Mon avis sur… Ranking of Kings T.2 de Sosuke Toka

Ranking of Kings 2

Alors que le premier tome a été un énorme coup de cœur, mon plus gros de 2022 pour le moment, j’attendais avec une grande impatience la suite de Ranking of Kings. Il faut dire que la série avait toutes les armes pour me parler d’emblée, avec son univers de fantasy proche du conte, l’attention énorme que l’auteur porte à l’esthétique et surtout à la mise en scène. Enfin sa thématique de l’enfance et de la parentalité, qui culminait dans une séquence magnifique à la fin du premier tome, où le roi Bosse devient une autre personne en rencontrant son fils Bojji, m’ont convaincu du talent de son auteur, et des grandes qualités du titre.

De ce fait, c’était très confiant que j’accueillais ce second volume, et j’avais bien raison de l’être, car Sosuke Toka confirme ses qualités de conteur, notamment en arrivant à faire ressortir une grande authenticité et une vraie force émotionnelle chez tous ses personnages, par petites touches successives. Voyons tout cela en détails.


Un grand merci à Ki-oon pour l’envoi de ce second volume.


Mon avis sur le premier tome.


Resituons rapidement les événements, au cas où vous n’auriez pas encore sauté le pas. Ranking of Kings nous présente un univers de fantasy à l’ambiance proche du conte pour enfants, dans un univers où il existe un classement parmi les différents rois (et ils semblent nombreux). Le roi Bosse était vraisemblablement bien classé, du fait de sa force titanesque (il est même dit que si la force était le seul critère, il serait premier haut la main), mais il a fini par casser sa pipe dans le premier volume, laissant le royaume aux mains de son fils cadet Daida.

Si c’est le cadet qui monte sur le trône, c’est tout simplement car son aîné, Bojji (le héros de l’histoire), est sourd et muet de naissance, et de constitution très fragile. La raison ? Son père a scellé un pacte avec un démon, offrant la force de son fils à naitre en échange d’une puissance décuplée. Pas très sympa, mais on comprend bien qu’il a fini par regretter son geste le bougre, dans une séquence de toute beauté qui plus est. Dernière précision, Bojji fait la rencontre au début de l’histoire d’une ombre vivante, qui décide de le prendre sous son aile, et qui est particulièrement touchante par ailleurs.

Nous voici donc dans ce second tome avec Bojji, qui suite à la déconvenue du couronnement de son frère, souhaite partir découvrir un peu le monde. Si sa belle mère n’accueille pas cette envie de la meilleure des façons, trop inquiète pour le garçon, elle finir par s’y résoudre, voyant bien que c’est important pour lui.

Ainsi, nous allons pouvoir découvrir un peu le monde hors du château, aux côtés de Bojji, son maitre d’arme, et un jeune soldat volontaire pour les accompagner. Une approche finalement classique de la fantasy, où un personnage ignorant du monde va découvrir de quoi il en retourne, en miroir des lecteurs et lectrices. Et une approche d’autant plus intéressante que la fantasy est selon moi un genre qui pose souvent la question du rapport au monde, et de notre place au sein de celui-ci.

Bojji et le voleurIci, cela passe par petites touches très bien senties, lors de petites péripéties qui montrent un décalage entre le regard de Bojji sur le monde et la réalité de celui-ci. Que ce soit dans l’insouciance avec laquelle il laisse sa besace sans surveillance, ou dans la façon dont il va rencontrer une famille de loups. Sosuke Toka travaille toujours aussi bien cette figure de l’enfance. Car si on avait déjà pu constater dans le premier tome un vrai talent pour exploiter la pantomime de Bojji visuellement, on profite ici d’un point de vue à hauteur d’enfant qui fonctionne particulièrement bien, autant d’un point de vue narratif qu’émotionnel.

Et ce travail d’écriture et de mise en scène ne concerne pas que Bojji, mais bien tous les personnages. Si Daida, le frère cadet et nouveau roi est beaucoup mis en avant, je pense aussi au personnage de Bebin le charmeur de serpents, qui gagne en épaisseur et en intérêt dans ce volume. Sans oublier Hiling, la belle mère de Bojji, surement le personnage le plus soigné après notre jeune héros, et principal vecteur de la thématique parentale qui me parle tant dans la série.

L’écriture globale est d’ailleurs assez chargée d’un point de vue thématique, en lien avec l’aspect proche du conte du récit. Car si le manga n’est pas spécifiquement destiné à un public jeune (qui peut quand même le lire sans problème), on y retrouve une volonté d’édification évidente du lectorat, qui passe par la mise en avant de valeurs positives. À titre d’exemple, le simple fait de préciser que la force n’est pas la seule vertu importante dans le classement des rois donne déjà une indication en soi. Et on imagine facilement que les qualités humaines de Bojji seront un élément fondamental, en opposition à la force physique dont il ne dispose pas.

En résulte donc un second tome tout à fait à la hauteur du coup de cœur que j’ai eu pour le premier. En suivant Bojji dans sa découverte du monde, le récit s’étoffe avantageusement, mettant en place un certain nombre d’enjeux et de mystères très intéressants. Mais surtout, il conserve un ton qui lui est propre, une approche fraiche et vraiment plaisante du genre, où l’intelligence dans la mise en scène est au service d’une vraie force émotionnelle.

6 commentaires

  1. Vive Bojji
    Il part déjà en voyage dans ce tome ? ça va plus vite que je ne l’aurais imaginé.
    Comme tu la si bien dit, chaque personnage gagne en épaisseur au fils des tomes et change la perception qu’on avais de lui. Comme Bebin qu’on pourrais croire comme quelqu’un de sans pitié qui serais près à utilisé diverse ruse pour arrivé à ses fins (vue qu’il est étroitement liée au serpent) mais qui s’avère plus profond que ça.
    On à pas vraiment de détails sur les critères nécessaire afin d’être bien classé dans le classement des rois, mais on peu deviner que la popularité auprès du peuple et la force/taille du royaume y joue également un rôle. Hâte de voir quel sera le classement de Daida, car niveau force physique il est très loin de celle de son père

    Aimé par 1 personne

    • On nous donne déjà une indication assez précise de son classement (je ne sais plus si il est précisé le nombre de rois, mais ça me semble pas bon du tout 😆).

      Et oui, Bojji part déjà en voyage durant ce tome, assez rapidement d’ailleurs, ce qui n’est pas plus mal, le récit ne perd pas son temps tout en sautorisant des respirations bienvenues.

      J’aime

  2. Je ne l’ai pas encore lu mais tu me rassures sur la direction prise qui colle bien à l’anime et comme j’ai adoré celui-ci ❤️
    Je suis aussi très fan de la Reine. Il y a quelque chose dans cette maladresse touchante dont elle fait preuve avec Boji.

    Aimé par 1 personne

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