Les Livres sur Avatar 2 – La Voie de l’eau

Alors que l’arrivée sur les écrans du monde d’Avatar 2 – La Voie de l’eau est imminente, la mécanique promotionnelle du film est en marche, déployant tout l’attirail classique pour une sortie aussi événementielle, 13 ans après le premier film. Si certains vont pouvoir être rassurés quant à l’importance du premier film avec certains produits dérivés qui débarquent, notamment les sets de Lego et autres figurines plus ou moins laides, afin que les enfants puissent enfin jouer avec les personnages de l’œuvre, je me délecte pour ma part de voir débarquer sur les étalages des librairies les livres officiels dédiés au film, dont la plupart sortiront conjointement mi-décembre. En effet, en bon obsessionnel que je suis, je dois confesser qu’un de mes péchés mignons concernant les blockbusters qui me tiennent à cœur est toute la littérature officielle autour, que ce soit les livres making of, les artbooks et autres. Voyons tout cela en détails, en commençant par un petit retour dans le temps, en 2009-2010, à l’époque de la sortie du premier film.

Retour en 2009-2010

Je me souviens de façon très précise de l’attente qu’avait suscité Avatar chez moi à l’époque. J’étais alors un jeune étudiant en cinéma de 22 ans, qui réfléchissait à son futur sujet de mémoire de M1, ignorant alors que c’est le sujet qui viendrait à moi une fois Avatar visionné en salle. Dès la première bande annonce, on avait le sentiment d’un blockbuster différent, de la trempe de ceux que seuls une poignée de cinéastes sont capables de mettre en scène. Il faut dire que 12 ans après Titanic, James Cameron avait pour ambition affichée de faire passer le blockbuster à un nouveau stade, fort d’avancées technologiques importantes et pas encore bien comprises par la presse spécialisées (souvenons nous du fameux « le prochain film de James Cameron sera tourné sans caméra » qu’on avait pu lire en 2005).

J’insiste sur ce point, car j’ai le sentiment que le blockbuster n’a pas su saisir tout à fait par la suite la main tendue par Cameron et son film, exploitant certaines de ses avancées de façon finalement timide et basique, en oubliant de vraiment embrasser les différentes révolutions du film du cinéaste. L’essor hallucinant et le déclin aussi rapide de la 3D en salle me semble sur ce point assez symptomatique de cet aspect. Après que les parcs se soient massivement équipés et que les premiers gros carton en 3D soient arrivés dans le sillage d’Avatar, cette technologie a fini par devenir un gimmick utilisé avec paresse, au point où elle a fini par susciter un désintérêt poli.

Triste constat sur une vision du cinéma qui semble avoir été reléguée au placard, au profit d’une approche « IP oriented », où les artistes s’effacent derrière des propriétés intellectuelles tentaculaires qui bouffent tout sur leur passage (Disney/Marvel en tête). Et, signe des temps assez éloquent, Avatar se retrouve également dans l’escarcelle du géant Disney depuis le rachat de la 20th Century Fox. Fort heureusement, James Cameron reste un Artiste avec un grand A, et un esprit libre et vif, toujours aussi obsédé par l’idée de défricher de nouveaux territoires, d’explorer de nouvelles voies pour le cinéma, et de proposer des expériences inédites qui remettent la salle, particulièrement malmenée depuis quelques années, au centre des débats.

Prenons d’ailleurs ici un pari : après avoir prédit un bide cosmique pour Top Gun – Maverick (qui est actuellement le carton de l’année, avec 1,5 milliards de recettes mondiales), je remets en jeu mon statut d’Oracle défaillant du box office et affirme qu’Avatar 2 – La Voie de l’eau arrivera à être le succès dont le cinéma a besoin, et dépassera les 2 milliards de recettes, voire les 2,5 milliards (pour rappel, le premier film a terminé à 2,8 milliards en 2010).

Pourquoi préciser tout ceci, et partir dans toutes ces circonvolutions ? Simplement pour rappeler qu’Avatar n’est pas un Nième blockbuster comme on en voit par dizaines. C’est une borne dans le genre, voire dans le cinéma en général, et un phénomène d’une telle ampleur mérite d’être accompagné, mais accompagné sérieusement, en terme de politique éditoriale.

Cameron, en bon contrôle freak, l’a compris, et ne laisse pas tout et n’importe quoi être fait autour de la licence, si bien qu’une forme d’aura de prestige se dégage des projets associés au film. Et ce, dès 2009-2010, durant la période qui a précédé la sortie, et celle qui l’a suivie. Du côté de la littérature officielle, l’idée était simple : le film se démarquait sur au moins deux aspects principaux qui se rejoignent : son caractère de « Planet Opera donnant vie à un monde fictionnel inédit et particulièrement bluffant visuellement, et l’arsenal technologique mis au service de la vision de Cameron.

Livres Avatar 2009-2010

C’est ainsi que trois ouvrages officiels luxueux ont vu le jour pour accompagner le film. Les deux premiers sont sortis peu avant le film et représentent ce premier aspect. Avatar – Rapport confidentiel sur la Planète Pandora étant une encyclopédie de la faune et la flore présentée dans le film, alors que Avatar – Le livre (de Liza Fitzpatrick) est un artbook magnifiquement illustré mettant en avant tout le travail des départements artistiques sur le film. Enfin, près d’un an après la sortie du film, en novembre 2010, le très attendu livre Making-of est sorti, dévoilant les coulisses d’un tournage inédit à l’époque, permettant d’appréhender plus en détails les technologies de tournage en volume et de motion capture. Avatar Blu RayDans le même temps, une édition collector avec version longue du film sortait en DVD et Blu Ray, proposant également un making of  vidéo et divers modules pour encore approfondir tout cela.

Ainsi, tous ces ouvrages remplissent plusieurs objectifs qui se télescopent, en proposant des produits dérivés luxueux et de qualité, qui offrent une source de revenu supplémentaire (on reste dans un domaine où la rentabilité est un enjeu majeur), tout en approfondissant le sentiment d’immersion dans cet univers, dont le/la fan étoffe sa connaissance via ces ouvrages encyclopédiques, et enfin, on découvre comment une telle vision d’artiste a pu être mise en œuvre, rendant plus palpable encore le prodige technologique à l’œuvre. Et ce faisant, les ouvrages entérinent l’aspect « inédit » et singulier de ce genre de projet.

Et si Avatar n’a pas le monopole de ce genre d’ouvrage, qui accompagnent finalement les sorties de nombreux blockbusters, c’est vraiment dans le cas des « œuvres mondes » à la pointe de la technologie que l’apport me semble le plus intéressant. D’où notamment la multiplication d’ouvrages autour de la trilogie du Hobbit lors de la sortie de chacun des films par exemple (mais on pourrait aussi citer l’univers Harry Potter ou encore Star Wars et ses somptueux ouvrages, qui rappellent que même des ratages industriels tels que la postlogie représentent un travail de titan d’artistes de grand talent).

Tout ceci nous menant à aujourd’hui, et la sortie prochaine de Avatar 2 – La Voie de l’eau, qui s’accompagne donc fort logiquement d’ouvrages du genre.

Les livres officiels sur La Voie de l’eau

Chez nous, c’est Huginn & Muninn qui a rapporté l’exclusivité sur ces ouvrages (et c’est tant mieux, l’éditeur ayant une belle expertise dans le domaine, je me souviens notamment de leur bel ouvrage sur Pacific Rim de Del Toro), et ce n’est pas moins de trois livres qui arrivent sur le film. Pour l’heure, un seul est paru : Avatar – Le Guide de Pandora, que l’on va détailler après. Deux autres sont annoncés pour une sortie concomitante au film : Avatar – La Voie de l’eau : l’encyclopédie illustrée, et surtout l’artbook qui s’annonce indispensable pour tout fan : Tout l’art de Avatar – La Voie de l’eau.

Avatar 2 livres

Attardons-nous donc sur Avatar – Le Guide de Pandora, le seul sorti pour le moment, que j’ai eu l’occasion de lire. Ici, deux cas de figure : soit vous êtes comme moi semi-vieux et avez pris de plein fouet la sortie du premier film en salle, auquel cas cet ouvrage n’apporte pas une énorme plus value par rapport à ceux de 2009-2010 car il se focalise essentiellement sur des éléments du premier film (avec quand même quelques bonus, on y reviendra), soit vous avez découvert plus tardivement Avatar, et il peut s’avérer intéressant compte tenu du fait que les ouvrages d’époque ne sont plus facilement trouvables neuf. De plus, cela permet d’anticiper la sortie du second film sans trop en montrer.

Et ce genre d’ouvrage est vraiment très intéressant quant à la question du « world building » et du sentiment de réel que donne un univers de fiction. En effet, passé l’avant propos de Zoe Saldana (Neytiri) qui parle de la thématique de la parentalité dans le second film (évidemment, attente énorme sur ce point !), et celle de Jon Landau (Producteur du film et camarade de longue date de Cameron) qui met un peu en perspective ce qui s’est fait autour d’Avatar entre le premier et le second film, l’ouvrage présente les différentes composantes de ce monde de façon encyclopédique, avec des chapitres focalisés sur les différents éléments de l’univers : la planète Pandora en elle-même, sa faune, sa flore, les peuples qui l’habitent (les Na’vis et les différents clans connus), le système de croyance et les sites sacrés, etc…

Ce genre d’ouvrage m’intéresse tout particulièrement car, dans le cas d’œuvres qui souhaitent créer un monde de fiction crédible, les créateurs et créatrices vont souvent élaborer une « bible » de l’univers, décrivant de la façon la plus détaillée et crédible possible son fonctionnement, son histoire, etc. Mais ce travail très important ne se voit pas de façon direct dans les œuvres, même s’il les nourrit et que cela est payant en définitive (puisqu’en principe, on ressent quand un monde est pensé dans ses moindres détails, par rapport à un monde esquissé à la serpe). Or, ce genre d’ouvrage encyclopédique permet de voir le fruit de ce travail des auteurs, et nous donne à mieux comprendre le fonctionnement et l’histoire du monde visité.

Sur ce point d’ailleurs, mon récent revisionnage du premier film m’a vraiment frappé concernant la qualité de l’écriture et la façon particulièrement douce et naturelle avec laquelle Cameron apporte des informations sur cet univers et son fonctionnement. Bien sur, il utilise des ficelles classiques, notamment le héros qui vient d’un autre monde et qui découvre en même temps que nous Pandora. Ainsi, l’ouvrage nous apporte des informations dispensées par le film, en même temps qu’il les étoffe par davantage de précisions sur le fonctionnement de tout cet univers, de sa faune et de sa flore, puisqu’il peut se soustraire aux impératifs narratifs du film.

Tout ceci avec, ouvrage officiel oblige, énormément d’images tirées du film afin d’illustrer tout ceci, mettant encore une fois en avant le travail des gens ayant participé à la création de cet univers (notamment les équipes des effets spéciaux, qui ont réussi à donner vie à un univers qui n’a pas vieillit d’un pouce en 13 ans).

Un autre point très bien vu est la façon dont l’ouvrage convoque les scientifiques du film, citant notamment le docteur Grace Augustine (interprétée par Sigourney Weaver), celle-là même qui a « littéralement écrit le livre » de Pandora, comme le précise Norm (interprété par Joel David Moore) dans le film. Cela contribue à donner un sentiment de réel supplémentaire au film et à son univers, donnant l’impression que les informations que l’on a dans ce livre viennent des recherches des équipes scientifiques présentées au sein de la diégèse du film.

Au fil de la lecture, alors que je connais le premier film par cœur, j’ai vu plusieurs espèces présentées qui ne me disaient vraiment rien, et après vérification, il s’avère en effet que plusieurs créatures présentées sont absentes du film et viennent notamment de jeux vidéo, ou encore d’un ouvrage raconté du point de vue de la RDA (l’organisation qui colonise Pandora), ouvrage dont j’ignorais l’existence (et pour cause, il me semble qu’il n’a pas été publié en français). Et présenter des créatures absentes du premier film est encore une fois vraiment intéressant en terme de développement d’univers, car cela nous permet de constater que le monde d’Avatar est plus vaste que ce que le premier film nous donne à voir (et justifie en partie l’existence de suites par ailleurs).

Sur ce point d’ailleurs, une double page dédiée aux animaux aquatiques, quasiment absents du premier film, permet déjà de fantasmer le second, qui sera en grande partie centré sur la vie aquatique sur Pandora. Vie aquatique qui est par ailleurs une obsession de Cameron, ses explorations ayant grandement contribué à nourrir l’esthétique de ses films.

En plus des animaux endémiques de Pandora, le livre développe un peu les différents clans Na’vis. Car oui, le mot « Omaticaya » n’est pas synonyme de Na’vi, il s’agit du clan auquel Neytiri appartient, vivant dans l’arbre maison qui se fait exploser dans le premier film. On passe d’ailleurs la quasi-totalité du film avec ce clan, et on n’aura qu’un aperçu rapide de quelques autres clans lorsque Jake Sully et Neytiri iront les réunir avant la bataille finale. Cela permet d’en apprendre un peu plus sur chacun, notamment où ils vivent et quelques spécificités de chacun.

Enfin, l’ouvrage s’achève sur un focus sur la RDA et les humains, permettant de rappeler le fétichisme militariste de Cameron, qu’on lui connait depuis AlienS. On peut voir ainsi en détails les flingues, les vaisseaux de guerre et surtout les exosquelettes qu’utilisent les militaires pour combattre les Na’vis. Exosquelettes qui renvoient très clairement au final de AlienS et à l’affrontement contre la reine, rappelant qu’Avatar est un film somme dans l’œuvre de Cameron, renvoyant à tout ce que le cinéaste a fait auparavant à la fois dans sa carrière et dans sa vie en général (car comme je l’ai déjà précisé, toute le versant explorateur de la carrière de Cameron a nourrit son cinéma et vice-versa).

En conclusion

Conclusion provisoire, puisque je compte bien me procurer les autres ouvrages sur La Voie de l’eau. J’espère avoir réussit à retranscrire l’obsession que j’ai pour ce type d’ouvrage dans le cadre de sorties événement et surtout de films qui dépassent le seul cadre de l’histoire racontée. En mettant la focale sur le travail fournit pour donner vie à un univers de fiction crédible, cela permet de remettre au centre des débats le véritable projet de Cameron avec Avatar. Impossible de ne pas revenir sur le fameux « Pocahontas chez les Schtroumpfs », qui me semble absolument intenable quand on se questionne un instant sur ce que raconte vraiment Avatar.

Car oui, si on veut, on peut résumer le film à l’histoire d’un colon qui finit par préférer le mode de vie des natifs, en finissant notamment par tomber amoureux d’une femme native, histoire qui est par ailleurs autant celle de Danse avec les Loups, la vraie influence revendiquée de Cameron (d’ailleurs, John Dunbar a un petit souci avec ses pieds au début du film, ce qui le fait déjà davantage ressembler à Jake Sully). Mais ça, c’est seulement la surface du film, car en réalité le vrai projet d’Avatar est de nous immerger dans un univers singulier (même si sous de nombreuses influences, évidemment) par le biais de dispositifs technologiques inédits alors (et qui compte encore très peu d’héritiers aujourd’hui) ainsi qu’une écriture qui met la focale sur ce monde et la façon de nous donner à le découvrir (sans pour autant délaisser la caractérisation des personnages, particulièrement précise).

Ainsi, j’ai tenté de le mettre en exergue durant tout l’article par le biais de cette effervescence éditoriale, qu’on aime ou non Avatar, on ne peut pas traiter ces films comme des blockbusters parmi d’autres. Les ambitions affichées à tous les niveaux, et les enjeux artistiques et industriels au cœur des films sont tels que, même avec les plus grands efforts du monde, je ne peux pas comprendre certains discours anti. Et ce premier ouvrage officiel me semble un bon outil pour rappeler tous ces aspects d’Avatar.

Publicité

5 commentaires

  1. J’avoue que cette suite me laisse froide comme de la glace. Il faut dire qu’attendre 13 ans… ce sera donc sans moi. Et puis, je dois bien avouer que même si j’ai aimé le premier opus, il ne m’a pas non plus transporté. Le scénario, sûrement. Trop basique pour moi, limite simplet. Déjà à l’époque j’avais trouvé cela dommage de la part de Cameron. Et puis, je ne suis pas une aficionada des suites. Donc au final, je n’irai pas le voir. A noter que je n’ai pas dit « jamais » 😉 .

    J’aime

  2. Même si ce n’est pas l’avatar auquel je m’attendais , je dois dire que ton article n’est pour autant pas inintéressant.

    Hâte d’avoir ton retour et de découvrir les pépites que contiennent ces ouvrages. Mon visionnage du film Avatar remonte à un moment maintenant mais je me souviens de l’impact médiatique qu’il avait eu à l’époque de sa sortie. La suite se sera fait attente et j’ai hâte de découvrir les possibles interviews des auteur/acteurs/etc… ainsi que comme tu l’as dit, l’évolution de la faune et la flore ou encore les différentes espèces qui peuple ces terres suite à l’impact qu’a eu l’évolution durant ce temps d’attente

    C’est à la fois toute une pression pour faire quelques choses de mieux afin de satisfaire l’attente des fans, mais aussi trouver de quoi attirer un nouveau public pour lui faire comprendre avec cette suite, l’impact qu’à eu la sortie du premier film

    Aimé par 1 personne

    • Oui, j’ai hâte de voir comment Camerln a géré cet aspect, compte tenu du fair qu’un temps similaire a passé dans l’histoire de la saga. A mon avis il ne l’avait pas envisagé comme ça au début, même si il avait toujours dit que les suites exploreraient les fonds marins de Pandora, chose totalement logique pour James Cameron ma foi.

      Ne t’en fais pas, on a pas fini de parler d’Avatar par ici !

      J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.