Mon avis sur… Four Knights of the Apocalypse T.4 de Nakaba Suzuki

Four Knights of the Apocalypse 4

Nakaba Suzuki est un mangaka que j’ai vraiment grand plaisir à découvrir cette année. Sa façon d’appréhender son travail et ses œuvres me parle tout particulièrement, se réappropriant de façon classique des univers codifiés avec tellement d’application et de plaisir que ça en devient communicatif. Car j’ai tendance à préférer une jolie histoire racontée de façon simple mais sincère et mettant le plaisir de lecture au cœur des préoccupations, que des choses plus originales qui peuvent ne pas me parler. Bien entendu, il n’y a pas vraiment de formule figée, mais il est clair que Suzuki, à l’image de Mashima avec qui il partage beaucoup de choses, a réussi à trouver le truc qui me parle, et ce nouveau volume de Four Knights of the Apocalypse le confirme encore une fois.


Un grand merci à Pika pour l’envoi de ce volume.


Mon avis sur les tomes précédents : Tomes 1&2Tome 3


Ce n’est pas vraiment volontaire, mais je me trouve dans une période très chargée en fantasy, que ce soit en manga ou dans les autres domaines. Le hasard fait que je me suis même mis ce mois-ci à écouter les podcasts de Nota Bene, dont certains en lien avec ce genre fictionnel m’ont particulièrement intéressé. Je pense notamment à celui avec Anne Besson, chercheuse en littérature comparée et spécialiste française de la fantasy. Si ce genre de littérature vous intéresse, je vous recommande chaudement ses ouvrages qui sont passionnant !

Tout ça pour dire que la fantasy est un genre qui me parle énormément, et ce depuis l’expérience bouleversante que fut le visionnage du Seigneur des Anneaux au cinéma en 2001 (même si en réalité, c’est à partir des Deux Tours en 2002 que je suis devenu dingue de ces films). Mais au fond, ma vie, on s’en fout ! Ce qui compte, c’est de se dire que la fantasy est un genre extrêmement riche, dont les approches sont très diverses, des plus classiques à celles qui, au contraire, souhaitent se poser en rupture.

Et dans le domaine, je trouve que l’œuvre de Nakaba Suzuki, commencée avec Seven Deadly Sins et qui se poursuit aujourd’hui avec Four Knights of the Apocalypse, est très intéressante. Le simple fait de conjuguer une fantasy inspirée des légendes arthuriennes aux codes du shonen nekketsu appliqués de façon très classique confère une certaine identité à ces deux séries. Cela permet de prendre les deux légèrement de biais, permettant de se démarquer malgré les ficelles usées (mais toujours efficaces) utilisées.

Chose que l’on retrouve dans ce quatrième tome, toujours réjouissant dans sa façon de présenter sa grande aventure. Là où de nombreux mangas du genre ont souvent tendance à privilégier la bagarre et l’action pure, Suzuki arrive à mettre le sentiment d’évasion et de voyage au premier plan.

Cela passe par tout un tas de petits détails, dont certains sont assez basiques, mais qui fonctionnent très bien. Je pense par exemple au fait de nous resituer géographiquement les choses, en sortant une carte montrant où les personnages en sont (la cartographie étant un élément quasiment incontournable dans la littérature de fantasy). Le fait de renvoyer par certains détails aux événements de Seven Deadly Sins donne également du corps à l’univers et au récit, rappelant que l’on se trouve dans un monde qui a une histoire qui précède celle que l’on nous raconte ici. Enfin, le fait de se baser sur l’imaginaire des légendes arthuriennes aide évidemment pas mal.

Pour ce qui est de ce quatrième volume en particulier, on reste donc sur une formule classique mais diablement efficace, où l’arrivée dans un nouveau lieu est l’occasion d’une petite pause comique qui donne du corps au groupe, chose toujours appréciable dans ce genre d’aventure. On y revoit également un visage connu (et diablement charismatique) de Seven Deadly Sins, tout en nous proposant quelques péripéties et rebondissements qui donnent lieu à de belles séquences d’action, où la patte de Suzuki fait toujours des merveilles, au détour de planches somptueuses.

Si l’intrigue présentée dans ce tome est assez simple, elle nous permet d’en apprendre plus sur un des membres du groupe, tout en présentant ses propres enjeux immédiats. De quoi faire une pause dans l’intrigue principale sans pour autant faire du sur-place. Encore une fois, on sent le métier de Suzuki qui parle, l’auteur arrivant à maximiser ses effets et tirer partie des éléments les plus simples de son récit.

Ainsi, après seulement quatre tomes, je suis déjà totalement immergé dans son univers, profitant à fond des retrouvailles avec certains anciens personnages tout en prenant plaisir à en apprendre davantage sur les nouveaux. Et si on doit comparer avec Seven Deadly Sins, je dirais que cette suite propose un aspect plus aventureux et propice au voyage pour le moment, qui pourrait potentiellement me combler encore davantage. Surtout que les nouvelles têtes rivalisent de charisme à mes yeux (en particulier le petit Percival, figure héroïque vraiment réjouissante).

En résulte un volume riche, extrêmement efficace et particulièrement enthousiasmant à lire. Si l’auteur reste dans ses petits chaussons et ne cherche aucunement à révolutionner son écriture, on est en tellement bonne compagnie, dans une aventure tellement maitrisée, qu’il serait compliqué de se plaindre. On ressent tout l’amour de Suzuki pour le genre qu’il investit, et qui est ici très communicatif. Me concernant, je ronge mon frein entre chaque tome, le signe d’un univers qui sait déjà m’enchanter par son souffle épique.

4 commentaires

  1. Je confirme que les ouvrages d’Anne Besson sont intéressants et elle même est vraiment très aimable, je l’ai rencontrée aux Imaginales il y a quelques années :3
    Voilà c’était ma contribution à moitié hors sujet 😆

    Aimé par 1 personne

    • Oh non, totalement dans le sujet au contraire !
      Son livre sur les œuvres mondes m’avait particulièrement plu et je trouve que c’est quand même intéressant d’articuler une réflexion sur la façon de créer des mondes de fiction au sein de différents médias.
      Dans le cas de 4 Knights, je trouve que Suzuki arrive à avoir une singularité par le fait d’être un cheval entre des codes classiques de la fantasy littéraire, et des codes classiques du shonen de bagarre.

      Aimé par 1 personne

      • Certes mais dans le sens pas directement lié au titre présenté ! J’aime bien l’intertextualité que tu mets chaque fois dans tes articles et les liens que tu arrives à faire en transcendant les supports c’est super intéressant 😊

        Aimé par 1 personne

      • J’essaie en tout cas de m’amuser à renvoyer vers d’autres choses que juste du manga, d’une part parce que ça m’intéresse, et aussi parce que je trouve ça plus sympa globalement. Ça permet d’essayer de réfléchir de façon plus globale.

        Aimé par 1 personne

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