Mon avis sur… Léviathan T.2 de Shiro Kuroi

Après un premier volume au parfum de Sa Majesté des Mouches dans un contexte de SF claustrophobe à la Alien, j’avais très envie de poursuivre ma découverte de Léviathan, création originale de Ki-oon en trois tomes. Si le premier volume posait le cadre du récit, il s’achevait avec la promesse d’une boucherie à venir par la suite. Promesse tenue, comme nous allons le voir.

Un grand merci à Ki-oon pour l’envoi de ce second tome.

Petit rappel des faits, alors que l’on découvre en même temps qu’une équipe d’exploration la carcasse d’un vaisseau perdu dans l’espace, on suit le récit encastré d’un groupe scolaire qui a été totalement décimé à l’exception d’un survivant (on ignore qui), par le biais du journal d’un des enfants. Cette idée narrative ne nous impose cependant pas le point de vue du concerné, puisqu’au contraire, nous sommes face à un énonciateur omniscient, nous permettant de suivre au gré de l’histoire l’intégralité du massacre, pour plus de fun. Dernier rappel avant de se focaliser sur le contenu de ce second tome, on a appris que tout le monde a commencé à s’entretuer car après une avarie, il a été confirmé que seule la personne qui irait dans la capsule de survie en ressortirait.

Une lutte pour être le fmauex élu s’est donc logiquement mise en place, bien aidée par les tensions dans le groupe qu’on a pu constater au début de l’histoire. Ainsi, et comme la fin du premier volume nous le promettait, ce second tome est un gros battle royale durant lequel chacun, soit individuellement, soit en petit groupe, va se livrer à un jeu de massacre afin de sauver sa peau. Si certains cherchent à s’en sortir collectivement, conservant l’espoir de trouver un moyen de survivre à plusieurs, ces efforts sont régulièrement réduits à néant.

Le récit devient ainsi un enchaînement de moments violents, très explicites dans leur mise en scène (on compte pas mal de démembrements, quelques décapitation et autres joyeusetés), sans pour autant oublier un certain côté ludique. Que ce soit au détour de mises à mort qui se veulent cathartique (l’enfant harcelé qui se venge de ses bourreaux par exemple) ou de moments d’action très fortement connoté « nerd », notamment dans une evocation évidente du cinéma de James Cameron, le mangaka adopte un ton entre la pure brutalité et quelque chose de plus « acceptable », qui propose un peu de respiration.

Cela fonctionne très bien terme de rythme pur, le tome se lisant à toute vitesse et avec plaisir (pour peu qu’on tolère un certain degré de violence), mais cela perd aussi un peu de son impact en ce qui concerne la violence et la réflexion sur celle-ci et la façon dont elle est endémique à l’humanité.

Sur ce point d’ailleurs, si il semble évident que l’auteur souhaite questionner, la façon dont le récit est structuré en plusieurs scènes de violence entre groupes ou individus, dont les vécus et motivations sont explicités, relève un peu du cliché sur la plupart des points. J’ai déjà cité le cas de l’élève harcelé qui se venge de ses bourreaux, élément vu et revu, et les autres idées, si elles sont intéressantes et porteuses de sens, ont également ce parfum de déjà vu qui en amoindrit l’impact.

Reste une proposition vraiment intéressante et qui assume sa radicalité, puisqu’en fin de volume, il ne reste clairement plus grand monde en vie, ce qui continue de poser la question de l’identité du ou de la survivant(e), élément de suspense classique mais tout à fait efficace ici. De plus, la chair à canon ayant déjà été consommée, cela promet un dernier tome plus posé, qui pourrait permettre, on l’espère, à l’auteur de transcender son postulat de base pour proposer une fin vraiment impactante. C’est en tout cas ce qu’on espère vivement, et qu’on pourra constater à la sortie du dernier tome.

4 commentaires

  1. Je viens de lire le tome 2, l’ambiance est encore plus oppressante et rappel forcément « battle royale » pour le jeu de massacre et d’alliance qui va suivre.
    J’espère qu’aucun des deux personnages principaux autant Futaba, qui est dérangée à souhaits, que ce pauvre Kazuma qui se fait manipuler comme un pantin par ce monstre ; ne survivra, ils méritent d’y passer.
    Certes, la survie l’emporte sur tout (les amitiés, les amours, la raison), mais Futaba me fait vraiment peur.

    Le tome 1 était déjà très sombre et annonçait que ça allait mal finir, et bien le tome 2 met directement le couteau dans la chair ! Pas de dentelle, ça va saigner.

    Petits reproches, autant dans le tome 1 que dans le 2, il y a des petites ficelles scénaristiques, mais bon, vu que c’est une série en 3 tomes on peut pardonner cela car il faut aller à l’essentiel.

    Graphiquement, c’est vraiment bien fait, c’est sale, dégoûtant, vide, rien ne respire la joie dans ce vaisseau.

    Aimé par 1 personne

    • Oui, je trouve aussi qu’on ressent certaines grosses ficelles, c’est vraiment le reproche que je ferai, car en dehors de ça, c’est très bien mené et ça ne fait pas dans la dentelle, comme j’aime !

      Personnellement, j’ai bien du mal à avoir de l’empathie pour ces jeunes donc je demande surtout à être surpris voire choqué par la fin, et qu’elle soit lourde de sens, peu importe qui s’en sort.

      J’aime

  2. merci pour l’article ! Pas encore lu ce tome 2 mais je comprends que comme tu l’as bien indiqué (et souvent avec ce genre de récit!), notre avis définitif sera très dépendant de la conclusion ! vivement la suite donc!^^

    Aimé par 1 personne

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