Star Wars – La Haute république et Étoiles perdues – L’univers étendu de Star Wars débarque chez nobi nobi

Star Wars Manga

Après les licences Disney, nobi nobi ! ajoute une nouvelle corde à son arc en éditant un univers majeur dans la fiction contemporaine, à savoir Star Wars. Une nouvelle qui tombait finalement sous le sens, l’œuvre de Lucas appartenant à Disney depuis près d’une dizaine d’années. En choisissant la date symbolique du 4 mai pour lancer cette nouvelle collection (pour le fameux « May the 4th » bien connu des fans de Star Wars), nobi nobi ! met donc le pied dans l’univers étendu de Star Wars, qu’il va falloir démêler comme il se doit ici tant il est tentaculaire.


Un grand merci à nobi nobi ! pour l’envoi de ces deux volumes


Star Wars : œuvre majeure dans le devenir transmédia de la fiction

Avant d’aborder plus en détails les mangas dont il est question aujourd’hui, je tenais à faire un bref retour sur l’univers étendu de Star Wars et la notion de transmédia. En effet, la saga de George Lucas a non seulement été une révolution cinématographique, mais a aussi bouleversé la façon d’appréhender l’exploitation de licence à la fois d’un point de vue marketing et créatif. Si Star Wars n’a pas en soi inventé les produits dérivés ou le développement d’un univers de fiction qui dépasse le cadre du récit raconté, il n’empêche que, du fait de son succès, de sa force de frappe marketing et de la quantité de dérivés de toutes sortes, cette œuvre marque une borne dans le domaine à la fois de l’exploitation commerciale de licence, et dans la question de développement des « œuvres mondes ».

Au fil des ans, on a fini par se retrouver dans un régime médiatique où les univers de fiction à succès ont des potentiels narratifs (et commerciaux) infinis, où chaque personnage, chaque période historique, chaque élément de récit, est porteur d’un potentiel narratif propre qui ne demande qu’à être exploité. Et dans ce domaine, Star Wars est probablement l’univers de fiction le plus surexploité depuis plus de 40 ans. Difficile de comptabiliser le nombre de romans, comics, jeux vidéo, séries live et animées, et également mangas dérivés de la série. Car après Star Wars Visions sur Disney + qui draguait déjà un public fan d’animation japonaise, l’œuvre de Lucas avait déjà abordé le monde du manga, notamment dans des adaptations strictes des films par Kia Asamiya.

Jar JarUne infinité de supports et d’œuvres qui créent une « galaxie » plurimédiatique avec l’ambition d’épouser la richesse infinie de cet univers de fiction, tout en maximisant les sources de revenus et visant une rétention des fans, les maintenant captifs dans ce monde.  Me concernant, je suis assez critique vis-à-vis du transmédia, me donnant souvent l’impression de raconter des histoires dont on aurait pu se passer, dans des ouvrages pas toujours folichons. Mais en même temps, en bon fan de base, lorsque j’aime tout particulièrement des licences, je n’en ai jamais assez. Je l’ai déjà dit pour Fairy Tail par exemple, mais j’ai aussi tendance à toujours vouloir du nouveau Tolkien, Harry Potter, Zelda, Metal Gear Solid ou du Final Fantasy en pagaille. Pour le dire simplement, j’ai conscience d’être un peu une vache à lait qui se laisse volontiers enfler, et qui en redemande.

Et concernant Star Wars, j’ai souvent tenté d’étoffer ma connaissance de cet univers pour lequel j’ai un rapport ambivalent. J’ai coutume de dire que j’aime beaucoup l’univers Star Wars, mais que les œuvres qui le composent ne sont jamais à la hauteur. J’aime les deux premières trilogies, mais j’ai énormément de reproches à leur faire (je préfère la prélogie, pour situer), plusieurs jeux vidéo m’ont laissé de super souvenirs, mais sans jamais devenir des immanquables (malgré tout défoncer tout au sabre laser, c’est vraiment cool !), et j’ai lu quelques comics qui ne m’ont jamais convaincu. Mais malgré tout, je reviens régulièrement vers cet univers, dans l’espoir de le voir exploité avec talent et intelligence.

Sauf que, ne soyons pas naifs, c’est rarement le cas, et les pépites sont noyées sous un flot d’histoire très passables et dispensables. Si les films gardent un côté « événement » qui en fait le socle principal, les séries Disney + prennent de plus en plus d’importance dans l’écosystème Star Wars, et les jeux vidéo tirent parfois leur épingle du jeu. Au final, c’est tout ce qui est sur support imprimé qui semble réservé aux gros fans, quand bien même des événements canoniques importants peuvent avoir lieu en comics ou romans (jusqu’à la dernière trilogie de Disney, la suite officielle du Retour du Jedi existait déjà sur ces supports).

Et pour compliquer encore un peu plus la chose, notions que Disney a décidé après le rachat de Lucasfilm de « décanoniser » une grande partie de l’univers étendu, lui donnant le label « Légendes ». Pour dire les choses simplement, tout ce qui est paru avant 2014 en dehors des films et des séries animées Clone Wars a été exclu du canon, remplacé par les nouvelles œuvres parues depuis sous l’égide de Disney. Précision d’importance car les deux séries de manga concernées ici sont « post-rachat », et appartiennent donc au canon de l’univers, une des deux étant connectée à la première trilogie, et l’autre se situant dans la période actuellement développée en romans et BD, la Haute République.

C’est compliqué, mais tout ceci va être précisé par la suite, en prenant chaque titre indépendamment.

La Haute République – Un équilibre fragile

La Haute république un équilibre fragileCette série en deux tomes de Mizuki Sakakibara et en sens de lecture occidental, se situe quant à elle durant la période de la Haute République, soit environ 200 ans avant la prélogie. Il s’agit en réalité d’un projet d’envergure débuté en 2020 qui développe sur différents médias des histoires se situant toutes à cette époque, permettant d’étoffer tout un pan méconnu de cet univers.

Si à l’heure actuelle seuls des ouvrages papiers ont été proposé pour raconter ces histoires (des romans, livres jeunesse, comics et manga), une série Disney + a été annoncée, et il devrait en principe y avoir au moins un film et un jeu vidéo en lien avec la Haute République. Cette période de Star Wars se veut résolument tournée vers les Jedi, ce qui est également le cas de ce manga où l’on suit la jeune Jedi Lily Tora-Asi en mission pour protéger des réfugiés après une catastrophe.

Si j’aborde en premier ce titre, c’est parce que étonnamment, alors qu’il s’ancre dans un projet pensé de longue date et dans lequel il pourrait s’inclure de façon organique, en plus de s’axer sur le pan qui m’intéresse le plus de l’univers Star Wars (les Jedi), il est finalement le plus convenu des deux et celui qui sent le plus l’exploitation de licence. Si le trait est propre et que ça se laisse lire sans déplaisir, le récit est bien trop convenu et basique pour vraiment m’emporter et m’investir, en plus de certaines lourdeurs dans l’écriture des Jedi.

On se retrouve en effet avec beaucoup de poncifs éculés de la « philosophie Jedi » qui tournent un peu à vide. Mention spéciale également sur la question de l’écriture pour les conversations avec le Jedi Wookie, qui s’exprime uniquement par les aboiements caractéristiques de cet espèce, qui nécessite une sorte de « traduction en direct » de la part de l’interlocuteur, qui rend ces scènes de dialogue, très présentes au début, assez lourdes.

Mais surtout, on est typiquement dans l’extension transmédia d’une œuvre de fiction, avec ce problème de devoir proposer un fragment autonome et facultatif qui, de par le fait, devient finalement dérisoire et tout à fait dispensable. Si la lecture n’est pas désagréable en soi, elle manque cruellement de relief et est selon moi à réserver aux plus mordus de Star Wars, qui souhaiteraient lire absolument tout ce qui se fait dans le domaine.

Star Wars – Étoiles perdues

Étoiles perdues tome 1Cette série en trois tomes que l’on doit à Yusaku Komiyama est l’adaptation du roman du même nom, écrit en 2015 par Claudia Gay, pour le projet « Voyage vers Star Wars – Le Réveil de la Force« , dont le but était d’introduire et faire monter la sauce en vue de la sortie de Star Wars VII au cinéma. Ce projet était composé de romans et de bandes dessinées, dont l’ouvrage Étoiles perdues, racontant les destins croisés de deux adolescents enrôlés dans l’armée impériale, dont les trajectoires vont s’éloigner au fil du récit.

Se déroulant en parallèle à la première trilogie cinématographique (épisodes IV-V-VI), cette histoire est l’occasion de développer à la fois le point de vue de l’Empire et celui de la rébellion par le biais de ces deux personnages principaux, tout en rappelant des visages connus à notre bon souvenir (notamment Dark Vador, présent sur la jaquette). En effet, en développant une intrigue centrée sur deux jeunes recrues de l’Empire qui vont finalement devenir ennemis lorsque l’un d’eux rejoindra la rébellion, les auteurs nous proposent un récit somme toutes classique mais vraiment efficace.

Ce premier tome de plus de 250 pages est déjà relativement touffu, exploitant intelligemment notre connaissance préalable de la saga, se permettant de se passer d’une exposition qui aurait pu être fastidieuse. En rappelant rapidement certains éléments de la première trilogie, dont des événements présentés à travers un autre point de vue, le mangaka nous renvoie à des souvenirs marquants, et en nourrit son récit, à l’image d’une certaine bataille ou de la destruction de la planète Alderaan, élément important du premier film.

Sur ce point, si on reste dans des mécaniques d’écriture classique, force est de constater que cela fonctionne très bien et exploite le côté transmédia du projet, enrichissant la teneur émotionnelle du manga par l’évocation d’événements des films. Mais surtout, le titre trouve une forme d’autonomie par l’histoire racontée, centrée sur le jeune rebelle Thane Kyrell et son amitié brisée avec Ciena Ree, qui reste fidèle à l’Empire. En travaillant avec soin les relations des personnages au fil du récit, on voit comment les deux se sont rapprochés au fil de leur formation militaire. On note déjà des dissonances entre leurs visions respectives de l’Empire, et la suite de l’histoire nous développera davantage la rupture entre les deux, bien qu’on comprenne déjà à la fin de ce premier tome les motivations qui pousseront Thane à rejoindre la rébellion.

Et de par la nature du titre, on découvre un peu plus les coulisses militaires de l’Empire, permettant de développer en filigrane un discours basique mais néanmoins intéressant sur les régimes militaires et la façon dont ils manipulent les jeunes pour les enrôler et leur faire adhérer à une idéologie extrémiste. En résulte donc un récit classique sur tous les points, mais étonnamment efficace et agréable à suivre, au point de donner vraiment envie de lire les deux prochains tomes.

En conclusion

Vous l’aurez donc compris, impossible selon moi de ne pas appréhender ces mangas estampillés Star Wars autrement que pour ce qu’ils sont : une exploitation d’une propriété intellectuelle forte (bien que rapidement mise à mal par Disney qui a réussi à considérablement écorner l’aura de la saga au cinéma) dans une logique transmédia de maximisation des supports et des profits. Si je reste critique vis-à-vis de ce genre de démarchez, les bonnes surprises restent possibles, et Étoiles Perdues en est un bon exemple.

Alors que c’était celle qui m’intéressait le moins de prime abord, je me suis retrouvé face à un récit classique mais efficace, traitant intelligemment son sujet, me permettant de passer un très bon moment de lecture, ce qui me semble être l’objectif principal de ce genre d’extension d’univers. J’ai même assez hâte de découvrir la suite de cette série courte, et je reste globalement curieux des prochains mangas estampillés Star Wars à venir chez nobi nobi !, en espérant tout de même qu’en terme de qualité, ils se rapprochent davantage de Étoiles Perdues que de La Haute République – Un Équilibre Fragile, qui est bien moins convaincant à mes yeux.

5 commentaires

  1. Je passe mon chemin pour cette fois.
    Dans un premier temps parce que je n’ai jamais vue Stars Wars (honte sur moi), et aussi parce que ces histoires n’on pas l’air d’ajouter d’élément de Lore à la série.
    Merci cependant pour votre article

    Aimé par 1 personne

    • Hé bien, c’est suffisamment rare les gens qui n’ont pas vu Star Wars pour être signalés !

      Je pense en effet que, compte tenu de la nature de « produit dérivé » de ces titres, les lire sans connaitre la saga, voire sans en être fan, n’a pas vraiment d’intérêt.

      Aimé par 1 personne

      • On nous appelle les fraudes les gens qui comme moi on jamais vue ou lu un Stars Wars, Harry Potter ou encore le seigneur des anneaux (même si pour ce dernier je les ai enfin vues en entier cette année, et que j’ai déjà vue des Harry Potter à la télé)

        Après rien n’empêche de commencer une série par un spin-off ou une autre histoire loin de la trame principale. Ça peut être une bonne porte d’entrée pour enfin commencer une saga.

        Aimé par 1 personne

      • Honnêtement, je déconseille perso. Ces éléments périphériques sont tellement pensés comme des bonus pour les fans que si on ne connait pas déjà, je trouve l’intérêt limité. Et ces deux séries sont vraiment dans une optique où tu connais déjà par cœur les films, on ne te resitue pas l’univers.

        Mais bon, t’es pas à une fraude près visiblement !

        Aimé par 1 personne

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