Mon avis sur… Dr Stone T.1 de Riichiro Inagaki et Boichi

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Comme je l’ai expliqué dans mon billet sur les premiers tomes de l’édition deluxe de Sun-Ken Rock, je suis littéralement tombé amoureux du style de Boichi, aussi bien dans l’écriture que dans les dessins. Ma faim d’expérience Boichesques a fait que je me suis tourné dans un premier temps vers Dr Stone (pour lequel il n’est qu’au dessin) qui me tentait depuis un moment, avant de me lancer plus tard dans Origin.

Mais revenons en au manga dont il est question ici : Dr Stone est un shonen écrit par Riichiro Inagaki, l’auteur d’Eyeshied 21 et merveilleusement illustré par Boichi. Il est pré-publié dans le Weekly Shonen Jump depuis 2017 avec un certain succès, et il nous est arrivé en France mi-2018. Il compte actuellement 4 tomes en France pour 9 tomes au Japon en édition reliée. Et autant le dire tout de suite, je compte bien rappeler mon retard car dès ce premier tome, je suis totalement conquis ! De quoi est-il donc question ici ?

Taiju, un lycéen tokyoïte, est un jour victime d’un phénomène mystérieux : en une fraction de seconde, l’humanité entière est transformée en pierre ! Des milliers d’années plus tard, à son réveil, il décide de rebâtir la civilisation à partir de zéro avec son ami Senku !!

Avant d’aborder l’intrigue, attardons-nous déjà sur la première chose qui saute aux yeux et qui ne sera pas une surprise pour quelqu’un de familier avec le travail de Boichi : C’est indécemment et incroyablement beau ! Certes, je suis tombé amoureux du style Boichi, il est donc évident que je trouve ses dessins magnifiques, mais je pense qu’il faudrait vraiment être difficile pour ne pas trouver ça au moins très beau. J’apprécie d’autant plus qu’on reconnait au premier coup d’œil son style, Senku ressemble pas mal à Ken Kitano et Yuzuriha (la jeune fille dont Taiju est amoureux) a également de nombreux traits en commun avec les personnages féminins de Sun-Ken Rock. Mais là où je suis vraiment impressionné, c’est qu’il a très bien adapté son style à quelque chose de plus shonen, rendant le tout reconnaissable, mais également différent de son travail habituel. De plus, le cadre post-apocalyptique où la nature a repris ses droits est parfaitement retranscrit, avec de nombreux détails et un travail magnifique à la fois sur les décors et sur les quelques animaux qu’on voit dans ce premier tome.

Mais passé ce visuel magnifique (qui vaut à lui seul qu’on s’intéresse au manga), on se retrouve fort heureusement face à un travail d’écriture d’excellente qualité également. Tout d’abord, le contexte dans lequel se déroule le manga permet de développer une thématique très intéressante, à savoir la dualité entre nature et culture. En effet, on a d’un côté Senku, véritable génie des sciences qui a compté durant 3700 ans chaque seconde qui se passait pour savoir exactement où en était la Terre pendant la pétrification ; et de l’autre, Taiju qui a réussi à sortir de son état de pierre car il n’a cessé de penser pendant tout ce temps à la fille dont il était amoureux. Ainsi, une fois les deux compères retrouvés, une véritable entente va se mettre en place avec d’un côté l’esprit utilisant ses connaissances scientifiques pour évoluer, et de l’autre, le benêt dont l’énergie servira à effectuer toutes les tâches. L’un ne peut pas fonctionner sans l’autre et leurs différences donneront lieur à des échanges absolument savoureux. Pour le coup, je pense qu’on sent un peu l’influence de Boichi, ne serait-ce que sur les gueules absolument hilarantes des personnages lorsqu’ils sont en mode « caricature » pour l’effet comique.

Mais cette dualité entre nature et culture sera également au centre de l’histoire avec l’antagoniste Tsukasa Shishio. En effet, alors que Senku et Taiju sont poursuivis par des lions après avoir découvert comment stopper la pétrification, ils sont contraints de dé-pétrifier « le lycéen le plus puissant de l’ordre des primates » (rien que ça) pour les défendre. Et en l’occurrence, le mec ne se fout pas de nous puisque à peine réveillé, il fracasse les lions à mains nues pour bien poser les bases ! Ce qui semble être une bonne chose ne l’est pas tant que ça en réalité, car après avoir fait preuve d’abnégation pour aider ses nouveaux camarades, le fameux Tsukasa va se révéler avoir une idéologie un peu limite. En effet, il considère qu’il faut détruire les adultes pétrifiés pour ne sauver que les enfants, et ne pas chercher à faire évoluer la technologie de nouveau. Il veut ainsi créer un nouveau monde où la nature reprend ses droits car les hommes sont selon lui trop mauvais, et si on leur en donne les moyens, il asserviront à nouveau la nature et les autres hommes.

Cet antagonisme est donc d’emblée très intéressant puisque Tsukasa n’a pas forcément une vision du monde totalement inacceptable, c’est surtout sa façon de faire qui est légèrement extrême (puisqu’elle consiste quand même à massacrer pas mal de monde selon des critères totalement arbitraires). Détail amusant, alors qu’il souhaite maintenir la civilisation à l’âge de pierre, sa force incroyable est l’élément qui oblige Senku à très vite faire évoluer la science pour créer des armes à feu, seul moyen de l’arrêter. Ainsi, on peut déjà voir dès ce premier tome des développements assez riches et intéressants.

C’est un des points qui m’a marqué dans ce premier tome : il se passe d’emblée beaucoup de choses. On nous présente les deux héros, un univers quand même très particulier, et également un antagoniste et ses motivations. Et comme si ça ne suffisait pas, Senku et Taiju n’attendent pas non plus pour ramener parmi eux Yuzuriha, amenant ainsi la dynamique amoureuse dans le récit comme élément supplémentaire. Et le tout est saupoudré de beaucoup d’humour qui fait vraiment mouche !

En résumé, ce premier tome de Dr Stone est une excellente pioche. Je ne dirai pas une excellente surprise car j’avais vu pas mal d’avis positifs au sujet de ce manga, et rien qu’en le feuilletant, il me faisait très envie. J’en retiens surtout une présentation extrêmement efficace de son univers, ses personnages, ses antagonismes et ses enjeux. De plus, plusieurs questions sont déjà posées en filigrane (D’où vient la pétrification ? Pourquoi elle n’a touché que les hommes et certains oiseaux ? Vaut-il mieux faire avancer la science où maintenir le monde comme il est ? Y-a-t-il d’autres personnes dé-pétrifiées ?) Tout ces éléments font que la lecture de ce premier tome est un plaisir, et ne donne qu’une envie, se lancer au plus vite dans la suite !

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