Mon avis sur… Héroïne malgré moi T.1 de Fuyu Amakura

Héroïne Malgré moi

Parmi les nouveautés de début d’année chez Kana, j’étais très curieux de découvrir le shojo Héroïne malgré moi, série courte en 4 tomes de la mangaka Fuyu Amakura. Le synopsis du titre et sa protagoniste qui semblait s’éloigner de la figure féminine classique que l’on trouve dans les romances lycéennes m’intéressait pas mal. Et comme Kana m’a envoyé ce premier tome, je peux donc vous faire part de mon avis sur celui-ci, sachant qu’il sortira le 22 janvier.

Je remercie au passage l’éditeur pour l’envoi, et vous invite à aller voir la fiche de la série sur le site de Kana, qui vous permettra notamment de lire le premier chapitre pour vous faire une idée.

Shûko est une lycéenne qui a passé toute son enfance à faire du judo. En entrant au lycée, elle se jure de faire autre chose. Elle veut agir et se comporter « comme une fille », pour enfin découvrir l’amour. Inopinément, elle rencontre le garçon qui pourrait exaucer son souhait mais, à condition qu’elle devienne… son garde du corps !

Je ne sais pas pour vous, mais à la lecture du synopsis, avec cette jeune lycéenne qui fait du judo depuis toute petite aspirant à vivre une vie de fille « normale » et rencontrer l’amour, j’ai tout de suite pensé à un autre titre récemment arrivé chez Kana, le fameux Yawara ! de Naoki Urasawa. On retrouve en effet à peu de choses près le même sujet, sauf que les deux séries abordent la thématique de façon totalement différente, comme nous allons le voir.

Comme je l’ai dit en introduction, ce titre me faisait de l’œil pour plusieurs raisons. Tout d’abord, dans ma volonté de traiter du manga dans sa diversité, il me semble normal d’aller vers le shojo, et vers la romance lycéenne, un genre vraiment très représenté chez nous (à tel point qu’on pense parfois à tort que romance lycéenne et shojo sont synonymes). Mais surtout, le sujet du manga me parlait, car j’imaginais ce pitch de départ comme un moyen de parler de stéréotypes de genre, opérant une inversion des rôles puisque ce serait le personnage féminin qui aurait la casquette du personnage fort qui cherche à protéger un faible garçon.

HéroïneSauf que cet élément, c’est juste sur le papier (et peut-être surtout dans ma tête), et très vite, on se rend compte que cet aspect est surtout le prétexte au rapprochement entre les deux personnages principaux, plus qu’un réel élément thématique. Si malgré tout on trouve des petits éléments qui viennent appuyer un début de propos sur le sujet, ça me semble assez faible sur ce point, et pour une série aussi courte (4 tomes), il vaut mieux directement aller dans le fond des choses. Or, ici, si on voit que le « caring » n’est pas l’apanage des filles uniquement, Serizawa étant très soucieux de comment faire plaisir à Shûko, on ne peut pas dire que le côté « fille forte qui protège un garçon faible » soit vraiment source d’un discours poussé sur les stéréotypes de genre.

Ainsi, on se retrouve malheureusement rapidement dans les canons du shojo de romance lycéenne, relativement cousue de fil blanc, où l’histoire semble se résumer à une rencontre qui va amener chacun des deux à prendre conscience de sa complémentarité vis-à-vis de l’autre, en même temps que des sentiments plus forts que l’amitié naîtront.

Un classicisme consommé donc, qui n’est pas forcément une tare en soi, mais qui m’a un peu déçu puisque j’en attendais davantage. Mais passé cet écueil, il faut admettre que le titre est soigné, aussi bien dans son écriture que dans son esthétique, plutôt belle avec un trait fin et un découpage clair. Cependant, le visuel est au diapason de l’écriture et on reste dans quelque chose de très classique.

De ce fait, la question à se poser en tant que lecteur ou lectrice est simple : est-ce que ce type d’histoire traitée de façon classique vous parle ou non ? Car il est évident qu’avec ce premier tome, Héroïne malgré moi est une série qui ne cherche pas à proposer quelque chose qui dépasse le cadre de la romance lycéenne. Mais la série semble sur de bons rails et faite avec soin. De ce fait, je n’ai aucun doute sur le fait qu’elle ait le potentiel de trouver son public et qu’elle fasse passer un bon moment. Cependant, je suis bien obligé d’admettre que je suis en partie passé à côté. Certes, j’ai trouvé la lecture agréable, mais ce classicisme dans la construction du récit fait que je n’arrive pas à y trouver ce petit truc en plus que j’avais imaginé à la lecture du résumé. De ce fait, c’est une mini déception me concernant.

Mais je pense aussi que le genre du shojo de romance lycéenne n’est tout simplement pas fait pour moi. Je n’y trouve pas ce dont j’ai besoin en terme d’écriture de personnages pour réussir à vraiment me projeter dedans. Je ne doute pas qu’il y a des exceptions, mais globalement je sens que le genre ne me va pas. Ainsi, si vous êtes comme moi, mais que vous recherchez quand même votre dose de romance et de sensibilité, je pense vraiment que se tourner vers les titres de la collection Life de Kana serait une bonne idée. J’ai par ailleurs abordé chacun des titres déjà sortis dans cette collection, pour la simple et bonne raison qu’ils arrivent tous à me toucher, en proposant un traitement adulte qui me convient davantage sur des thématiques en lien avec les rapports hommes/femmes. Je recommande tout particulièrement Cigarette and Cherry si vous souhaitez avoir votre dose de romance. Quoi qu’il en soit, Héroïne malgré moi n’est pas un titre qui me marquera, mais ce premier tome a le mérite d’être fait avec soin et sincérité, et ne devrait donc pas faire passer un mauvais moment.

23 commentaires

  1. Je l’ai reçu hier 🙂 Je pense que je le lirai tranquillement ce weekend. Bon, d’après ton avis ce n’est pas un manga extraordinaire, mais il a l’air quand même sympa. Parfois j’aime bien lire ce genre de bonbon sucré un peu guimauve. Enfin, je verrais bien si ça passe mieux avec moi.
    Je te souhaite un bon weekend (enneigé par chez nous)

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    • Oui, je pense effectivement que ce titre n’a rien qui lui permet de se démarquer, mais qui est quand même fait avec soin. Comme je l’ai dit, je pense de plus en plus que c’est un genre qui ne me parle pas sauf rares exceptions comme Orange, mais si on aime ce type d’histoire, c’est vraiment un titre qui peut faire passer un bon moment. Donc je pense que tu peux le lire en t’attendant à quelque chose d’agréable.

      Excellent week-end à toi et ta famille également. Chez nous il a neigé avant hier mais apparemment ça devrait reprendre ce soir.

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      • Personnellement, je suis assez friand de romances. Mais comme je le dis en fin d’article, je pense que je vais plutôt me pencher sur des romances pensées pour un public adulte. Non pas que j’ai un quelconque mépris pour les romances lycéennes et adolescentes, mais je pense que c’est un genre qui me parle moins.

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      • Oui, je pense qu’on a sans doute passé l’âge des bluettes adolescentes avec des paillettes et tout le tralala… Et puis leurs problématiques ne sont pas les mêmes qu’avec des adultes.

        Rien à voir, mais… mon cher et tendre a du mal avec la romance en général… Et il y en a un peu dans mon roman XD Et le pauvre est l’un de mes relecteurs… Voilà, c’était juste pour dire 😛

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      • Moi je suis d’avis que ça ne fait jamais de mal un peu de romance, donc je suis de ton côté !

        Et je pense en effet qu’en fonction du public cible, ça fonctionne plus ou moins puisqu’avec l’âge les problématiques peuvent évoluer. J’ai aussi ce soucis dans une moindre mesure avec le shonen nekketsu où je trouve souvent que certains traitements thématiques sont un peu faibles puisque plus orientés vers un public adolescent. Mais tant que le titre traite avec soin son histoire et respecte l’intelligence de son lectorat, je ne le reproche pas. Et pour le coup je pense que Héroïne malgré moi est dans ce cas, je n’ai pas le sentiment que les ados qui sont le public cible soient pris pour des idiots en lisant le titre.

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  2. Je l’ai reçu hier justement et lu dans la foulé. Je pense comme tu dis qu’il faut être le public visé pour apprécié ce titre. Même si le sujet est sympa, il reste classique dans le genre shojo. Pour ma part, je suis une grande fan de shojo donc j’ai beaucoup apprécié 🙂

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    • Je me doutais que tu apprécierais car j’ai vu plusieurs fois que des shojos classiques sur lesquels j’étais mitigé te plaisaient beaucoup, du coup je me suis dit que ce serait peut-être aussi le cas pour celui-ci !
      Après, j’ai quand même passé un bon moment de lecture, et je pense vraiment que la mangaka a fait du bon travail, c’est simplement que ça ne m’a pas parlé.

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  3. C’est typiquement le genre de titre qui me déplaît.. Rien que l’idée que faire du judo implique de ne pas être une vraie fille, ça m’énerve 😁 d’où savoir se défendre implique un manque de féminité ? :/ et quand je lis le résumé c’est vraiment ça que je vois tout de suite. Après de toute manière, comme toi, je ne suis pas le public cible donc.. Bref je passe.

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    • Surtout que moi j’avoue que je trouve ça un peu sexy la tenue de judo ☺

      Mais c’est surtout que, en dehors du fait que c’est en effet un drôle de raccourci (qu’on trouve aussi dans Yawara et My Fair Honey Boy, mais en beaucoup mieux traité), ça ressemble vraiment à un prétexte expédié pour au final nous envoyer vers un shojo romance lycéenne ultra classique en mode « je ressens des palpitations parce que ce garçon est super gentil avec moi, d’où cela peut-il venir ? »

      Mais comme je l’ai dit, en soi c’est quand même très bien dessiné et plutôt bien raconté. Mais ce n’est pas quelque chose qui me parle.

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  4. Un peu de classicisme ne me dérange pas d’autant que j’ai une culture assez limitée des romances lycéennes. Je pourrais donc m’arrêter sur le manga à la médiathèque, mais pour un achat, j’aurais tendance à m’orienter vers des titres plus adultes, ce qui tombe bien puisque tu nous en proposes 🙂

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    • Je recommande aussi davantage les ouvrages plus adultes en effet, tout simplement car ça me parle davantage.
      Et tu as raison, en médiathèque ca vaut le coup de s’y intéresser. En plus en 4 tomes ça s’encombre pas les rayons, c’est le genre de titre que je recommanderai à des collègues pour une structure (je pense d’ailleurs faire don du mien à notre médiathèque, ça fera déjà 1 quart de la série).

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  5. Je ne pas surprise par ce que tu en dis malheureusement.
    Je le craignais à la lecture de l’extrait gratuit et j’étais allée lire un peu en scans. J’ai eu le même sentiment que toi sur l’héroïne judoka qui ne sert que de prétexte à la romance. Alors ce n’est pas mauvais non plus, mais y a rien d’original et ça ne me donne pas envie de l’acheter 😅

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    • Ca reste un manga soigné comme je l’ai dit donc pourquoi pas.
      Je ne connais pas ce drama coréen, je dois même avouer que je n’ai jamais regardé ce genre de programme, mais un jour je me pencherai peut-être Ur le genre !

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