Mon avis sur… Slam Dunk Star Edition T.15&16 de Takehiko Inoue

C’est devenu une habitude sur le blog, vous ne serez donc pas étonné que j’annonce d’emblée la couleur, ces deux nouveaux tomes de Slam Dunk sont encore et toujours une merveille, et alors que le sprint final me semble entamé ici, je vibre et tremble à chaque volume avec notre chère équipe de Shohoku, et attends avec une impatience folle la conclusion de cette série exceptionnelle, qui devrait arriver en juin. On ne le dira jamais assez, c’est vraiment important que les éditeurs remettent en avant les titres majeurs de leur catalogue, et cette Star Edition de Slam Dunk permet à cette série qui n’a pas pris une ride de toucher un nouveau public, et pour ça, il faut remercier Kana. Je les remercie d’autant plus qu’ils m’ont envoyé le tome 15 ! Ceci étant dit, voyons ce que Inoue nous a réservé pour ces deux volumes.


Mon avis sur les tomes précédents : Tome 1Tome 2Tomes 3&4Tomes 5&6Tomes 7&8Tomes 9&10Tomes 11&12 Tomes 13&14


Shôhoku participe pour la première fois au tournoi interlycées ! Leur premier adversaire est le lycée Toyotama qui représente Osaka. Shôhoku est menée dès le début par cette équipe, grande habituée du tournoi interlycées, et composée uniquement de joueurs de haut niveau… Quelle stratégie adopter dans ce match au style plutôt brutal ?!

Je l’ai dit en introduction, il semblerait qu’on arrive ici dans le sprint final. Non seulement il reste peu de tomes (seulement 6, même si ils sont parfois bien épais), mais surtout, le tournoi interlycées qui débute dans le quinzième volume a une forte tonalité de grand final, avec des affrontements contre les meilleurs équipes nationales. De ce fait, je pense que c’est vraiment cet événement qui va clôturer la série, puisque l’enjeu est de taille. De plus, Inoue a commencé à mettre en avant les perspectives d’avenir des différents personnages à la fin du tome précédent, afin de montrer qu’il y a un après tout ceci. Enfin, le simple fait de savoir qu’on est arrivé aux trois quarts de la série, voire plus, indique bien qu’on ne va pas tarder à conclure.

Tout ceci donne un parfum particulier à ces tomes, qui se savourent encore plus qu’à l’accoutumée tant on va vite arriver à la conclusion de cette série qui, dès son premier tome, aura su créer une forte connexion émotionnelle avec moi, en grande partie grâce à son travail sur les personnages.

Et si on arrive à un stade où les matchs s’enchainent, il n’empêche qu’Inoue ne laisse jamais cet aspect de côté, et continue jusqu’au bout à travailler ses personnages avec le talent qui le caractérise. Que ce soit via les séquences entre les matchs, avec une préparation aussi bien physique que mentale, ou avec les pensées de nos différents joueurs pendant la compétition, agrémentées parfois de flashback, Inoue n’oublie jamais de nous faire partager le point de vue de nos héros, les rendant toujours plus proches de nous, et permettant ainsi de donner toujours davantage d’intensité aux matchs.

Et pour ce qui est de l’intensité, nous allons être servis. Le tome 15 déroule tout le match contre le lycée Toyotama et Inoue a la bonne idée d’utiliser une technique d’écriture qu’il n’avait pas encore exploité jusqu’ici : créer un véritable antagonisme avec l’équipe adverse. Ce n’est pas la première fois qu’il offre de la densité aux adversaires de Shohoku, permettant de comprendre ce qui se joue dans la tête des joueurs pendant le match, mais là où auparavant Inoue faisait ça pour créer de l’empathie vis-à-vis de l’équipe adverse, il souhaite au contraire créer un fort sentiment d’antagonisme concernant Toyotama. C’est bien simple, les cinq joueurs sur le terrain sont imbuvables, essayant de déstabiliser Shohoku avec des remarques de toutes sortes, ou avec des gestes pas franchement fair play.

De même, le personnage de Minami de l’équipe de Toyotama est particulièrement mis en avant et s’avère extrêmement antipathique dans ses gestes et sa façon d’appréhender le basket. Mais cet aspect sera fort heureusement très bien travaillé par Inoue, créant une évolution vraiment bienvenue dans sa façon de voir les choses, constatant qu’il s’est un peu perdu en route en poursuivant au départ un objectif noble qui l’aura finalement rongé au point d’oublier le plaisir des débuts. Encore une fois, Inoue cherche vraiment à étoffer les personnages secondaires, et c’est gagnant à tout point de vue puisque cela renforce considérablement l’assise émotionnelle des matchs, ainsi que la densité narrative de son titre.

Et si tout cela contribue à rendre le match plus intense, il y a aussi un point important à souligner : ces tomes effectuent encore un bon qualitatif du point de vue esthétique. Alors que la série est somptueuse depuis son tout premier tome, il y a encore ici une montée en gamme visuelle, avec un trait qui gagne encore en détails, et surtout, un travail de mise en scène et sur les postures des personnages toujours plus impressionnant. Forcément, le fait d’approcher de la fin de la série doit y être pour quelque chose, et je dois me faire violence pour ne pas vous montrer certaines planches (afin de ne pas vous gâcher la découverte). Car il y a plusieurs moments de grâce visuels pour souligner certaines prouesses des joueurs, dont Sakuragi.

Car il est impossible d’aborder Slam Dunk sans avoir un mot à un moment ou un autre pour Sakuragi. Mon Dieu, que j’aime ce personnage. Dans ces volumes, Inoue a accentué l’humour de la série, encore plus présent que d’habitude (mais ne désamorçant jamais la tension globale), et il passe encore et toujours par Sakuragi. On ne sait vraiment jamais sur quel pied danser avec lui, alternant les moments de jeu exceptionnels avec les bourdes les plus inconcevables. Il est vu par beaucoup comme un joueur au potentiel exceptionnel, mais également comme la donnée incertaine dans l’équipe, étant capable du meilleur comme du pire. Et si cet aspect est présent depuis le début, Inoue arrive à ne jamais lasser sur ce point, ce qui est un sacré tour de force.

De plus, en dehors de ses actions sur le terrain, il dégage une aura certaine. Une forme de coolitude dingue, en particulier lorsqu’il devient vraiment sérieux et balance quelques répliques des plus badass, tout en conservant son ridicule légendaire à de nombreuses reprises. Je pense vraiment que c’est ce grand écart constant, parfaitement géré, qui rend le personnage si réussi, et qui contribue à l’intensité de ses actions. Car l’incertitude constante que l’on a avec lui fait que ses moments de grâce sont encore plus poignants.

Je pense par exemple à un fameux slam dunk qu’il va marquer dans un des deux tomes, qui m’a littéralement scotché tant il est impressionnant. Et le visuel d’Inoue met encore une fois parfaitement en valeur ces moments de grâce, sans oublier tout le travail autour, que ce soit les réactions de ses équipiers, du public ou des équipes adverses. Encore une fois, c’est cette maitrise de tous les aspects de la mise en scène et de l’écriture, fonctionnant de concert, qui font que les matchs ont cette intensité qui nous met en apnée durant toute la lecture, y compris si on ne s’intéresse pas du tout au sport, comme c’est mon cas par ailleurs.

Car Inoue arrive à retranscrire une forme de langage du basket, donnant un vrai sens à des actions de jeu, que ce soit une passe, un tir ou autre. En construisant les liens entre les personnages de façon extrêmement dense et aboutie, chaque geste devient porteur de sens et par conséquent, d’une certaine force émotionnelle. De ce fait, il n’y a rien d’étonnant à ce que dans les moments les plus importants, les larmes montent aux yeux, car ce n’est plus simplement du sport, mais une vraie histoire humaine que l’on a devant nous. L’histoire d’une bande d’adolescents qui grandissent et évoluent, et de leur rapport au monde et aux autres.

Ainsi, alors que le tome 16 s’achève en plein match contre une des équipes grandes favorites du tournoi, on se surprend une fois de plus à avoir vécu une lecture qui passe à toute vitesse, mais laisse une trace forte. Je le dis à chaque fois et je m’en excuse, mais j’aurai du mal à trouver une autre façon de dire que, tome après tome, Slam Dunk s’affirme encore et toujours comme une lecture exceptionnelle et comme un de mes mangas préférés, définitivement au-dessus du lot, comme tout ce que peut faire Inoue, un des plus grands mangakas vivant à mes yeux.

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