Mon avis sur… Bip-Bip Boy T.2 de Rensuke Oshikiri

Bip Bip Boy

J’avais été agréablement surpris par ma lecture du premier tome de Bip-Bip Boy, dont je craignais compte tenu du pitch que cela se résume à un enchaînement de souvenirs nostalgiques. Mais j’ai finalement constaté que l’auteur avait une vraie intelligence dans l’écriture, et que ses souvenirs étaient l’occasion de mettre en avant l’importance sociétale du jeu vidéo, tout comme la façon dont il contribuait à nous façonner en tant qu’individus. J’attendais donc du deuxième tome qu’il continue dans cette voie avec les mêmes qualités. Voyons donc ensemble si c’est le cas.

Pour commencer, pas besoin de résumé pour resituer (d’ailleurs il n’y en a pas sur le site de l’éditeur, juste une présentation de la série). Nous nous retrouvons dans un second volume structuré de façon strictement identique au premier, c’est à dire que chaque chapitre, de durée très variable, nous permet de découvrir une situation, une anecdote ou une thématique abordée, en lien avec le jeu vidéo. Mais la principale différence avec le premier volume vient ici du fait que le jeu vidéo est justement parfois plus une toile de fond que le cœur des histoires. Cet élément est toujours présent, mais parfois de façon moins importante, permettant à l’auteur d’ouvrir sur quelque chose qui touche plus à la jeunesse dans sa globalité. J’ai été étonné par ce point mais c’est plutôt bien vu car ça lui permet d’aller plus loin, et cela montre surtout que même si les situations vécues n’étaient pas liées à sa passion, elle restait dans un coin de sa tête et offrait une grille de lecture aux événements vécus.

Mais passé ce premier point, on est dans la stricte continuité du premier tome, si bien que si vous l’aviez apprécié, je ne vois pas ce qui vous empêcherai d’aimer celui-là, et au contraire, si son style vous a déplu, je ne pense pas qu’il faille s’acharner. Pour ma part, j’y ai retrouvé le même humour qui m’a beaucoup amusé, la même intelligence dans le recul pris par le mangaka, qui lui permet encore une fois de mettre son expérience en perspective par rapport à l’importance du jeu vidéo dans la construction identitaire et dans nos relations aux autres. Car comme avec le premier tome, chaque anecdote est l’occasion de traiter une thématique différente en lien avec sa passion, et vient enrichir un propos global sur l’enfance japonaise des années 1980/90.

Et évidemment, si on a soi-même vécu cette période, on risque de se reconnaître dans ces anecdotes. Que ce soit le fait de passer une journée à jouer parce que l’on est malade et seul à la maison, ou le fait de prendre plaisir à humilier quelqu’un sur un jeu que l’on maîtrise parfaitement (c’est mal, mais je pense qu’on est nombreux et nombreuses à l’avoir fait…), on se retrouve dans ces histoires ce qui nous permet d’en rire avec l’auteur, mais aussi de prendre de la distance et de s’interroger sur nous-même et notre propre rapport au jeu vidéo et à notre évolution.

C’est en ça que cette lecture est encore une fois très intéressante à mes yeux, d’autant plus que ce second tome appuie davantage que le premier sur la tonalité douce-amère. En effet, plusieurs chapitres semblent presque tristes, notamment celui où il explique comment chaque membre de son cercle d’amis a fini par s’écarter du groupe au fil du temps. De même, en fin de volume, l’auteur parle en tant qu’adulte de tout ça, y compris dans la postface, et explique s’interroger souvent sur l’évolution de sa vie et comment les choses auraient pu se passer s’il avait fait des choix différents (comme par exemple, travailler à l’école). Et même s’il aime sa vie et prend toujours autant de plaisir aux jeux vidéo, il semble avoir quand même des regrets. J’ai trouvé cette façon d’ouvrir le récit à une réflexion qui me semble universelle très intéressante, et cela apporte vraiment un petit plus par rapport au premier tome.

En résumé, ce deuxième tome de Bip-Bip Boy conserve les mêmes qualités que le premier, à savoir un humour qui fait mouche mais surtout une vraie intelligence dans l’écriture permettant de se projeter très facilement dans le récit et de se questionner sur notre propre vécu de joueur. On est ainsi amenés à s’interroger sur la façon dont ce loisir (cette passion même selon les cas) a contribué à la construction de notre identité. Et sa fin douce-amère apporte un angle de réflexion supplémentaire très bien vu. Le rendez-vous est donc pris pour le dernier tome, qui arrivera début juin !

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