Nadia, le secret de l’Eau Bleue – de Virginie Nebbia

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Nouvelle rubrique !

Cela faisait quelques temps que j’avais envie de proposer un nouveau type d’article sur le blog, en lien avec un de mes petits péchés mignons dans la vie : l’accumulation de connaissances en vue de devenir un génie absolu.

Bien sur, cet objectif est tout à fait inaccessible, cependant on peut faire de notre mieux pour découvrir et apprendre des choses, et améliorer notre connaissance de nos objets de passion. C’est un petit reste de ma vie étudiante, où j’avais grand plaisir à lire des ouvrages universitaires sur le cinéma pour étoffer un peu les connaissances qu’on avait déjà par le biais des cours. Car je pense que c’est difficilement envisageable de se passionner pour un domaine sans vouloir étoffer notre compréhension de celui-ci.

Or, je ne m’étais jamais penché sur ce qui s’écrivait sur le monde du manga et de l’animation japonaise, pourtant les choses dont je parle tout le temps ici. J’ai donc décidé de changer cela, en m’intéressant aux différents aspects de cette culture, que ce soit son histoire, l’esthétique, les techniques, l’exégèse des œuvres, et tout ce qui peut avoir un intérêt à mes yeux (et accessible en français, car lire dans une langue étrangère est quand même lourd).

Et comme j’ai une tendance à la monomaniaquerie, l’actualité autour de Hideaki Anno fait que j’ai envie d’étoffer ma connaissance de l’auteur, et de ce fait, je me suis fort logiquement penché vers l’ouvrage Nadia, le secret de l’Eau Bleue, dans la collection Médiathèque de Third Editions, écrit par Virginie Nebbia, aussi connue sous le pseudo Morolian sur Twitter.

L’ouvrage est disponible au format papier via le programme Premium de l’éditeur. Si j’ai bien compris, on peut l’avoir gratuitement pour 5 volumes achetés. Sinon, vous pouvez comme moi vous le procurer pour 6€99 au format numérique, pour l’équivalent d’une centaine de pages, comme les autres ouvrages de l’autrice, centrés sur des jeux vidéo. Précisons également que l’intégrale de la série est trouvable en DVD chez Dybex pour un tarif plus que décent (de l’ordre de la quinzaine d’euros), et également dans une édition Blu Ray luxueuse plus coûteuse et visiblement pas ouf en terme de qualité d’image.

Tout ceci étant précisé, de quoi est-il question dans ce volume ?

Comme son nom l’indique, il est question de Nadia, le secret de l’Eau Bleue, anime majeur qui fête d’ailleurs ses 20 ans (ou en tout cas les 20 ans de sa fin), qui a contribué à mettre en avant le nom de Hideaki Anno, quelques années avant Evangelion.

Personnellement, j’ai vu seulement quelques épisodes, après avoir pris une claque avec Evangelion… il y a déjà plus de 10 ans. De ce fait, je me suis longtemps dit qu’il serait temps de voir la suite de cette série, déjà parce que les premiers épisodes m’avaient bien plu, mais aussi dans l’optique d’explorer l’oeuvre d’Anno plus en profondeur.

Et finalement, comme j’aime bien faire les choses dans le désordre, j’ai décidé de lire cet ouvrage avant de reprendre l’anime. Ce qui n’est pas un problème MAIS il faut accepter de se faire spoiler l’intégralité des rebondissements de l’histoire. Me concernant, j’ai lu en connaissance de cause, convaincu que ça ne me gâchera pas la découverte de l’anime.

L’ouvrage s’organise donc en trois parties : retour sur la genèse de la série ; résumé complet et chronologie des événements de l’univers ; décryptage et analyse. Une structure classique qu’on retrouve dans plusieurs ouvrages de l’éditeur de mémoire, qui convient fort bien à ce format court.

Hideaki AnnoAinsi, la première partie permet de resituer Hideaki Anno, mais aussi ses compères du Studio Gainax, afin de voir comment le studio s’est fondé. Cela permet de revenir notamment sur Gunbuster, une série d’OAV importante dans la carrière de l’auteur qui mérite une remise en avant digne de ce nom chez nous, mais aussi sur la production complexe de la série, qui a vraisemblablement impacté sur sa qualité générale (je savais qu’une partie de l’intrigue était critiquée, et j’ai appris pourquoi ici).

On apprend également que Nadia était un projet de Miyazaki à l’origine, laissé de côté durant des années avant que Anno, qui a par ailleurs travaillé sur Nausicaa, ne se charge de la réalisation avec le studio Gainax. L’autrice revient également un peu sur les difficultés personnelles de l’artiste, notamment sa dépression, qui ont eu un impact majeure sur la suite de son travail et sur Evangelion, la chose est aujourd’hui bien connue. Enfin, un petit point en fin de partie sur l’arrivée de la série en France permet de rappeler que la censure frappait toujours fort sur les animes japonais, et qu’il aura fallu des années pour avoir ce titre dans sa version d’origine.

La seconde partie déroule ensuite tout le fil de l’intrigue, dans un premier temps en revenant sur les événements de l’anime. Ensuite, les nombreux liens avec l’oeuvre de Jules Verne sont abordés afin de voir en quoi l’anime s’en inspire ou s’en éloigne. Toute la question du mythe de l’Atlantide est également décryptée, de ses origines Platoniciennes à la façon dont il est exploité dans la série. Pour ce faire, l’autrice retrace la chronologie de l’univers de la série, assortie de commentaires sur certains aspects bien sentis.

Enfin, la dernière partie, l’analyse et le décryptage de l’oeuvre permet de prendre un peu de hauteur (même si c’était déjà le cas auparavant) et d’approfondir les choses concernant ce qui semble pertinent aux yeux de l’autrice de l’ouvrage. Car lorsqu’on est face à des œuvres riches, les points d’accroche peuvent être différents d’une personne à l’autre.

En l’occurrence, il est question du personnage de Nadia, du duo qu’elle forme avec Jean, de végétarisme, de la façon dont la série s’intègre dans l’oeuvre globale d’Anno (politique des auteurs, ma passion ma vie !), et fort logiquement avec cet artiste, de dépression, de suicide et de plein de trucs joyeux en lien !

Tout ceci, comme je l’ai dit précédemment, sur une centaine de pages, qui permettent d’aller directement à l’essentiel. C’est d’ailleurs une des qualités de l’ouvrage : il coûte une bouchée de pain en numérique, se lit super vite (1h30 à 2h je dirai) et est super fluide et assez riche. À la limite, je dirai surtout qu’on en a pas assez, mais c’est le propre de cette collection je pense, offrir des ouvrages courts, qui vont droit au but.

De ce fait, on ne peut pas vraiment le reprocher au titre, ni à son autrice. Je caresse cependant le doux rêve que Virginie Nebbia poursuive son travail de qualité en nous proposant un ouvrage dense et massif sur Evangelion, qui permettrait de développer tout ce qui concerne Anno, tout en proposant des analyses de haute volée de la série phare de son auteur (car si vous suivez Morolian sur Twitter, vous constaterez qu’elle a beaucoup de choses à dire sur cette saga !).

En attendant, on va certainement se laisser tenter par l’ouvrage disponible chez Pix’n Love, qui par ailleurs propose plusieurs ouvrages fort tentant sur le manga et l’animation dans sa collection Pop’n Love. En attendant que je vois de quoi il en retourne, je vous laisse un petit lien ICI.

Evangelion

26 commentaires

  1. Je garde un très bon souvenir de cet anime vu qu’enfant j’adorais Jules Verne et l’Atlantide. Il faudrait que je me le procure pour le re regarder maintenant que je suis adulte.
    Après concernant l’ouvrage je trouve ça très bien que ça aille à l’essentiel parce que l’écueil sinon c’est trop de paraphraser l’œuvre et ça perd tout intérêt alors…
    Merci pour la découverte !

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  2. Un succès donc cette découverte ! (profites des soldes pour thirds quand c’est le moment y a un paquet d’ouvrage à -50%).
    Morolian c’est une valeur sûre dans ses écrits j’ai l’impression ! Pour la collection ludo/média je le trouve vraiment bien. Comme tu dis on peut vite en vouloir plus et je pense que certains auteurs / autrices ont ce sentiment aussi (et la matière pour). Mais pour ce prix ou en cadeau de fidélité ça reste de qualité quant à son contenu. Bon visionnage ! Faudra que je regarde la série à l’occasion car j’ai pas revu depuis mon adolescence lol. Bon week-end à toi l’ami !

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    • En effet, par rapport au prix et au fait que ce soit en offre fidélité, ça vaut clairement le coup.
      Les soldes, je regarde à chaque fois mais j’aimerai leurs ouvrages sur le manga en priorité.
      Apres, je pense en prendre en ebook, je peux les lire sur le téléphone nimporte ou et c’est qiand même moitié moins cher.

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      • Les offres numériques sont attrayantes c’est clair ! Mais j’avoue de mon côté que s’il y a bien un truc que je n’aime pas faire c’est bien ça… En tout cas ton article me conforte dans l’idée de prendre celui ci la prochaine fois 👍

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      • Perso, j’ai pris l’habitude avec les 200 millions de manga offerts sur Izneo, du coup c’est une habitude que j’ai pris. Et ne pas devoir ressortir un bouquin à chaque fois est un confort pour lire par petites gouttes les bouquin, du coup c’est vraiment un fonctionnement qui me va bien.
        Puis celui sur Berserk par exemple, à 25 balles, c’est chaud, mais à 12 en numérique, ça se prendra prochainement pour moi 😉

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  3. J’aime à la folie cet anime !! Je l’ai découvert sur Game One a l’époque avec d’autres !! Je n’ai jamais réussi à le trouver en DVD donc je l’ai téléchargé (je sais c’est pas bien).

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  4. Super article
    Je connais Nadia le secret de l’Eau Bleue de nom, mais comme beaucoup de vieux titre je n’ai pas eu l’occasion de regarder.
    Third editions fait toujours des ouvrages de qualités riche en information, j’attend d’ailleurs le volume sur DocteurWho qui sort le mois prochain 🙂

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  5. Je regardais des fois quand ça passait à la télé mais je savais que c’était une projet de Miyazaki et très inspiré sur Jules Verne. Faut que je me le regarde intégralement cet animé parce que le bouquin m’a l’air bien foutu n’empêche mais comme j’aime pas les spoils x)…
    Du coup, la version DVD est celle qui est plus rentable à ce que j’ai compris. Mais elle n’est pas censurée non ?

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  6. Super article comme d’habitude (et pas trop long, je souligne, parce que des fois on s’emporte, moi le premier!). J’ai revu Nadia avec mes enfants il y a bien 5 ans maintenant et si le design général et un certain nombre d’idées et d’atmosphères sont juste folles (l’Anoa Pourpre, la procession en Atlantide, le début vernien,…) j’ai trouvé la série franchement étirée dans un format de l’époque qui visait à étaler le plus longtemps possible. Des séries OAV en 12 ou 20 épisodes sont bien plus condensées et Nadia gagnerait à une refonte en 2-3 OAV en allant au bout de certaines idées laissées de côté (sans doute à cause du public de destination). Je ne savais pas que c’était un projet de Miyazaki. Ce n’est guère étonnant…

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