Les reco’ manga du papa : Yuzu la petite vétérinaire T.1&2 de Mingo Ito

Yuzu

Les œuvres de fiction destinées à la jeunesse sont un moyen idéal de créer un questionnement en vue d’avoir un dialogue sur des sujets qui nous tiennent à cœur. En tant que parent, il me semble normal de vouloir transmettre certaines idées et valeurs à nos enfants, en lien avec notre vision des choses. Et quand bien même il faut respecter leur façon de penser, il n’y a pas de mal à leur apprendre des choses positives et altruistes. De ce fait, il me semble essentiel de leur apprendre très vite queles animaux sont des êtres dotés de sentiments et méritent qu’on y fasse attention. C’est en tout cas une de mes obsessions dans la vie, et je tiens à transmettre ça à ma fille (et si possible aux enfants autour de moi). 

Et ça tombe bien, la littérature de jeunesse dans son ensemble a une obsession forte pour les animaux, les rendant omniprésent un peu partout. Le manga ne déroge pas à la règle, que ce soit Chi qui fait les beaux jours de la collection Kids de Glénat, la bien nommée collection « Pets » chez Soleil (une pensée à la personne qui a eu l’idée de ce nom de collection, qui veut en effet dire « animaux » si on traduit, mais qui malheureusement a un sens tout autre si on prend le mot tel qu’il est en français), ou encore la surabondance de mangas animaliers chez nobi nobi !, pour mon plus grand plaisir.

Et c’est d’ailleurs encore une fois chez nobi nobi ! que l’on découvre une nouvelle série jeunesse de qualité, avec Yuzu la petite vétérinaire, série en 7 tomes qui débarque fraichement chez nous, que l’on doit à Mingo Ito (dont c’est le premier titre), créée en collaboration avec un jeu 3DS jamais sorti chez nous.

Merci à l’éditeur pour l’envoi de ce volume. J’en profites pour vous encourager à jeter un œil à la fiche de la série sur leur site, qui vous permet de lire le premier chapitre afin de voir si cela est à votre goût.

Ceci étant dit, voyons en quoi ce premier tome est un petit coup de cœur qui m’a charmé et que je compte bien faire lire à un maximum d’enfants !


Yuzu la petite vétarinaireLa clinique vétérinaire Miawouf a une nouvelle assistante !
Suite à l’hospitalisation de sa mère, la petite Yuzu va devoir vivre un moment avec son oncle qui travaille comme vétérinaire. Seul problème : la jeune fille n’est pas très à l’aise avec les animaux ! Cependant, au fil des rencontres avec ses nouveaux patients, Yuzu va se découvrir un talent pour comprendre le cœur de ces petites bêtes, et apprendre également beaucoup à leur contact…
Poussez la porte de la clinique vétérinaire Miawouf et venez rencontrer ses adorables patients !

Ce premier tome est structuré de manière simple, chaque chapitre est l’occasion de rencontrer un animal malade, et d’évoquer une problématique liée aux animaux et aux relations avec l’humain (je déteste les termes « maitre/maitresse »). Ainsi, dans ce premier volume qui compte quatre chapitres, il sera question de la fidélité d’une chienne envers un enfant sur lequel elle veillera malgré la vieillesse, d’un autre chien vu de façon utilitaire pour les réseaux sociaux, du deuil d’un chat et de la culpabilité de le remplacer, ainsi que de la difficulté de s’occuper d’un animal malade, avec en prime l’évolution du rapport à cet animal et le fait qu’il finisse un peu délaissé.

Un beau programme, permettant de traiter de façon riche la question de nos liens avec nos animaux. Et la série étant prévue en 7 tomes, on peut imaginer que la mangaka a d’autres idées de développements intéressants à proposer (l’aperçu du deuxième volume en fin d’ouvrage montre qu’il sera notamment question de chien d’aveugle). Non seulement les thématiques sont nombreuses, mais elles sont toujours traitées intelligemment tout en restant à hauteur d’enfant, chose essentielle pour un manga jeunesse. Ce qui ne veut pas dire que le titre ne fonctionne pas sur un lectorat adulte, puisque de mon côté, j’ai été particulièrement réceptif à chacune des petites histoires racontées (on pourrait dire que c’est de la triche, compte tenu de mon amour immodéré pour les animaux, j’en conviens).

Yuzu

Et l’esthétique globale de la série, très orientée jeunesse, fonctionne très bien également pour retranscrire l’aspect enjoué mais également émouvant du titre. J’aime tout particulièrement la façon stylisée dont les animaux sont dessinés, qui appuie vraiment le ton général du titre.

De ce fait, ce titre a été un vrai coup de cœur sur tous les points me concernant. Je suis assez bon public concernant les titres animaliers, vous l’aurez compris, mais malgré tout, je ne m’attendais pas à autant accrocher à ce premier volume. J’avais peur qu’il soit trop enfantin. Et au contraire, même s’il vise un public jeune (l’éditeur le recommande à partir de 8 ans), je trouve qu’un lectorat adulte sensible aux questions liées au bien être animal se prendra très facilement à l’histoire.

Ainsi, j’ai non seulement passé un excellent moment, ressenti de belles émotions devant ces histoires d’animaux, mais en plus, j’estime que le titre peut faire office de très bon objet de médiation autour de ces questions auprès d’un lectorat jeune. J’estime en effet qu’il est important de sensibiliser les enfants autour de la cause animale, pour éviter que les maltraitances que l’on constate au quotidien perdurent. Et par l’entremise de fictions de qualité, il est peut-être possible de mieux faire passer le message. Vous l’aurez donc compris, ce premier tome de Yuzu la petite vétérinaire est pour moi un excellent manga en lui-même, qui aborde avec intelligence un sujet fondamental à mes yeux. Le genre d’ouvrage à mettre entre les mains des enfants en priorité !


YuzuLe second tome de Yuzu la petite vétérinaire confirme les très belles qualités vues dans le premier. En conservant une structure très efficace où chacun des quatre chapitres du volume raconte une petite histoire centrée sur une thématique spécifique, la mangaka continue de proposer des réflexions pertinentes et à hauteur d’enfant sur les animaux.

On trouve dans le premier chapitre un chien d’aveugle en proie à des difficultés liées à son statut. Dans le second, il est question d’un petit chien feignant la maladie car sa famille le délaisse. Par la suite, on aborde le cas de lapins utilisés dans une école à but pédagogique, pour terminer avec une histoire très touchante où une jeune fille va découvrir les réalités de l’abandon d’animaux pour cause de maladie ou autres raisons, et la responsabilité de s’occuper d’un chat.

Encore une fois, la grande qualité de la série est la diversité des situations abordées, explorant un spectre large de questionnements en lien avec le rapport aux animaux. Si on est toujours à hauteur d’enfant, dans un style à la fois didactique et ludique qui parlera très facilement aux plus jeunes, les enjeux évoqués sont parfois très en phase avec des questionnements qu’on peut se poser à cet âge, et d’autre fois prennent un peu de hauteur, tout en restant accessibles.

De plus, la série arrive toujours à sonner juste dans son ton, que ce soit dans les petites pointes d’humour ou dans les passages plus émotionnels. Et ce, aussi bien pour un public jeune que plus âgé, faisant encore une fois de la série un bel outil pédagogique pour aborder la question du rapport aux animaux, en plus de nous faire passer un très beau moment de lecture, tout simplement.


Yuzu tome 3Le troisième volume m’a encore une fois ravi ! J’ai conscience d’être assez bon public quand il s’agit d’animaux, et, je dois l’admettre, j’ai même la larme assez facile avec deux, mais il n’empêche que cette série est vraiment de qualité. Bien sur, elle s’adresse avant tout à un public jeune, mais rien n’interdit à un lectorat adulte d’aller vers elle et d’y trouver son compte, tant la mangaka sait respecter l’intelligence de son public.

Ainsi, ce troisième volume est toujours aussi bien raconté, arrivant à dispenser des informations intéressantes sur le rapport aux animaux sans jamais être lourd, avec en plus un supplément d’émotions qui fait mouche. Avec notamment un chapitre centré sur la relation entre une jeune fille et son chat atteint d’un cancer, la mangaka pose la question de l’accompagnement dans la fin de vie de son animal, et de l’acceptation de la mort de celui-ci. Évidemment, difficile avec un tel sujet de rester de marbre.

Et les trois autres chapitres sont également très intéressants, évoquant la question du cadre et des règles nécessaires dans l’éducation d’un chien, ou encore les chiens de thérapie qui rendent visite à des personnes malades ou âgées pour améliorer leur confort de vie. Des thématiques très intéressantes, traitées avec intelligence encore une fois. Enfin, un des chapitres est particulièrement remarquable par sa façon de conjuguer la thématique animale et une question plus propre aux humains conjointement, en dressant un parallèle au sein d’un foyer entre la grande sœur qui se sent délaissée par rapport à la plus jeune, exactement de la même façon que le chien le plus âgé se sent mis de côté au profit du petit nouveau.

Une belle idée qui, encore une fois, est à même de parler encore plus aux enfants, qui peuvent facilement se projeter dans les personnages de la série, dont la plupart sont des enfants assez jeunes, à l’instar de Yuzu, la jeune héroïne. Ainsi, ce troisième volume confirme le coup de cœur qu’est cette série pour moi, et pour l’avoir testée au travail avec des enfants, elle fait vraiment mouche auprès d’eux, puisqu’ils me demandent régulièrement quand arriveront les prochains volumes.

7 commentaires

  1. Dire que les humains sont des cons et que les animaux valent mieux qu’eux est purement spéciste vu que les humains sont avant tout des mammifères, et que les mammifères sont une composante du règne animal.

    Quant à l’intelligence, ce n’est rien d’autre qu’une mesure. On peut énumérer les capacités estimées de chacun et dire ce que l’un a comme avantages et inconvénients par rapport à l’autre, mais ça s’arrêtera là.

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    • Si j’ai barré cette phrase, c’était pour montrer que c’était de l’humour même si il y a un fond de réflexion perso dessous (qu’on peut ne pas partager). Mais d’un point de vue personnel, j’estime que l’espèce humaine est la seule qu’on peut mettre en dessous des autres car étant la seule qui balance des bombes sur la tronche de ses congénères et fait du fait de tuer les autres espèces une activité sportive.

      On peut être en désaccord avec ça, je peux l’entendre, mais pour le coup je ne crois pas que ma façon de penser puisse changer.

      J’aime

  2. Je suis 200% d’accord avec toi pour la cause animale et pas l’utilisation de la littérature jeunesse comme objet de médiation. Je le fais sur tout plein de questions en classe ^^
    Concernant ce titre, j’ai peur que le format narratif me lasse un peu à force mais je ne serais pas contre le tester car j’ai eu plusieurs belles surprises chez l’éditeur.

    Aimé par 1 personne

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