Mon avis sur… Kaguya-Sama – Love is War T.11&12 de Aka Akasaka et Komi cherche ses mots T.4 de Tomohito Oda

Kaguya et Komi

Si on a souvent coutume à dire sur les réseaux que comparer des œuvres c’est mal, je suis en total désaccord ou presque avec cette assertion. Comparer n’est aucunement un problème, bien au contraire, c’est un exercice très intéressant. Le problème c’est d’utiliser un titre pour en dénigrer un autre. Mais ce n’est pas le genre de la maison, et de toute façon on va parler ici de deux titres que j’aime. Deux titres chez Pika, longs, dans le style school life, avec une structure narrative très orientée sur des chapitres courts et autonomes, qui créent cependant un tout. Ainsi, la comparaison me semble tomber sous le sens entre Komi cherche ses mots et Kaguya-Sama – Love is War. De ce fait, en s’adonnant à l’exercice de la comparaison, je vais essayer de vous expliquer une fois de plus en quoi Komi est une série vraiment bonne, et en quoi Kaguya-Sama est de son côté formidablement formidablissime. C’est parti !


Merci à Pika pour l’envoi de ces volumes.


Comme dit en introduction, les deux séries ont pour similitude leur cadre général school life, et leur structure narrative de petits chapitres autonomes, même si parfois il y a une continuité sur plusieurs chapitres, voire une structure finalement bien plus complexe dans Kaguya-Sama, créant des récurrences, des running-gags et autres éléments qui viennent considérablement enrichir et densifier la structure du récit. De ce fait, déjà sur ce premier point, Kaguya-Sama semble faire montre de davantage d’ambition narrative que Komi, qui reste pour le moment très sage en terme de structure (point à tempérer malgré tout, puisque la série n’en est qu’à 4 tomes parus, les choses pourraient donc se densifier).

Komi se présente en effet au fil des tomes comme un manga structuré de façon plus basique, cherchant davantage à créer une forme de routine narrative, avec un fil conducteur très ténu (l’objectif de se faire 100 amis pour Komi). Là où Kaguya-Sama ne fait que densifier son univers et son cadre au fil des chapitres, tout en proposant une richesse thématique bien plus conséquente que ce qu’on pouvait imaginer au départ. Pour le dire simplement (et répéter ce que j’ai tendance à dire depuis un moment), Aka Akasaka a depuis longtemps élargit le spectre de son manga pour en faire le support à des réflexions et des mises en situation qui n’ont aucune forme de limite. Il nous surprend régulièrement, pour aborder des thématiques toujours plus diverses et complexes.

Komi, de son côté, semble au contraire vouloir rester dans sa zone de confort, ce qui pourrait déplaire à une partie du lectorat (quelques camarades m’ont confié avoir très vite arrêté). En jonglant surtout avec les archétypes de personnages (voire les carricatures), le mangaka trouve quand même un ton qui lui est propre, et qui fonctionne très bien à mes yeux, cherchant à développer des situations comiques par ce biais. Si personnellement je trouve que la série arrive à décrocher régulièrement des petits sourires, elle n’en devient pas hilarante pour autant, au contraire de Kaguya-Sama qui arrive à chaque tome à déclencher quelques beaux fous rires chez moi.

Plus globalement d’ailleurs, je trouve que le manga de Akasaka arrive à gérer la diversité des tons de façon vraiment brillante. J’avais déjà eu l’occasion de m’en rendre compte au fil des volumes, où il passait du rire franc à une tonalité bien plus émotionnelle, qui marche tout autant, sans jamais oublier de proposer des réflexions parfois particulièrement bien senties. Dans les tomes 11 et 12, la plus intéressante avancée vient du fait que les deux personnages semblent accepter leurs sentiments vis-à-vis de l’autre, quand bien même il n’est toujours pas question d’être le premier à se déclarer. Cet aspect rend d’autant plus touchants Shirogane et Kaguya, puisqu’on a tendance à partager leurs pensées, et la difficulté de chacun à gérer cet amour qui ne s’épanouit pas encore.

Ainsi, si Komi cherche ses mots est pour moi un titre très bon et très solide, la comparaison avec Kaguya-Sama, dont la structure narrative et le cadre proposent certaines similitudes me semble intéressante car elle permet de voir de façon plus évidente ce qui fait que Kaguya-Sama est largement au-dessus du lot selon moi. Depuis les premiers tomes, je trouvais déjà que cette série avait un quelque chose bien à elle, mais c’est vraiment à partir du tome 5 où son quelque chose en plus m’a vraiment frappé. Et depuis, chaque volume ne fait que renouveler ce plaisir, arrivant à toujours ménager des surprises et des développements que je n’avais pas vu venir. En bref, si Komi cherche ses mots est une jolie série school life pour le moment, Kaguya-Sama a depuis longtemps dépasse ce cadre pour s’imposer un peu plus à chaque volume comme un véritable chef d’œuvre à mes yeux.

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7 commentaires

  1. « comparer des œuvres c’est mal » comme tu le dis, c’est bien de comparer des œuvres, ça permet de voir ce qui marche et ce qui différentie un style/auteur d’un autre. Mais là où je suis d’accord sur le « c’est mal de comparer des œuvres sur les réseaux » c’est quand des gens comparent des choses qui ne sont pas comparables sur des critère totalement arbitraire du genre « le meilleur manga » alors que ça compare une romance avec un shonen.

    Je n’ai toujours pas vu n’y lu Komi, mais avec le retour que j’ai vue ça reste cohérent avec ce que tu dis, une série mignonne et agréable à lire, mais qui n’évolue pas trop son schéma narratif. Mais vue que la série à déjà 27 tomes au Japon, j’imagine que ça doit quand même changer à un moment ou un autre.

    Tandis que pour Kaguya-Sama qui certes, avais aussi tendance à se répéter à ses débuts (surtout des chapitres centré sur l’humour entre Kaguya et Shirogane), elle a très vite su faire évoluer sa formule en se concentrant plus à la fois sur d’autres personnages, mais également les problèmes que ceux-ci rencontre au quotidien à cause de leur caractère

    Aimé par 1 personne

    • Oui, les comparaisons sur les réseaux tournent vite au « mon manga fume tous les autres + Oda defonce Homère ! », alors qu’on peut profiter justement de tous ces titres pour les mettre en perspective les uns par rapports aux autres.
      C’est ce que j’ai essayé de faire ici, en tentant de mettre en avant que, malgré des similitudes structurelles, Kaguya-Sama me semble plus ambitieux que Komi, quel que soit ce qu’on pense de chacun.

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