Mon avis sur… Teenage Renaissance T.1 de Yushin Kuroki

Teenage Renaissance

Toute personne ayant mis les pieds dans un musée aura fait le constat de la surabondance de pénis que l’on peut y trouver, peints, sculptés ou que sais-je encore. À moins que ça ne saute qu’à mes yeux experts, moi qui depuis mon plus jeune âge est très porté sur le génitoire, au point de devenir moi-même un artiste de l’éphémère masculin, dessinant des robinets sur toutes sortes de supports, feuilles (le plus classique), vitrés embuées, sols… Toute forme sur laquelle il est possible de dessiner des organes devient ma toile, sur laquelle je prend plaisir à dessiner ma grande œuvre trois pièces mais deux dimensions, affinant de façon constante mon esthétique pénienne. Tout ça pour dire que l’arrivée de Teenage Renaissance chez Akata, dans la collection WTF, ne pouvait que résonner en moi, et réveiller mon âme d’esthète du dessous de la ceinture. Voyons donc ensemble ce que cette série courte a dans le pantalon !

Mais Teenage Renaissance c’est quoi ? C’est tout simplement une série fort singulière que Akata a déniché. Un titre en 4 tomes issu du célèbre Weekly Shonen Jump, que j’ai tendance à fustiger pour ses titres trop calibrés, qui ici a réussi à nous proposer au contraire quelque chose de bien original et rafraichissant, mais également d’un certain calibre. On la doit à Yushin Kuroki, son seul titre publié à ce jour, datant de 2018.

Le concept est tout bête : l’auteur nous propose une comédie adolescente graveleuse comme on aime, avec humour en dessous de la ceinture à toutes les pages. Mais toute l’originalité réside dans le cadre de l’œuvre. En effet, on suit le jeune David (qui n’est autre que la célèbre statue de Michel Ange) au lycéen du Louvre (parce que pourquoi pas !), amoureux de sa camarade Venus. Trop mal à l’aise pour réussir à se déclarer, il sera coaché par le Manneken Pis dans sa quête de l’amour (et de la fesse).

Un concept barré qui est l’occasion à un enchainement ininterrompu de gags, mais aussi de références culturelles et artistiques bien senties. De nombreuses séquences sont l’occasion de reproduire des œuvres bien connues, qui sont d’ailleurs rapidement resituées dans les inter-chapitres. Ainsi, on mêle la culture au cucul, pour mon plus grand bonheur. Sachant que les deux éléments sont traités avec un grand sérieux, malgré l’humour potache omniprésent.

Dard de Manneken PisCar il faut en être averti. L’humour du titre est totalement en dessous de la ceinture, très porté sur la zigounette et toujours particulièrement graveleux. David se retrouve à poil pour un oui ou pour un non (avec le logo du Shonen Jump qui dissimule sa « renaissance ») et les situations mises en scène sont en général liées à la bistouquette et aux hormones qui travaillent le jeune homme. Personnellement, ça m’a fait hurler de rire à quasiment toutes les pages, et a grandement contribué à mon appréciation du titre. Le mieux étant de lire l’extrait disponible en ligne qui, en 25 pages, vous donne un excellent aperçu du ton général de la série.

Mais en plus, il faut reconnaitre une exploitation particulièrement astucieuse et maline de son concept, avec des personnages liés à David, que ce soit la statue ou le personnage mythologique, et une exploitation vraiment habile des références artistiques. D’autant plus qu’il n’y aura pas que l’art muséal qui sera mis en avant (mais je vous laisse la surprise).

Et au milieu de tout ça, de nombreux éléments classiques de la comédie romantique sont présent, nous permettant de rester quand même en terrain connu. De la session de sport où le héros cherche à briller à la rivalité avec un camarade brutal, en passant par la sortie à la plage, on retrouve des tropes classiques du genre, détournés avec habileté par l’auteur.

En résulte donc, vous l’aurez compris, une petite pépite d’humour et d’intelligence. Un premier tome que j’attendais beaucoup alors même que j’ai découvert l’existence du titre uniquement lors de son annonce par Akata. Et je suis d’autant plus ravi de voir que cette série si fun et originale a pu voir le jour dans les pages du Weekly Shonen Jump. Il faudra voir sur la globalité (4 tomes, je le rappelle) de quoi il en retourne, mais ce premier volume particulièrement enthousiasmant invite à la confiance. En l’état, c’est d’ores et déjà une de mes meilleures lectures de l’année.


PS : Le volume propose également à la fin une histoire courte de l’auteur, toujours très portée sur la chose. Je reconnais le panache du concept, que je ne vous dévoilerai pas, mais force est de constater que c’est nettement moins abouti aussi bien dans l’écriture que le dessin.

PPS : Le saviez-tu ? Au Musée de la ville de Bruxelles, il y a toute une partie dédiée aux nombreuses tenues du Manneken Pis, véritable attraction locale. J’ai particulièrement apprécié ses tenues de Nelson Mandela, Obélix et Michael Jackson.
Par contre la seule fois où je suis allé me recueillir devant ce petit enfant pisseux, des touristes étaient amassés pour photographier son petit outil. Le pauvre !

David

25 commentaires

  1. La couverture aurait plutôt tendance à me faire fuir mais l’extrait, les premiers avis (dont le tien, bien sur) et le Manneken Pis (surtout le Manneken Pis ?) me donnent envie de lui laisser une chance. En plus, le manga ne fait que 4 tomes, c’est parfait pour moi car si j’aime l’humour potasse, j’ai dû mal lorsqu’il est trop présent dans des séries longues. Bref, je suis convaincu.

    Et bravo pour cette belle intro pleine de passion pour l’art génitoire ^^

    Aimé par 1 personne

  2. Mais pourquoi est-ce que Manneken Pis porte la casquette de jotaro kujo ?
    Sinon concernant le titre je suis surpris car je pensais que le premier tome était déjà sortie car j’ai me vague souvenir que l’annonce date un peu. J’était pas trop tenté par la couverture au début, mais au vue de ton retour et du fait qu’il s’agisse d’une série courte, je vais surement le prendre une fois que tout les tomes seront sortie

    Aimé par 1 personne

    • Je te le recommande ! D’ici là, je pense faire des retours sur les autres tomes, au moins sur les réseaux sociaux.
      Je t’avoue ne pas connaitre assez bien Jojo pour avoir capté la référence, mais je ne suis pas trop étonné, ça doit être un petit clin d’oeil, surtout que Jojo est une série aux fortes influences picturales aussi !

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  3. Extrait lu grâce à toi et c’est vrai, c’est hyper drôle, j’adore le mélange improbable, l’humour et les références. En plus, c’est court donc ça promet de ne pas trop se déliter. J’hésitais avant de te lire, plus maintenant 👍

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  4. Oh ça me donne envie de le lire !!! Je suis d’accord, c’est original et assez osé (bon pas aussi osé que Les Vacances de Jesus et Bouddha mais quand même) de mettre en scènes des personnages issus des peintures ou des sculptures.
    Un peu de légèreté ne fait pas de mal !

    Par contre la seule fois où je suis allé me recueillir devant ce petit enfant pisseux, des touristes étaient amassés pour photographier son petit outil. Le pauvre !
    ____

    C’est tellement ça. La première fois que je suis allée à Bruxelles, je n’avais pas vu le Manneken Pis mais quand j’ai vu la grosse foule qui se tenait, j’ai compris qu’il était placé là. J’ai attendu qu’ils se dispersent pour prendre à mon tour une photo rapide.

    Aimé par 1 personne

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