Mon avis sur… Toilet-Bound Hanako-Kun T.1 & 2 de Aida Iro

Toilet Bound

Parmi les séries de 2021 qui me faisaient particulièrement envie, Toilet-Bound Hanako-Kun était en bonne position. Le manga semblait susciter pas mal d’attentes chez nous, notamment depuis la diffusion de son adaptation animée, si bien que, comme souvent, j’ai suivi le train de la hype. Mais le titre semblait en plus profiter d’un concept et d’une ambiance des plus attrayants. Je suis donc ravi de voir le titre débarquer enfin chez nous, d’autant plus que, c’est exactement aussi bon que ce à quoi je m’attendais !

Un grand merci à Pika pour l’envoi des deux premiers tomes. Je vous invite à jeter un oeil sur la fiche de la série ICI, qui vous permettra notamment de consulter le premier chapitre.


Toilet-Bound Hanako-Kun est le premier manga au long cours d’un duo qui a pris pour nom de plume Aida Iro, prépublié depuis 2015 dans le magazine G-Fantasy de Square-Enix, magazine qui publie notamment Black Butler. La série, ayant quelques années derrière elle, a déjà 15 tomes parus au Japon et est toujours en cours. Le manga a été adapté en anime en 2020, avec 12 épisodes parus, qui ont semble-t-il contribué à créer une forte demande autour du manga, car il fait partie des titres qui étaient souvent demandés jusqu’à ce que Pika annonce qu’il allaient la publier. Ainsi, les deux premiers volumes sont parus conjointement le 30 juin, ce qui va nous permettre de voir de quel bois se chauffe le petit Hanako !

Septième mystèreUne rumeur court sur l’existence de sept mystères qui hantent les murs de l’école Kamome. Parmi ces faits inexpliqués, on raconte qu’un esprit du nom de Hanako se trouverait au troisième étage du plus ancien bâtiment et qu’il exaucerait le vœu de quiconque viendrait le trouver. En classe de seconde dans cet établissement, Nene Yashiro a le béguin pour un garçon. Pourtant, malgré tous ses efforts, cet amour reste à sens unique. La jeune fille ne voit plus qu’une seule solution : s’en remettre à la légende de Hanako, sans se douter qu’accéder au bonheur requiert toujours une contrepartie…

Vous le savez très probablement, mais la figure du fantôme des toilettes est très importante au Japon, et a même infusé dans les représentations culturelles globales. Hanako-San est à l’origine une jeune fille morte dans des toilettes (selon la légende urbaine), qui hanterait ces dernières. L’origine de son décès varie selon les sources, certaines disent qu’elle se serait pris un obus durant une partie de cache cache pendant la seconde guerre mondiale, d’autres parlent d’un suicide, etc. Quoi qu’il en soit, l’idée reste qu’il s’agit d’une jeune fille qui hante les toilettes d’une école, ce qui n’est pas sans nous évoquer une certaine Mimi Geignarde.

HanakoAinsi, Hanako devient dans le manga un jeune garçon, qui se lie rapidement d’amitié avec Nene Yashiro, une lycéenne tout à fait banale, même si dès le premier chapitre, elle héritera d’une particularité toute fantastique, que je vous laisserai découvrir.

Car avec un pitch pareil, on peut se douter que les éléments inattendus et fantastiques seront légion, que ce soit Hanako, le fameux esprit des toilettes, mais aussi les sept mystères dont il est question dès les premières pages. Et c’est de cet aspect fantastique, fortement empreint de folklore japonais, que découle tout le sel de la série. Que ce soit dans l’écriture et le dessin, les auteurs arrivent à poser une ambiance très singulière, bien que rappelant certaines œuvres. Le cadre scolaire pourrait évoquer Harry Potter, mais on s’en éloigne quand même fortement de par la structure du récit et le ton général.

J’ai plutôt pensé à Tim Burton durant la lecture (le Tim Burton des grandes années, je précise). C’est un énorme cliché de citer ce cinéaste quand il s’agit de fantastique, mais j’ai vraiment ressenti une proximité dans le travail sur l’ambiance. Pas seulement car le manga rentre de plein pied dans le fantastique, mais surtout par la tonalité très particulière, mélange de légèreté et de cruauté, qui donne vraiment une saveur spéciale à l’ensemble, qui fonctionne du tonnerre.

Ce côté est vraiment renforcé par les esprits qu’on a déjà l’occasion de rencontrer, notamment Hanako. On apprend rapidement que le jeune garçon a assassiné quelqu’un, pour une raison encore inconnue, et qu’il reste sur Terre pour expier son crime. Ainsi, on trouve une forte dose d’ambiguïté chez le personnage, avec son physique d’enfant souriant et avenant, mais qui utilise un couteau de cuisine pour se défendre, et qui met parfois en avant la possibilité de quelque chose de plus sombre en lui.

Et Nene Yashiro, l’héroïne, a également droit à un traitement qui fait déjà mouche. Si elle est moins remarquable que Hanako, les interactions entre les deux confèrent une dynamique qui fonctionne parfaitement au récit, jouant de certains clichés avec malice et humour, ce dont le titre ne manque pas. Et si pour le moment, le récit semble plus être segmenté en petites intrigues, il y a malgré tout un fil conducteur au récit, et la construction d’un univers scolaire qui fonctionne parfaitement, avec des personnages secondaires déjà très bien développés, donnant clairement envie d’en voir plus.

Hanako Kun

Enfin, l’esthétique globale du titre, particulièrement importante pour un récit jouant autant sur l’ambiance, est très réussie. Que ce soit dans les designs des personnages et des esprits, ou dans les décors en général, les auteurs arrivent à transmettre une patte immédiatement reconnaissable à l’ensemble. Et ils se permettent même parfois des petites audaces formelles dans le découpage et la mise en scène qui font franchement plaisir à voir.

En résulte, vous l’aurez compris, une entrée en matière qui m’a apporté absolument tout ce que j’attendais d’un tel récit. Les auteurs arrivent à nous faire entrer directement dans leur univers, si bien qu’on a le sentiment que la lecture passe bien trop vite, et que l’envie de vite y retourner est le sentiment qui prime en fin de lecture. Avec son ton légèrement cruel et piquant, une écriture de qualité et une esthétique à l’avenant, on se retrouve face à un titre qui a toutes les qualités pour parler à un public très large, car il peut être lu assez jeune, sans limite d’âge. Une très bonne pioche, au très fort potentiel !

25 commentaires

  1. Je n’étais pas trop attirée par ce titre à cause.. Du titre justement ! Je ne pensais pas du tout à cette fameuse légende du fantôme des toilettes au Japon. Ta présentation me fait dire que je vais repartir avec demain de la librairie 🙄

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  2. Comme tu la bien dit, la demande était assez forte pour voir ce titre arriver en France suite à l’adaptation en animé. Mais je me demande si les ventes sont au rendez-vous.
    On à eu pas mal de gros titre très attendu en ce début d’année chez Pika et je suis pas sur que beaucoup sache que ce titre est maintenant disponible (surtout que la campagne de com a commencer assez tard).

    Concernant le titre en lui même, j’ai beaucoup aimer l’animé qui avais un style graphique différent de ce qu’on à l’habitude de voir, et avais un côté assez enfantin. Mais je ne pense malheureusement pas acheter la version manga pour le moment.

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    • Yes, en dehors de la comm, c’est vraiment l’embouteillage en terme de sorties qui me fait craindre.
      J’ai quand même de l’espoir surtout que je l’ai vu mis en avant en librairie ET en grande surface et je trouve d’ailleurs que les couvertures attirent beaucoup l’oeil. Ce sera à voir sur la durée, même si, n’étant pas dans le secret des dieux, je ne sais pas si on aura des chiffres précis.

      J’espère que tu aura l’occasion de le lire plus tard, pour moi c’est une belle surprise, et alors que je prépare le bilan du premier semestre, il est clair qu’il sera dedans.

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      • C’est vrai que le tome 1 avec ce fond rouge peu attiré le regard si le titre est bien mis en valeur. On peut aussi espérer sur un coup de cœur des libraires pour une meilleurs mise en avant.

        C’est pas exclu que je ne l’achète pas plus tard, mais avec ce que j’ai vue dans l’animé il me manque encore le petit quelques choses pour faire décoller le titre.

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      • Je comprends tout à fait. On verra par la suite si il y a pour toi ce petit quelque chose. De mon côté j’ai été conquis d’emblée, mais je crois aussi que je suis vraiment super bon public pour un titre de ce genre.

        D’ailleurs ça ne m’étonnerait pas qu’on le trouve justement en coup de cœur des libraires assez souvent.

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  3. bonjour, comment vas tu? cette série me tentait pas mal mais je ne voulais pas me lancer dans un nouvel achat. mais ta chronique me fait super envie… entre ce que tu dis, la ref à tim burton et le charadesign qui me plait beaucoup… bref je pense craquer tot ou tard. passe un bon week end et à bientôt!

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  4. Je suis bien content d’éviter au maximum les nouveautés sur 2021 histoire de rattraper quelques séries et de voir s’en terminer d’autres.

    Comme ça, je n’ai même pas besoin de me poser des questions sur ce qui sort ou non donc j’entends presque parler de ce manga pour la première fois ici.

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