Manga et rapport au temps

Une question qui m’intéresse tout particulier quand je lis des mangas est celle du passage du temps. Elle m’évoque deux choses : le temps diégétique (c’est-à-dire dans l’histoire) et le temps dans la réalité. Car lorsque l’on parle de séries à rallonge (ce qui est le cas avec les shonen à succès notamment), la question du temps est importante. Et c’est en lisant l’article de Vagabond sur la longueur des séries de shonen que j’ai eu envie de me pencher un peu plus sur la question spécifique du rapport au temps. J’ai déjà eu l’occasion d’aborder ponctuellement ce point dans mon article sur Hikaru no Go, un manga selon moi totalement axé sur cette question du passage du temps. Mais le temps (oh oh oh !) est venu de vraiment attaquer frontalement ce sujet, ô combien passionnant à mes yeux !

Pourquoi les shonen en particulier ?

Commençons par le commencement, c’est-à-dire en cadrant notre sujet ! Pourquoi je me limite au shonen en particulier alors que toutes les cibles éditoriales peuvent être concernées par cette notion ? Après tout, dans tous les genres de manga on trouve des séries longues qui dépassent les 10 années de publication, et dans lesquelles le temps qui passe a une importance. C’est vrai, je ne vais pas dire le contraire. Mais selon moi, le shonen a plusieurs spécificités.

Tout d’abord, les séries longues sont dans l’ADN du shonen (au moins en partie), ce que j’entends par là, c’est que si une série a du succès, on va essayer de la faire durer dans le temps même si ce n’était pas prévu de prime abord. Ensuite, le shonen a un aspect que je trouve très intéressant, c’est qu’il s’adresse à un public adolescent qui est susceptible de « grandir » et de « changer » avec ces séries qui sont publiées sur une longue temporalité. J’aborderai cette question plus en détails dans une prochaine partie, mais impossible de ne pas voir un parallèle entre le fait que les ados grandissent et les histoires qu’ils lisent où les héros grandissent avec eux… Ce qui n’est pas sans m’évoquer un certain Harry Potter !

Harry Potter

Mais c’est finalement de tout un courant littéraire que je rapprocherai ce type de shonen, qu’on qualifie de « roman d’apprentissage » (le terme original est « Bildungsroman », d’origine allemande donc), dans lequel pour schématiser, on suit un héros jeune qui évolue au fil de ses aventures afin de devenir un adulte accompli. L’originalité de Harry Potter dans le domaine (en tout cas il me semble) vient du fait que Rowling a eu la bonne idée de présenter un récit se déroulant dans le cadre le plus quotidien des jeunes lecteurs : une école. Et chaque volume épouse la durée d’une année scolaire. Sachant que les 4 premiers tomes sortaient à un rythme d’un par an, il est clair que la volonté était de faire grandir les protagonistes en même temps que les lecteurs afin que l’on explore les problématiques liées à cet âge charnière qu’est l’adolescence.

Et je pense personnellement qu’une partie non négligeable du succès et de l’affect lié à Harry Potter vient de la, au point où les fans se nomment eux-mêmes les Potterheads (j’en fais partie, par ailleurs). Et je suis personnellement d’avis que les shonen à rallonge partagent au moins une partie des caractéristiques de Harry Potter, au point où j’aime à penser qu’il y a des générations de DragonBallheads, de Narutoheads ou encore de OnePieceheads si l’on peut dire (ce qui ne veut pas dire que Harry Potter a inventé la formule, rappelons que de nombreux Nekketsu au long cours datent d’avant Harry Potter).

SangokuCar ce genre de manga concilie les deux approches de la temporalité que j’ai évoqué en début d’article : on ressent d’une façon ou d’une autre le passage du temps (pour rappel, Dragon Ball commence alors que Sangoku et enfant et s’achève alors qu’il est grand-père par exemple), et la durée de parution s’étalant sur des années, les lecteurs vieillissent également, et sont donc accompagnés par ces personnages durant leur évolution.

Et quand on y pense, alors que dans les cycles romanesques on a un volume par an, ou tous les deux ou trois ans, dans les meilleurs cas, le fait d’avoir environ tous les deux mois un volume d’un shonen qu’on suit est quand même quelque chose de très spécifique à ce type de littérature, qui contribue à développer un rapport très profond à ce genre d’œuvre. Surtout quand elle dure aussi longtemps que les 15 ans de Naruto ou les plus de 20 ans de One Piece (ou la dizaine d’années environ de pas mal de séries à succès). De ce fait, j’ai eu envie de me questionner sur la façon dont la temporalité était travaillée dans ce type de mangas, en essayant de dégager des éléments récurrents mais également des choses assez spécifiques.

Par contre, je précise que si je me focalise sur le shonen, je ne vais pas aborder que le nekketsu. Car je vais notamment aborder deux séries traitant de la question de la temporalité de façon très pertinente selon moi, alors qu’elles ne sont pas des nekketsu (ou en tout cas pas des mangas de grosse bagarre). Mais commençons par le commencement.

La structure classique de l’enfant qui va devenir un grand

C’est une évidence mais je suis bien obligé de le rappeler quand même, le héros « classique » de shonen (et pas que nekketsu), c’est en général un enfant, au plus vieux un adolescent, qui va apprendre des choses au fil du récit. C’est exactement la même chose que dans le roman d’apprentissage, il s’agit de grandir en se confrontant à la complexité du monde. La différence dans un nekketsu par rapport au reste du shonen c’est qu’on se confronte au monde en pétant la gueule des autres, mais dans l’idée c’est la même chose.

Il s’agit pour le héros de se rendre compte qu’il ne connait rien, et qu’il va découvrir les choses au fur et à mesure. C’est peut-être pour ça d’ailleurs que beaucoup de héros de shonen sont un peu con-con sur les bords. Mais surtout, ils sont rarement sortis de leur trou, comme ça ils découvrent le monde (ou un pan en particulier du monde) en même temps que le lecteur, c’est plus commode.

Et bien souvent, quelle que soit la durée diégétique durant laquelle s’étale l’histoire, on nous fait ressentir le passage du temps, la montée en connaissance et en sagesse (et en puissance) du héros, en même temps qu’il vieillit, passant souvent d’enfant à ado et à jeune adulte.

IrumaEt si il y a des structures assez codifiés, la temporalité globale reste variable d’un titre à l’autre. J’ai déjà précisé que dans Dragon Ball, Sangoku vieillit de plusieurs dizaines d’années (même si arrivé à un stade, tel Keanu Reeves, il ne change plus physiquement) alors que pour Naruto par exemple, on le suit de 12 à 19 ans, soit une durée deux fois inférieure à la temporalité du manga dans la réalité (étalée sur 15 ans). Ainsi, tous les cas sont possibles, on remarque notamment que My Hero Academia a beau être en cours depuis déjà 6 ans, nos héros sont toujours en seconde, il ne s’est donc logiquement pas passé plus d’un an dans l’histoire. Sur ce point, j’ai d’ailleurs beaucoup d’attentes sur le travail de temporalité dans Iruma à l’école des démons, qui je l’espère se basera sur le modèle de Harry Potter pour suivre le jeune héros durant les 6 années de sa scolarité.

Mais si on suit les héros sur une temporalité assez longue, on peut déjà dégager une astuce d’écriture fréquente dans le nekketsu pour souligner le passage du temps, l’ellipse !

La figure récurrente de l’ellipse

En effet, l’ellipse est devenue une figure récurrente dans les shonen nekketsu à rallonge, et si elle n’est pas systématique, elle est quand même très souvent utilisée. Il est même possible qu’il y ait plusieurs ellipses au sein d’une même série (je pense à Dragon Ball, mais d’une certaine façon c’est aussi le cas avec Jojo, même si le découpage en saison rend cette notion moins pertinente).

L’ellipse est un moyen simple de faire passer une grosse période de temps d’un coup, afin que le passage du temps soit vraiment marqué de façon évidente. De plus, on y a souvent droit dans le nekketsu car c’est un moyen simple de faire monter en puissance les personnages sans montrer tout l’entrainement fastidieux. Et cela permet d’apprécier d’autant plus le power up, car on sait que durant le long entrainement suivi, les personnages ont acquis de nouvelles techniques et de nouvelles façons de se battre. Au risque de faire grincer quelques temps, je trouve que le travail sur Sakura dans Naruto est surement un de mes préférés en terme d’évolution post-ellipse (et de toute façon, Sakura est un personnage qui doit être réhabilité !).

Et surtout, l’ellipse est selon moi un passage quasi-obligatoire dans le genre si on souhaite faire passer le temps car bien souvent, les conflits s’inscrivent dans une temporalité assez courte, et on ne peut donc que difficilement faire ressentir le passage du temps. Car si les héros se fightent sur 5 tomes, il ne se sera passé que quelques heures dans l’histoire, alors que dans la publication, ça se sera étalé sur un an. Ainsi, les mini-ellipses ou les grosses ellipses permettent de faire grandir les personnages avec une béquille narrative bien pratique. Et pour le coup, je ne sais pas si ça existe mais j’aimerai bien lire un shonen de bagarre qui intègre totalement la dimension temporelle dans son récit afin que le temps diégétique épouse le temps de publication.

Salle de l'esprit

La Salle de l’Esprit et du Temps est un élément intéressant dans Dragon Ball car il vient conceptualiser la notion d’ellipse dans le récit shonen, en créant une double temporalité. L’idée est toute simple : dans l’arc de Cell, les saiyen sont devenus trop faibles par rapport à leur adversaire, et décident de s’entraîner en duo (Vegeta et Trunks d’abord, et ensuite Sangoku et Sangohan) dans une salle spéciale dans le sanctuaire de Dieu. Cette salle permet de passer un an à s’entraîner alors qu’il ne se passe qu’une journée dans la réalité.

Ainsi, Toriyama met en scène la fameuse ellipse permettant de constater une augmentation considérable de la puissance des personnages, alors même que le temps du récit passe à une vitesse « normale » si l’on peut dire. C’est en ça que je considère que cela permet de « conceptualiser » la notion d’ellipse d’entrainement dans le shonen nekketsu.

Par ailleurs, Dragon Ball a cette particularité pour un shonen nekketsu de se dérouler sur une temporalité assez conséquente comme je l’ai déjà signalé, et propose des ellipses de façon relativement régulières, avec les tournois d’arts martiaux comme marqueurs temporels. Je pense même qu’il ne serait pas inintéressant de proposer une analyse plus poussée du travail sur la temporalité de Toriyama, mais ce sera pour une autre fois (puis en cherchant, je pense que des gens ont déjà du le faire).

Les publications qui s’étalent dans le temps

Quittons un peu le pré carré du shonen, pour élargir la question à toutes les publications en manga qui durent dans le temps, et que l’on suit en direct tant qu’à faire. Car si j’ai déjà lu plusieurs séries dont la parution a duré des années, voire des décennies, au final, je les ai toujours lues sur une courte période car elles étaient déjà arrivées à leur terme en France. De ce fait, les séries que je suis depuis le plus longtemps sont en cours depuis environ 3 ans chez nous.

Mais depuis quelques temps, à force de commencer de nouvelles séries, je sais que je me lance parfois dans des chantiers qui vont durer 5 ans, voire plus. Et dans une vie, c’est quand même une grosse période ! De ce fait, je me suis interrogé sur l’impact que cela peut avoir, car ce n’est pas anodin d’être « accompagné » par des œuvres pendant si longtemps. Et si on peut trouver cet aspect dans absolument tous les médias, le manga a cette particularité que le modèle de la publication bimestrielle, ou tous les trois mois, est extrêmement fréquent.

Cela concerne évidemment les shonen publiés dans des hebdomadaires, mais aussi des titres qui ont déjà tellement de volumes parus au Japon que les éditeurs français peuvent se permettre des sorties rapprochées. Je pense notamment à Ao Ashi et Chiruran chez Mangetsu, qui vont surement m’accompagner pendant des années à raison d’un tome tous les deux mois pour chacune de ces séries. Mais il y a encore pas mal de séries qui entrent dans ce cas de figure, y compris certaines que j’ai pris en cours de route. Je sais qu’avec son rythme d’un tome tous les 8 mois, j’ai encore quelques années devant moi avant de voir la conclusion de Vinland Saga, une de mes séries préférées.

Ainsi, suivre durant des années une même série contribue à créer un rapport plus intime à l’oeuvre selon moi. Sur une durée si longue, les invitations à des relectures se multiplient, d’autant plus qu’on a régulièrement des stimuli nous invitant à rester immergés dans le monde (nouveau tome qui sort, anime, etc…). Et, vous l’aurez compris, suivre en direct le titre nous permet de grandir avec lui, et j’ai tendance à penser que ce n’est clairement pas anodin dans la construction identitaire, d’autant plus si on lit du shonen en étant soi-même adolescent (j’en reviens à ce que je disais en début d’article sur le roman d’apprentissage).

Golgo 13Mais quand je parle de tout ça, je me positionne de mon point de vue de lecteur, sauf qu’il y a aussi des mangakas qui travaillent pendant des années, parfois cinq, dix, vingt ans voir plus ! Et ce n’est pas quelque chose d’anodin. Il y a même des mangakas qui passent toute leur vie à travailler une même série, comme par exemple Takao Saito avec Golgo 13, toujours en cours depuis… 1968 ! Si le manga n’est pas le seul médium concerné par ce genre de chose (pensons à Tolkien qui a passé sa vie sur son magnum opus, et dont la plupart des textes ont été publiés par son fils après sa mort), il n’en reste pas moins un de ceux où cet aspect est le plus fréquent. Il serait plus juste de dire que ceci caractérise même la BD en général (pensons à des noms comme Peyo, Uderzo, Franquin, etc…). 

Et ce qui m’intéresse sur ce point, c’est que, bien que n’ayant aucune fibre artistique en moi, je pense ne pas me tromper en affirmant qu’on n’écrit pas de la même façon à 20 ans, 30 ans, 40 ans ou 50 ans (voir plus). Ainsi, suivre une série d’un même auteur sur une temporalité très longue contribue à en saisir une évolution dans le ton, une maturation, qui lui donne une saveur toute particulière. Je me suis fait la remarque car Guts evolutionje suis en train de relire Berserk, et ma lecture est actuellement marquée par la mort prématurée de Kentaro Miura, à 54 ans. De ce fait, je regarde constamment la date de publication des volumes, afin de voir quel âge il avait à tel ou tel moment.

Et dans le cas de cette série, le gain en maturité de l’auteur est évident au fil du temps. Ce n’était déjà plus le même artiste entre le premier et la quatrième tome, et toute la partie de l’âge d’or est la longue maturation d’un artiste, qui avait la vingtaine au début de son récit, traversant la trentaine. Et dans le cas de Berserk, l’effet est d’autant plus saisissant que ce gain en maturité épouse l’évolution de Guts, rendant encore plus dense la caractérisation du héros, en plus de se lier à l’évolution de Miura (qui par ailleurs n’a pas caché s’être grandement inspiré de sa relation avec le mangaka Koji Mori pour écrire celle entre Guts et Griffith, invitant de ce fait à se questionner sur le parallèle entre l’auteur et son héros).

En conclusion

Cet article au final un peu décousu avait pour vocation de s’intéresser à la question du temps dans le cadre du manga. J’ai essayé d’esquisser plusieurs pistes de réflexion, mêlant différents aspects, en ayant quand même comme fil conducteur l’idée d’une évolution, d’une maturation, autant pour le lectorat que pour les personnages et les artistes.

Croque mitempsAinsi, nous sommes tous confrontés au temps qui passe, et la lecture de mangas au long cours a tendance à nous le rappeler. Je concluerai donc en disant que moi, je commence à devenir un semi-vieux, et que c’est pas très grave, car je continue de prendre du plaisir en lisant des shonen. Mais moi, je les lis du point de vue du mec plus vieux que les héros (mais plus jeune que Sangoku à la fin de DB), et plus vieux également que beaucoup de mangakas qui font du nekketsu. Est-ce que ça change quelque chose ? Je ne le crois pas, fondamentalement, mais il fallait bien trouver une façon de conclure, et comme l’article est décousu depuis le début, je n’ai pas trouvé mieux.

Rappelons simplement que le but de toute fiction est de nous faire oublier notre propre mortalité en dilatant le concept de temps, ainsi que nous présenter des mondes horribles en nous disant implicitement qu’ils ne seront jamais aussi horribles que le monde réel… Mais heureusement, on revient au réel ensuite, et on se souvient qu’on finira tous par mourir, nous débarrassant enfin de toutes ces conneries !

Cordialement !

 

 

30 commentaires

  1. Mes neveux ont grandi avec Naruto. Après est-ce que cela leur a apporté quelque chose? Mystère. Maintenant, qu’ils ont plus de 20 ans, ils ne lisent plus de mangas et plus du tout d’ailleurs.
    Je voulais rebondir est-ce que l’on écrit pareil à travers le temps et j’ai pensé à des auteurs jeunesses. Je en suis pas une pro du manga comme toi. Pef et Susie Morgenstern écrivent pour des enfants entre 7 et 16 ans depuis plus de 30 ans. ils arrivent à garder cette fraicheur, cette candeur dans l’écriture et je trouve cela admirable. La nuance est qu’ils n’écrivent plus pareil mais qu’ils orientent sur des sujets plus de leur époque tout en cultivant leur âme d’enfant. Pas forcément l’âge d’adolescent car cela reste une période ingrate.

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    • Je vois ce que tu veux dire pour Pef (que j’adorais enfant) et Morgenstern.
      Dans le cas du manga, je trouve que dans certaines séries longues, on voit vraiment le gain en maturité des auteurs.

      Pour ce qui est de tes neveux, ils ont au moins du apprécier sur le moment, et j’ose espérer que les valeurs mises en avant leur ont parlé.

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      • Est-il possible de cultiver son esprit d’enfant? Les auteurs qui ont 30/40 doivent quand même se mettre à la place de lecteur de 12/13 ans, c’est un sacré travail aussi 🙂

        Je ne sais pas si les valeurs leur ont apporté quelque chose. Mais j’offre des mangas à tous les enfants de mon entourage. Les garçons souvent n’aiment pas lire. Les mangas cela passe assez bien. On commence avec Chi, Kuro, puis en grandissant samouraï 1/2… Je mise sur les nouvelles générations…
        D’ailleurs, tu aurais des conseils de lecture manga pour un enfant en CE2? Je n’ai en stock que des mangas de chat. Tu es un pro toi 🙂 Tu peux m’aider à embrigader la jeunesse? 🙂

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      • Je te conseille d’aller voir les mangas de l’éditeur Nobi Nobi qui est spécialisé dans la jeunesse. Actuellement, ils éditent Iruma à l’école des démons, qui est une série longue (7 tomes en France, toujours en cours avec plus de 20 tomes au Japon), ça a un petit côté Harry Potter, et c’est testé et approuvé par les enfants d’amis qui ont 9 et 6 ans ! Et les parents peuvent le lire aussi, moi j’adore.

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  2. Mais cette conclusion 😂
    J’aime beaucoup ton article qui est très intéressant. Niveau manga la série que je lis depuis le plus longtemps, c’est Black Butler et comme tu le soulignes mon rapport à l’œuvre a évolué, j’ai le sentiment que la mangaka aussi, c’est passionnant quand j’ai relu les premiers tomes de constater cette différence énorme avec l’arc où on est maintenant.
    Idem pour Harry Potter, j’allais avoir 11 ans quand j’ai vu le premier film, j’ai attendu une lettre, pleuré quand elle n’est pas venue, j’ai lu les tomes en grandissant avec les héros, ça a été très marquant pour moi et même si oui il y a de meilleures œuvres jeunesses aujourd’hui, ça ne change rien à l’influence que HP a eu.
    Bref cet article est super, il me fait réfléchir à plein de choses. ☺️

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    • Je suis vraiment ravi de ton commentaire. J’ai vraiment eu du mal à rédiger cet article (je l’ai commencé il y a des mois, il suffit de regarder la date de publication de l’article de Vagabond que j’ai mis en lien pour voir de quand ça date 😅) et j’ai fini par le terminer il y a quelques jours après l’avoir laissé longtemps de côté. J’abordais d’autres pistes mais ça partait dans tous les sens.

      De mon côté, je n’ai pas de série que je suis depuis plus de 3 ans du coup, mais il va y en avoir qui vont m’accompagner longtemps et ça me fait un effet particulier.

      En fait ça fait longtemps que je me pose la question du rapport au temps dans mes pratiques de loisirs, comment mon rapport aux œuvres que j’aime évolue avec le temps. Harry Potter au cinéma a eu beaucoup d’impact sur ce point (les livres, j’ai fait du binge reading passe 25 ans, donc c’est pas pareil).

      Bref, c’est une question qui me passionne encore et toujours !

      Pour la conclusion, comme je savais pas du tout comment conclure (déjà au lycée en français, c’était mon point faible), j’ai joué la carte de l’humour.

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      • Tu sais c’est un peu comme les romans, parfois on commence l’écriture d’un projet puis on le laisse des mois ou des années dans un coin parce qu’on bloque sur un truc sans savoir quoi et on a un jour l’illumination. Ça ne me choque pas du tout perso, au contraire ça montre encore plus à quel point le sujet te tient à cœur 🙂

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      • L’écriture d’un roman c’est quand même un chantier infiniment plus important. Je n’ose même pas imaginer la difficulté que ça représente par rapport à un petit article de blog, qu’on peut mettre en ligne en quelques clics.

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      • Oui bien entendu mais si je prends cet exemple c’est pour mettre en avant le processus de réalisation qui demande aussi par moment de tout planter la pour prendre du recul, comme tu l’as fait. Pour te conforter dans ta démarche, simplement 😅

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      • Yes, j’avais compris ne t’en fais pas. Mais j’aime souvent rappeler que je fais des petites choses à toute petite echelle, je n’ai aucune prétention et je me sentirai mal de me comparer aux gens qui écrivent des romans.

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  3. Il est intéressant ton article, il a mis le doigt sur ce que j’aime dans les shonen, cet espace temporel où le héros a le temps et l’occasion de grandir.

    Mais il a mis le doigt également sur ce que je n’aime pas, la notion de « on a le temps de grandir et d’évoluer » ce que je sais être purement fictionnel… C’est finalement méga intéressant pour moi parce que, à cause de mon vécu, je n’ai jamais accepté et perçu le concept de temps comme tout un chacun… il a été mon allié pour guérir mais il a été mon ennemi dans certaines circonstances quand je vivais le pire…

    Tout ça pour dire que je ne suis pas tout à fait d’accord avec ta conclusion. Tu dis « Rappelons simplement que le but de toute fiction est de nous faire oublier notre propre mortalité en dilatant le concept de temps » ça marche peut-être avec les shonen, encore que il y a certaines morts assez terribles dans ces derniers donc oublier la mortalité en nous la présentant par la mort d’un personnage qu’on aimait…bof…

    De mon point de vue, qui n’est pas une vérité absolue bien sûr, je trouve que, non, les fictions n’ont pas vocation à nous faire oublier notre mortalité en dilatant le concept de temps, j’aurai plutôt tendance à dire qu’elles ont pour but de nous faire réfléchir, de nous faire ressentir des émotions et de nous faire rêver et imaginer.

    Peut-être que c’est dû à mon enfance et au regard déjà trop adulte que je portais sur ce que je regardais mais j’ai grandi avec des animés et des films qui ne me laissaient aucun doute sur ma mortalité, celle de mes proches et sur la dure réalité que je vivais, bon ok faut dire que j’ai grandi avec Bruce Lee et Ken le survivant….

    La seule chose finalement que certaines fictions – et certaines seulement – me donnaient était de, peut-être si j’avais de la chance, avoir un jour la chance d’avoir le temps de, au choix, me venger ou de finir par vivre une vie normale…

    Tout est une question de vécu et de regard, je ne raconte pas ça pour spécifiquement te contredire mais je pense que la temporalité est soumise à la caution de celui qui l’analyse, la mienne n’est pas la tienne qui n’est pas celle du voisin. Je te rejoins sur le fait que les shonen accompagne un public qui grandi et évolue et le reste mais c’est vraiment sur ta conclusion que n’arrive pas à m’accorder par contre… ou alors je n’ai pas compris ce que tu essayais de dire et si tel est le cas, je m’en excuse…

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    • Tu n’as pas à t’en excuser, à vrai dire ma conclusion était plus une pirouette sur l’instant car j’ai toujours du mal à trouver des conclusions. Et elle n’avait pas vocation à être trop prise au sérieux.
      Dans les faits je pense plutôt que la fiction aujourd’hui a pour vocation de nous faire dépenser du fric, mais qu’elle peut proposer d’autres fonctions à côté.
      Sur moi elle a toujours eu un impact fort, et je me demande si ce n’est pas lié à mes problèmes d’hypersensibilité. Mais au fil du temps j’ai fini par me dire que les messages et leçons qu’elle dispense ne sont pas quelque chose de pertinent dans la vraie vie.

      Mais tu as parfaitement raison en disant que tout ça est soumis à la caution de celui ou celle qui l’analyse. Dailleurs je ne me positionnera jamais en garant d’une vérité absolue et j’ai conscience du fait que je puisse être à côté de la plaque.

      Je pense que tout mon rapport au temps que j’ai exposé là vient sûrement de mon rapport à la fiction en générale, et aussi à mon rapport à l’enfance et ma propre enfance. Je me demande même si dans ma tête les deux ne se confondent pas un peu trop.

      Aimé par 1 personne

      • « Tu n’as pas à t’en excuser, à vrai dire ma conclusion était plus une pirouette sur l’instant car j’ai toujours du mal à trouver des conclusions. Et elle n’avait pas vocation à être trop prise au sérieux. » désolée je n’ai pas compris la subtilité :-p

        « Je me demande même si dans ma tête les deux ne se confondent pas un peu trop. » ça c’est légitime, est tous la construction de ce qu’on a absorbé dans notre enfance et c’est ok.
        La fiction a sur moi un impact fort également maisn comme tu le dis justementn je la vois à travers mon prisme personnel comme tu la vois à travers le tiens, du coup, on ne se laisse pas impacter par les mêmes éléments et/ou pas de la même façon… c’est ce qui rend les échanges d’opinion intéressants et permet d’ouvrir nos perceptions… 😉

        Aimé par 1 personne

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