Mon avis sur… Butterfly Beast de Yuka Nagate

Butterfly Beast

Parfois, un titre vous parle rien que par sa couverture qui charrie un certain imaginaire. Une femme séduisante armée d’un sabre, qui laisse à imaginer un récit violent et sombre dans un cadre historique dépaysant. Et une fois dans l’histoire, vous déchantez face à certaines grosses ficèles dans l’écriture et un récit beaucoup trop rapide pour convaincre. Oui, Butterfly Beast est une déception. Un titre qui, selon moi, rate la plupart de ses effets et qui, s’il n’est pas désagréable à lire en soi, s’oublie aussitôt qu’il a été lu.

Je remercie malgré tout Mangetsu pour l’envoi des deux volumes.


Resituons un peu la série, car j’ai cru comprendre qu’il y avait un peu confusion chez certaines personnes. Butterfly Beast est considérée au Japon et en France comme une série terminée en deux tomes. Cependant, sa fin est très ouverte, si bien qu’elle s’apparente plus à un arc introductif à une histoire plus dense, que la mangaka Yuka Nagate a justement développé dans Butterfly Beast II, terminée au Japon en 5 tomes, et également prévue chez Mangetsu. Me concernant, j’aurais donc tendance à considérer Butterfly Beast comme un tout en 7 volumes. Ceci étant dit, de quoi ça parle ?

1635, début de l’ère d’Edo. Le Japon savoure une paix fragile, après une longue période de guerres féodales, mais dans l’ombre des guerrier laissés pour compte sévissent encore. Dans le quartier des plaisirs de la capitale, Ochô est une kunoichi, courtisane de haut rang le jour, assassin la nuit. Sa mission : traquer sans relâche ses anciens frères d’armes dévoyés.

Le synopsis situe bien la série, et met d’emblée en avant deux éléments qui m’ont posé problème. D’une part, si ce résumé insiste sur le cadre historique de l’époque, force est de constater qu’il est à peine effleuré dans les faits. Et ce point est d’autant plus problématique que l’on sent que la question des shinobi laissés pour compte dans ce cadre est sensée avoir son importance, et offrir une densité au récit et aux personnages. Mais dans les faits, c’est trop effleuré pour vraiment avoir de l’impact. De plus, il semblerait que cela ait d’autant plus d’importance dans la suite puisque la fin, très ouverte, laisse à penser qu’il va y avoir un vent de révolte. Or, en l’absence de contextualisation suffisante, il est bien difficile de se sentir investi dans cette « grande histoire », dans laquelle évolue la petite histoire d’Ochô.

Ochô qui est un autre souci du titre. Dès les couvertures, très belles au demeurant, on voit venir la figure féminine puissante et en mesure de mener n’importe quelle mission d’assassinat froidement. En terme de dessin d’ailleurs, elle est plutôt bien traitée, comme tout le reste du titre. Mais c’est plutôt sur l’écriture que le bas blesse. J’aurai tendance à dire que sur ce point, c’est trop « grossier ». Comprenez par là que la mangaka appuie trop ses effets et ce qu’elle souhaite mettre en avant.

Dans un premier temps, elle en fait trop pour nous montrer que son héroïne est vraiment badass. Ensuite, elle tient à mettre en avant qu’elle a malgré tout des failles. Si cet élément cliché ne me dérange pas en soi, et pourrait contribuer à densifier le personnage, c’est encore une fois amené de façon un peu trop grossière pour convaincre. Et j’ai trouvé que tout ce qui concerne l’écriture des personnages est de cet ordre. Car si à aucun moment je n’ai été convaincu par la façon dont elle est écrite, les personnages secondaires ont un traitement tout aussi problématique me concernant.

Ainsi, on termine les deux volumes avec le sentiment d’une intrigue survolée, de personnages esquissés trop grossièrement pour qu’on puisse se projeter dedans, sitôt lu, sitôt oublié. Reste pour la série un rythme soutenu, qui fait qu’on ne s’ennuie pas durant la lecture, très fluide. Mais l’un dans l’autre, elle me semble trop anecdotique pour que je puisse la recommander, tout comme je n’ai pas vraiment envie de découvrir la suite. En l’état, je recommanderai bien plus de jeter un œil sur Chiruran chez l’éditeur si vous souhaitez votre dose de sang et de sabres.

14 commentaires

  1. Merci pour ton article.
    Je comprend mieux maintenant pourquoi on me parler d’une série en 7 tomes alors que sur certains sites il est écrit « terminer en 2 tomes »
    J’hésiter à le prendre, mais t’es pas la seul personne à me dire que c’est pas terrible et que ça se termine sur une fin ouverte, malgré le fait que j’aime bien les titres court, je pense passer mon chemin

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    • De rien, si ça permet d’aiguiller les gens.
      Personnellement, dans un délire relativement similaire (sabre et gerbes de sang et ouvrage historique), je préfère de loin Chiruran chez l’éditeur qui, lui, m’a convaincu. Mais pour le coup c’est une série longue !

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  2. C’est un peu ce que je craignais. J’avais feuilleté vite fait et ça m’avait semblé facile et un peu racoleur mais sans l’avoir lu je ne savais pas. Je suis heureuse de ne pas avoir craqué.
    Je vais me répéter mais sur ce créneau, je recommande plutôt l’Habitant de l’infini, un chef d’oeuvre pour moi !

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    • Ca va très bien, j’espère qu’il en est de même pour toi !

      De mon côté, je pense en effet que dans le genre, on peut facilement trouver mieux. À feuilleter le premier chapitre éventuellement, car je trouve que dès le début on ressent ces problèmes.
      Excellente journée à toi aussi !

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  3. Bonjour,

    Tout d’abord merci pour ton article !
    Je suis tout à fait d’accord avec toi.

    Me concernant, j’ai cracké, j’ai pris les deux tomes dès le jour de la sortie et je le regrette un peu…

    J’aurais dû attendre ton article, j’aurais pu économiser de l’argent pour acheter des tomes d’edens zéro pour voir E.M.P Pino !

    Ce qui m’a dérangé fortement, c’est qu’on me lâche dans un côté historique sans me l’expliquer. J’ai dû aller sur Wikipedia pour essayer de comprendre toutes les références et le côté historique.

    Concernant le deuxième point, j’ai l’impression que le côté révolte des shinobis n’est pas expliqué (j’ai peut être loupé cette info).

    Par contre, les deux tomes se lient assez rapidement et facilement. On a très peu d’informations sur les personnages secondaires mais en deux tomes ça doit être dure d’expliquer tout ça.

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    • On est tout à fait d’accord. Ca manque vraiment de contextualisation et de développement pour les personnages secondaires ((même principaux je dirais). Desole pour toi du coup que l’investissement n’ait pas été à la hauteur. De toute façon, c’est toujours Edens Zero qu’il faut privilégier voyons 🤣

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  4. Déjà rien que le résumé je passais mon tour, ça sentait le cliché et les grosses ficelles à plein nez.. Courtisane le jour et tueuse la nuit 🤦‍♀️ jeez. Toutefois j’aurais pu me faire avoir par la belle couverture alors merci pour ton article !

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