L’esprit shonen existe-t-il vraiment ?

Quand on est fan de manga, il y a des choses qui reviennent régulièrement au cœur des débats. Des idées qui ont fini par s’imposer et qui, lorsque l’on met les pieds dans le domaine, semblent aller de soi alors que non. Il y a notamment un aspect qui m’intéresse depuis quelques temps, qui est la fameuse question des « valeurs du shonen ». Je pense qu’on a tous déjà entendu cette expression, qu’on l’a même peut-être déjà utilisée (me concernant, je crois l’avoir déjà fait), alors qu’elle est très discutable. De ce fait, j’ai eu envie de proposer une petite réflexion sur le sujet, en espérant qu’elle puisse s’avérer fertile. Mais pour cela, il va falloir préciser quelques notions.

Le shonen, c’est quoi ?

Si on s’intéresse au manga, on apprend vite (parfois à nos dépends), que le shonen n’est pas un genre mais une cible éditoriale. En effet, une des spécificités du manga est que ses titres sont prépubliés la plupart du temps dans des magazines, qui visent une catégorie éditoriale spécifique. Il y a du kodomo pour les plus jeunes, du shonen visant les adolescents masculins, le shojo qui cible les adolescentes, les seinen visant un lectorat masculin plus adulte et le pendant féminin avec le josei (pour faire très schématiquement).

Ainsi, en dehors du public visé qui influe sur la façon d’aborder les histoires, tous les genres et styles de récits sont possibles dans n’importe quelle catégorie (jusqu’à un certain point, car on imagine mal un survival violent en kodomo). Ce qui veut dire que le shojo n’est pas uniquement de la romance adolescente et le shonen pas uniquement de la bagarre. Mais, il y a une image associée à ces différentes cibles éditoriales qui perdure, y compris chez les fans très connaisseurs du monde du manga.

C’est en partie pour cela que, quand on n’y connait rien, comme c’était mon cas il y a quelques années (notons que je ne suis pas non plus un grand érudit aujourd’hui, mais on va dire que je saisis déjà un peu mieux certaines nuances), on peut facilement croire que shonen = bagarre à la Dragon Ball et shojo = romance à la Fruits Basket. En associant ces catégories éditoriales aux titres qui fonctionnent le plus, on finit par avoir une vision déformée de la richesse de ces catégories. On peut se demander quelle est l’origine du mal, si ce sont les éditeurs ou les lecteurs.rices qui sont fautifs, mais ce qui est certain, c’est que cela crée des confusions, qui sont au cœur du présent article.

En faisant quelques recherches, j’ai pu voir par exemple que sur Manga-News (qui me semble être le plus gros site d’actu sur le manga en français), le shonen est défini comme ceci : « Le Shonen vise un public essentiellement adolescent et masculin, il est le genre le plus représenté et le fer de lance du succès du manga en France. C’est un genre codifié véhiculant très souvent le même type de valeurs tel que le dépassement de soi, l’amitié, la justice, la bravoure. » Il est qualifié de genre (alors qu’on a vu que ce n’était pas le cas), et il est mis en avant les « valeurs » du shonen.

La définition de Wikipédia est bien plus pertinente puisqu’elle souligne la problématique évoquée en disant ceci : « Le terme shōnen est souvent utilisé par abus de langage pour parler du nekketsu, l’un des procédés narratifs les plus populaires au monde, qui englobe des œuvres aussi célèbres que Dragon Ball ou Saint Seiya mais aussi la plupart des mangas de sport comme Olive et Tom ; les thèmes récurrents en sont « la quête initiatique des personnages principaux, englobant des valeurs comme l’amitié, le goût de l’effort, l’esprit de groupe et le dépassement de soi». ». Cependant, on voit qu’il y a une mise en avant de valeurs et thèmes récurrents du nekketsu (amitié, effort, dépassement de soi).

Light seinen

Mais cette nuance est intéressante, car il semble déjà que ce qu’on qualifie de « valeurs du shonen » soit plutôt propre à un type spécifique de shonen, le nekketsu. Comme il s’agit du genre le plus populaire (la majorité des séries les plus vendues en sont) et le plus mis en avant, ses codes semblent, par déformation, être associés au shonen dans son ensemble. C’est ainsi que l’on arrive à ce que des gros lecteurs parfois très suivis sur les réseaux affirment que Death Note n’est pas un shonen car il a n’a pas « des valeurs de shonen », quand bien même le manga a été publié dans le Weekly Shonen Jump, le magazine de prépublication de manga le plus populaire du Japon (et qui, comme son nom l’indique, ne publie que du shonen).

Mais du coup, c’est quoi les valeurs du shonen ?

On a déjà un peu répondu à cette question, mais les valeurs du shonen tel qu’on les entend habituellement (et implicitement), ce sont des valeurs « positives » telles que l’amitié, l’effort et le dépassement de soi. Je me suis permis les guillemets car je trouve la notion de dépassement de soi très critiquable, surtout dans la façon dont elle est parfois mise en scène (l’amitié par contre, ça me semble sain).

Balle au prisonnier

Ce sont en effet des éléments qui cimentent la plupart des shonen à succès… dans les genres bagarre/aventure/sport. On pourrait multiplier les exemples, mais se contenter de certains très parlant devraient suffire. Je pense évidemment aux mangas de Mashima pour la mise en avant constante de la question de l’amitié. Et pour ce qui est de l’effort et du dépassement de soi, j’ai vraiment l’impression que c’est un élément majeur de l’écrasante majorité des mangas sportifs ou de bagarre, tout simplement car dans les deux cas, l’entrainement pour devenir plus fort est une nécessité. Un exemple radical sur la question est le personnage de Rock Lee dans Naruto, qui se caractérise quasiment intégralement par sa combativité et sa motivation sans faille.

Et en mêlant ces différents aspects, on tombe sur un autre élément récurrent qui semble considéré comme une « valeur du shonen », qui est l’importance du collectif qui pousse les individus à donner leur meilleur. Cet aspect se trouve fort logiquement dans les mangas de sports collectifs (voire même individuels parfois), mais aussi dans les shonen de bagarre/aventure où les héros se motivent mutuellement (l’image ci-dessous est totalement la représentation visuelle de cela). Il me semble que cet aspect est autant dicté par un code narratif que par une volonté de ratisser large (ce n’est pas un reproche) en multipliant les personnages différents, proposant un maximum de supports d’identifications pour toucher davantage de public, leurs relations se retrouvant cimentées par la notion de groupe et d’amitié.

Erza

On le comprend donc facilement, ce qu’on assimile comme étant les valeurs du shonen sont volontiers positives, et, je serai tenté de dire, extrêmement consensuelles. L’idée est de proposer des modèles à suivre au public cible (préados et ados), qui peuvent avoir des aspérités, tout en respectant quand même globalement les codes classiques (un méchant peut être pardonné mais il doit faire quelque chose pour avoir droit à sa rédemption par exemple). Évidemment, on peut multiplier les exemples de titres qui arrivent à être plus nuancés, voire qui brisent consciemment certains codes, mais globalement, j’ai le sentiment qu’on retient le côté plus positif de ce qu’on qualifie de valeurs du shonen.

C’est ainsi qu’on finit par voir entrer dans le langage courant des expressions comme « esprit shonen » quand il s’agit de bosser à fond sur un truc (typiquement, les révisions de malade juste avant un examen qu’on avait mal préparé, esprit shonen ! On y croit ça va le faire !) ou de faire un effort plus intense qu’à l’accoutumée. Car on transpose l’excitation ressentie vis-à-vis des ces codes et instants dans un autre contexte. Mais la question que je me pose, c’est : est-ce que ces codes et valeurs sont vraiment l’apanage du shonen ?

Rocky shonen

D’une part, comme on l’a déjà signalé, le shonen n’est pas uniforme et n’est pas un genre. Et si ces codes sont typiques des shonen nekketsu les plus connus, cette cible éditoriale dans sa globalité ne semble pas concernée par ces tropes. Si Death Note a déjà été cité, on peut aussi sans souci souligner le fait que peu de shonen de romcom ont ces thématiques, ni même ceux plus tranche de vie ou en milieu scolaire (GTO, les valeurs positives de la perversité !).

Mais surtout, et c’est là où j’avais envie d’en venir depuis le début (malgré l’absence de foreshadowing), c’est que ce qu’on assimile à un « esprit shonen » me semble une somme de codes et d’éléments que l’on retrouve dans énormément de fictions à succès, qui ressemble plus à une sorte de formule plus ou moins consciente et plus ou moins universelle, qui n’est pas l’apanage d’un média ou d’un genre spécifique.

L’esprit shonen dans les autres médias

Pour illustrer cela, autant utiliser quelques exemples parlants. Tout d’abord, avec le JRPG, qui a une forte parenté avec le shonen d’aventure/bagarre je trouve. Personnellement, je n’ai pas vraiment grandi avec les mangas, par contre ça fait plus de 20 ans que je joue à des JRPG, et très clairement, certains poncifs qu’on reproche à des shonen d’aventure (notamment le fameux pouvoir de l’amitié) sont reprochés à beaucoup de JRPG depuis très très longtemps. Je me souviens notamment que la saga Kingdom Hearts (adaptée en shonen d’aventure par ailleurs) était énormément critiquée à cet égard.

KH amitié

Et même si je pense qu’on peut trouver plein d’éléments culturels et industriels qui viennent rapprocher le JRPG et le shonen d’aventure, il me semble quand même que cet élément va déjà dans le sens de thématiques et codes qui dépassent le cadre du seul manga. Mais en plus, ces éléments sont selon moi très mis en avant dans la littérature jeunesse, avec comme exemple particulièrement évident la saga Harry Potter, qui coche toutes les cases de « l’esprit shonen », que ce soit dans l’effort, l’amitié ou la famille. Et pour le coup, J.K. Rowling, en tant que boomer qui a commencé à écrire à la fin des années 90, a quand même plus de chances de ne pas avoir été inspirée par les mangas que l’inverse.

Si j’en viens à citer Harry Potter comme exemple, outre les similitudes narratives avec des tropes classiques du shonen d’aventure/bagarre, c’est aussi parce qu’on est face à un phénomène de la littérature jeunesse, qui représente parfaitement certains codes du roman initiatique. Des codes tels que… l’importance de l’apprentissage, l’effort, la bienveillance et l’amitié. Tiens donc, ça me rappelle quelque chose !

Harry Potter Shonen

Ainsi, j’ai surtout le sentiment que les codes et valeurs qu’on associe au shonen (encore une fois, à un type spécifique de shonen) sont surtout des éléments universels dans la fiction, en particulier destinée à la jeunesse et à grand succès. Le roman initiatique est représentatif de cela, tout comme le JRPG, et surement beaucoup de blockbusters cinématographiques. Et cela me semble finalement assez logique.

En conclusion

Car j’aime à penser qu’aucun médium ne fonctionne en vase clos, et qu’ils se développent finalement tous sur un socle culturel plus ou moins commun, qui remonte à loin (j’ai envie de dire que les grands mythes antiques devaient déjà avoir un peu tout prévu). Ainsi, le shonen nekketsu n’est pas apparu de nulle part, sans subir la moindre influence. Des œuvres, des genres et des supports divers et variés l’ont précédé, et s’il est vrai que des codes communs rapprochent les grands succès du genre, ils ne me semblent pas être l’unique apanage de mangas, mais sont finalement communs à de nombreuses œuvres visant un public similaire.

Ce qui, selon moi, fait sens. En effet, il me semble que les fameuses « valeurs positives » que l’on associe au shonen sont la transformation en élément narratif de procédés visant à ne pas s’aliéner les parents, face à des contenus qui pourraient être jugés problématiques. Ainsi, en créant des structures narratives codifiées et en véhiculant des valeurs consensuelles, on évite cet écueil. Car la production destinée à la jeunesse reste scrutée à la loupe afin de s’assurer de sa « valeur pédagogique » pour les enfants (excusez le terme, je n’ai pas trouvé mieux). Il y a d’ailleurs une loi de 1949 en vigueur en France concernant les publications destinées à la jeunesse, afin de s’assurer que les ouvrages qui portent ce sceau évitent soigneusement certains contenus.

De plus, j’ai le sentiment que la fiction destinée à la jeunesse a tendance à se caractériser de façon générale par une volonté de transmettre des idées aux enfants, et, évidemment que ces idées soient positives. Et j’ai le sentiment qu’il y a quand même souvent un socle commun à beaucoup de ces idées positives, qui ont été rabâchées à de nombreuses reprises au cours de cet article, et qui concernent effectivement le shonen nekketsu, mais pas que.

Cependant, si ce qu’on considère comme étant « les valeurs du shonen » ne me semble pas du tout propres au genre nekketsu (je me répète pour éviter la confusion), je pense qu’il y a en effet une façon d’aborder ces aspects assez spécifique au manga, qui viendraient certainement davantage d’éléments culturels et de codes esthétiques et narratifs propre au médium.

Tout cela pour dire que, de mon point de vue (mais je peux me tromper), le nekketsu n’a pas le monopole des valeurs positives et combatives, même s’il a sa façon propre de mettre en scène certains éléments. Mais également, et surtout, le shonen n’englobe certainement pas ces valeurs comme un tout uniforme, et peut au contraire proposer n’importe quel type d’idéologie et discours, avec cependant la limite d’une censure ou auto-censure liée au public qu’il cible. Mais rien n’empêche Death Note d’être un shonen, quand bien même il ne met pas en valeur de modèle positif (et reste cependant également très consensuel dans son rapport aux actions de Light et à ses thématiques, surement un élément bien plus caractéristique du shonen que l’effort et l’amitié).

21 commentaires

  1. L’esprit shonen existe mais c’est vrai que pour être précis il faudrait dire « l’esprit shonen nekketsu de la plupart des mangas du Weekly Shonen Jump » car si je ne dis pas de bêtises, les valeurs de l’esprit shonen comme on l’entend et que tu as cité viennent vraiment de la ligne éditoriale du Jump mise en place à un moment dans le magazine pour s’assurer de cartonner auprès du public cible.

    Certes, ils n’ont rien inventé, ces valeurs existaient déjà avant, mais ils ont trouvé la formule parfaite, sans doute en bossant et en testant beaucoup (comme toi, je suis loin d’avoir assez de connaissances sur le sujet), pour que leurs publications fonctionnent à presque tous les coups. Dans un sens, c’est très « esprit shonen », ils s’y sont mis à plusieurs, ont travaillé dur pour se dépasser et atteindre leur but ^^

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    • Je suis d’accord sur ce point, mais ce qui me titille toujours, c’est que ces codes sont quand même quelque chose que l’on retrouve dans beaucoup d’œuvre à succès qui visent le même public, et ce avant le manga je pense. Du coup j’y vois plus quelque chose d’un peu universel que propre au médium.

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  2. Je trouve ton article intéressant ! C’est bien de rappeler que shonen ne veut pas dire bagarre ou esprit shonen de la force de l’amitié car personnellement, c’est vrai que quand je vois un manga estampillé shonen j’ai tendance à soit le reposer, soit y réfléchir à deux fois parce que j’ai des a priori et que malgré moi j’y rattache des oeuvres comme DBZ et autre…
    Quant à ce que tu appelles esprit shonen c’est effectivement grosso modo les codes du genre quête initiatique et on les retrouves absolument partout : roman, cinéma, série etc. C’est calibré pour une cible éditoriale bien précise qui n’a en réalité rien avoir avec l’âge du lecteur, si bien qu’il faudrait réfléchir un peu à la terminaison…

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    • On est d’accord sur le fait que ces codes soient présent dans un peu tous les médias narratifs, d’où mon sourcil qui se lève quand on parle d’esprit shonen ou d’aspect shonen dans certains mangas qui n’en sont pas (par exemple quand on dit que le groupe qui se forme autour de Guts dans Berserk, ça fait très shonen… Ça me perturbe un peu car pour moi ça fait surtout très trope de fantasy, l’oeuvre la plus connue du genre crée d’ailleurs un groupe autour de Frodon quand même).

      Ce genre de réflexion me donne une fois de plus le sentiment de médias très cloisonnés, du moins du point de vue du public. Je pense que c’est quelque chose de voulu par les médias concernés (encore une fois, le monde du jeu vidéo essaie de faire en sorte que le jeu soit ton seul loisir, pareil pour le manga, etc…), et du coup j’ai souvent l’impression qu’une partie du public voit des éléments qu’on trouve partout comme représentatifs d’un genre ou d’un médium précis, alors que tout se développe sur un socle commun.

      Je vois aussi, dans un ordre d’idée similaire, de plus en plus souvent des gens qui semblent voir la lumière en notant que des mangakas sont influencés par le cinéma, comme si c’était quelque chose d’incroyable d’être influencé par le média narratif très largement dominant. J’ai même l’impression que beaucoup de codes narratifs du manga mainstream sont directement hérités du cinéma… Mais ce sera surement l’objet d’un autre article !

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      • Pourtant ça me saute aux yeux mais c’est peut être justement parce que je suis très éclectique de base et que j’ai l’habitude de tisser des liens entre les choses, déformation professionnelle 🤷
        Curieuse de lire cet autre article du coup 😉

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      • Je pense que c’est ça justement. Comme tu as de nombreuses pratiques de loisir ça te semble logique, tout comme moi, qui ne découvre le manga que depuis quelques années. Mais je pense qu’une partie non négligeable du lectorat a une consommation quasi-exclusive et identifie donc ces codes comme des éléments propres au manga. Alors que non, évidemment.

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  3. Article très intéressant et très shonen dans l’âme 👀
    Shonen, Seinen, shojo, etc… ça veut plus dire grand choses de nos jours. Rien qu’à voir le fait que certains titres sont classé Shonen au japon, mais Seinen ou shojo en France ou dans d’autres pays, montre bien que même toutes les maisons d’édition ne vois pas le genre de la même façon.

    Il m’arrive parfois de parler « d’esprit Shonen » quand j’essaye de pousser quelqu’un à ne pas abandonner et à continuer à avancer, mais je pense que le plus correct est de dire « Esprit nekketsu ».

    Ton raisonnement est, en tout cas, très pertinent, mais comme as bien souligné le fait que cet esprit se retrouver déjà bien avant les mangas dans différentes œuvres, je pense que c’est vraiment le Shonen nekketsu qui là le plus mis en avant en fessant sa marque de fabrique.

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    • Je pense aussi que le shonen nekketsu a vraiment intégré ça totalement à son ADN, et qu’il a surement des spécificités dans la façon de traiter ces codes et éléments. Après, je reste convaincu que dans les récits initiatiques en général, on retrouve vraiment ça.

      Comme je l’ai dit, tout ce qu’on considère comme l’esprit shonen est clairement présent dans les JRPG qui ont un grand succès par exemple. Ca vient d’un terreau culturel japonais commun je pense, mais cela dépasse à mon avis le seul cadre national pour être vraiment universel. C’est pour ça que je dis souvent que Harry Potter est le véritable Shonen Nekketsu ultime.

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  4. Ah, j’adore quand tu écris sur ce genre de sujets ! Tu mets en effet le doigt sur quelque chose de très juste et qui m’énerve assez. Je pense que le principal problème vient d’utiliser les termes comme « Shonen » ou « Shojo » comme des genres alors que ce n’est pas du tout le cas.

    Quand j’étais plus jeune, j’avais tellement assimilé ces clichés que j’avais lu des manga harem (type To Love-Ru ou Rosario+Vampire) en pensant que c’était des Shojo car il y avait de la romance ! Forcément je n’ai pas aimé et que je m’étais dit que les Shojo, ce n’était pas pour moi car les valeurs d’amitié, effort et compagnie n’étaient que dans les Shonen… Alors qu’à côté j’étais dérangée par le traitement des personnages féminins et masculins dans certains Shonen. Je pensais que je ne trouverai jamais de manga entièrement à mon goût !

    Heureusement depuis quelques années, je me suis rendue compte que c’était un problème de visibilité et un manque de connaissances de ma part. J’ai trouvé des œuvres qui me correspondent, par exemple Ace Wo Nerae (jeu set et match), un Shojo de sport avec ce genre de notions d’effort etc. Le problème c’est qu’on catégorise les manga (et les films / jeux vidéo aussi) avec des très gros raccourcis qui fait que ça rentre dans l’imaginaire collectif. Je vais prendre en exemple le JDG qui dans son hors série des dessins animés pour garçons parle de Laura ou la passion du théâtre (Glass no Kamen) en disant que ça prend des codes de Shonen. Personnellement je ne vois pas en quoi les notions d’effort et de dépassement de soi soient spécifiquement réservés aux garçons adolescents.

    Pour en revenir sur l’expression « Esprit Shonen », je la voyais beaucoup à l’époque où je faisais des tournois sur un certain jeu de baston. Ca m’énervait beaucoup, les mecs brandissaient des tweets « ESPRIT SHONEN » et compagnie alors qu’à côté ils sont ultra toxiques avec les nouveaux ou les minorités. Les manga Shonen de type Nekketsu n’encouragent pas du tout ce genre de comportements que je sache !

    Les clichés ont la vie dure, il faut apprendre à nuancer !

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    • Je suis ravi que cet article t’ai plu, et merci beaucoup pour ton petit mot !

      Je me sens un peu comme toi, cela ne fait que quelques années que je lis du manga, et à cause des raccourcis habituels, comme je l’ai dit, je pensais que shonen=bagarre et shojo=romance, et comme toi, je pense que j’ai du faire pas mal de contresens.
      Je pense aussi aux mangas qui changent de catégorie en arrivant en France, notamment L’Attaque des Titans qui passe en seinen chez nous, et on constate que le lectorat tient vraiment à savoir dans quelle case pouvoir mettre la série, nekketsu or not ?

      Quant à la question de la toxicité de certaines personnes se réclamant des « valeurs du shonen », je n’en suis malheureusement pas du tout étonné…

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  5. Je suis totalement d’accord avec ton propos que je trouve bien illustré et argumenté. C’est cool de lire sur ce sujet car je pense que beaucoup on besoin de lire et de réfléchir dessus tant on a parfois l’impression que manga = nekketsu = esprit shonen.
    J’ai personnellement tendance à beaucoup de mal avec tout ces influenceurs (youtube surtout) qui continuent de voir le manga uniquement par ce prisme et en le déformant comme si c’était une mode de vivre avec l’esprit shonen..
    Enfin bon j’espère que les articles comme celui que tu as écris vont peu à peu faire bouger les choses^^

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  6. Je trouve, pour ma part, que le travers d’avoir une cible éditoriale trop vaste et trop informe à force de vouloir toucher tout le monde à transformer cette cible en genre.. D’où la confusion de la majorité…
    Certes l’idée de départ n’était pas d’en faire un genre mais à force d’uniformiser par des exigences de rentabilité commerciale, surtout à l’export, ça l’est devenu tout de même…

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    • Oui, sur ce point je suis d’accord. Quand ce sont toujours des titres très similaires qui trustent le top des ventes, ils finissent par représenter un ensemble à leur manière.
      Et je pense aussi que le raccourci vient de là. Beaucoup de fans de mangas donnent leurs top sur Twitter, et pour le coup on a quand même une majorité de tops où il y a quasi exclusivement du shonen de bagarre (il y avait même eu une affaire car quelqu’un a proposé son top 20 et One Piece et Dragon Ball étaient pas dans les 10 premiers, donc beaucoup se sont énervés en considérant que la personne mentait forcément…).
      Vaste sujet qui en amène beaucoup d’autres !

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  7. Ah enfin je lis l’article !
    L’esprit shonen… en fait, le trip du dépassement de soi et tout ce que tu as cité sont des thèmes qui j’aime beaucoup et susceptibles de m’inspirer. Mais ce qui me fait énormément tiquer, c’est que ces valeurs sont ciblées à un lectorat jeune et masculin…

    Et puis oui, MERCI ! Shonen ne veut pas dire baston et shojo encore moins romance (j’ai eu une doute, mais X est un shojo selon Wikipédia. Idem pour La Rose de Versailles qui possède de la romance mais qui est anecdotique par rapport à l’intrigue principale). En fait, le shonen est un genre plutôt vaste.

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    • Oui, c’est ce que j’ai essayé de rappeler au début, comme le shonen ou le shojo sont des cibles éditoriales avant tout, il peut y avoir de tout dedans.

      D’ailleurs le trip de dépassement de soi cible un lectorat masculin parce que c’est devenu un élément constitutif des shonen à succès, et je suppose qu’on le retrouve moins dans des oeuvres ciblant un lectorat féminin.
      Ce qui est un peu dommage en soi, car rien n’interdit à un shonen de bagarre d’avoir des filles en persos principaux (j’en connais un en particulier qui s’en sort très bien en accordant des rôles aussi importants aux femmes qu’aux hommes d’ailleurs !).

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      • Tu as eu raison de le souligner justement !
        C’est justement ça qui me gêne en fait, nous aussi les femmes ont peut se dépasser autant que les hommes NAMEO !!!! Même si au fond, je m’en fous du genre du personnage qui est dans le délire dépassement de soi. C’est justement ce genre de personnages qui me fait kiffer et qui est susceptible de m’inspirer.
        Ah c’est lequel ? Je suis curieuse ! Donne-moi un peu de culture là PLEASE !!!

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      • Ben c’est Fairy Tail voyons ! Et les séries de Mashima en général, où il y a toujours un duo principal homme/femme et un nombre similaire de personnages principaux de chaque sexe.
        Mais faut du coup accepter les gros nichons, forcément 😅

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