Gon Freecs – représentation radicale du héros de nekketsu

Une des grandes qualités de Hunter X Hunter à mes yeux est qu’il arrive à être à la fois un manga très théorique, déconstruisant beaucoup de codes du nekketsu, réfléchissant à certains éléments constitutifs du genre, tout en proposant un récit brillant dans lequel on s’investit intensément. Comme si Togashi avait réussi à concilier le meilleur des deux mondes, en nous proposant une magnifique et émouvante histoire, tout en prenant un peu de distance concernant ce qui est raconté, les codes du genre investi, afin de nous amener à réfléchir dessus. Et surtout, il fait prendre beaucoup de hauteur à son histoire, effectuant des choix radicaux auxquels on ne s’attend pas.

Et dans cette idée, Gon Freecs, le jeune héros de l’histoire, est une représentation assez éloquente de la façon de procéder de l’auteur selon moi. Ainsi, nous allons revenir dedans cet article sur comment est construit le personnage, en respectant des codes du genre, pour ne pas dire des clichés, pour ensuite le déconstruire, voire le briser, et ce que cela nous dit sur le récit de Togashi et sur une certaine vision du monde. Mais dans un premier temps, esquissons a gros traits ce que représente un héros de nekketsu « classique » et son évolution.

Le héros classique de nekketsu, héritier du roman d’apprentissage

C’est en tout cas une idée que j’aime beaucoup personnellement. Le roman d’apprentissage est un genre littéraire qui met en scène un personnage souvent adolescent, qui va grandir et comprendre le monde et devenir adulte au fil du récit. J’esquisse vraiment à gros traits, car ce n’est pas le sujet principal de l’article, et surtout, je n’ai pas d’expertise réelle dans le domaine. Le fait est que l’on peut dresser une continuité entre ce type de récit et ses héros et le shonen nekketsu, qui met en avant, parfois jusqu’à l’excès, cette notion d’apprentissage du héros.

Si bien qu’on a fini par voir des éléments récurrents chez les héros de nekketsu (orienté aventure/bagarre j’entend), qui peuvent évidemment trouver des contre-exemples, mais qui se retrouvent quand même suffisamment souvent pour qu’on puisse vraiment parler de canevas dans la création de personnage (et qui se retrouve aussi dans les structures narratives souvent très codifiées).

Ainsi, on aime souvent à dire que le héros de nekketsu de base est un gamin orphelin, parfois un peu concon, porteur d’une particularité qui fera sa force, et qui a une grande soif d’apprendre (comme on est dans le manga de bagarre, c’est apprendre à démonter la gueule des autres, évidemment). De Sangoku à Naruto en passant par Luffy, on retrouve souvent des éléments récurrents dans leur caractérisation de base, et surtout, dans leur parcours global de personnage.

On pourrait aussi évoquer le sacro-saint Joseph Campbell et son héros aux mille et uns visages, qui peut aussi proposer une grille de lecture des héros de nekketsu, mais je vais éviter d’entrer sur ce terrain car je dois avouer que, pour avoir lu l’ouvrage de Campbell, je trouve qu’il y a souvent un certain manque de rigueur et surtout des éléments tellement vastes dans la façon de les décrire qu’on dirait qu’on peut tout faire rentrer dedans.

Quoi qu’il en soit, vous l’aurez compris, les héros de nekketsu ont un petit quelque chose de particulier qui les rend souvent assez familiers, en tout cas pour ceux des plus grands succès. Et Gon Freecs ne déroge pas à la règle. On dirait même une sorte de carricature de Sangoku, avec le fait qu’il ait grandi loin de la civilisation, qu’il ait ses cheveux dressés en pic sur la tête et le fait qu’on le découvre en train de pêcher !

Mais il n’est pas orphelin, c’est déjà ça. Puisque rencontrer son père qu’il n’a jamais connu sera quand même son objectif ultime. C’est aussi un gosse extrêmement jovial, qui ne connait rien du monde extérieur, toujours émerveillé dans la découverte, jusqu’à l’excès parfois. Un parfait petit héros de nekketsu sans la moindre aspérité de prime abord, pourtant, on va se rendre compte assez rapidement, qu’à l’instar du monde dans lequel il évolue, il est d’une très grande ambiguïté, notamment morale, et pourrait basculer vers quelque chose de plus sombre.

Un héros moralement ambigu

Sur ce point, impossible de s’éloigner de la comparaison avec les héros de nekketsu en général. Me concernant, j’ai souvent eu un souci avec ce côté trop vertueux des héros. Autant prendre l’exemple le plus parlant : Sangoku. Je me souviens que déjà enfant, j’avais un problème avec le fait qu’il cherche à laisser vivre Freezer jusqu’au bout, alors que celui-ci avait tué Krilin et Vegeta (qui bien qu’ennemi, était son seul « cousin » saiyen). Alors qu’on sent toute la colère du héros lorsqu’il devient super-saiyen, la tentation d’aller jusqu’au bout des choses ne semble jamais venir. Et même alors qu’on croit qu’il a tué Freezer contraint et forcé, finalement non, et c’est Trunks qui s’en occupera.

Je vois ça comme une volonté de conserver le modèle de pureté qu’est le héros, que l’on retrouve assez souvent. Et si bien souvent ces héros sont mes personnages préférés dans les mangas en question, il reste pour moi un petit goût d’inachevé, ou en tout cas quelque chose qui d’une certaine façon nous conforte un peu trop en tant que lecteurs, alors que parfois, il est bon de nous bousculer.

Concernant Gon, même si pendant une grosse partie du récit j’ai du mal à réellement percevoir cette ambiguïté morale, elle est cependant un élément que Togashi met en avant assez tôt. Dès l’arc de York Shin City, on constate qu’il a plaisir à découvrir toutes les petites magouilles possibles et on souligne le fait qu’il ne se pose pas la question de si c’est bien ou mal. Sur ce point, je trouve d’ailleurs que son fonctionnement en duo avec Kirua est particulièrement bien vu. 

Alors que Kirua a été élevé dans une famille de tueurs et qu’il va buter des gens dès sa première apparition de mémoire (ou en tout cas extrêmement tôt dans l’histoire), il semble étonnamment avoir une moralité bien plus affirmée que celle de Gon. Et dans le même temps, on sent que leur amitié est fondamentale pour que Kirua reste dans la lumière. Je me demande d’ailleurs si ce n’est pas une astuce de la part de Togashi pour rendre encore plus surprenant le basculement du jeune héros.

De ce fait, on sent assez tôt dans le récit une volonté de coller à, l’ambiguïté morale générale du titre. Ce qui ne veut pas dire que Gon n’est pas un héros vertueux, car il n’est quand même durant une grosse partie du récit. Je pense notamment à l’arc de Greed Island où il va insister pour soigner Boomer et ses sbires, dans un comportement très Sangokuesque. 

Donc Gon est bien un héros de shonen bon et pur, mais qui a quand même une vision du bien et du mal assez fluctuante, si bien qu’il pourrait lui aussi accomplir des choses mauvaises tant la frontière entre les deux est floue. De même, on a déjà vu quelques accès de colère le concernant (je pense notamment face à Irumi, le frère de Kirua). Un enfant capable de vaciller, comme on nous en met souvent en scène dans les nekketsu, au détail près que cette fois-ci, c’est vraiment ce qui va se passer.

Le moment de bascule

Encore une fois, Gon va suivre un chemin relativement classique de héros de nekketsu, celui où il perd son maitre/père spirituel. C’est un passage où le héros est confronté à sa colère, à sa propre faiblesse, et va devoir gérer avec des émotions extrêmes pour en sortir grandi. Un exemple parfait dans le domaine est la mort de Jiraya et le duel entre Naruto et Pain qui s’en suit. Et si Kishimoto a parfaitement géré cet aspect, créant un parallèle très intéressant entre le héros et son adversaire (un classique chez l’auteur), il y a toujours cette frustration chez moi du héros tellement vertueux qu’il transforme le méchant en gentil et qu’il trouve le pardon dans son cœur.

Sauf que dans l’arc des Kimera Ants, Togashi pousse sa logique métadiscursive à fond, et va remettre en question énormément de fondamentaux du genre avec un panache assez dingue. Passé la longue (mais passionnante) mise en place, Gon aura pour objectif de sauver Kaito, l’homme qui l’avait sauvé dans son enfance et qui est ce qui se rapproche le plus d’une figure paternelle pour lui, qui a été réduit à l’état de marionnette par Neferupito. Inutile de préciser que le jeune garçon est dès lors porteur d’une grande tristesse et d’une grande colère. Mais également d’une grande culpabilité vis-à-vis de ce qui s’est passé, considérant que c’est par sa faute que Kaito s’est fait arracher un bras et qu’il a ensuite été vaincu.

Par la suite, Gon se retrouvera face à Pito qui réduira à néant tous ses espoirs en lui avouant que Kaito est bel et bien mort pour de bon. Et là où un héros de nekketsu aurait en principe tendance à devenir surpuissant, démonter son adversaire, et trouver le pardon en lui, ou se retrouver contraint à le tuer, Gon va, au contraire, le pulvériser sciemment, totalement rongé par sa colère.

Ici, la comparaison avec Sangoku qui devient super-saiyen pour la première fois est évidente. Dans les deux cas, le héros acquiert une puissance qui le rend littéralement invincible par le biais d’une transformation. Cependant, la transformation de Gon aura pour conséquence de détruire son corps, le mettant dans le coma. Et s’il s’en sort grâce à Kirua, il ne pourra plus utiliser le Nen et quitte finalement le récit après avoir rencontré son père.

Les conséquences de cet acte

J’ai souvent lu que les lecteurs et lectrices étaient déçus par la conclusion du parcours de Gon, car au final, ce qui lui est arrivé face à Pito semble ne porter à aucune conséquence, puisqu’il s’en sort à plutôt bon compte. Cependant, je pense que le fait de ne plus pouvoir utiliser le Nen n’est pas anodin en terme de sens.

J’interprète ça comme une nouvelle volonté de briser certains codes en terme de développement de héros de nekketsu. Car la montée constante en puissance est vraiment inscrite dans l’ADN du genre. Or, ici, la conséquence de ce qu’a fait Gon est qu’il perd tout le pouvoir acquis jusqu’ici, mais se retrouve même dans un état de faiblesse plus grand qu’au début de l’aventure. De même, alors qu’on suit souvent les héros jusqu’à un certain âge, on le quitte ici en tant qu’enfant, comme si la confrontation avec le monde réel l’avait bloqué dans son apprentissage.

Ainsi, si la fin de l’histoire de Gon semble relativement positive – il retourne vivre avec sa tante et va étudier comme un garçon normal – elle me semble au contraire très dure et amère, puisqu’il ne pourra pas poursuivre son périple, lui qui avait une grande soif de découverte et de perfectionnement. De même, pour le lecteur, l’évolution de Gon était porteuse d’au moins une grosse promesse : une confrontation violente avec Hisoka, qui n’aura finalement pas lieu (car leur combat dans la tour Céleste n’était qu’un hors d’œuvre).

De ce fait, si Gon ne s’en tire pas si mal, il reste porteur d’une blessure à vie, bien plus profonde que celles que portent les héros de nekketsu en général. Il est coupé dans son élan et stoppé en tant que héros, dans un geste d’auteur assez fort selon moi. 

Car j’avoue avoir du mal avec les conclusions où tout le monde est heureux et vit sa vie comme si de rien n’était, sans avoir de réel traumatisme suite aux événements vécus. J’aime les fins qui ont ce côté amer, où l’on ressent les blessures et le poids que les personnages doivent porter. Ici, le fait que Gon rentre chez lui, et semble décider de mener une vie normale alors qu’il aurait pu aller très loin en tant que Hunter représente cet aspect. Souvent, c’est un personnage secondaire qui est porteur de ce poids dans les nekketsu (je pense par exemple à Sasuke dans Naruto, qui ne reste pas à Konoha). 

Ici, le fait que ce soit le personnage principal qui se retrouve éjecté de l’histoire permet de prendre un peu de hauteur sur la structure de récit du parcours héroïque, et me semble porteur de beaucoup de sens. En effet, les mangas d’aventure/bagarre ont tendance à se focaliser sur un héros, accompagné de nombreux personnages secondaires, et on a le sentiment que le monde évolue à son contact. Ici, en donnant une porte de sortie à Gon pour que d’autres personnages prennent le rôle principal à sa place, Togashi met en perspective notre place dans le monde (monde qui est ici bien plus vaste que ce que l’on croyait).

Et ce faisant, il délivre un discours assez différent de ce que j’interprète de la plupart des mangas du genre. En brisant cette enfance et en refusant le passage à l’âge adulte à son personnage au sein du récit, Togashi semble remettre en question la positivité des mangas du genre, où le héros finit en général par atteindre son objectif, sauver le monde au passage, et dire adieu à son enfance pour être un adulte accompli. Concernant Gon, je pense que la confrontation à la violence du monde l’a contraint à avoir un rapport adulte qu’il n’était pas encore en mesure d’encaisser, ce qui l’a brisé.

Encore une fois, cela fait que je ne vois pas la conclusion de son parcours héroïque comme quelque chose de positif. Pour moi, Gon a vu la violence du monde, ne l’a pas supportée, et a préféré s’en détourner et se force à rester dans l’enfance en retournant chez lui. Heureusement, cette conclusion reste ouverte (on peut tout à fait imaginer que le personnage revienne… si tant est que Togashi reprenne un jour le manga) et permet d’imaginer par la suite une évolution positive pour Gon, mais il me semble qu’il aura besoin d’une bonne thérapie avant ça.

En conclusion

Ainsi, je pense que Gon synthétise bien l’approche de Togashi avec sa série. Il est dans un premier temps développé comme un héros relativement classique, pour finalement briser les codes et les transfigurer en lui faisant aller dans la direction où les auteurs n’osent pas aller en général.

Cela ne veut pas dire que c’est le seul personnage de nekketsu abordé avec cette radicalité, mais cela reste très rare selon moi, et contribue à lui donner une valeur particulière.

Je pense même avec du recul que Gon est devenu mon héros de manga de bagarre/aventure préféré, et ce en grande partie parce que Togashi va jusqu’au bout de sa logique avec lui, et ce faisant, arrive à nous bousculer un peu dans notre vision du genre. Je pense en effet que le nekketsu est trop souvent engoncé dans des schémas vus et revus, et que si je ne suis pas contre le classicisme (je lis des nekketsu pour y retrouver certains éléments), je pense que c’est en prenant de la distance sur certains codes et en proposant une vision radicale que l’on peut parfois aller plus loin.

Togashi est selon moi totalement dans cette approche vis-à-vis de son médium et du genre qu’il investit, et Gon me semble la parfaite représentation de comment il subvertit les codes pour proposer davantage. Et ce faisant, il rend son héros et son manga uniques et marquants.

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13 commentaires

  1. Oh, je n’avais jamais poussé la réflexion de la fin du parcours de Gon.
    Sans doute car je l’avais déjà croisé maintes et maintes avant de posséder les magnifiques capacités d’analyse que je possède actuellement et que je n’y ai donc plus donner d’importance après.

    Mais tout ce que je retiens, ce que Gon is gone.

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  2. Je n’ai pas vu ce manga mais j’ai lu ta réflexion par curiosité et je la trouve intéressante. Ichigo dans Bleach est aussi stoppé net dans son évolution car il perd tous ses pouvoirs à la fin (enfin ce que je considère comme la vraie fin) et c’est positivement intéressant cet sans ça on se retrouve avec un truc à la Naruto où il n’y a plus rien d’intéressant à raconter en terme d’évolution des personnages une fois le combat final achevé.

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    • Concernant l’aspect « définitif » d’une fin, c’est une idée qu’il faut mieux éviter de se faire. Sinon l’arrivée d’une suite ou d’une pré-suite montrera notre erreur de jugement.

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      • Ce qui est intéressant c’est que souvent, on donne des suites à des histoires qui semblent quand même véritablement clôturées.

        Pour le coup Hunter pourrait être un bon exemple dans le sens où le manga se poursuit après la fin de l’histoire de Gon, mais l’anime a fait le choix de faire de cet événement la « vraie » fin.

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    • C’est marrant que tu parles du héros de Bleach (ni lu, ni vu malheureusement), car Tite Kubo vient de commencer une suite au Japon, et il me semble qu’il y a toujours le héros.

      J’apprécie en effet que Togashi ait su faire sortir son héros de l’histoire de façon logique, et surtout qu’il soit allé au bout d’une idée qui semble souvent trotter dans la tête des mangakas mais qu’ils n’osent pas concrétiser en général.

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  3. Très intéressante cette analyse de Gon. Sa scène de transformation m’a fichu un sacré coup aussi bien en manga qu’en anime. Clairement y a une inspiration Dragon Ball dans le physique surhumain conféré à Gon à ce moment-là mais les larmes qu’il verse, cet air perdu qu’il offre à Kirua douchent toute envie d’être ébloui par cette force prodigieuse. Je n’avais pas poussé l’analyse de la fin des aventures de Gon à ce point (après je crois que ma lecture s’est stoppée peu de temps après la fin de l’arc des Chimera Ants) Je te rejoins dans le parallèle avec le roman d’apprentissage.

    Quant aux codes du shonen nekketsu, j’éprouve un peu la même chose avec la fantasy. Il y a certains codes que je ne peux plus voir tellement tout le monde les utilise sans vraiment chercher à innover (comme la fameuse prophétie qui fait du héros une sorte d’élu intouchable et quasi divin).

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    • Merci beaucoup pour ton commentaire. En fait cette séquence m’a tellement bouleversé que j’ai essayé de comprendre et de décortiquer à ma façon pourquoi elle m’a fait cet effet. Et je pense qu’elle a fini par grandement conditionner mon appréciation du personnage de Gon, qui remet vraiment en question ce qu’est un héros de shonen je trouve.

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  4. Je crois qu’à ce moment là c’est difficile de ne pas avoir de l’empathie pour Gon, et même pour Killua qui le voit ainsi (Gon a toujours été l’enfant qui sourit, optimiste). Et une telle violence on ne s’y attend absolument pas vu le personnage. Il faut dire que l’arc des Chimera Ants est assez rude par bien des moments et la transformation de Gon en fait partie (tu me donnes envie de relire les tomes que j’ai à la maison !)

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