Mon avis sur… Sun-Ken Rock Deluxe T. 1 et 2 de Boichi

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Je dois le confesser, en bon noob de l’otakisme, j’ai découvert très récemment l’existence de Sun-Ken Rock. En fait, c’est lors de l’annonce de la réédition Deluxe chez Doki-Doki que j’en ai entendu parler pour la première fois. Le nom de Boichi m’était également inconnu (tout du moins, quand j’ai entendu parler de Dr Stone, j’avais totalement zappé le nom du dessinateur)… Quel manque cela aurait été dans ma culture mangaesque si l’éditeur n’avait pas eu la bonne idée de faire revenir en force cet auteur avec sa série phare.

Car en effet, Boichi, mangaka coréen expatrié au Japon s’est rapidement fait une grosse réputation grâce au succès de la série dont il est question aujourd’hui, à partir de 2006. Me concernant, j’ai donc découvert ce manga lors de l’annonce de l’édition deluxe, et la beauté du livre ainsi que les illustrations que j’ai eu l’occasion de voir m’ont tout de suite fait envie. Et après avoir recherché quelques avis, j’ai constaté que ce manga était un des plus cultes de Doki-Doki, et avait un réputation extrêmement impressionnante. Le mal était fait, il me fallait ce premier tome de l’édition deluxe. Et il fallait que j’en parle ici.

Premier choc… La qualité dingue de l’édition. Chaque tome de l’édition deluxe comprend deux tomes de l’édition classique, pour un prix de 20 euros tout à fait justifié, puisqu’on a droit à un grand format, de nombreuses pages couleurs, une couverture rigide, des interviews de Boichi et des croquis bonus. C’est bien simple, on tient là une édition magnifique qui justifie à elle seule l’achat. Je pense que même un fan qui possède toute la collection ne peut résister au passage en caisse !

Et cette qualité éditoriale était je pense nécessaire pour que le deuxième choc, que dis-je, l’uppercut, soit administré au mieux dans nos faces : les dessins de Boichi sont d’une beauté à tomber par terre, tout simplement ! Que ce soit dans les séquences d’action, dans les poses qui pètent la classe et même dans les dessins humoristiques en mode caricature, tout est d’une beauté dingue. En seulement 4 tomes (puisque 2 fois 2 tomes), je ne peux déjà plus compter le nombre de planches qui m’ont explosé la rétine. J’en viens même à me dire que même si l’on est pas fan de l’écriture, on ne peut que prendre un plaisir fou à la lecture du manga tant il est d’une beauté incroyable. J’en suis même tombé amoureux du style de Boichi, ce qui est le signe d’un dessinateur exceptionnel en si peu de tomes. De ce fait, je vais être contraint de me lancer dans Dr Stone et Origin pour avoir ma dose…

Mais passé le choc de ce visuel somptueux, qu’en est-il de l’histoire dont je n’ai toujours pas parlé ? Le pitch de base est simple : Ken Kitano est un jeune japonais qui débarque en Corée pour devenir policier comme Yumin, la fille qu’il aime… Mais les choses ne se passent pas comme il l’aurait souhaité, et il passe un an à glander jusqu’au soir où, noyant son désespoir dans un restaurant ambulant, des mafieux s’en prennent au patron âgé. Le sens de la justice de Ken le force à intervenir et il pulvérise ces voyous… sous les yeux de Tae-Soo, le boss d’un gang minable. Il va alors inviter Ken à devenir leur nouveau boss. Ce dernier, peu motivé au départ, voit ici l’occasion de gagner sa vie et de rendre Yumin fière de lui, et accepte donc.

Ce pitch assez simple permet à Boichi de développer ce qu’il considère comme un manga composé à 60% de muscles, 30% d’amour et 10% de jo-pok (histoires de mafieux coréens). En effet, ce qui caractérise ces premiers tomes est l’alternance entre les séquences d’action musclées (et violentes), les séquences plus intimistes avec de la drague, et les gags. Et Boichi excelle dans ce numéro d’équilibriste. Il aborde de front des sujets graves tels que l’État coréen corrompu et coupable de crimes majeurs (son implication dans la guerre du Viêt-Nam est au cœur du tome 2), la violence des gangs, le traitement infligé aux femmes (le viol est un élément récurrent dès les premiers tomes, et montré de façon assez crue), mais il permet des moments de respiration avec de nombreux gags (notamment lors de l’entrainement de Ken et son gang dans les tomes 2 et 3, absolument brillant). À ce titre, il vaut mieux être assez friand d’humour en bas de la ceinture et d’érotisme pour goûter à l’humour de Boichi, me concernant, ça fonctionne parfaitement.

Mais puisque j’en suis à évoquer l’érotisme, il me semble qu’un paragraphe est nécessaire pour évoquer ce point central de Sun-Ken Rock (et vraisemblablement du style de Boichi en général). En effet, le manga est résolument adulte. Par sa violence, par les thèmes abordés, mais aussi par son érotisme débridé. Si on ne supporte pas la nudité parfois gratuite (et toujours frontale), on risque d’avoir du mal avec ce manga. Me concernant, cela ne me dérange pas, d’autant plus que ça participe de l’ambiance générale du manga. De plus, cette représentation frontale de la nudité féminine me semble en accord avec la vision de Boichi de la liberté d’expression.

Il explique en effet dans l’interview qui clôture le tome 2 en édition deluxe qu’il était un auteur d’ouvrages pour filles en Corée, avec des histoires très fleur bleue, mais qu’il s’est vite frotté au Juvenile Protection Act entré en vigueur en 1996 en Corée, qui limitait la liberté d’expression des auteurs. Je suppose que c’est un des éléments qui l’a incité à quitter la Corée pour le Japon, et que cette expérience a influencé son style. Car s’il y a bien un terme qui qualifie Sun-Ken Rock, c’est « vénère ». On sent dans le manga une grosse rage, que ce soit contre une certaine politique générale du pays ou contre la censure de son travail d’auteur. Et le style de Boichi transpire de cette rage et contribue à en faire sa valeur selon moi. En effet, l’auteur a réussi à écrire une histoire qui mêle le fond et la forme d’une façon brillante, au point où l’érotisation extrême des personnages féminins, l’emphase mise sur la puissance des héros (il faut voir Ken après son entrainement se battre comme une machine de guerre absolue) et l’humour très gras contribuent tous à rendre ce manga unique et vraiment impactant.

En résumé, je comprends tout à fait l’aura culte qui entoure Sun-Ken Rock, en seulement quatre tomes, je suis déjà tombé amoureux de ces personnages, de cet univers et du style unique de Boichi. Et le travail d’édition de Doki-Doki mérite d’être salué tant il met en valeur la puissance du style de l’auteur. Je n’ai qu’une hâte, découvrir ce que la série a encore à nous offrir. En attendant, je m’en vais me replonger dans ces planches éblouissantes dont transpire une énergie vénère dingue. Un énorme coup de poing, et un énorme coup de cœur !

 

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