Mon avis sur… Blissful Land T.1 de Ichimon Izumi

Blissful Land

Blissful Land, seconde série dans la collection Genki de nobi nobi ! (après Horimiya, qui a établi un nouveau record pour son lancement chez l’éditeur), représente assez bien la volonté de cette dernière : s’adresser à un lectorat plus âge (à partir de 14 ans, bien que rien n’interdise de lire les titres de la collection si on est plus jeune), en proposant un récit historique propice au calme et à la détente. Voyons donc de quoi il en retourne.


Un grand merci à nobi nobi ! pour l’envoi de ce volume. Vous pouvez lire un extrait sur le site de l’éditeur via CE LIEN.


Blissful Land est la première série du mangaka Ichimon Izumi, prépubliée à partir de 2017 dans le Bessatsu Shonen Magazine de Kodansha, et terminée au Japon en 5 tomes. Le titre est traduit chez nous par Yohan Leclerc et sort chez nobi nobi ! à un rythme bimestriel. Il s’agit donc d’une série modeste par la durée, mais aussi au niveau des ambitions à en juger par ce premier tome. Un titre qui entre typiquement dans la catégories des ouvrages qui ne manquent pas de charme, mais qui risquent de se retrouver noyés dans la masse, d’autant plus qu’il marche clairement sur les plates bandes d’une mangaka importante en la personne de Kaoru Mori.

En effet, dès son résumé, et même dès sa couverture (magnifique aussi bien pour son dessin que la texture de celle-ci, nobi nobi ! ayant fait un beau travail d’édition), le titre évoque pour moi Bride Stories de Kaoru Mori. Et le résumé ne fait que confirmer ceci :

Tibet, XVIIIe siècle, dans un village au milieu des montagnes. Kang Zhipa, apprenti médecin, fait la connaissance de sa fiancée, Moshi Lati, venue d’une contrée lointaine. Pour ces futurs mariés aussi tendres que naïfs, apprendre à se connaître est déjà toute une aventure.
Pas à pas, au rythme des cueillettes d’herbes médicinales et des préparations de remèdes ou de plats traditionnels se tisse le récit du quotidien chaleureux d’une terre qu’on dirait bénie des cieux.

Si les zones géographiques et les périodes historiques couvertes par les deux séries diffèrent, on y trouve malgré tout un imaginaire similaire, une même histoire de mariage arrangé, et une esthétique qui peut-être comparable. Et c’est de là que vient le souci selon moi avec Blissful Land.

Blissful landEn effet, à aucun moment je n’ai réussi à totalement m’enlever la série de Kaoru Mori de l’esprit durant ma lecture, non pas que Blissful Land soit mauvais, mais c’est surtout que la comparaison sonnait comme une évidence pour moi. Comparaison qui ne peut que tourner à l’avantage de la mangaka de Bride Stories, dont l’esthétique est d’une virtuosité assez évidente. De ce fait, si le charme opère dans Blissful Land, cela reste contrebalancé par la sensation de lire une version moins aboutie du titre de Kaoru Mori.

Mais rien n’interdit de s’attaquer à un registre similaire à ce qu’a fait une autre mangaka, quand bien même la série référencée est un modèle de grande qualité. Ainsi, une fois cette comparaison inévitable faite, la question à se poser est de savoir si Blissful Land est une bonne lecture malgré tout.

Et me concernant, la réponse est oui. En adoptant un ton assez léger, l’auteur parvient à rendre ses personnages immédiatement agréables et touchants, en particulier le couple principal, chez qui la communication est aisée. Travaillant les jeux de regards et les petits gestes ainsi qu’une certaine ambiance proche du quotidien, le manga arrive sans mal à nous immerger dans son Tibet.

Le trait de l’auteur est par ailleurs charmant et efficace, bien que perfectible. Car au-delà de la comparaison avec la magnificence des planches de Kaoru Mori, j’aurais aimé avoir des environnements plus détaillés et davantage de précision dans la façon dont ils sont représentés. Pour ce qui est des personnages, l’auteur assure quelque chose de simple mais efficace, et la mise en scène est du même acabit, sans grands effets, mais avec juste ce qu’il faut pour entrer dedans.

C’est à la fois la qualité et le défaut du titre par ailleurs. C’est carré, soigné, agréable et très accessible, mais cela manque de ce fait de complexité et de profondeur. Ceci est peut-être lié à la cible éditoriale (un public adolescent), à qui cela parlerait peut-être davantage qu’à moi. Encore que même en tant qu’adulte, j’ai eu plaisir à lire ce premier volume et j’ai très envie de lire la suite, puisque la série sera courte, ce qui me semble une bonne chose ici, la nature du récit permettant quelque chose de complet sur seulement cinq volumes.

À chacun et chacune de ce fait de voir si la série peut lui parler, comme toujours. Si on est accro à Bride Stories et que l’on cherche quelque chose dans le même esprit pour patienter entre deux tomes, c’est selon moi une bonne alternative. De même, si on veut une lecture reposante et agréable, Blissful Land remplira tout à fait ce rôle. Il ne faut simplement pas s’attendre à un chef d’œuvre, mais à un titre soigné et charmant, qui peut faire agréablement passer le temps.

16 commentaires

  1. Tu confirmes ce dont je me doutais en voyant le titre. C’est bien un Bride Stories like mais moins percutant. Pas grave, vu que tu sembles avoir quand même passé un bon moment avec, je vais me laisser tenter. 😁

    Aimé par 1 personne

  2. Mashuri no Hako. Ce manga est une perle. Il faut se laisser envouter par l’atmosphère. Lire doucement… et faire attention à chaque détail. Le jeu en vaut la chandelle. Vraiment le lire sans a priori. Après « We Shall Now Begin Ethics » est époustouflant aussi, mais dans un autre registre.

    Aimé par 2 personnes

  3. Je n’avais pas du tout entendu parler de ce titre, pas plus que je ne l’ai vu en librairie. Il n’est clairement pas pour moi vu sa thématique toutefois j’ai trouvé ton article intéressant dans le parallèle que tu proposes. Merci pour cette découverte !

    Aimé par 1 personne

    • De rien, c’est toujours un plaisir.

      Je ne suis pas étonné qu’il passe sous les radars. Cest un titre assez modeste, et qui souffre de la comparaison avec Bride Stories.
      J’espère quand meme qu’il arrivera à toucher un certain public, car il a quand même un certain charme.

      Aimé par 2 personnes

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