

L’intérêt de la séquence est de ce fait multiple. En dehors du fait que Thorin prend énormément d’ampleur et de prestance grâce à ça, chose relativement absente du livre, Jackson nous introduit aussi le principal antagoniste de la trilogie, Azog le profanateur, qui sera la Némésis de Thorin. Car si on nous dit qu’il est mort depuis longtemps, n’importe quel spectateur sait d’emblée qu’un ennemi si charismatique ne peut pas disparaître comme ça. Cela crée un aspect un peu ludique au fil, créant des antagonismes et la promesse de duels acharnés dans le dernier film (il y a Thorin VS Azog, mais deux autres également seront teasés dans La Désolation de Smaug). Enfin, après la séquence d’ouverture, cette scène est vraiment la confirmation de la volonté de Jackson de proposer un récit plus sombre, violent et épique, quitte à créer des ruptures de ton de temps en temps (qui selon moi, renforcent chacun des aspects du récit justement).

La scène des Trolls

La séquence avec les trolls est une péripétie parmi d’autres, mais dont la qualité d’adaptation était très importante, car il s’agit d’un passage marquant du roman. De plus, Bilbon fait référence à cette péripétie dans Le Seigneur des Anneaux, racontant cette anecdote à des enfants hobbits durant sa réception d’anniversaire. De même, les statues des trolls sont rapidement visibles après que Frodon ait été blessé par le Roi Sorcier (on les voit davantage dans la version longue de La Communauté de l’Anneau).

Quoi qu’il en soit, c’est assez intéressant de voir les quelques différences entre la scène dans le roman et dans le film. Tout d’abord, alors que dans le livre, Bilbon se retrouve face aux trolls car il a juste envie d’exercer ses talents de voleur, Jackson et ses co-scénaristes trouvent une excuse qui me semble bien plus crédible. Kili, Fili et Bilbon constatent que des poneys ont disparu, et en enquêtant découvrent que ce sont les trolls qui les ont capturé pour les manger. Bilbon est donc désigné pour aller les libérer, sans se faire voir. Évidemment ça va mal tourner, il se fera attraper et les nains vont se battre contre les trolls mais seront tous capturés, comme dans le livre.

Mais par la suite, la scène dans le film se distingue beaucoup de celle du roman. Si l’idée est la même : ils seront pétrifiés par le jour qui arrive, la raison est différente d’une version à l’autre. Dans le livre, Bilbon et les nains sont passifs, et c’est Gandalf qui va les sauver en imitant la voix des trolls afin de créer la discorde entre eux, jusqu’à ce que le soleil se lève. Je pense que les imitations ne seraient pas bien passés à l’écran, d’où le choix de faire différemment. Mais surtout, dans le film, c’est Bilbon qui pense à discuter avec les trolls afin de leur faire perdre du temps, jusqu’à ce que Gandalf arrive et brise un rocher, faisant passer la lumière du soleil.

L’idée est simple et est représentative d’une partie du travail autour du personnage de Bilbon. Comme l’histoire est divisée en trois films, il faut sentir une évolution dans chaque partie. Or, c’est à partir de la séquence à Mirkwood qu’on ressent vraiment un changement chez Bilbon et dans la façon dont il est perçu par les nains dans le livre. Or, ce premier film s’achevant avant cet événement, il était important de faire progresser Bilbon plus rapidement. Cette péripétie contribue (parmi d’autres comme nous le verrons) à mettre en avant le hobbit et à en faire un personnage proactif. La conclusion de la séquence le montre bien puisque Thorin dit à Gandalf que son cambrioleur les a bien mis dans la mouise, et le magicien lui répond qu’en attendant, il est le seul à avoir eu l’idée de discuter avec les trolls pendant qu’eux, étaient totalement passifs. Ainsi, cette petite péripétie met déjà en avant une petite évolution dans la perception de Bilbon par les nains.

Enfin, la séquence se termine dans les deux cas par la bande qui trouve le trésor des trolls : des objets précieux dont trois armes forgées par les elfes, Glamdring, Orchrist et une petite dague que Gandalf donne à Bilbon. Cette scène a une certaine importance car le magicien va expliquer à Bilbon que ce qui compte ce n’est pas tant d’être capable de prendre une vie, mais au contraire de l’épargner. Ceci aura une résonance à la fin de ce premier film, dont les conséquences seront majeures par la suite.

L’introduction de Radagast et la sous-intrigue à Dol Guldur

Radagast le Brun est un autre Istari, les fameux magiciens dont Gandalf et Saroumane font partie. Le personnage est totalement absent du roman, n’étant qu’évoqué une fois (la réplique de Saroumane sur sa trop grosse consommation de champignons vient du Seigneur des Anneaux si ma mémoire est bonne). Peter Jackson a ici eu l’excellente idée de l’intégrer à son histoire, afin de l’enrichir d’un très beau personnage, qui charrie avec lui certaines thématiques en lien avec la nature. De plus, le character design haut en couleurs du magicien ainsi que certaines séquences le rendent vraiment marquant. On reviendra au fur et à mesure sur tous les personnages absents du roman que Jackson a convoqués (voire qu’il a inventé pour certains), car c’est un des ajouts importants du film en terme d’adaptation : dans le roman, les personnages extérieurs à la compagnie qui interviennent dans le récit sont relativement peu développés, alors qu’ici, le temps aidant, ils sont largement plus étoffés (c’est également le cas pour les nains).

En dehors du personnage en lui-même, Radagast permet surtout d’introduire une sous-intrigue majeure du récit, qui concerne Gandalf et contribue à faire le lien avec Le Seigneur des Anneaux. Pour évoquer ça de façon claire, il convient de rappeler que Le Hobbit ayant été écrit bien avant, Tolkien n’avait pas forcément prévu tous les éléments de son univers, et n’avait donc pas établi de lien clair ou d’effet d’annonce dans son premier roman. Dans le cas de cette trilogie cinématographique, qui est donc dans une position de préquel, il semblait difficilement envisageable de ne pas chercher à relier les wagons.

De ce fait, toute la sous-intrigue à Dol Guldur autour du Nécromancien est absente du livre, bien que le personnage soit évoqué rapidement. De même, Gandalf interprète un certain nombre de choses, qui n’étaient que des péripéties dans le roman, comme le signe de bouleversements en Terre du Milieu. Que ce soit la présence de Trolls à un endroit où ils ne devraient pas être, l’arrivée en masse d’araignées appelées par une forme de magie noire, que Radagast a remarqué, ou encore des attaques d’Orcs et gobelins…

Car Radagast, voyant que la forêt se meurt, va commencer à mener l’enquête et c’est en mettant le pied à Dol Guldur qu’il est attaqué par un fantôme. Il s’enfuit, non sans dérober l’arme du fantôme. Le public qui a vu Le Seigneur des Anneaux reconnaîtra la lame de Morgul du Roi Sorcier, chose qui sera confirmée plus tard dans le film. C’est à ce moment qu’il rejoint Gandalf et en profite pour lui remettre la lame.

Sauf que leur entrevue coupe court car des orcs poursuivent les nains. Tout ça est également un ajout du film, qui selon moi a plusieurs raisons. Tout d’abord, cela permet de créer une tension permanente puisque nos héros sont poursuivis de façon constante par les orcs. Mais surtout, ces orcs ne sont pas là pour rien, on en a la confirmation par la suite, mais il s’agit d’orcs qui agissent sous les ordres d’Azog, qui cherche à se venger de Thorin. Cet antagoniste étant totalement absent du livre, il est logique que cette traque soit également absente. Cependant, cela arrange bien Jackson sur un aspect.

En effet, dans le roman, il n’y a pas cette haine entre les nains et les elfes, de ce fait, ils vont à Fontcombe sans soucis. Or, dans les films, compte tenu du passif mis en avant entre les nains et les elfes, il fallait trouver une justification au fait d’aller voir Elrond, ou en tout cas, trouver une pirouette pour que Thorin accepte d’y aller. Ici, l’idée est simple : la compagnie est poursuivie par les orcs et Radagast va faire diversion avec ses fameux lapins de Rhosgobel. La bande se retrouve donc à fuir guidée par Gandalf, et ils n’ont pas vraiment le temps de demander où il les amène (même si Thorin semble se questionner à ce sujet). De ce fait, ils se retrouvent à Fondcombe suite à cette séquence de poursuite à leur corps défendant, ce qui arrange bien les choses.

Concernant la séquence de poursuite entre Radagast et les orcs, je me permets un petit aparté. Lorsque le film est sorti, il a été pas mal décrié pour tout un tas de raison, et l’esthétique globale en fait partie. Et je me souviens que cette séquence en particulier a été beaucoup moquée. Si je ne dis pas de bêtise, dans l’émission de cinéma Le Cercle sur Canal + (je ne sais pas si elle existe toujours mais elle était déjà d’un fort niveau de ringardise à l’époque) certains critiques s’en moquaient disant en gros que ça faisait jeu vidéo et c’était donc caca.

Et pour le coup, j’ai bien du mal à voir le côté jeu vidéo dans cette séquence qui est au contraire un pur morceau de cinéma dans son découpage et sa mise en scène. Je comprends qu’on ne goûte pas forcément à ce type de séquence d’action, mais on ne peut nier une certaine virtuosité. J’apprécie tout particulièrement la scénographie globale de la séquence et comment les nains se déplacent pour éviter les orcs. Et surtout, la musique d’Howard Shore est particulièrement inspirée pour cette séquence et, si elle n’est pas ma préférée du film, est certainement celle qui me reste le plus en tête.

En réalité, concernant le qualificatif de séquence de jeu vidéo, j’imagine bien que c’est à cause de sa nature de course poursuite, et du fait que les personnages soient fait en images de synthèse et bougent particulièrement vite, avec même un peu d’obstacles naturels que Radagast évite. Je ne doute pas que pour certains (qui n’ont jamais touché à un jeu vidéo), tout cela évoque une certaine vision de ce médium qui est quand même assez éloignée de la réalité. D’autant plus que comme je l’ai dit, en terme de mise ne scène et de scénographie, on est dans des considérations totalement cinématographiques, avec notamment un jeu intéressant sur le positionnement de la caméra. Tout ça pour dire qu’on a lu et entendu un sacré paquet de choses à côté de la plaque concernant ces films au fil des ans… Encore une fois, je conçoit tout à fait qu’on puisse ne pas les avoir apprécié, mais des fois il y a quand même des remarques qui me semblent bien aux fraises. Et comme je l’ai dit, cette comparaison avec le jeu vidéo me semble émaner de gens qui n’ont jamais touché une manette de leur vie…


Quoi qu’il en soit, on s’arrête ici pour cette seconde partie, car la suivante va nous occuper pas mal rien qu’avec la partie à Fondcombe, qui va proposer pas mal d’ajouts très importants par rapport au livre, et qui demanderont pas mal de temps pour être développés comme il se doit. Je pense d’ailleurs que la prochaine partie se focalisera uniquement sur le passage chez Elrond.

Pour résumer, on a vu ici que les choix d’adaptation permettaient de conférer une ambiance bien différente du livre, notamment par le biais d’une séquence épique qui met en avant un antagoniste totalement absent du roman. Cela permet d’iconiser Thorin et de lui donner déjà beaucoup plus de consistance. Une autre péripétie est traitée différemment afin de mettre davantage l’accent sur Bilbon, permettant d’amorcer une évolution du personnage. Enfin, le personnage de Radagast, absent du livre, est introduit afin de mettre en avant une sous intrigue qui permettra à terme de faire le lien avec Le Seigneur des Anneaux. Tous ces éléments sont finalement assez représentatifs du travail d’adaptation sur cette trilogie.

10 commentaires

  1. Je n’avais pas vu passé la première partie mais le sujet est vraiment intéressant.
    Même si j’ai eu la chair de poule plusieurs fois en revoyant juste la dernière demi-heure du retour du roi, je ne suis pas le plus grand fan du seigneur des anneaux ou du Hobbit. Je ne m’étais donc jamais questionné sur leur adaptation même si je savais que le film du Hobbit changeait pas mal de choses. Bref, je suis content de suivre cette émission en cours de route et de repasser une tête ici.
    À bientôt !

    Aimé par 1 personne

  2. Ah bon ? Les Tolkiendil n’aiment pas l’humour Jacksonnien 🤔 ?

    Pour ma part, ce n’est pas ce qui me dérange le plus dans la trilogie du Hobbit en fait.

    Quoi qu’il en soit tu nous as publié là une belle analyse très complète (et intéressante) d’une partie du film.

    Aimé par 1 personne

    • Merci beaucoup pour ton commentaire qui me fait très plaisir, comme toujours.

      En fait les éléments typiquement Jacksoniens comme l’humour parfois gras font beaucoup parler chez les fans. Mais on peut citer d’autres choses, comme Legolas qui fait du kung fu et du skate sur un bouclier.

      Je pense que face à un univers qui touche au sacré pour beaucoup de monde, des choix marqués peuvent fortement perturber. Ce que je comprends même si moi, tout l’apport de Jackson me parle, par chance.

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    • Ce n’est pas grave, je préfère ce genre de commentaire à « TG t’as rien compris c’est nul ce que tu écris » 😆

      Mais c’est vrai que les gens sont jamais contents, et parfois je crois que je suis aussi dans ce cas de figure mais j’essaie de soigner ça !

      Aimé par 1 personne

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