YuYu Hakusho Star Edition T. 1&2 – La première série à succès de Togashi de retour chez Kana

YuYu Hakusho

L’annonce du retour de YuYu Hakusho en Star Edition chez Kana commence à dater un peu. Après une sortie annoncée pour l’été, les premiers volumes ont finalement été retardés, si bien que Kana a fait le choix de sortir conjointement les tomes 1 et 2, permettant ainsi de se mettre un peu plus de pages sous la dent d’une série importante dans le parcours de son auteur, le grand Yoshihiro Togashi.

Voyons donc en détails ce que ces premiers tomes proposent, après avoir resitué la série, son auteur, et pourquoi cette Star Edition fait partie des titres à ne pas manquer selon moi.

Resituons la série et son auteur

Il me semble important de préciser une chose d’emblée, Yoshihiro Togashi, connu essentiellement pour Hunter X Hunter, est un des mangakas dont j’admire le plus le travail, et sa série phare est actuellement mon manga d’action/aventure préféré, et un de mes mangas préférés tout court. Je considère vraiment qu’on est face à l’œuvre d’un génie absolu, qui a poussé la maitrise et la compréhension de son médium et du genre investi à son paroxysme, notamment dans l’arc des Kimera Ants (dont j’ai déjà parlé ICI).

Ainsi, impossible d’aborder un manga de Togashi comme n’importe quel autre titre. On pourrait dire que l’auteur a un passe droit avec moi, ce qui n’est pas faux. J‘aime à penser que je suis à la fois très exigent avec l’auteur, mais que dans le même temps, quand je lis un de ses mangas, tous mes chakras sont ouvert et ma concentration est optimale pour profiter au maximum de la profondeur du style de l’auteur. Cette précision me semblait importante, car j’aborde vraiment le travail de Togashi comme du pur « manga d’auteur », où je cherche des récurrences dans le style, une continuité dans l’œuvre, ou autre « trace » de l’auteur.

Et donc, nous nous retrouvons aujourd’hui avec Yuyu Hakusho, première série majeure de Togashi et première publiée en France, mais pas son premier titre, car il avait déjà écrit quelques histoires courtes dans le Shonen Jump (compilées dans le volume Ookami Nante Kowakunai), ainsi qu’une comédie en 4 tomes Tende Showaru Cupid.

Mais c’est vraiment en 1990, avec Yuyu Hakusho (toujours publié dans le Shonen Jump), que Togashi devient au Japon un mangaka important. Cette série se développera durant 4 ans, se terminant en 19 tomes, et culmine aujourd’hui à 50 millions d’exemplaires vendus au Japon, où la série a été un petit phénomène, contribuant au fait que Togashi devienne intouchable malgré ses pauses fréquentes dans la publication de Hunter X Hunter.

Vous connaissez la musique, comme toute série à succès au Japon, surtout dans le genre shonen de bagarre, le titre a eu droit à toute la batterie d’adaptations, notamment en anime, de rééditions, etc…

yuyu-hakusho-frise

Chez nous, la série a déjà été publiée par Kana à partir de 1997, et l’éditeur a jugé à juste titre qu’elle méritait un petit coup de polish pour la présenter à un nouveau public (dont je fais partie). Ainsi, cette Star Edition propose une traduction revue, une impression de meilleure qualité, des jaquettes plus modernes et une tomaison en 12 volumes contre les 19 de l’édition originale, pour 8€75 par tome (sachant qu’on est à un peu plus de 300 pages par volume). Une édition sobre, mais très accessible financièrement, dans la logique de la collection chez l’éditeur.

yuyu-hakusho-comparatif

Tout ceci étant dit, voyons de quoi il en retourne avec cette série ancrée dans une autre époque, qui dégage déjà beaucoup de charme, et qui, de toute façon, est une série de Togashi, donc un achat indispensable !

Un premier chapitre qui sent bon le Togashi

Est-ce l’amour immodéré pour le style de Togashi qui parle ? Peut-être en partie, mais il est cependant évident que d’emblée, l’auteur impose son style aussi bien dans le dessin que dans l’écriture. Le pitch est tout bête : on découvre dès la première page le jeune Yusuke Urameshi, décédé après avoir sauvé un enfant qui allait se faire renverser. Petit retour en arrière, le temps de constater que c’est en réalité un jeune voyou, dont un peu tout le monde se méfie, à qui quelques personnes font la morale de façon régulière pour le ramener dans le droit chemin, sans succès. Avec sa mère, les choses ne semblent pas forcément aller mieux.

Et il se fait donc renverser, en sauvant un petit garçon qui allait se faire percuter par une voiture. C’est alors que Botan, la guide des voies célestes va à la rencontre de son esprit flottant dans les airs, afin de lui expliquer que sa mort n’était pas prévue. En effet, les Dieux n’avaient pas envisagé qu’il tenterait de sauver l’enfant, d’autant plus que ce dernier n’aurait finalement pas été tué. Yusuke est donc mort pour rien, petite facétie du destin qui sent déjà bon le Togashi. De ce fait, le jeune homme se voit offrir la possibilité de revenir à la vie, si et seulement si il s’astreint à quelques tâches.

Alors qu’il refuse au début, se disant que sa mort arrange tout le monde, il constate en voyant ses obsèques qu’il était aimé, que des gens comptaient sur lui, et que sa mort en rend plusieurs malheureux, en plus de révéler un très bon fond. Si cela est assez classique dans l’idée, il y a un quelque chose dans l’écriture et le dessin de propre à Togashi qui rend déjà l’exécution de la chose impactante et émouvante, un beau tour de force pour un premier chapitre.

Ainsi, entre la façon de désamorcer certaines situations, l’alternance des tons et le fait de se réapproprier des formes classiques pour les détourner, on sent déjà du Togashi tel qu’on le connait si on a lu Hunter X Hunter. Le tout soutenu par un dessin très soigné et des idées de mise en scène parfois assez impactante (je pense notamment à l’accident, très beau moment de découpage). En bref, on rentre d’emblée dans l’univers que l’auteur met en place avec ce premier chapitre, qui n’est finalement qu’un avant-goût de ce que l’auteur a à nous proposer.

Mon avis sur ces premiers tomes

Car après ce premier chapitre, Yusuke va donc, soutenu par Botan, aider des gens et des esprits en proie à certains tourments, afin de gagner le droit de revenir dans le monde des vivants. Une structure narrative en petites histoires autonomes sur chaque chapitre (ou parfois en plusieurs chapitres) se met en place, s’étendant sur le premier tome et quelques chapitres du second. C’est une structure que l’on retrouve au début de plusieurs séries du Jump, j’imagine le temps que l’auteur prenne ses marques et que l’on voit si le public accroche, avant de vraiment présenter une intrigue suivie (par exemple, Shaman King fonctionne exactement de la même façon au début).

J’ai vu d’ailleurs plusieurs retours considérant que le début était moins percutant du fait de cette structure (notamment ma camarade Tachan), mais d’un point de vue personnel, j’avoue avoir préféré pour le moment cette première partie où Yusuke est mort, et où sous la forme d’esprit il vient en aide aux autres. Car cela permet de proposer de belles petites histoires et des portraits de personnages qui se révèlent touchant en peu de pages, en plus de présenter simplement le cadre global du récit ainsi que les principaux personnages de l’histoire.

Yuyu Hakusho

Mais quoi qu’il en soit, ceci n’est que l’entrée en matière avant que l’on passe aux choses sérieuses ! Une fois revenu à la vie, il devient détective paranormal, avec quelques artefacts qui vont bien ainsi que de nouveaux pouvoirs. À partir de là, on entre dans le vif du sujet, et le manga va tranquillement amorcer sa transition vers un aspect plus action/aventure. Le temps de prendre ses marques avec son nouveau statut, Yusuke en profite pour faire un peu son mariole, tout en étant quand même assez droit dans ses bottes, imposant une figure héroïque assez classique de « good bad guy », petit voyou bagarreur au grand cœur.

De quoi rapidement transiter vers les enjeux de la fin du second tome, où Yusuke et son ami mais néanmoins rival Kuwabara participent à une sorte de tournoi afin de devenir le disciple d’une petite mamie versée dans les arts astraux. Ainsi, on arrive tranquillement à des enjeux de nekketsu plus classique, qui rappellent sur certains points Dragon Ball, notamment dans son charme un peu désuet de titre qui a déjà plus de 30 ans.

En résulte une entrée en matière efficace, partagée entre des aspects classiques et des éléments plus originaux. Si on est encore loin d’être face au top niveau de Togashi, il y a déjà de belles choses qui évoquent un peu ce que l’auteur va faire dans la suite de son travail. Mais, pour l’heure, il est clairement trop tôt pour réellement déceler le plein potentiel de la série.

C’est là qu’on rejoint ce que j’ai mis en avant en début d’article. Au-delà du charme évident de ces premiers tomes, il y a surtout l’anticipation de ce qu’un auteur de la trempe de Togashi peut nous réserver pour la suite de la série, d’autant plus qu’elle est précédée d’une aura extrêmement forte. Mais on aura l’occasion de voir cela au fil des volumes et de l’avancée de la série. Pour l’heure, il est évident que l’on est face à une lecture de qualité, mais surtout, face à un titre dont la lecture me semble tomber sous le sens, du fait son auteur exceptionnel. Comme je l’ai dit, Togashi a tous les passe droit avec moi. 

5 commentaires

  1. Très bel article où on sent tout ton amour de l’auteur et de son oeuvre.
    C’est vrai, qu’ayant envie d’un titre très nekketsu, j’ai moins accroché que toi au format un peu anecdotique et tranche de vie des débuts, mais tu as raison de dire que tout part de là et qu’ils ont leur charme. Cependant comme beaucoup c’est la montée en puissance ensuite que j’attends surtout de la part d’un auteur comme lui ><
    Ton article résume donc parfaitement mon sentiment sur l'œuvre 😉

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  2. Difficile de dire quelle traduction française est la meilleure, mais la Star Édition est nettement plus réussie que la première en termes de qualité d’image. D’abord, parce que le gris foncé donne un rendu plus net que le gris clair. Et ensuite, parce que l’espace occupé par la traduction des onomatopées a été mieux calculé dans la Star Édition.

    Aimé par 1 personne

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  4. J’ai adoré la série animé que j’avais découverte sur l’ancienne chaîne TF6. Quand tu avais évoqué ses obsèques, j’avais la scène où Kuwabara arrive en pleurant et avec en prime la fameuse OST (que j’aime énormément d’ailleurs) en fond.

    J’ai pas pensé à me prendre les tomes à sa sortie, mais lire cet article a fait remonter des souvenirs. Ca fait très longtemps que je n’ai pas regardé l’animé mais je redécouvrirais volontiers l’histoire à travers les tomes ♥ !

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