Mon avis sur… First Job New Life ! de Nemu Yoko

First job new life

Dans ma quête de tranche de vie adulte et de qualité, la collection Life de Kana est tombée à point nommé. Je lis chacun des titres qu’elle propose avec grand plaisir, n’ayant eu que d’excellentes surprises jusque là. Mais j’étais passé à côté de First Job new Life ! L’affront a été rattrapé puisque Kana m’a envoyé le dernier tome (je les en remercie d’ailleurs), et j’ai donc profité de l’occasion pour acheter les trois premiers, afin de pouvoir m’enchaîner la série d’une traite.

On va donc revenir, sans spoiler majeur, sur cette série courte qui fait une fois de plus honneur à la collection !


Mon avis sur les titres de la collection Life :
Cigarette and Cherry : Tome 1&2Tome 3
Corps Solitaires : Tome 1 –
Just Not Married
 : Tome 1 – Tome 2 –


Avant de commencer, resituons cette série. First Job New Life ! est un josei de Yoko Nemu, prépublié dans le magazine Feel Young de Shodansha entre 2009 et 2001, et terminé en 4 tomes au Japon comme chez nous. Il s’agit d’une série tranche de vie qui se déroule dans le monde du travail, dans un cadre réaliste, avec une pointe de romance. J’ai cru comprendre en lisant la postface du premier tome que la mangaka a repris des personnages d’une précédente série dans celle-ci, mais nul besoin de l’avoir lu pour comprendre ce titre… Ce qui tombe bien puisqu’il s’agit du seul manga de Yoko Nemu sorti en France, et après cette lecture on espère en voir d’autres arriver ! Par ailleurs, elle a également assuré le character design du film Lou et l’île aux sirènes, et quand on le sait, on reconnait effectivement son travail dans ce long métrage.

Ceci étant resitué, voyons de quoi parle cette série.

Tamako vient de terminer ses études et a été engagée malgré elle dans un petit bureau de design spécialisé dans les affiches pour pachinko.
Comment peut-on être engagé malgré soi ? Quand un papa désespéré envoie un CV, sans prévenir l’intéressée, et que le patron extravagant de la boîte débarque à l’entretien et décide qu’elle sera engagée parce « qu’elle a un regard déterminé ».
Ainsi commence la vie professionnelle de Tamako dans cette boîte aux conditions de travail désastreuses, peuplée de gens étranges mais affectueux. Et puis, il y a sa vie amoureuse qui balance entre deux jeunes hommes gravitant autour d’elle

Le monde du travail à la japonsaise

Le résumé et le titre sont assez parlants concernant le fait que la série se déroule dans le monde du travail, permettant de voir certaines spécificités du travail à la japonaise par rapport à ce que l’on connait. Clairement, les 35 heures, ça n’existe pas chez eux. On constate même rapidement que la charge de travail est conséquente pour Tama et ses collègues, dont les horaires de base sont de 10h à 20h, mais ils font en réalité bien plus en heures supplémentaires… non rémunérées. Une situation qui semble impensable chez nous (encore que, on trouve toujours des moyens d’exploiter les gens). Mais ils ne s’en plaignent pas, et trouvent tout ceci relativement normal.

On voit donc comment la vie s’organise autour du travail, comment après être allé manger un morceau et boire un verre entre collègues, ils retournent bosser pour boucler les dossier en attente au plus vite. De la même façon, un coin est aménagé dans les bureaux pour dormir, au cas-où la charge de travail empêche de rentrer chez soi. C’est vraiment quelque chose de difficile à imaginer chez nous, mais cela contribue à la valeur du titre, qui nous dévoile un élément spécifique de la culture d’entreprise japonaise et du rapport au travail.

Devenir adulte et se lancer dans la vie

Tama étant une jeune femme fraîchement diplômée qui se lance dans son premier travail, cet aspect est évidemment très important pour le récit. De la même façon que Cigarette and Cherry dans la même collection qui traite du fait de devenir adulte dans ses relations, First Job New Life ! décrit comment se fait le passage de cette étape importante et ô combien stressante dans la vie. Étant donné qu’une majorité des gens passe par là, le récit devrait parler à beaucoup de monde, d’autant plus que la mangaka traite de cet aspect avec beaucoup d’intelligence et d’authenticité.

First job 2On se plait donc à voir l’évolution de Tama, que ce soit dans son travail et dans ses relations avec ses collègues (les deux choses étant intimement liées), qui passe bien évidemment de la jeune femme pas du tout sur d’elle à une personne qui gère plutôt bien le rythme de la boite et arrivera même à rendre les dossiers en avance et aider ses collègues. On voit aussi que mener cette vie d’adulte lui permet de faire l’expérience de choses qu’elle n’aurait pas imaginé avant, et que cela lui apporte aussi d’un point de vue personnel. J’ai trouvé l’idée intéressante, même si on pourrait juger ça un peu idéalisé par rapport à la réalité que beaucoup de gens vivent dans leur travail difficile.

Mais on voit surtout comment le travail est intimement lié à la vie des gens, puisqu’ils passent énormément de temps là-bas. Ainsi, de nombreuses relations vont se nouer dans le cadre du travail, ce qui nous amène logiquement au côté romance du titre.

Une romance adulte et réaliste

L’aspect romance du titre est particulièrement intéressant, tout d’abord parce qu’il se marie judicieusement avec la thématique du travail et le cadre du récit. Mais aussi parce qu’il permet de développer d’autres thématiques. Pour resituer (sans en révéler plus que ce qu’on apprend dans le premier tome), il semblerait que Tama ait des sentiments pour un de ses collègues et supérieur, Dômoto. Mais dans le même temps, alors qu’on lui impose un stage dans une boite de Pachinko pour laquelle ils travaillent en tant que graphistes, elle y rencontre un certain Miyashita, jeune homme assez insupportable sur les bords… avec qui elle va pourtant bien s’entendre. Si la nature des relations entre les trois personnages n’est pas très claire, la série va se faire un plaisir de développer tout ceci, présentant un triangle amoureux qui semble à sens unique.

ChatCar on insiste là-dessus d’emblée, Tama est une femme plutôt insignifiante, pas coquette pour un sou et qui ne se fait pas du tout remarquer non plus par son caractère. Elle est même plutôt effacé. Mais ce qui est intéressant, c’est le discours de certaines personnes à ce sujet, car rapidement le fait qu’elle éprouve quelque chose pour Dômoto va se savoir, et une collègue va rapidement se dire qu’elle n’a aucune chance. Ce à quoi un autre collègue répondra que ce n’est pas parce qu’elle est effacée qu’elle ne peut pas séduire quelqu’un. J’ai trouvé ça très intéressant, d’autant plus que la question de l’apparence va être soulignée à plusieurs occasions dans le récit. L’aspect physique peut être une faille pour certains, un atout à mettre en avant pour d’autres, mais dans tous les cas, c’est important et cela semble un critère que l’on prend en compte pour évaluer les gens… et pas que du point de vue amoureux !

Et tout cet aspect romance est traité avec soin et réalisme, si bien que les questionnements des différents personnages (tous particulièrement bien écrits et caractérisés) sonnent très juste et permettent de faire naître l’émotion. Cela vient évidemment du fait que le manga soit un josei, destiné à un lectorat plus adulte donc. Et comme tout cet aspect est connecté au cadre du récit (en même temps, en travaillant autant, il n’y a que sur son lieu de travail qu’on peut faire des rencontres), on constate d’autant plus l’impact que cela peut avoir sur les conditions de travail ou la productivité. Car comme c’est bien dit au détour d’une planche, chaque personne a des choses à gérer en plus du travail, mais doit pourtant travailler.

First Job

Ainsi, que ce soit dans les relations amoureuses ou dans les autres aspects de la vie, on ressent bien ce côté adulte des choses, et on comprend tout ce qu’implique le fait d’entrer dans la vie active par le biais de cette série courte mais particulièrement pertinente.

En conclusion

Pour terminer sur la série, qui est donc la première à se conclure dans la collection Life, on peut clairement dire qu’elle fait honneur au positionnement éditoriale de ladite collection. First Job New Life ! aborde avec talent, intelligence et sérieux un élément central de la vie d’adulte, qui ne peut que parler à un lectorat qui a déjà mis le pied dans le monde du travail.

Et si le tableau qui est dressé peut parfois paraître idéalisé (Tama n’aura que peu d’embûches sur son chemin professionnel), il est malgré tout réaliste et propose une vision intéressante des choses. Car la jeune femme évolue en tant que personne grâce à son expérience professionnelle et aux gens qu’elle rencontre.

Enfin, je n’ai pas abordé l’esthétique au cours de mon développement car je suis bien en peine pour trouver des mots pour qualifier cet aspect, mais j’ai particulièrement apprécié le trait de la mangaka et son character design en général, qui permet de créer de belles ambiances dans les moments importants.

Ainsi, ce titre nous rappelle le sens premier de l’expression « tranche de vie », puisqu’on a assisté à un moment important de la vie d’un personnage, un moment qu’on est tous (ou presque) amenés à vivre en tant qu’individus. Et la façon dont Nemu Yoko décrit ce moment de nos vies est des plus réussies et pertinentes, et devrait de ce fait trouver un bel écho auprès d’un lectorat adulte.


Les avis des camarades : Les Lectures de MidoLa Pomme qui RougitEuphoxineNeko Senpai – 

10 commentaires

  1. Tellement contente que ce titre ait trouvé son chemin jusqu’à toi ! Comme ça tu as un exemple de josei comme je les aime personnellement.
    Tu as l’air d’avoir été séduit toi aussi, tu es donc près pour And de Mari Okazaki qui est encore plus fort et tellement plus beau 💕

    Aimé par 1 personne

      • J’ai la chance de l’avoir découverte à l’époque de sa sortie chez Akata et j’ai tous ses titres (sauf un qui ne m’attirait pas) alors je suis curieuse de voir lequel tu as pris. Mais pour le moment c’est sa saga Complément affectif que je préfère, c’est mon josei préféré !

        Aimé par 1 personne

      • Je viens de regarder, c’est Apres l’amour la sueur des garçons a un goût de miel. C’est le seul que je trouvais à un tarif décent sur internet.
        Mais je sais qu’on trouve parfois ses mangas dans les cash converters et autre.

        Aimé par 1 personne

  2. Voilà un article très bien écrit :). J’ai vraiment adoré ce manga qui ne me disait rien de particulier au départ. On y trouve aucun ennui et les sujets présents sont abordés avec brio.
    Je ne suis pas déçu de la nouvelle collection des éditions Kana ^^
    Ps: merci pour la mention 😀

    Aimé par 1 personne

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