Mon avis sur… Voyage au centre de la Terre de Norihiko Kurazono

Voyage-au-Centre-de-la-Terre-1-Pika

J’ai l’impression qu’il y a une grande tradition d’adaptation des classiques littéraires en mangas, quels que soit les genres et les nationalités des auteurs. On peut penser aux récits de Lovecraft qui sont actuellement adaptés avec succès par Gou Tanabe (notamment Les Montagnes Hallucinées, que je n’ai pas encore lu mais qui me tente énormément), mais aussi du Jules Verne, avec le titre qui nous intéresse en particulier ici. Cette adaptation de Voyage au centre de la Terre par Norihiko Kurazono est disponible depuis l’année dernière chez Pika, et comporte quatre tomes, pour une retranscription très fidèle du titre original. Voyons donc ensemble de quoi il en retourne, sachant que je vais parler autant du roman que du manga.

Hambourg, 1863. La vie d’Axel va changer du tout au tout lorsque son oncle, le professeur Lidenbrock, imminent géologue, trouve un étrange parchemin codé dans un vieux livre islandais. Le mystérieux message contient des indications pour se rendre au centre de la Terre ! Il n’en faut pas plus à l’impétueux professeur pour monter une expédition au grand désespoir de son neveu.

Au cas où vous ne connaissez pas le roman d’origine, sachez qu’il a été publié en 1864 dans sa première édition, et qu’il reste encore aujourd’hui une lecture vraiment agréable, même s’il accuse sur certains points le poids des années. Je pense en particulier au cœur du récit, qui est le voyage pour le voyage, la découverte comme seule finalité. J’interprète cet état de fait ainsi (je peux tout à fait me tromper d’ailleurs) : le texte a été écrit à une époque où les découvertes, notamment du point de vue géographique, étaient encore quelque chose de remarquable pour elles-mêmes, le point de vue de Lidenbrock dans le roman (et le manga) montrant d’ailleurs très bien cet élément. De ce fait, raconter une histoire où l’enjeu est simplement de découvrir un lieu n’était pas à l’époque inconcevable, mais de nos jours, alors que chaque partie du globe a été découverte, cet objectif peut sembler un peu désuet. Ainsi, l’enjeu peut nous sembler léger pour nous, lecteurs et lectrices contemporains, mais si l’on se repositionne dans le contexte de l’époque (et nous y sommes aidés par le travail sur les deux personnages principaux), on comprend facilement l’émoi que peut susciter cette découverte sans autre finalité que la découverte. D’autant plus que cela ne se fera pas sans quelques curiosités en chemin.

Passé cet élément, un autre qui semble faire un peu vieillot vient de la caractérisation du troisième personnage de l’équipe, le fameux Hans. Alors qu’Axel (dont on partage le point de vue) et Lidenbrock ont tout deux une caractérisation plutôt riche et surtout très intéressante, Hans est au contraire monolithique du début à la fin et à aucun moment on n’a la moindre idée de ce qui se passe dans sa tête. Son seul objectif semblant être d’accompagner au mieux nos héros (et en l’occurrence, il leur sauve la mise tout le temps), sans jamais se plaindre, à tel point qu’on peut vraiment être étonné d’une telle fidélité compte tenu des risques et de la seule perspective d’une paye décente. Mais me concernant, c’est justement ce côté du personnage qui m’a fasciné, on ne sait tellement rien de lui qu’on ne peut s’empêcher de lui trouver un quelque chose de remarquable.

Ces deux éléments du roman se retrouvent retranscrits très fidèlement dans le manga, tout comme le reste par ailleurs. Si mes souvenirs sont bons, je dirai que c’est surtout au niveau du rythme global qu’il y a une légère différence, certains éléments me semblant plus développés dans le roman. Ainsi, la totalité des péripéties du roman sont présentes ici, illustrées avec un style très intéressant puisque l’auteur semble s’être basé sur les illustrations de Riou que l’on retrouve dans la plupart des éditions disponibles des romans de Jules Verne, qui contribuent d’ailleurs à l’ambiance de ces titres (voir en dessous).

Mais cette fidélité à l’œuvre d’origine me fait me poser la question suivante : quelle valeur ajoutée si l’on a déjà lu le roman ? Ce que je peux vous dire, c’est que me concernant, j’ai pris plaisir à la lecture qui m’a remémoré les souvenirs du livre dont est adapté le manga, ce qui est déjà un très bon point en soi. L’auteur ne s’en écarte pas et ne propose pas de modernisation ou autre, ce qui n’est pas forcément un mal. Ainsi, je pense que si l’on a aimé le roman, on devrait passer un bon moment avec le manga, même si celui-ci ne devrait pas vous bouleverser outre mesure. Par contre, si vous ne connaissez pas le roman, et que vous avec du mal avec ce genre de lecture, le manga est un bon moyen de retrouver la saveur de l’histoire sans trahison ou autre élément qui viendrait l’entacher. Tout dépend donc de vos connaissances préalables de l’histoire d’origine.

En résumé, cette adaptation de Voyage au centre de la Terre de Jules Verne par Nirohiko Kurazono est un manga très soigné et fidèle au roman d’origine. Il ne cherche pas une modernisation excessive et retranscrit parfaitement l’œuvre telle qu’elle est, y compris dans ses éléments qui peuvent sembler vieillots. De ce fait, c’est une lecture recommandable à la fois aux personnes ayant lu le roman et souhaitait voir l’histoire racontée par le biais d’un média différent, aussi bien qu’aux allergiques de ce type de lecture qui auront ici l’occasion de découvrir l’histoire telle que pensée par Jules Verne, mais d’une façon différente. Quoi qu’il en soit, bien que ce ne soit pas une lecture bouleversante, elle m’aura quand même fait passer un très bon moment.

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9 commentaires

  1. C’est un peu la raison qui me fait éviter ce type de manga. Je ne vois pas l’intérêt de reprendre tel quel des classiques sans y ajouter quelque chose. Dans ce cas ci ça éviterait les longueurs qu’on trouve chez Verne (mais qui sont cohérentes avec ses visées pédagogiques) donc c’est une bonne chose mais un peu plus d’originalité et moins de copier coller ce serait top !

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    • Pour le coup, ce sera surement pas une lecture pour toi dans ce cas, car on est vraiment dans la mise en images du récit d’origine. Après, comme je l’ai dit, ça peut-être une qualité ou un défaut selon le point de vue.
      Par contre, l’auteur évite certaines longueurs, mais pas toutes (certains dialogues à rallonge scientifique sont bien présents).

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  2. n’ayant pas lu le roman je me dis que le manga pourrait être une option plus rapide pour découvrir cette oeuvre, surtout s’il est très fidèle. Un peu une solution de fainéant quoi 😀 en tout cas ton avis m’encorage à aller y jetre un œil et même les deux

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