Mon avis sur… Les Enfants d’Hippocrate T.1&2 de Toshiya Higashimoto

Les enfants d'hippocrate

Il arrive fréquemment que des œuvres nous semblent taillées pour nous pour une raison ou une autre. Cela peut par exemple venir d’une thématique, qui nous parle tout particulièrement. Un élément qui crée une certaine attente, nous donnant le sentiment qu’on est conquis d’avance. Et c’est finalement à double tranchant, car les attentes peuvent être trop élevées par rapport au résultat. C’est un peu le sentiment que j’ai avec Les Enfants d’Hippocrate, manga qui nous permet de suivre un pédiatre, au contact des enfants de ce fait, vendu comme un titre aux émotions à fleur de peau, qui avait donc de quoi particulièrement parler au papa que je suis. Or, ce n’est pas tout à fait le cas…


Merci à Mangetsu pour l’envoi de ces deux volumes.


Resituons un peu le titre dont il est question aujourd’hui. Les Enfants d’Hippocrate est un seinen de Toshiya Higashimoto, à qui on devait déjà Le Bateau de Thésée, série passionnante sur ses 5 premiers tomes, qui s’effondre durant les 5 suivants malheureusement. Ce précédent manga est un thriller sur fond fantastique de voyage dans le temps, qui pose des questions en lien avec la famille et ce que nos parents nous transmettent, volontairement ou non. Une thématique très intéressante et finalement connexe à celle de la série dont il est question ici, puisque Les Enfants d’Hippocrate suit le jeune pédiatre Maco Suzukake et son quotidien entre les enfants qu’il soigne et leurs parents. Sans oublier une relation complexe à son père, qui aura une grande importance dans ces deux premiers tomes.

Et avec une histoire centrée sur un mec qui s’occupe d’enfants malades, mettant l’accent sur l’empathie vis-à-vis de ces petits monstres, j’avais déjà le paquet de mouchoirs à côté de moi et m’attendais à une lecture pleine de belles émotions… Ce qui n’a pas vraiment été le cas, malheureusement.

Enfants d'HippocrateCes deux premiers tomes souffrent selon moi d’un certain déséquilibre, alternant entre des séquences extrêmement cliché qui sont fonctionnelles mais ne génèrent pas d’émotion ou de réflexion spécifique, des moments bien plus inspirés en terme d’écriture, et une petite partie qui arrive à toucher à cette alchimie (en gros, la seconde moitié du deuxième tome, centrée sur un couple en crise depuis qu’ils ont un enfant).

Certes, on retrouve une certaine authenticité dans certains aspects évoqués, notamment concernant l’alimentation des jeunes enfants, mais cela me semble plus un impératif à respecter qu’une qualité à proprement parler, compte tenu du sujet abordé. Restent des points intéressants, notamment ce qui fait office pour le moment de liant dans le récit : la relation compliquée entre Maco et son père. Si elle a un petit goût de déjà vu également, elle reste un point vraiment bien travaillé, qui donne du corps au récit, structuré en dehors de ça autour des petites histoires liées aux patients du moment. Une thématique par ailleurs qui était aussi la grosse qualité du Bateau de Thésée, centré sur la relation entre un fils et son père, dans un cadre totalement différent cependant.

En résulte pour moi une lecture en demi-teinte, dont j’attendais peut-être trop, persuadé d’avance que ce serait un titre qui me bouleverserait, ce qui ne fut pas le cas. Ce qui n’en fait pas une mauvaise expérience, mais quelque chose de pas suffisamment touchant, habité, ou dense pour complètement me convaincre. Alors que c’est très bien dessiné, avec des idées de mise en scène efficaces. Mais malheureusement, cela n’a pas suffit à m’emporter, simplement à me faire passer un moment agréable, alors que j’en espérais beaucoup plus.

8 commentaires

  1. Félicitations déjà pour le cap des 500.000 vues franchies avec ce blog 👌

    J’avoue que je suis partagé quand à l’idée de démarrer ce titre. Je ne sais pas quelle est la durée prévue pour une telle série, même si je ne pense pas que ce sera trop long mais j’ai surtout des hésitations quand au caractère pérenne de l’intérêt qu’elle me suscitera. J’avais eu aussi un vrai coup de cœur avec Le Bateau de Thésée, qui m’avait fait penser dans un premier temps à un Quartier Lointain (mon titre préféré de Taniguchi) un peu plus « thriller », mais j’ai fini par inexorablement décroché, sans trop savoir pourquoi. Sans doute avais-je l’impression de perdre le fil à chaque fois (c’est aussi pour cela que j’essaie de lire les Urasawa d’une traite) et cette frustration a fini par se muer en un report de ma lecture de la fin de la série.

    Et ce que tu dis là n’éveille pas en moi un certain enthousiasme…

    Faudrait déjà que je m’attèle à terminer cette série d’un éditeur qui, pour ne rien cacher, me déçoit grandement depuis son rachat par Dupuis. Et dont la dernière news en date, par ailleurs, ne m’a nullement surpris.

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    • Je crois qu’on est très nombreux, voire majoritaires à avoir cette déception du virage pris depuis le rachat de Vega par Dupuis. Et en effet, sortir le webtoon du Chef en format physique est un symbole en soi (j’ai lu les premiers chapitres sur Internet, dire que c’est mauvais serait vraiment faire preuve de bienveillance…).

      Pour Le Bateau de Thésée, moi j’identifie bien les éléments qui m’ont fait décrocher : vers le milieu, il se passe un élément qui vient casser un peu le rythme et l’équilibre du récit pour moi (je ne sais pas où tu en es, je veux éviter de trop en dire), et la résolution me semble particulièrement décevante. Mais restent de vraies qualités pour poser une ambiance.

      Pour Les Enfants d’Hippocrate, je suis donc mi-figue mi-raisin, et le fait que la deuxième moitié du deuxième tome soit plus encourageante me donne envie de voir le verre à moitié plein. Ca et le fait que la thématique familiale, notamment le rapport au père, semble vraiment tenir à cœur à l’auteur. Je reste un peu perdu quand même, je te l’avoue. Mais je pense que si on est curieux, ça peut se tenter.

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  2. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le Chef se lance dans la création d’une bande dessinée, puisqu’il avait déjà engagé Djiguito comme assistant pour son premier projet de ce genre, intitulé « Dirty Cosmos ».

    Et je peux vous dire que rien qu’en en voyant les images, on sent que ce dessinateur a du talent à revendre.

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  3. Entre la semi déception de sa première série et le fait que dans cette thématique de l’hôpital, Give my regards to Black Jack est toit en haut de ma liste, je vais passer mon tour pour cette fois! curieux toutefois si tu lis la suite de savoir si l’auteur règle la mire par la suite ou pas!

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