Mon avis sur… Gourmet Detective T.1 de Akiko Higashimura

L’arrivée de Gourmet Detective de Akiko Higashimura chez nous fut assez rocambolesque. Après avoir été annoncée par Delcourt à notre grande surprise à une époque où Princess Jellyfish de la meme autrice n’était toujours pas réimprimée, on a eu la surprise de découvrir que le titre serait à 12 euros (12 balles !!), avant que l’éditeur revienne là-dessus (fort heureusement), pour le proposer en format poche au tarif classique (7 euros). Sauf que sur la fiche produit sur le site de l’éditeur, il était toujours noté 12 euros, et les sites de vente en ligne affichaient également ce prix. Il aura fallu attendre quelques jours avant la sortie pour qu’enfin le bon prix apparaisse. Au passage, on a ou découvrir que le dos proposait une nouvelle estampille « Josei », totalement nouvelle chez l’éditeur mais aussi pour le marché français il me semble. Enfin, une petite émotion positive a été suscitée par le fait que le bandeau du premier volume précise que Miyako Slocombe officie à la traduction de la série (comme sur tous les titres de lautrice à l’exception de Princess Jellyfish donc). Une émotion que je serai tenté de pondérer, car il est bon de rappeler que cette exception est la norme dans le monde du roman, où les noms de traducteurs sont toujours mentionnés sur les 4e de couv. Ceci étant dit, j’avais hâte de découvrir cette nouvelle série d’une autrice pour laquelle j’ai beaucoup de sympathie, quand bien même j’ai arrêté la moitié de ses séries en cours de route (on est comme on est…).

Resituons un peu tout ça (oui, j’utilise cette expression constamment !), Gourmet Detective est un josei de Akiko Higashimura prepublié dans le magazine Cocohana de la Shueisha depuis 2015, en mensuel, avec déjà 10 volumes parus au Japon, et toujours en cours (d’où le fait qu’on apprécie de ne payer que 7 euros le tome et pas les 12 initialement annoncés). Comme je l’ai précisé en introduction, Delcourt Tonkam a récupéré le bébé, et en a confié la traduction à Miyako Slocombe, comme ça on est assuré que le travail est de qualité.

Pour ce qui est de l’intrigue, c’est on ne peut plus simple de prime abord. On suit Goro Akechi, detective privé qui apprecie la bonne bouffe, enquêtant et mangeant sur la majeure partie de son temps. Il est accompagné de la jeune Ichigo Kobayashi, propriétaire d’un food truck, chez qui il va se ravitailler en bento, et qui a tendance à pas mal l’aider dans ses enquêtes. Le premier volume a une structure simple : un chapitre introductif non numéroté présentant les deux personnages via une affaire d’adultère présumée, dans laquelle la nourriture a une place prépondérante. Et les trois chapitres qui suivent racontent une autre affaire, encore une fois en lien avec l’adultère et la nourriture, de quoi déjà établir un certain schéma, à voir s’il sera suivi ou non pour les affaires à venir.

Avant de poursuivre, petite mise en garde. Je vais spoiler un élément révélé dans le chapitre 2. Cela ne gâche selon moi en rien la lecture, d’autant plus que c’est vraiment un élément de base du concept de la série. Mais je préfère prévenir par précaution.

En effet, alors que la première affaire se conclut par le suicide apparent de la jeune femme qui avait embauché Goro pour espionner son mari, on découvre qu’elle est la grande marionnettiste de la seconde affaire, et potentiellement de toute la série ! Quelle surprise ! Personnellement, en voyant la mzuf se jeter dans la flotte du haut d’une falaise pas si haute, je me suis dit « Biff ! On ne me l’a fait pas ! », et je me doutais qu’elle n’était pas vraiment morte. Mais si vous y aviez cru, il ne faut pas vous en vouloir. J’ai personnellement développé des dons extralucides depuis que j’ai regardé Sherlock et fini tous les Professeur Layton (un nouvel épisode arrive sur Switch, joie !), je ne pouvais donc pas me laisser berner de la sorte. Mais Goro, de son côté, n’avait visiblement pas lu assez d’histoires de meurtre et s’est fait avoir.

Pourquoi est-ce que j’insiste autant sur ça ? Parce que cette figure féminine devient au cours de ce premier tome une représentation du mal fascinante et intrigante. Et elle est clairement l’élément qui me donne envie de poursuivre l’histoire.

Car, il faut le dire, en dehors de ce personnage qui questionne, qui se démarque et qui a de vraies aspérités, je trouve cette entrée en matière un peu timorée. Si le concept des enquêtes culinaires apporte un peu de fraîcheur, ce n’est pas suffisant pour éviter un côté extrêmement classique dans un genre qui a déjà proposé des tonnes de vision du super enquêteur un peu chelou sur les bords (ici, il ne l’est pas trop, ça évite au moins un poncif). Et si le classicisme n’est pas un souci pour moi en général, je trouve qu’ici, Higashimura n’arrive pas à muscler ses enquêtes et son récit de base, faisant que, si la lecture reste efficace (la dame a du métier), il manque vraiment quelque chose pour qu’on puisse savourer ce tome comme il se doit.

Reste donc cette figure du mal évoquée précédemment, sous les traits de cette jeune femme surnommée Maria Magdalena (la meuf de Jésus donc), qui se projette dans une relation Adam/Eve avec Goro, nous promettant un jeu du chat et de la souris qui, lui, fait vraiment envie pour la suite. Ce sera évidemment à voir sur la durée, en fonction de comment la mangaka développe ceci. Mais en l’état, elle représente véritablement l’élément qui intrigue, qui questionne, et qui donne une vraie aspérité à ce premier tome. En l’état, ça me suffit pour poursuivre pour le moment, mais j’espère vraiment que Higashimura va étoffer ça, et poussera davantage son concept, sinon ça risque de ne pas me suffire.

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8 commentaires

    • Pour le coup, c’est vraiment le pur style de lautrice en terme de chara design et desthetisue globale. On le reconnaît au premier coup d’œil.

      Après, sur la base de ce premier tome, j’éviterais de recommander la série même si je lui accorde le bénéfice du doute et vais tenter le 2e. Mais s’il y a pas une vraie amélioration dans l’écriture, je pense que j’arrêterai là.

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  1. Il y a des points qui semble intéressant, mais comme le dit OmbreBones, ça vend pas trop de rêve pour le moment.
    Pas super fan de la couverture non plus, mais les quelques planches du manga ne me gène pas plus que ça graphiquement.
    PS : J’ai d’abord lu « Ichigo kurosaki » au lieu de « Ichigo Kobayashi »
    PS2 : J’ai l’impression que tout le monde parle de cette série aujourd’hui

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    • Ça c’est parce que je crée des tendances. J’en parle, et le reste du Twitter manga s’y greffe. Ça se passe toujours comme ça avec moi !

      Plus sérieusement, la mangaka était attendue je pense, et l’arrivée du titre s’est quand même fait de façon rocambolesque.

      En dehors de ça, comme j’ai dit à OmbreBones, je pense que la prudence reste de mise, j’attends encore que le titre me convainque. Affaire à suivre…

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  2. Comme tu le sais, j’attendais cette série depuis un petit moment donc je suis ravie de la voir enfin sortie ! Par contre, contente aussi de voir qu’ils ont abandonné le moyen format à 12 balles car ça aurait été vraiment difficile sur le long terme de continuer. Et au final, ce format classique lui va très bien. Quant au vert josei, je l’aime bien, il est très joli en plus x)

    Pour ce qui est du premier tome, j’ai beaucoup aimé même si c’est sûr qu’il faut voir ce que cela va donner sur le long terme étant donné qu’il y a déjà 10 tomes. Comme l’autrice ne fait pas non plus de trop longues séries on peut supposer qu’elle ne va pas tarder à s’achever.

    J’espère que le tome 2 lancera davantage le récit et te permettra d’y trouver ton compte ^^

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    • J’espère aussi ma foi. Dans tous les cas, c’est loin d’être une mauvaise lecture, c’est juste un peu insuffisant à mes yeux.

      Je trouve aussi que le vert passe bien, et je suis quand même content qu’on commence à distinguer le josei du shojo, notamment parce que je suis clairement plus josei entre les deux.

      Pareil pour le format. Le mettre à 12 euros aurait tué la série à mes yeux, la réservant qu’aux fans de l’autrice.

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      • Pareil c’est vraiment une bonne chose – même si le shôjo peut se lire de 7 à 77 ans 😀 En tout cas, blague à part, on voit une véritable résurgence de cette cible avec davantage de mangas de cette cible qui sortent, et ça fait du bien.

        C’est clair et je trouve que ça aurait été dommage. Peut-être même que certains fans n’y seraient pas non plus allés car autant Tokyo Tarareba girls fait moins de 10 tomes et idem pour Le Tigre des Neiges avec pile 10, mais là on s’avance sur quelque chose de plus long. Et autant les gens sont « d’accord » pour débourser plus quand c’est Le Lézard Noir mais quand c’est D/T, ce n’est pas la même ^^;

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