La Danse du soleil et de la lune T.1 de Daruma Matsuura – Une introduction somptueuse

La Danse du Soleil et de la Lune

Je pense ne pas faire exception si je dis qu’il m’arrive de céder à l’appel de titres dont je ne sais pas grand chose, juste pour un détail qui m’attire. Dans le cas de La Danse du soleil et de la lune, il y a en fait trois détails. Le premier est que la série vient d’une mangaka que je ne connais pas, mais dont j’ai toujours entendu le plus grand bien sur la base de sa précédente série, Kasane la voleuse de visages. Le second point, le fait que le titre soit édité par Ki-oon, dont je fais presque aveuglement confiance en ce qui concerne les choix éditoriaux, qui ont le don de me parler de manière générale. Enfin, point le plus important pour moi, le titre et la couverture faisaient déjà travailler mon imaginaire.

Et, dernier détail à signaler, le fait que j’avais la possibilité de recevoir l’ouvrage de la part de l’éditeur faisait que je pouvais me lancer les yeux fermés, que Ki-oon en soit remercié (vous pouvez d’ailleurs lire un extrait sur leur site via CE LIEN). Ceci étant dit, voyons de quoi il en retourne et pourquoi l’éditeur me semble avoir eu une fois de plus un excellent flair.

Resituons la série

La danse du soleil et de la lune est comme je l’ai déjà dit la nouvelle série de Daruma Matsuura, connue chez nous pour le roman et le manga Kasane la voleuse de visages, ce dernier étant disponible chez Ki-oon en 14 tomes. Cette nouvelle série est en cours au Japon depuis 2020, avec trois volumes reliés parus, et est pré-publiée dans le Big Comic Superior de Shogakukan. L’éditeur nous la présente comme un conte fantastique, où un samouraï sans sabre va rencontrer une femme mystérieuse qui deviendra son épouse.

Mon avis sur ce premier tome

Autant être clair d’emblée, j’ai été directement happé par cette histoire, d’une part grâce au trait somptueux de la mangaka, mais aussi et surtout du fait d’une écriture brillante, déroulant un tome d’introduction déjà très riche, qui arrive en finalement peu de pages à donner vie a ses personnages et son cadre.

Nous suivons Konosuke, samouraï sans le sou vivant dans la misère et ayant visiblement perdu goût à la vie, incapable de trouver du travail du fait d’une drôle de particularité : les métaux se plient en sa présence afin d’éviter tout contact avec lui. De ce fait, impossible de manipuler un sabre, et donc, de vivre dans l’honneur du guerrier (et plus prosaïquement, de trouver du travail). Alors qu’il essuie encore un refus pour une potentielle embauche, il cherche querelle à des samouraïs, dans l’espoir de mourir par le sabre comme un vrai guerrier, chose qui n’arrivera pas. Et alors qu’il est jeté à l’eau et se laisse sombrer, une présence mystérieuse vient lui sauver la vie.

Danse du soleil

Cette mystérieuse personne se révèle être une femme, dont on ignore à peu près tout, qui va demander Konosuke en mariage, lui assurant une rentrée d’argent suffisamment conséquente pour subsister quelques temps. On se demande ce que cette femme, particulièrement belle, trouve à cet homme si triste et incapable de travailler. Lui-même se pose la question et nourrira dans un premier temps une certaine colère dirigée contre elle, liée à son incompréhension vis-à-vis de cette nouvelle situation.

Mais au fil des chapitres, chacun s’ouvrira à l’autre, permettant à l’amour de naître et, surtout, à Konosuke de reprendre un peu sa vie en mains. C’est d’ailleurs de ces deux points que découle la principale qualité de ces deux premiers tomes : l’écriture du personnage de Konosuke. La mangaka arrive à très rapidement nous faire comprendre et ressentir la détresse de cet homme, élevé par un père qui tenait à faire de lui un guerrier, mais qui à cause de sa particularité, est condamné à ne pas pouvoir utiliser de sabre.

En arrivant à nous faire ressentir d’emblée une forte empathie pour le personnage, son évolution au contact de sa femme n’en devient que plus émouvante et crédible, portée par une écriture d’une grande précision qui permet de tirer partie de chaque détail pour donner du corps à la caractérisation des des personnages. Le tout appuyé par une mise en scène d’une grande intelligence et un trait doux qui appuie la tonalité émotionnelle du récit tout en nous immergeant dans son ambiance quotidienne teintée de fantastique.

Fantastique qui reprend ses droits en fin de volume, se terminant avec une séquence forte qui suscite déjà une grande attente pour la suite, posant de nombreuses questions, en particulier sur la femme de Konosuke. Mais ce fantastique reste, comme tous les autres éléments du récit, au service de l’écriture de ce personnage principal, auquel on s’attache énormément au gré des moments de vie mis en scène, où chaque geste est porteur de sentiments et d’émotions fortes, notamment dans des gestes d’amour magnifiquement mis en valeur par l’image.

En conclusion

Ainsi, la surprise et d’autant plus grande concernant cette série que je n’avais aucune idée de ce qu’elle racontait. En nous présentant un personnage en souffrance particulièrement bien écrit retrouvant goût à la vie dans une relation qui le valorise, la mangaka arrive à créer une empathie très forte vis-à-vis de ce héros. Le travail d’ambiance est également de haute volée, permettant d’appuyer la qualité d’écriture globale du titre, que ce soit dans la relation naissante entre les deux personnages et son cadre fantastique.

Et le dernier chapitre du tome, en intensifiant cet aspect fantastique, force le personnage à se confronter à ce qu’il est et au monde pour de bon, nous donnant d’autant plus envie de suivre son évolution. Pour le dire simplement, ce premier tome est une très grande réussite, et fait déjà de la série une des nouveautés à suivre de près cette année.

27 commentaires

  1. Même en connaissant l’autrice, j’ai été très surprise aussi par la qualité de cette introduction. Rien que les premières pages ont un découpage magistral. Et comme toi, les dernières pages ont suscité de grosses attentes chez moi.
    Encore une excellente pioche de Kioon !

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      • Évidemment !
        Après, c’est le budget qui va poser problème, mais à réfléchir.
        Je ne te cache pas qu’en ce moment je suis plutôt d’en l’idée de vendre ou donner des mangas pour faire de la place chez moi, et récupérer quelques deniers en prévision de l’arrivée de bébé 2.

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      • Figure toi que j’ai vérifié hier après avoir écrit l’article, et non.
        Par contre il y a Jujutsu Kaisen dans 5 médiathèques du réseau (bientôt level Fairy Tail et One Piece), et Chainsaw Man aussi dans plusieurs structures. Je vais me lancer dans les deux, mais le souci, c’est les gens qui empruntent les tomes un par un ! Du coup tu dois réserver sans savoir si tu vas pas te retrouver au final avec seulement les tomes 3 7 et 8 alors que t’as demandé 10 volumes ^^’

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      • C’est dommage pour elle même si je ne suis pas surprise. On trouve effectivement plus facilement des titres plein de nekketsu…
        Après j’aimerais bien tester ces deux séries aussi, alors je ne devrais pas trop cracher dans la soupe lol

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      • Oh, je me plains mais je ne crache pas dans la soupe non plus, j’ai déjà la chance de pouvoir trouver vraiment beaucoup de mangas en médiathèque. Puis on va pas se mentir, les nekketsu font partie de mes lectures favorites, et comme souvent c’est long, c’est cool de pouvoir les emprunter !

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  2. Au vu de ce que tu dis, la lecture de ce premier tome à l’air excellente! Je n’ai entendu que du bien de Kasane, le précédant manga de l’autrice durant tout le temps où il était en cours de parution. Je suis tenté mais j’ai vraiment du mal avec le trait de l’autrice, je vais essayer de trouver Kasane en médiathèque pour me motiver..

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  3. Kasane est assez dur à trouver, que ça soit en occase ou en médiathèque.
    J’en avais entendu parler, mais je n’ai jamais osé franchir le pas.

    Pour la nouvelle série dont on parle là, après avoir lu le 1er chapitre, que j’ai trouvé vraiment sublime, j’aime bien les thèmes abordés, avec beaucoup de fantastique ; même si ce n’est pas trop mon genre de lecture, quoique j’adore les tranches de vie, je viens de passer commande (encore un manga de plus à lire ! pfiou, je vais avoir du boulot)

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  4. Je le répète mais ça fait plaisir de voir que la nouvelle série de Matsuura Daruma plaise autant ! Je déplore juste que Ki-oon ne nous ait pas gratifié des pages couleurs en début de tome (elles sont sublimes, l’autrice maîtrise l’aquarelle avec brio). Sinon comme toi j’ai été charmée par ce tome qui arrive à placer une intrigue et des personnages sans que se sente noyé par les informations. Il y a juste ce qu’il faut pour intriguer, et l’alchimie entre Tsuki et Konosuke fonctionne parfaitement. On a vraiment une relation d’adulte avec une approche qui se fait via des évènements clés. Tsuki m’a émue quand elle a su mettre les mots sur la souffrance de Konosuke : le fait qu’il ne s’est jamais pardonné de ne pas avoir su sauver sa mère et porte cette faute comme une malédiction.

    En plus l’autrice joue clairement sur une ambiance fantastique qui ne peut que me plaire. Tsuki me fait penser à ces légendes/contes où une femme non-humaine débarque dans la vie de quelqu’un avec des intentions cachées (j’ai beaucoup ri quand Konosuke essaie de voir si c’est une kitsune !) L’attente pour le tome 2 va être longue.

    J’espère que tu auras l’occasion de dénicher Kasane. Qui sait avec le succès de sa nouvelle série des usagers des médiathèques vont réclamer Kasane, et la série va finir par trouver son chemin. Je l’espère car c’est une série qui mérite d’être connue, toute en tragédie elle aussi avec un soupçon de fantastique.

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    • Oh ben je tenterai de me procurer Kasane moi-meme je pense. C’est pas avec ce genre de titre qu’on génére beaucoup d’emprunts, alors que Demon Slayer qu’on a commencé est tout le temps réservé 😅

      On se rejoint totalement sur l’écriture des deux personnages, c’est un tel tiur de force, et l’aspect fantastique contribue à les mettre en valeur. C’est vraiment magnifique !

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      • Ah les nekketsu ! Après dès qu’un anime sort, ça aide aussi à la popularité du titre. J’en aurais voulu un sur Kasane. Vu que le théâtre est un des thèmes centraux de la série, il y aurait eu moyen d’effectuer des mises en scène intéressantes. J’ai eu un coup de cœur sur cette série, comme toi sur Blizzard Axel, pour dire.

        D’ailleurs je te rejoins sur le catalogue Ki-oon. Je crois qu’aucun titre édité chez eux que j’ai essayé ne m’a déplu. Il y a toujours un petit quelque chose qui les rend marquants !

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      • J’ai quelques titres quand même qui ne m’ont pas parlé, mais même ceux-là je comprends le choix de les éditer, je ne me dis pas « mais quel intérêt de nous proposer ça ? » comme ça peur arriver chez certains.
        C’est une maison d’édition qui a une vraie personnalité je trouve.

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      • Ah oui non après y a les goûts et les couleurs. Surtout que niveau manga on a beaucoup beaucoup beaucouuup de séries et très variées. Oui Ki-oon a vraiment une « patte » bien à elle. J’ai mis longtemps à me dire que My Hero Academia était chez eux, tant le titre dénote et aurait pu être chez Pika, Glénat ou Kana. Et à contrario j’étais persuadée que L’Atelier des sorciers était chez Ki-oon à cause du travail sur les couvertures et le style même de la série.

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  5. Je viens de le lire, et il est vraiment bien.
    Les dessins sont beaux, le récit fantastique est bien amené, on a hâte envie d’en savoir plus.

    Seul hic,
    L’héroïne elle ne dit pas son prénom à son mari, pourtant lors de la visite du temple, il l’appelle « tsuki », mais comment l’a-t-il su?

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    • Ah, je n’y avais pas fait attention. On peut toujours justifier ce détail en disant qu’il se passe des choses pendant des elipses, mais c’est vrai que ça le fait pas trop.
      Mais n’ayant même pas percuté, je ne vais pas le reprocher.

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