Look Back et la starification de Tatsuki Fujimoto

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La publication sur Mangaplus de Look Back, one shot de Tatsuki Fujimoto, avait été un des événements manga de 2021. Du fait de la possibilité de lire gratuitement et légalement le titre en japonais ou en anglais (et en français par une autre voie que nous connaissons tous), l’emballement médiatique et des réseaux a permit au manga de se répandre très vite. Et si la qualité du titre a été saluée, c’était aussi et surtout l’occasion de constater une euphorie grandissante autour de l’auteur de Chainsaw Man, puisqu’on parlait beaucoup de l’éclosion en direct d’un mangaka majeur, comme si ce one shot venait confirmer un talent brut qui avait prit son essor avec sa série en cours dans le Weekly Shonen Jump à ce moment-là.

Me concernant, j’ai de grosses réserves concernant Fujimoto, en partie à cause de Fire Punch qui me laisse un sale goût dans la bouche. Au-delà du fait que je n’ai pas aimé cette série, j’ai surtout le sentiment d’avoir lu un manga de petit malin, tournant à vide et essayant de cacher ça derrière des effets souvent grossiers. Un avis tout personnel, bien entendu, mais qui m’a donné un mauvais apriori concernant le mangaka. Si la lecture du premier tome de Chainsaw Man m’a intrigué, je n’ai pas encore continué la découverte, qui pourrait peut-être me réconcilier avec l’auteur. Et Look Back m’a semblé lors de ma lecture en anglais être un pas dans la bonne direction, même si je n’ai pas crié au chef d’œuvre. Cependant, j’attendais sa parution dans ma langue maternelle au format papier pour le relire dans des conditions optimales afin de voir si mon avis pourrait être différent.

C’est désormais chose faite, et il est donc temps de voir à la fois ce que je pense pour de bon de Look Back, mais surtout interroger le discours autour de Fujimoto, le discours médiatique autour de lui et comment il est un bon exemple de comment la notion d’auteur peut être un levier commercial, puisque Kazé capitalise clairement sur un poulain désormais reconnu (ce qui n’est pas une critique en soi).


Mon passif avec Fujimoto

J’ai un rapport assez compliqué avec Fujimoto, qui est lié à ce qui est le cœur de cet article : la tension entre la réception globale de ses mangas et ce que j’y trouve personnellement. Me concernant, j’ai découvert l’auteur avec Fire Punch, alors que la série était déjà terminée et avait polarisé le public, avec d’un côté des dithyrambes conséquentes, et de l’autre des gens très fortement déçus.

Me concernant, après avoir été emballé par les premiers tomes qui offraient une proposition radicale à laquelle je souscrivais, j’ai été d’abord décontenancé pour finir par être très énervé par le titre, et surtout, par ce que le mangaka en a fait. C’est quelque chose de compliqué à décrire, mais j’ai vu Fire Punch comme un pur manga de « petit malin », c’est-à-dire un titre tellement préoccupé par le fait de nous dire et nous montrer que son auteur est brillant qu’il en oublie de réellement être brillant. J’y ai vu énormément d’effets de styles qui tournaient à vide, dans un exercice qui me semblait finalement assez nombriliste. Comme si Fujimoto avait trop conscience de ce qu’il était, du genre qu’il investissait, et du caractère réflexif de son manga.

Et c’est en cela que j’ai été très énervé par le titre, qui m’a donné le sentiment d’être l’ego trip d’un auteur très jeune qui avait beaucoup de choses à se prouver. Peut-être que je me trompe à ce sujet, mais j’ai vraiment vécu ma lecture ainsi. Néanmoins, je dois reconnaitre des idées parfois très intéressantes, des fulgurances artistiques réelles, et également des moments qui fonctionnent vraiment. Mais globalement, l’énervement fut tel que je ne pouvais pas vraiment envisager l’achat de la série suivante de l’auteur.

D’autant plus que Chainsaw Man semblait, au vu du discours critique autour de la série, potentiellement rester dans la lignée du titre de « petit malin » qu’était le précédent. On parle beaucoup d’ « anti-nekketsu », et on met encore énormément en avant le caractère réflexif du titre, qui me fait craindre une autre déception concernant l’auteur. J’ai quand même lu le premier volume, que j’ai bien apprécié, et je me suis procuré les 7 premiers tome qui, je l’espère, me permettront de me faire une bonne idée de la chose en attendant de pouvoir lire la fin.

Ce qui nous amène à la sortie sur Mangaplus de Look Back en anglais, que j’ai lu du fait de l’euphorie générale. Et si le fait de lire dans une autre langue impose une gymnastique intellectuelle qui ne me permet pas de profiter pleinement du titre, j’avais déjà trouvé que c’était un pas dans la bonne direction. J’ai eu le sentiment d’un titre plus modeste que Fire Punch, tout en étant également très réflexif. Mais j’ai eu l’impression que Fujimoto avait bien mieux articulé cet aspect, et faisait montre d’une certaine modestie dans sa façon de mettre en avant sa posture d’auteur.

Cependant, je n’arrivais pas à me joindre à la liesse général, mais je me disais également que j’attendrai la sortie au format papier en français pour me faire un nouvel avis. C’est désormais chose faite, et on va pouvoir en parler. Mais avant, retour sur la réception hallucinante du titre.

La réception délirante du titre

Il faut se remettre un peu dans le contexte : Look Back sort sur Mangaplus le 18 juillet 2021, et est donc directement lisible en anglais et en japonais légalement et gratuitement par toute personne disposant d’une connexion à Internet. Fort logiquement, ce one shot très attendu a été lu dans la foulée par énormément de monde dans la communauté manga, créant une euphorie générale qui semblait ne pouvoir souffrir d’aucune contradiction.

Les faits étaient là : Look Back est un chef d’œuvre absolu né de l’esprit génial d’un mangaka majeur qui marquera son époque. C’est en tout cas ce qui revenait un peu partout dans la sphère manga, bien encouragé par les retours élogieux de la part de mangakas importants tels que Inio Asano.

Ce que je déplore, c’est la quantité de tautologies au sujet du titre sur les réseaux sociaux. Je ne compte pas le nombre de tweets laudateurs qui semblent considérer qu’il n’est à aucun moment utile d’essayer de préciser les choses. Cela revient au final à considérer comme allant de soi le fait que Look Back est un chef d’œuvre absolu (parfois cité comme une date majeure dans l’histoire du manga) et que Fujimoto est un des mangakas les plus importants en vie.

Si j’ai souvent un souci avec ce genre de formulation, je peux les accepter dans les cas où le temps a fait son œuvre. C’est-à-dire que je peux comprendre lorsque l’on parle de Tezuka, Moto Hagio, Shigeru Mizuki ou autres mangakas « historiques » que l’on puisse se passer d’explications lorsque l’on met en avant leur statut de monstres sacrés, mais j’ai plus de mal lorsqu’il s’agit de faire ça avec des contemporains dont on a du mal à percevoir l’impact et la portée de l’œuvre en direct. C’est pour ça que je reste prudent concernant Paru Itagaki, quand bien même elle me semble d’ores et déjà une mangaka majeure (dont on parle pourtant beaucoup moins que Fujimoto, et je pense qu’il y a des raisons contextuelles à cela), car il faut aussi laisser le temps faire son office.

Mais ne soyons pas totalement négatifs, car en cherchant bien dans la réception du titre, on y trouve parfois des pistes de réflexion passionnantes, notamment lorsque la comparaison avec ce que fait Tarantino dans Once Upon a Time in Hollywood est évoqué (chose à laquelle je n’avais pas pensé, mais qui finalement tombe sous le sens), où dans un thread disséminé de-ci de-là qui décortique certains éléments du titre. Ou, plus prosaïquement, un message qui fait du bien lorsque Fujimoto est enfin évoqué aux côtés de Paru Itagaki comme une des figures à suivre absolument dans le monde du manga (sans pour autant expliquer davantage pourquoi vis-à-vis de Itagaki, mais comme ça m’arrange, je prends !).

Précisons également que le discours critique autour du titre et de son auteur est souvent accompagné d’un commentaire, conscient ou non, autour de la récupération de cette figure d’artiste en terme d’industrie. Très vite, des messages ont affleuré indiquant qu’il était évident que le titre sortirait au format relié du fait de son accueil délirant, mais aussi que les éditeurs allaient forcément se ruer sur les histoires courtes du mangaka afin de publier absolument tout ce qu’il a fait.

La chose s’est confirmée puisque Kazé va sortir les deux recueils d’histoires courtes du mangaka, intitulés 17-21 et 22-26, en rapport à l’âge qu’il avait lors de la parution des différentes histoires. Un titrage qui n’est clairement pas anodin ici puisqu’il appuie la notion de maturation de Fujimoto, impliquant une perspective historique et auteurisante à ces objets, qui leur donne leur valeur (par ailleurs, les recueils d’histoires courtes de mangaka ont toujours cet aspect à mes yeux, même s’il peut être moins appuyé d’un point de vue éditorial.

Le but n’est pas de critiquer cette pratique, mais de questionner (sans forcément apporter de réponse) l’importance de valoriser la figure d’auteur d’un point de vue commercial et marketing. Et c’est une question que je me pose d’autant plus que j’ai le sentiment que la considération mercantile précède ici celle d’ordre artistique, ou pour le dire plus simplement, j’ai le sentiment que l’éditeur a poussé à mort cet aspect afin qu’on soit tous d’accord dessus et qu’il n’y ait aucune place pour la remise en question de cet état de fait.

Look Back

Dernier point concernant la réception du titre, j’espérais que sa sortie au format papier en français soit l’occasion de voir des analyses poussées du titre, car malgré le fait que je ne rejoigne pas totalement les avis dithyrambiques sur le titre, j’aimerais vraiment profiter de décortiquages de cette histoire, afin de pouvoir comprendre ce qu’il en est. N’étant pas un lecteur des plus connaisseurs, j’apprécierai que des gens plus qualifiés que moi me prennent la main et m’aident à y voir plus clair.

Et pour le moment, j’ai le sentiment que ce travail n’est pas encore fait, car après quelques recherches, difficile de trouver de la documentation qui va plus loin que ce qui a été dit après la sortie du titre en juillet dernier.

Et si de mon côté je n’ai aucunement la prétention de pouvoir décrypter tout cela, on va quand même tenter de prendre un peu de hauteur et de voir ce que le titre a à nous proposer, en s’aidant un peu de ce qui a pu être dit ailleurs, car ce qui est évident, c’est que cette histoire est encore une fois très réflexive et demande des clés pour être saisie.

Qu’est-ce que Fujimoto a voulu nous raconter ?

Dès son pitch, le manga questionne la figure de l’auteur, avec ces deux jeunes filles passionnées par le dessin qui se rêvent mangakas, dont les noms renvoient à celui de l’auteur : Fujino et Kyomoto. Certains y voient à ce titre une forme de dualité chez l’auteur dans son rapport à son art. Les deux enfants font des mangas dans le journal de l’école très jeune, l’une suivant une scolarité normale alors que l’autre est une hikikomori qui reste enfermée dans sa chambre.

C’est lorsque la première doit déposer son diplôme de fin d’année à la seconde qu’elles vont se rencontrer physiquement, grâce au dessin. En effet, Fujino va glisser un petit dessin sous la porte de la chambre de Kyomoto, qui va inciter la jeune fille à en sortir pour féliciter sa camarade, dont elle admire les petits mangas. Ce retour élogieux va encourager Fujino à persévérer, et les deux vont dessiner ensemble au fil des ans (Fujino étant la tête pensante), afin de se faire publier.

Évidemment, le titre va aller plus loin, et on entre ici en zone spoilers puisqu’il est compliqué de chercher à comprendre l’impact du titre sans révéler tout ce qui s’y passe. Soyez donc prévenu(e)s, on va tout dévoiler ici.

Les parallèles entre les deux personnages et Fujimoto ont été soulignés rapidement. L’une devient mangaka à succès avec la série Shark Kick dont le titre très série B peut rappeler à la fois Fire Punch et Chainsaw Man, parallèle confirmé avec l’insistance sur le tome 11 de Shark Kick qui rappelle le nombre de volumes de la première partie de Chainsaw Man dans le Shonen Jump. Sur ce point, il est d’ailleurs permis de se demander si l’auteur n’a pas placé un indice concernant la suite de sa série phare, puisque le manga de Fujino est interrompu après son 11e volume du fait des événements qui se déroulent dans le manga.

L’autre personnage, Kyomoto, va quant à elle en école d’art à Yamagata, la même école qu’a fréquenté Fujimoto durant ses études. Mais elle sera assassinée par un homme qui s’infiltre dans l’école et décrète qu’on a plagié ses œuvres. Cet événement a directement été rapproché de l’incendie criminel des locaux de Kyoto Animation qui a eu lieu le 18 juillet 2019 (soit deux ans jours pour jours avant la parution de Look Back), faisant 36 morts et de nombreux blessés. Il semblerait par ailleurs que Fujimoto connaissait une des victimes.

Autre précision qui a son importance, le mangaka a modifié certains dialogues à la fin du manga, comme l’explique Julien Bouvard dans le Thread twitter que je vous mets en lien ci-dessous. Il explique que la décision a été prise pour que l’assassin ne soit pas considéré comme fou, puisque l’homme coupable de l’incendie de Kyoto Animation a été jugé comme étant en pleine possession de ses moyens, et également afin de ne pas stigmatiser les personnes souffrant de schizophrénie. Un choix que je trouve judicieux personnellement.

Mais surtout, cette dernière partie du récit, enclenchée par le meurtre de Kyomoto (dont le nom renvoie aussi au studio, évidemment) part dans une direction inattendue. Fujino va culpabiliser vis-à-vis de la mort de son amie, car elle se dit que si elle n’était jamais sortie de chez-elle, elle n’aurait pas été tuée. FujinoDe là découle une forme de récit parallèle, avec un retour en arrière (d’où le titre Look Back), où Fujino ne se lance pas dans le manga mais plutôt le karaté, et va sauver Kyomoto en mettant un coup de pied retourné des familles à son agresseur. Une irruption du fantastique dans un manga réaliste, qui finalement ne semble être qu’une parenthèse, avant le retour au réel de Fujino, qui se questionne sur les raisons pour lesquelles elle est mangaka.

Finalement, la réponse semble venir dans les pages suivantes, avec les images les plus remplies de vitalité et de joie du titre, où on la voit travailler et s’amuser plus jeune avec Kyomoto. Et le titre s’achève alors que Fujino retourne au turbin, avec vraisemblablement une nouvelle série, cadrée de dos à son bureau (l’image récurrente du one shot, qu’on retrouve sur la jaquette), avec le DVD de Once Upon a Time in Hollywood de Tarantino au sol.

Du coup, comment interpréter cette histoire et sa conclusion ?

La question de l’interprétation est toujours compliquée car cela joue sur la sensibilité et la culture de chaque personne qui reçoit l’histoire. Me concernant, je ne peux pas ne pas voir le film de Tarantino comme un élément fondamental du récit, et il me faut donc aller vers l’interprétation de ce film dans un premier temps, et de ce fait, le spoiler (vous êtes prévenus).

Once Upon a Time in Hollywood se passe dans le monde du cinéma hollywoodien en 1969, année où la « famille » de Charles Manson a assassiné Sharon Tate, la femme de Roman Polanski. Si je trouve tout le film particulièrement réussi, là où il est le plus surprenant, c’est dans sa fin où, alors que les membres de la famille s’apprêtent à commettre l’assassinat, ils vont chez les personnages de Dicaprio et Brad Pitt, qui les accueillent comme il se doit en les massacrant bien comme il faut (Dicaprio en crame une au lance-flamme pour donner une idée). Une conclusion brutale et grand guignolesque, pour finalement quelque chose de positif d’une certaine façon : ainsi, Sharon Tate n’est pas assassinée et invite Dicaprio à prendre un verre chez elle et Polanski.

Une conclusion douce et heureuse (sauf pour la famille Manson), qui s’accorde avec le titre du film, renvoyant au conte, que j’ai interprété comme une image d’Épinal du monde du cinéma vu par le prisme de Tarantino, où on élude certaines problématiques (beaucoup s’attendaient à ce que le cas Polanski soit étudié à fond, et il est totalement esquivé) en se concentrant sur du positif, quitte à réécrire l’histoire.

Fujino adulte

Et c’est cette notion de réécriture de l’histoire par le biais de la fiction dans un but cathartique qui me semble être le moteur de Look Back. Le rapport avec l’incendie criminel de Kyoto Animation est évident sur ce point. Sauf que là où Once Upon a Time in Hollywood, le film se termine sur quelque chose de positif, Fujimoto choisit le retour au réel triste pour conclure son manga. Il me semble de ce fait se questionner sur le sens d’être mangaka pour lui, peut-être à la lumière de l’événement traumatisant vécu avec l’incendie, mais aussi de façon plus large.

On se demande en effet jusqu’à quel point les mots de Fujino sont les siens lorsqu’elle dit ne pas aimer faire des mangas. On est également en droit de se demander si, repartir à zéro après une série qui avait 11 tomes au compteur ne donne pas des indices sur la seconde partie de Chainsaw Man. Me concernant, j’ai le sentiment d’une conclusion assez noire et brutale, où le mangaka dirait « À quoi bon ? », mais y retourne quand même, parce qu’il faut bien.

Ce qui est certain, c’est que le titre est très chargé. Chargé d’un point de vue narratif, émotionnel, mais aussi et surtout réflexif. J’ai cité plusieurs éléments qui renvoient de façon évidente à l’auteur, mais il y en a surement beaucoup d’autres (rien que la planche où les deux jeunes filles sont au cinéma évoque forcément Fire Punch). Et tous ces éléments conjugués donnent le sentiment d’un mangaka qui profite de ce one shot pour signaler le fait qu’il amorce un tournant dans sa carrière encore jeune.

En cela, le titre est quand même un beau tour de force. Alors que je n’ai pas du tout aimé Fire Punch et que je n’ai qu’effleuré Chainsaw Man, Fujimoto arrive à m’intéresser à ses questionnements. Peut-être le signe justement d’un mangaka qui a quitté sa posture et son nombrilisme pour prendre de la hauteur et traiter de quelque chose de plus universel sur la question de la création, tout en restant malgré tout focalisé sur lui, via ces nombreux indices concernant sa carrière. En ça, c’est un énorme pas et un titre qui comptera sans nul doute pour Fujimoto. De là à dire qu’il sera une borne dans l’histoire du manga, je n’en sais personnellement rien, et je pense dans tous les cas qu’il faut laisser le temps faire son office. Et j’ai d’ailleurs le sentiment que le temps est au cœur de Look Back, que ce soit lorsque l’on regarde en arrière, ou quand on va de l’avant.

26 commentaires

  1. Je ne parlerai pas du manga en lui-même parce que j’attends de le relire en vf pour me faire une idée plus précise. Je garde juste le souvenir d’un texte et d’une narration visuelle qui m’ont touchée et amené la petite larme.
    Par contre, pour parler du phénomène, je trouve qu’on en fait effectivement un peu trop, ce qui a tendance à me faire faire l’exact inverse. Je n’aime pas qu’on soit à ce point dithyrambique de tous les côtés. J’ai besoin de nuances et de décryptages comme tu le fais. Parler de génie pour un si jeune auteur me dérange. J’ai trouvé Fire Punch bon au début puis médiocre, alors ce n’est pas l’oeuvre d’un génie, pardon de le dire.
    Du coup, voir un éditeur se jeter ainsi dessus pour publier ses textes courts me dérange un peu, quand je vois tant d’anciens auteurs confirmés que j’estime bien plus cultes, non ou peu publiés chez nous. Mais je vois bien la logique mercantile et je l’accepte même si elle m’agace.
    Heureusement, je ne me suis pas arrêtée à ce phénomène qui aurait pu me bloquer dans ma découverte, et je sais que je relirai ce titre avec plaisir. J’espère juste que ça n’aura pas un effet contreproductif sur d’autres lecteurs ^^!
    Merci pour cet article, une fois de plus très riche, qui appellera une relecture quand j’aurais eu le tome sous les yeux.

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    • Entre le moment où j’ai écrit l’article et ce soir, je dos t’avouer que j’en ai revu des tweets hallucinants tellement ça va loin. On parle de date dans l’histoire du manga, d’une des plus grandes œuvres de la création.
      J’ai l’impression des fois qu’on parle de Citizen Kane 😅

      Et si d’une part j’ai du mal avec un tel emballement, mais pourquoi pas, cest vraiment le fait de ne donner aucune explication sur le pourquoi du comment est par contre un énorme problème pour moi. C’est vraiment « croyez moi sur parole ».
      Perso, quand une œuvre me subjugue, j’ai envie de comprendre et d’expliquer pourquoi.

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      • C’est ça, les gens en font trop, trop de superlatifs et pas assez de développements. Après c’est souvent le problème des RS, je trouve qui ne poussent pas à l’argumentation et à l’explicitation malheureusement. Certains le font et bien mais ils sont trop rares V.V

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      • Tu sais, j’ai même vu ces derniers temps des gens s’énerver contre les vilains relous qui aiment bien qu’on explique son point de vue. Donc en effet, je pense que c’est un des aspects des RS.
        J’en suis un peu triste car je pense que même sur les réseaux on peut réussir à construire un discours intéressant. Parfois des gens font de beaux threads qui se retrouvent super bien relayés.

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      • Je suis d’accord c’est tout à fait possible et j’ai eu la chance d’en lire pas mal sur des sujets très divers.
        Je trouve juste dommage que la majorité soit dans l’instantanéité. Après, j’ai moi-même du mal à le faire, préférant le blog pour l’exercice, alors je ne leur jette pas totalement la pierre ^^!

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  2. Tu sais ce que j’ai pensé de ma première lecture.
    J’ai adoré cette seconde lecture avec le manga entre les mains… Je l’ai même préféré… Mais je ne suis ne rejoint toujours pas la grande majorité de ces lecteurs qui hissent ce one shot au pinacle.
    J’ai largement préféré Fire Punch et Chainsaw Man (qui sont très différents soit dit en passant) et me demande si malgré tout… Look Back ne serai pas le genre de titre pour lesquels il est interdit d’en dire du mal… je sais pas… C’est un sentiment étrange !

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    • J’ai un peu le même sentiment que toi (même si je n’ai pas du tout aimé Fire Punch). Mais je pense que c’est exactement ça. Fujimoto est devenu un Totem dans la sphère manga, et je pense que Look Back a plusieurs aspects qui en font un peu un « titre idéal à aimer », de par son sujet, son accessibilité (c’est quand même un titre court et facile à lire) tout en ayant une certaine exigence formelle. Il me semble cocher toutes les cases d’une certaine vision de ce que doit être un chef d’œuvre, y compris dans une certaine forme de familiarité. Et je pense que c’est aussi là dedans que ça se joue.
      Tu sens que le titre a quelque chose, et le contexte te dit que oui, il a quelque chose. Partant de là, tu te retrouve Avé une forme de pression te disant que tu dois l’aimer, voire l’aimer à l’excès.

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  3. Très bon article!
    Sur la première partie, je partage totalement l’analyse qui est faite autour de la réception du phénomène Fujimoto, qui bien que très intéressant, provoque chez moi une certaine forme d’hermétisme. Je me sens distant, tout simplement car je ne parviens pas encore à rentrer dans cette liesse collective qui, comme tu le soulignes fort justement, semble couler de source sur les réseaux sociaux.

    J’ai bon nombres de grief concernant Fire Punch, et j’ai eu un mal fou à rentrer dans Chainsaw Man, qui, en abusant toujours excessivement du nihilisme caractéristique de l’auteur, me laisser totalement de marbre sur le plan émotionnel. Comme si une profonde déconnexion s’opérait entre ce que l’auteur souhaitait proposer et ce que je recevais.

    Et pourtant….

    Si j’ai aujourd’hui réussi à terminer Chainsaw Man (et pris une belle claque sur la fin) et attendre avec une certaine impatience la suite, cela ne tient qu’en réalité à une chose : la lecture de Look Back, qui m’a, à ma grande surprise, totalement bouleversé à la première comme à la seconde lecture. Comme si, par miracle, je m’étais retrouvé totalement en phase avec cet ouvrage.

    Je tiens à garder un peu encore les raisons, que je tiens à développer dans un article pour le coup (pas envie de précipiter mes arguments). Qui seront d’ailleurs légèrement différents de la plupart ayant été énumérés par la critique dithyrambique autour du titre, que dis-je, de ce « chef d’œuvre du millénaire » (je deviens sarcastique également xD). Ce qui dénotera, pour donner un exemple, avec la conclusion que tu en tires (je trouve le titre bien plus lumineux qu’il n’y paraît, en étant un des plus réconciliateurs que j’ai découvert ces dernières années). Et je me rends compte que je tiens ces propos en étant assez éloigné du milieu de l’art (ce qui constitue, pour certains, une condition presque nécessaire à l’appréciation d’un tel titre, qui, semblerait il, s’adresse en priorité aux artistes -je n’en sais rien et je m’en fiche presque perso).

    Bref, j’aurais aimé être plus long mais ma réponse sur le fond viendra sous peu.

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    • C’est très intéressant tout ce que tu dis, et il ne faudra pas hésiter à m’envoyer le lien de ton article quand il sera écrit car je serai très très curieux de lire ce que tu as à en dire, surtout si tu interprète la fin différemment, car je ne suis pas sur de mon coup du tout dans mon interprétation, et comme je l’ai dit, l’absence de discours critique autour du titre me pèse car cela donne le sentiment d’être bête si on n’est pas totalement en phase avec la liesse générale (j’ai même lu texto qu’il fallait être aveugle pour ne pas ressentir tout le génie de Fujimoto dès le chapitre 1 de Fire Punch, pour moi ça devient vraiment gros là).

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      • Heureusement que le ridicule ne tue pas…

        On peut trouver maintes qualités à Fire Puch mais il me paraît assez difficile de nier qu’il s’agit là d’un récit qui, bien qu’assez atypique, reste assez désorganisé.

        Et autant je n’ai rien contre la déconstruction de certains canevas scénaristiques. Autant, je trouve que dans un premier temps, et avec sa première série, Fujimoto cherchait surtout à déconstruire pour déconstruire. Comme si il jouissait du contrepied sans toujours se poser la question de la pertinence de ce dernier. Mais bon, on parle là d’un auteur qui n’avait que 22 ans, et ceci peut aussi expliquer cela.

        D’autant qu’en le faisant passer son travail pour un modèle très élaboré de subversion (ce qui est peut être le cas – mais pas pour moi), on omettait souvent de dire que c’était surtout quelqu’un de très instinctif, et très productif (quasiment aucune pause dans ses séries). L’impression personnelle de voir fleurir quelqu’un de particulièrement pressé (ce qui dénote avec aujourd’hui, où il semble prendre son temps avant de proposer la deuxième partie de CSM, qui se fait attendre depuis un an et demi).

        Et j’ai eu le sentiment récemment de voir quelqu’un de plus apaisé, comme si il commençait finalement, en prenant de l’expérience, à se décoller cette étiquette purement et simplement transgressive pour y ajouter une touche plus personnelle, plus intime, teintée d’une humilité que je ne lui connaissais pas. Bref, tout ce que je dis peut aisément s’apparenter à de la psychanalyse de comptoir, j’entends bien. Mais c’est le sentiment que cela dégage. Et ça me plaît.

        PS : je n’oublierais pas pour l’article. C’est noté 🙂

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      • Même si on peut considérer ça comme de la psychanalyse de comptoir, jz trouve ton point de vue intéressant et il me donne d’autant plus envie de découvrir Chainsaw Man (faut juste récupérer les 7 tomes réservés en mediatheque des que possible).

        J’espère que j’aurais le même sentiment que toi sur le parcours de l’auteur, car je pense comme toi sur Fire Punch et c’est je pense la principale raison de mon rejet du titre. Donc si je sens un auteur plus apaisé et plus dans l’intime, ça pourrait me parler.

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  4. Premier commentaire pour répondre à chaud à ton article et avec mes souvenirs du tome (j’en referais un quand j’aurais relu le tome en FR pour voir si mon avis a changé.)

    Déjà pour parler de l’auteur et de ses débuts en France avec Fire Punch (à ne pas confondre avec Fire Force) je te suis sur le fait que Tatsuki Fujimoto est un auteur bien différent des autres et qui aime casser les codes pour surprendre. Fire Punch je me souviens que beaucoup en parler lors de la sortie du premier tome c’est par la suite on en entendait presque plus parler. Et comme toi j’ai beaucoup moins apprécier la seconde partie de la série, ça vient peut-être du fait que je l’ai lu au rythme de sortie (un tome tous les 2 moins, puis un tous les 3 mois sur les 4 derniers) et que je trouvais certains éléments confus (je crois me souvenir que Omoshiroi a eu le même souci de confusion avec chainsaw man).

    Pour le fait que beaucoup disent que l’auteur est un génie, un dieu et que chaqu’un de ses titres est une « masterclass » (ce qui me fait bien rire parce que la plupart qui disent ça n’ont lu que Chansaw man de manière illégale en scan) est sûrement liée à un effet des réseaux sociaux ou beaucoup cherchent le nouveau talent encore inconnu et pouvoir dire « moi je le connais depuis ces toutes premières œuvres ». Un genre de volonté des gens de trouver sa Star supérieure à celle des autres (la récente expression GOAT en est quelque part la preuve). Comme tu l’as dit, ça se confirmera seulement dans plusieurs années pour percevoir l’impact qu’il aura sur le monde du manga.

    « De là découle une forme de récit parallèle, avec un retour en arrière (d’où le titre Look Back), où Fujino ne se lance pas dans le manga mais plutôt le karaté, et va sauver Kyomoto en mettant un coup de pied retourné des familles à son agresseur. Une irruption du fantastique dans un manga réaliste, qui finalement ne semble être qu’une parenthèse, avant le retour au réel de Fujino, qui se questionne sur les raisons pour lesquelles elle est mangaka. » C’est justement le passage que je n’avais pas compris lors de ma première lecture

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    • Je te rassure, lors de ma lecture en anglais, ce n’était pas clair non plus pour moi. Ça l’est bien plus dans ma langue maternelle (même si j’ai du encore Looker Back dans le manga pour être bien sur de ce que je lisais).

      Je pense en effet qu’il y a aussi un côté « envie d’être à l’avant garde », on va dire que j’ai aussi ce côté puisque ça fait quand même un moment que j’ai un discours sans ambiguïté concernant Paru Itagaki 😉

      On rééchangera avec plaisir quand tu auras relu, et je t’invite à me donner le lien de ton article quand ce sera fait.

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  5. Très intéressante analyse, il y a beaucoup de références à l’auteur que je n’avais comme je ne me suis jamais intéressée à son travail avant Look Back, je n’avais pas fait attention pour les prénoms par exemple ou le lien avec le tome 11.

    En tout cas, sans connaître le travail de l’auteur, j’ai bien aimé cette histoire courte. J’ai trouvé la narration maîtrisée avec beaucoup de plans muets très efficaces. L’événement final est triste mais ne l’est pas assez pour me bouleverser. Par contre, la partie « retour en arrière », je l’ai trouvée géniale. La protagoniste est en plein deuil, en plein déni et elle culpabilise au point de commencer à s’imaginer ce qui ce serait passé si elle n’avait pas donné son dessin quelques années auparavant. Sauf que quand nous sommes dans un processus d’imagination/de création, il arrive souvent que de nouvelles idées arrivent pour se mélanger dans notre tête, ce qui peut modifier l’idée de départ. C’est ce qui arrive dans Look Back. Elle voulait que son amie reste enfermée chez elle et pourtant, elle la retrouve quand même dans son école d’art (peut-être parce qu’elle ne peut pas supporter l’idée de n’avoir jamais eu l’occasion de la rencontrer). Puis, elle fusionne en quelque sorte avec le héros de son propre manga pour sauver la vie de son amie avant de finalement lui dire qu’elle va recommencer à dessiner sans raison particulière, juste parce que son amie est là. De là, elle sort de ses pensées parce que, selon moi, elle réalise que si elle dessine en vérité, c’est grâce à son amie. Donc j’imagine qu’elle se remet au travail en se disant qu’elle continuera à la faire vivre à travers ses œuvres et en créant les héros qu’elle aurait voulu être pour son amie… ou alors elle se réfugie dans le travail et la fiction pour oublier la triste réalité.

    Du coup, voilà pour mon interprétation.

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    • C’est toujours délicat la question de l’interprétation, et j’ai l’impression que tu y vois quelque chose de plus positif dans ce geste créateur final. Est-ce que ça en dirait pas davantage sur nous que sur l’auteur ? C’est une question intéressante.

      Étant d’un naturel assez peu joyeux, c’est vrai que j’ai interprété ça comme quelque chose d’un brin fataliste. Et c’est surtout la réplique indiquant que Fujino n’aime pas ça faire des mangas qui m’y invite.

      Un camarade a parlé du fait que le manga avait vraisemblablement bouleversé son monde chez les collègues mangakas de l’auteur, et envisageait la possibilité que ça parle justement davantage aux mangakas et artistes en général. Et je me demande en effet si ce n’est pas une possibilité. Ce questionnement sur pourquoi on fait les choses me semble difficile à éluder quand on est artiste (en tout cas, c’est ce que je m’imagine, ne l’étant pas moi-même).

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      • Quand on lui demande pourquoi elle dessine alors qu’elle affirme ne pas aimer ça, il y a une succession de souvenirs joyeux avec son amie. C’est un des éléments qui me fait penser qu’elle dessine pour son amie, en souvenir de leur amitié de tous les bons moments passés ensemble avec leurs projets de mangas. Je trouve ça beau de me dire que, même seule, elle continuera à dessiner pour elles deux. Et d’un autre côté, que faire d’autre à part dessiner maintenant qu’elle en est là… d’où le côté plus fataliste dont tu parles.

        Il y a un tas d’interprétations possibles j’imagine.

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      • J’imagine aussi, surtout compte tenu du fait que, dans certains des retours où les gens expriment davantage leur ressenti, l’idée que la fin n’est pas très claire revient quand même. Je pense que c’est voulu, pour épouser peut-être une forme de complexité dans le rapport à la chose d’ailleurs.

        Comme tu dis, à la fin, on a quand même de très belles pages de souvenir des moments joyeux à dessiner (les seuls moments joyeux de l’histoire je serai tenté de dire), et du coup on peut en effet se demander si ce n’est pas ça le moteur de Fujino. Et en même temps, si le côté professionnel de la chose n’irait pas en contradiction avec ces purs moments de plaisir des deux filles.

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  6. Coucou ^^ Très bel article, que j’ai lu avec attention (un peu avant l’écriture de ma chronique pour connaître ton sentiment général et après celle-ci pour tout avoir en détails) !

    Je ne connaissais pas du tout Fujimoto avant de lire Look back donc j’ai manqué toutes les références qu’il a glissées x) Du coup, je n’avais aucun apriori (négatif ou positif) à son égard et finalement je dois dire que le découvrir par le biais de ce one-shot m’a bien plu. J’ai beaucoup aimé certains aspects comme les pages sans textes. Maintenant, je ne m’attendais pas à voir autant d’avis dithyrambiques, si bien que je me suis demandée si je n’avais pas loupé un élément dans ma lecture.

    L’histoire est émouvante en soi et j’ai été touchée mais j’ai trouvé la narration un peu trop détachée pour m’investir à 100% et lâcher ma larme.

    D’ailleurs, le final était assez confus dans ma première lecture même si ça ne m’a pas empêchée de passer un bon moment. On est tellement laissé à notre propre interprétation que celle qu’on s’en fait dépend vraiment de chacun et chacune, sûrement aussi de notre état d’esprit à la lecture. Dans mon délire, j’avais presque cru à un retour en arrière version surnaturelle XD C’est sûrement dû au fait que d’habitude les flashback sont un peu plus visuellement matérialisés (cadre noir par exemple), donc j’étais perdue.

    Voilà c’étaient mes 2cts ! J’avoue avoir pris l’histoire de façon assez terre à terre en fin de compte. x)

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    • Je comprends tout à fait la confusion quant à la fin, que je partage pas mal. J’avais lu le titre en anglais sur mangaplus, et en le relisant en français j’ai vu les choses un peu différemment, mais en écrivant mon article, j’ai encore mis le nez dans le manga, notamment la fin, et ça ne m’empêche pas d’être encore dans la confusion et dans la pure interprétation personnelle à ce sujet. Ce qui ne me semble pas forcément être un souci en soi.

      Je viens de voir ton article sur le titre, je vais aller le lire de ce pas, ça m’intrigue !

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      • Tout à fait, même au contraire c’est plutôt pas mal qu’on puisse chaque fois se poser la question de comment interpréter cette fin.

        J’avais juste vu ton avis à l’époque quand tu l’avais lu sur Manga Plus, et ça ne m’avait pas spécialement donné envie de tester XD Donc j’ignore comment j’aurais interprété l’histoire à ce moment-là.

        Merci beaucoup d’être passé, c’est super gentil ^^

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  7. Coucou, je reviens après avoir fini ma lecture du volume.

    Alors j’ai clairement eu une meilleure impression que lors de ma première lecture sur manga plus. Ton article m’a beaucoup aidé pour ça, notamment avec le parallèle de l’incendie criminel de kyoto animation, mais aussi à la temporalité alternative que se créer Fujino pour sauver Kyômoto. C’est devenu plus clair ce passage qu’on peut ressentir quand on se sent responsable de la mort de quelqu’un en pensant à ce qu’on aurait pu faire si on avait agi différemment.

    Mais je reste aussi mitiger. Mais j’ai la forte impression que le contexte derrière ce one-shot et les différentes références ne nous est pas vraiment destiné. Déjà mise à part si tu es japonais ou si tu fais quelque recherche, je ne pense pas que tu penses tout de suite à la tragédie de kyoto animation. Et comme tu l’as dit dans ton commentaire pour « camilleaquarelle », on a plus l’impression qu’il s’adresse aux différents mangakas pour leur faire prendre conscience de monde et de travail que les entours. On a pas mal de passage ou on voie juste Fujino dessiner avec l’arrière-plan qui change pour montrer le temps qui passe, sois par les saisons, mais aussi avec éléments (nouveau cahier, nouveau manga, etc…) qui s’ajoutent dans le décor de leur chambre/bureau.

    C’est assez bizarre à expliquer car j’ai quand même apprécier ma lecture, mais je pense que quelqu’un qui ne connaît pas l’auteur (et son amour pour les œuvres de cinéma par exemple) ne comprendra pas le message du titre.

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    • Je pense aussi que c’est un titre assez chargé en références, que ce soit autobiographique, par rapport à l’incendie criminel, ou encore concernant le film de Tarantino (tu l’auras compris, je l’ai vraiment pris comme une clé de lecture importante du manga, et ce n’est pas anodin pour moi que la jaquette du DVD soit la dernière chose qu’on voit, en bas de la dernière case).

      Je pense aussi que le plébiscite critique est lié à cet aspect très « chargé », on voit de façon évidente qu’il y a beaucoup dans ce titre, et même sans percevoir vraiment de quoi il en retourne, le simple fait de « savoir » qu’il y a quelque chose de plus est déjà un élément qui rend confiant en la qualité du titre d’une certaine façon.
      Je l’interprète comme ça, même si je ne suis pas dans la tête des gens.

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