Shaman King Star Édition T.6 et Fire Force T.17

Shaman King Fire Force

Mes réflexions sur mes lectures en terme de shonen nekketsu m’ont amené à me dire que oui, j’aime toujours énormément le genre, même si certaines séries me lassent. Tout cela est bien aidé par la présence de titres qui arrivent à constamment renouveler mon intérêt pour le genre, et dans le domaine, Shaman King et Fire Force font partie des séries qui m’enthousiasment le plus actuellement, mais pour des raisons différentes ! J’ai donc eu envie de traiter conjointement des deux, sachant que mon article évite au maximum les spoils. De plus, si vous n’êtes intéressé que par un seul des deux avis, sachez que vous pouvez sans soucis les lire séparément en zappant l’un des deux. Mais j’aime l’idée d’en parler en même temps car chacune des séries montre deux aspects différents du nekketsu qui me plaisent.


Avant de commencer, un grand merci à Kana pour l’envoi de ces deux volumes !


Mon avis sur les tomes précédents de Shaman King : Tome 1&2Tomes 3 à 5

Mon avis sur Fire Force dans sa globalité : Fire Force – Le nekketsu qui a le feu sacré


Shaman KingComme je l’ai dit en introduction de l’article, Shaman King s’affirme au fil des tomes comme un nekketsu extrêmement solide, mais aussi des plus classiques. Mais si vous avez l’habitude de me lire, vous savez que le classicisme n’est pas un soucis pour moi. D’autant plus que l’on pourrait quand même y trouver certains traits plus ou moins originaux, dont un qui est plus contextuel. En effet, la série ayant déjà 20 ans derrière elle, son esthétique marquée par son époque devient aujourd’hui un signe d’originalité. On y trouve en effet un character design et un découpage qui peuvent sembler désuets aujourd’hui, mais qui sont marqués par leur époque (cela me rappelle parfois Hunter X Hunter) et qui ne manquent pas de charme.

Et le charme est le maître mot concernant mon rapport à cette série. Je trouve en effet qu’il se dégage une ambiance particulière à Shaman King qui me met en joie à chaque fois que j’ouvre un tome. Et ce sixième volume ne déroge pas à la règle, bien au contraire. Je trouve que Takei nous donne toujours un bel os à ronger, que ce soit via un travail de ses thématiques, sur ses personnages ou l’enrichissement de son univers.

Pour ce qui est des thématiques, j’ai déjà évoqué dans mes précédents articles le rapport au monde des esprits et à la nature qui est induit par la nature même de l’univers, mettant en avant ce rapport au sein de diverses ethnies, que ce soit les amérindiens, les ainous, etc… Et sur ce point, on a droit à une sous intrigue sur plusieurs chapitres centrée sur Horohoro, qui contribue à étoffer le personnage dans la grande tradition du nekketsu.

En effet, très tôt dans le volume, il se retrouve séparé de ses camarades et va rencontrer une jeune femme qui protège un ours nommé Appolo. Horohoro va aller à la rencontre de l’ours, expliquant que le rapport entre l’homme et la nature est au cœur de sa culture. Je ne dévoilerai pas les tenants et aboutissants de cette sous-intrigue car elle est assez étonnante dans son déroulement. Mais ce qui est certain, c’est qu’elle représente une pause dans le récit principal qui vient en étoffer les thématiques et la richesse, en développant un personnage secondaire. Et si la question du lien entre l’homme et la nature est loin d’être nouvelle dans la fiction, y compris dans les mangas, je trouve que Takei développe cet aspect avec une grande pertinence, d’autant plus qu’il est parfaitement en lien avec l’identité de la série.

Cohabitation de l'homme et la nature

Et surtout, cette petit intrigue arrive à éviter un écueil trop fréquent sur la thématique, qui est un rapport un peu simpliste du genre « nous les hommes avons la responsabilité de la nature et devons la préserver ». En présentant un personnage féminin qui fait finalement du mal sans le vouloir à l’ours, Takei prend un peu de hauteur sur le sujet et arrive, l’air de rien, à dire des choses vraiment pertinentes sur la question.

Et c’est vraiment un des points que j’apprécie dans certains nekketsu. En reprenant des structures de récit ultra classiques et des thématiques éculées, certains auteurs arrivent parfois à nous prendre un peu à revers et à proposer une réflexion finalement plus subtile que ce à quoi on s’attendait de prime abord. Et en l’occurrence, avec cette histoire centrée sur Horohoro, Takei arrive parfaitement à cela, et c’est pour moi le genre de détail qui élève le niveau de la série.

Mais il n’y a pas que ça à retirer de ce tome, loin de là. Le mangaka n’oublie pas de nous offrir nos petits plaisirs simples de fans de nekketsu, en rendant un personnage badass et stylé comme il se doit, et en l’occurrence ici, il s’agit de Bokutou no Ryu, qui n’a pas la couverture pour rien !

Je l’avais déjà évoqué rapidement précédemment, mais Ryu est clairement le personnage qui m’a tout de suite parlé. Que ce soit son look à la Elvis, avec le running gag des cheveux qui se font couper et repoussent de façon étrange, ou son rêve de trouver son « best place » et sa fidélité vis-à-vis de ses amis, il dégage vraiment quelque chose que j’aime tout particulièrement. Et dans ce volume, il a droit à son heure de gloire, puisqu’on aura un flashback montrant son entrainement, pour justifier sa montée en puissance dans un combat franchement réussi… contre un vampire !

C’est un autre élément qui me plait dans cette série. Takei exploite vraiment bien son univers et son système de pouvoir afin de mettre en scène des personnages aux allures fantastiques. Après Faust VIII le nécromancien, on a ici droit à Boris Dracula le vampire, sachant que le pourquoi du comment de ses aptitudes est aussi justifié par son Over Soul. Cela permet d’avoir encore une fois un antagoniste haut en couleurs qui a un style qui lui est propre.

Enfin, le tome n’oublie pas d’étoffer l’univers ainsi que l’intrigue, nous en apprenant davantage sur le principal antagoniste et mettant en avant une organisation sensée être du côté du bien, les X Laws. C’est l’occasion de mettre en avant l’ambiguïté morale chère au nekketsu, qui si elle est souvent simpliste, est toujours bienvenue malgré tout. Ici, on questionne le fait de tuer ses adversaires, Yoh étant totalement contre cette idée, comme la plupart des héros du genre.

Encore une fois, cet aspect, et tous les autres évoqués précédemment finalement, sont assez classiques du genre. Takei ne cherche à aucun moment à réinventer la formule du shonen nekketsu. Au contraire, il cherche à s’ancrer totalement dans les codes du genre, afin de se les approprier et les traiter de la façon la plus scrupuleuse et efficace possible. Et ça marche étonnamment bien dans le sens où son récit est un parfait véhicule des valeurs positives transmises par le nekketsu, les prenant d’ailleurs très au sérieux.

Ainsi, sans réinventer le genre, Shaman King s’affirme encore et toujours comme une série des plus solides, dégageant un charme certain et considérant avec sérieux et déférence les codes du genre. On a droit à des moments forts très bien dosés, des réflexions vraiment pertinentes et qui parfois élèvent un peu le débat, et surtout, une maîtrise de chaque instant de son storytelling qui fait qu’on a toujours envie d’aller de l’avant en compagnie de Yoh et ses camarades. Car je n’ai évoqué dans cet article que les points qui ont le plus retenu mon attention, mais il y aurait encore bien des choses à dire. Définitivement une série que je suis heureux de découvrir, 20 ans après ses débuts !


Fire ForceAprès mon gros article sur la série qui se proposait de revenir sur son univers, ses personnages et ses spécificités qui en font un de mes nekketsu préférés en cours actuellement (voire mon nekketsu préféré), il est un peu compliqué d’embrayer sur un article dédié à un tome uniquement. Comme je l’ai dit en introduction, je souhaite rendre cet article lisible par tout le monde, sans spoiler d’élément important, mais en traitant ce tome de sorte à donner envie de se lancer dans la série si ce n’est pas déjà fait.

Pour commencer, je peux déjà vous dire qu’une fois de plus, cette lecture fut excellente, maintenant un niveau qualitatif constant. Cela est dû à un travail de très grande qualité sur l’écriture globale du titre, que ce soit son univers, ses personnages et l’enchaînement des péripéties qui ne perdent jamais de vue le fil conducteur d’une intrigue parfaitement développée, avec des thématiques passionnantes pour élever encore le niveau global de la série.

Sans entrer dans les détails, afin de ne pas vous gâcher le plaisir, ce nouveau tome continue d’étoffer l’intrigue et les thématiques du récit, en n’oubliant pas de nous proposer de l’action toujours très bien emballée. Au détour d’une référence intrigante à l’énergie nucléaire (que ce soit la bombe atomique où les centrales nucléaires), Ohkubo arrive encore à surprendre et proposer des idées fortes.

Et en terme de thématiques, j’en retiens trois très fortes en terme de traitement et de pertinence. Si celle de la religion est présente depuis le début, étant un élément constitutif majeur de l’univers, Ohkubo évite les oppositions binaires et montre que même avec une corruption avérée des instances religieuses, la question n’est pas toute noire ou tranchée pour autant. Ainsi, on a droit à des idées vraiment intéressantes sur ce point, qui rejoignent un peu ce que je disais concernant le rapport de Horohoro à la nature dans Shaman King. Dans le sens où dans les deux cas, les auteurs pourraient se contenter de rester dans des poncifs moraux vus et revus, mais finalement chacun décide de prendre un peu de hauteur sur tout ça, proposant une réflexion plus pertinente et profonde qui fait vraiment plaisir.

Autre point important qu’Ohkubo continue de développer, et une fois de plus d’une façon pertinente qui évite un discours trop simpliste : la question des énergies renouvelables et de la consommation de ressources. Ce sujet est central dans nos vies quotidiennes, réchauffement climatique oblige. Or, l’univers de Fire Force est en plein dans des réflexions sur la question, que ce soit via un écosystème totalement ravagé, ou alors la façon dont les énergies sont produites. Cet élément au cœur du récit est encore développé ici, et la question du rapport entre les impératifs industriels et économiques et les considérations écologiques est mise en avant de bien belle façon, notamment via le personnage de Vulcan, un de mes chouchous.

Fire ForceEnfin, la dernière thématique développée avec intelligence, moins centrale dans le récit pour le moment, est celle du rapport à l’enfance et de l’éducation abusive. Au détour d’une séquence, on peut voir les conséquences d’une éducation malsaine sur un enfant, et la façon de résoudre ce conflit est très particulière, soulignant une forte ambiguïté morale, mais très bien vue pour, une fois de plus, éviter les poncifs et proposer de vrais questionnements.

Vous l’aurez donc compris, ce qui continue de me fasciner dans Fire Force est la capacité d’Ohkubo à toucher juste dans ses développements thématiques, ne sombrant jamais dans la facilité pour au contraire, rester toujours pertinent dans tout ce qu’il aborde. Tout ceci agissant de concert avec le développement de son intrigue et ses personnages, et soutenu comme toujours pas un dessin au top, permettant aux moments d’action d’être une fois de plus parfaitement menés. Ainsi, alors que Shaman King reste dans des schémas classiques mais très maîtrisés, Fire Force continue au contraire de proposer plus d’originalité dans son développement, dépassant largement le cadre du « simple » nekketsu selon moi. Dans les deux cas, les auteurs maîtrisent tellement leur récit que c’est surtout à chacun et chacune de voir ce qu’il/elle recherche, mais les deux titres sont pour moi excellents, voire plus.

4 commentaires

  1. J’avais lu la première intégrale de Shaman King mais y’a rien à faire je préfère en animé 😅 ça me le fait avec tous les nekketsus.. Du coup je me réjouis que la nouvelle adaptation arrive :3 je regardais l’autre à la télé il y a des années avec ce sublime générique français 😂 bref ce n’est pas en plein lié à ton article mais j’avais envie de laisser un petit mot !

    Aimé par 1 personne

    • Oui, il me semble qu’on en avait déjà parlé, et ça reste dans le sujet et surtout c’est toujours un plaisir de discuter un peu !
      D’ailleurs je ne crois pas qu’on ait déjà parlé de Hunter x Hunter ensemble. Tu as déjà lu ou regardé ? Car ça fait partie des rares mangas dont je regarde aussi l’adaptation (celle de 2011 pour HxH, jamais vu la première) et je trouve que c’est une adaptation de grande qualité.

      D’ailleurs j’ai aussi pris conscience que je préférais les adaptations de Fullmetal Alchemist au manga qui souffre trop de son côté première œuvre à mes yeux.

      Aimé par 1 personne

      • J’ai souvenir d’avoir lu HxH quand j’étais plus jeune, genre aux alentours de 13 ou 14 ans car mon cousin me les prêtait. Par contre ça ne va pas au delà, je sais que je les ai lu mais ça ne m’a pas du tout marqué ^^’ Il faudra que je regarde l’anime, il me semble qu’il est sur Netflix en plus.
        J’ai la même chose pour FMA ^^’ Même si moi j’ai vu les vieux animés donc ceux qui ont cessé de suivre le manga papier, il faudrait que je regarde Brotherhood.

        Aimé par 1 personne

      • Ah mais si tu l’as lu vers 13 ou 14 ans, Togashi n’avait pas encore atteint le sommet de son art dans la série. L’arc des Kimera Ants qui a été écrit plus tard il me semble est vraiment extraordinaire à mes yeux.
        Donc je t’encourage vivement à tester l’anime (qui est en effet sur netflix, je ne regarde les animes que par ce biais), qui est vraiment top.

        Aimé par 1 personne

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