Les reco’ manga du papa : Coco – L’île magique de Keisuke Kotobuki

Coco

En 2021, Ki-oon lance pas mal de créations originales, toutes très différentes les unes des autres, et globalement assez enthousiasmantes. Dernier en date, Coco – L’île magique, de Keisuke Kotobuki, l’auteur de Roji, un des petits classiques de la collection Kids de l’éditeur. Pour cette nouvelle série dans cette même collection, on reste dans le même esprit avec une série très orientée jeunesse, qui ne manque pas d’atouts pour séduire ce public si spécifique.

Merci à Ki-oon pour l’envoi de ce premier volume.

Un bel objet adapté à son public

Si les jeunes français ont de plus en plus l’habitude du manga, il reste un type de bande dessinée particulier, dont les parents se méfient parfois pour certaines raisons liées à l’objet en lui-même. En effet, le sens de lecture japonais crée une crainte de la confusion, et le noir et blanc peut laisser circonspect un parent qui n’est pas habitué à ce support. Je ne suis pas certain que le questionnement se pose de la même façon chez les enfants, mais il est quand même bon de proposer des objets à même de séduire des parents réticents pour atteindre leur cible.

Ici, comme pour Roji, Panpan Panda, ou encore d’autres séries dans les collections jeunesse d’autres éditeurs (je pense à Chi chez Glénat), nous avons droit à un ouvrage très travaillé, en sens de lecture occidental, tout en couleurs, avec un papier épais et bien blanc pour mettre en valeur les couleurs. Le format poche propre au manga est toujours de rigueur, mais ces éléments donnent une familiarité à l’objet. Ainsi, le prix un peu plus élevé de 9€65 se justifie pleinement par la qualité de l’ouvrage.

Mon avis sur le titre

Sur l’île de la jeune Coco, tous les habitants possèdent des pouvoirs magiques. Ils s’en servent comme source d’énergie pour faire fonctionner les machines, gonfler les voiles des bateaux, éclairer les rues… Les enfants apprennent à maîtriser cette force à l’école, mais Coco a un problème : dès qu’elle essaie d’utiliser ses capacités, elle provoque des catastrophes !
Pourtant, sous ses airs détachés, elle cache le rêve de devenir une magicienne digne de ce nom… Le professeur, un inventeur de génie, sent son potentiel et la fait participer à ses expériences… qui finissent toujours en explosions ! Cependant, l’énergie dégagée par l’enfant ne passe pas inaperçue : un étrange personnage encapuchonné est à sa recherche… Quel est donc son but ?

Coco

Il est en général compliqué d’évaluer une série sur la base d’un premier tome, à moins que celui-ci ne soit particulièrement brillant, ou au contraire, particulièrement mauvais. Or, ici, on n’est dans aucun des deux cas. Coco nous offre une mise en place somme toutes relativement classique, prenant le temps de développer son personnage principal et son univers singulier, où la magie semble fonctionner comme source d’énergie. L’introduction est douce et le monde présenté n’est pas sans évoquer des tropes classiques du genre, avec les fameux cours pour apprendre à maitriser sa magie.

L’arrivée d’un personnage important à l’apparence de chat permet de vraiment lancer les enjeux de l’histoire, où l’on comprend que Coco est possiblement une enfant singulière, que certains souhaitent utiliser, on ne sait pas encore pourquoi. Encore une fois, un début d’histoire très classique, mais qui me semble à même de parler à un lectorat jeune avide d’histoires de sorcellerie. Il sera d’autant plus facile de se projeter pour un enfant dans le personnage de Coco, gaffeuse et qui ne manque pas de répartie, plutôt réussie.

Coco 2

De même, l’univers est dépeint de façon simple et accessible, tout comme la mise en page générale, qui ne cherche pas à faire dans les grands effets de découpage. On sent encore une fois le souci d’accessibilité pour les enfants dans une mise en scène claire. L’écriture ne se perd pas non plus en longs dialogues et reste simple, au point où le tome se lit très vite pour un lectorat adulte (environ 20 minutes pour un peu plus de 150 pages), mais l’œil peut s’attarder sur des illustrations qui donnent beaucoup de charme à l’univers.

Ainsi, le titre est une lecture vraiment intéressante pour un public jeune car l’univers et l’histoire, bien que classiques, ne manquent pas de charme. Mais surtout, l’esthétique globale a été clairement pensée pour être accessible et adaptée aux enfants. Au contraire par exemple des anime comics qui présentent le même intérêt de la couleur et (bien souvent), du sens de lecture français, Coco – L’île Magique a été pensé d’emblée pour le format papier et est donc bien plus propre et intéressant dans sa facture visuelle.

Et même pour un lectorat adulte, on passe franchement un bon moment en lisant ce premier tome, si bien qu’on n’aura pas à se forcer pour en partager la lecture avec son/ses enfant(s). Un excellent point également, qui me tient personnellement très à cœur. Quoi qu’il en soit, on est face au premier tome d’une série jeunesse qui fait les choses bien, traitant avec respect son public, et à même d’introduire en douceur au monde du manga.

9 commentaires

  1. Même si je ne suis pas le coeur de cible (et que je préfère les manga en noir et blanc ><) j'ai bien envie de tester ce titre tout gentil et positif , et au pire je le refilerai à mes élèves vu que ça a l'air parfait pour eux !

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  2. Un petit titre qui semble tout mignon. Je trouve ça vraiment top le travail fait pour attirer plus facilement les parents sur ces titres jeunesse en les rapprochant de ce qu’ils connaissent. Même si j’ai tendance à penser que la génération de parents que nous sommes n’aura pas besoin de ça pour proposer des mangas à nos progénitures ! Billet très sympa !

    Aimé par 1 personne

    • C’est aussi ce que je me dis, les enfants ne doivent pas se poser de question concernant le format, et les parents de maintenant qui connaissent bien le manga n’ont pas non plus besoin de format plus familier. Encore que j’ai déjà eu au travail des « vous avez des mangas ? C’est les BD chinoises qui se lisent à l’envers », c’est un cliché qui perdure.

      Au-dela de ça, on a aussi un découpage super clair qui aide à la lisibilité, car parfois en tant qu’adulte je suis perdu, donc je me dis que c’est pas toujours facile pour un enfant.

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      • Ça je trouve ça bien par contre le côté découpage plus clair pour que ce soit plus accessible aux jeunes lecteurs. C’était un point par exemple que je trouvais vraiment top dans zozo zombie bien que le titre conserve tout ce qui fait le format manga on voit que le titre est clairement adapté pour les plus jeunes. En tout cas je me note celui ci 😉

        Aimé par 1 personne

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