Mon avis sur… Ookami Rise T.1 de Yu Ito

Ookami Rise

Lors de son annonce, le manga Ookami Rise de Yu Ito a réussi à attirer mon attention de par son pitch uchronique et les quelques planches partagées par Panini (que je remercie au passage pour l’envoi). Voyons donc rapidement de quoi il en retourne pour cette série annoncée en cinq volumes, dont le premier tome est disponible à un tarif préférentiel de 5.99€ jusqu’à la fin de l’année.

Dans un futur proche, l’État du Japon a disparu. L’île est désormais scindée en deux. Le nord est administré par la Russie et le sud par la Chine. La frontière entre les deux pays est délimitée par une zone tampon, démilitarisée et vidée de ses habitants. C’est là, dans cette zone interdite, que les Wolang ont trouvé refuge. Ces 49 fugitifs sont le résultat d’expérimentations ratées de l’armée chinoise, qui souhaitait les transformer en armes bactériologiques afin de les utiliser contre son voisin russe. Pris en tenaille par la Chine qui souhaite effacer les traces de ses expériences, et la Russie qui essaie de les capturer pour les étudier, les Wolang devront se battre pour leur survie.

Après un Bomber Boy qui ne m’avait pas vraiment convaincu, Panini semble réitérer dans un genre similaire où l’aspect géopolitique et uchronique est prépondérant. Ici, le Japon a donc disparu, au profit de deux parties en conflit entre Russie et Chine. Mais ce cadre ne sera pas développé dans un premier temps, puisque l’histoire commence in medias res, avec un affrontement entre les fameux Wolang et ce qui semble être l’armée.

Je dis ce qu’il semble car cette entrée en matière abrupte crée une certaine confusion, et même une lourdeur narrative qui m’a fait craindre dans un premier temps. Fort heureusement, passé la séquence d’action introductive, on prend un peu le temps de situer les personnages principaux, ces fameux « hommes-loup » et les antagonismes en place. Cela permet déjà de savoir quel point de vue on partage, chose qui n’était pas évidente de prime abord, et permet de caractériser plusieurs personnages. 

Ookami Rise 3Chose qui va aller en s’étoffant par la suite, bien que l’action reprenne vite ses droits avec l’arrivée d’une unité armée expérimentale faite pour lutter contre les Wolang, dont les aptitudes physiques font qu’ils dégomment assez aisément des soldats « normaux ». L’occasion de rencontrer de nouveaux personnages centraux dans le camp adverse, permettant une pluralité des points de vue classique, mais qui fonctionne néanmoins fort bien.

Avant de partir en flashback, afin de revenir sur les origines des expérimentations sur des enfants orphelins dans des camps, devenus par la suite les fameux Wolang. Si la partie précédente du volume était déjà efficace, c’est vraiment cette dernière partie qui m’a le plus convaincu et m’a donné envie de continuer la série.

En présentant l’origine des relations entre les personnages principaux (qui sont donc désormais dans des camps différents) et en mettant en avant quelques mystères quant à l’origine des Wolang, le récit se fait plus poignant et plus intrigant, quand bien même on reste dans des schémas relativement classiques et déjà vus. Mais on ne le dira jamais assez, le classicisme n’est pas un mal, quand la narration et l’esthétique suivent, et par chance c’est le cas ici.

Ookami Rise 2Car en effet, si j’ai fini par bien rentrer dans le récit, le trait de Yu Ito n’y est pas pour rien. Si je trouve les designs de personnages assez inégaux, les plus importants arrivent à se démarquer, notamment ce Wolang dont la tête semble être formée de deux moitiés supérieures de visage collées, qui fonctionne diablement bien dans ce côté fascination/répulsion.

Ainsi, passé une introduction un peu abrupte qui a créé quelques craintes, le récit, bien que classique, fonctionne vraiment selon moi. En posant déjà quelques questions intéressantes et en développant un univers efficace aux personnages que l’on a envie de suivre, la série part sur de bons rails. Et le fait qu’elle ne s’éternisera pas joue également en sa faveur, d’autant plus que sur la base de ce premier volume, il semble tout à fait faisable de proposer quelque chose qui se tient sans que cela soit précipité. Ce sera bien entendu à juger sur pièce avec les volumes suivants, mais pour l’heure, cela semble bien parti.

 

6 commentaires

  1. Tout comme toi, j’ai été bien appâtée par ce premier tome et le fait que la série soit courte est un vrai +
    J’ai beaucoup aimé ce début brutal personnellement, ça m’a totalement propulsé dans cet univers singulier et oui les dessins y ont participé.
    J’en reparlerai demain sur le blog 😉

    Aimé par 2 personnes

    • J’irai voir ça avec grand plaisir !
      Je ne suis pas contre l’idée d’être propulsé directement dans le feu de l’action, mais j’ai trouvé ça un peu flou flou début et ça m’a vraiment donné quelques craintes, qui ont heureusement été dissipées par la suite, jusqu’au flash-back qui m’a vraiment bien investi dans l’histoire.

      Aimé par 1 personne

      • Je vois ce que tu veux dire, ça peut être assez casse-gueule comme figure de style. Mais clairement oui, le flashback est LE moment qui accroche le lecteur grâce au développement du cadre et des personnages, c’est bien joué de l’avoir mis aussi tôt.

        Aimé par 1 personne

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