Ma Mangathèque Idéale #8 : Dragon Ball

Dragon Ball

Dragon Ball est un cas vraiment à part dans l’histoire du manga, c’est indéniable. Que l’on apprécie ou non la série, il n’est pas possible d’ignorer cette série et son caractère de « classique » de son médium. Il reste un des plus gros succès de l’histoire du manga, et suscite encore aujourd’hui énormément de passion. Il est parmi ceux qui ont le plus réussi à traverser les âges et à parler à plusieurs générations successives. Et en France, il a été une porte d’entrée vers le manga pour énormément d’enfants qui sont aujourd’hui des adultes qui ont entre 30 et 40 ans. On pourrait multiplier les remarques à ce sujet, tout cela pour dire que Dragon Ball a une place particulière dans l’histoire et le rayonnement du manga, et ce au niveau mondial.

Énormément de choses ont été écrites sur la série, que ce soit sur son histoire et son évolution, son impact, ou même son exégèse afin de saisir la portée de l’œuvre de Toriyama qui dépasse largement le cadre du manga de bagarre. Ainsi, proposer un énième article sur le sujet n’est pas nécessairement pertinent, à moins d’avoir un angle intéressant. Me concernant, je ne sais pas si c’est vraiment intéressant, mais il fallait bien que je parle un jour de ce manga dans le cadre de Ma Mangathèque Idéale, car si la série ne peut que baisser dans mon classement tout personnel de mes mangas préférés (au fil des ans, je découvre régulièrement des titres qui me parlent davantage), Dragon Ball garde une place toute particulière pour moi, qu’aucun autre titre ne pourrait lui ravir, ce qui est déjà pas mal en soi. Ainsi, dans cet article, je vais surtout parler de mon rapport à ce titre, ce que je lui trouve comme points intéressants, comme faiblesses, comme signes de l’âge ou autre. Bref, tout ce qui me semble intéressant d’aborder, en espérant que dans tout cela, quelques réflexions un tant soit peu originales puissent parfois émerger.

Ma découverte de Dragon Ball et la génération Club Dorothée

Je vais être honnête, je ne serai pas capable de resituer exactement tout concernant l’époque de ma découverte de Dragon Ball, d’ailleurs en réalité j’ai commencé par Dragon Ball Z (la version animée de la seconde partie de l’histoire donc). Il n’empêche que dans mes souvenirs lacunaires, il y en a quand même quelques uns qui sont intéressants à aborder je pense, et qui peuvent éclairer certains points de la frénésie Dragon Ball de l’époque. Car je vais d’ores et déjà le dire, quand je vois que certains parlent de Demon Slayer comme un phénomène culturel sans précédent, c’est peut-être le cas au Japon (et encore, ça me semble très discutable), ce n’est absolument rien du tout en comparaison de Dragon Ball en son temps. Il y a des éléments contextuels qui expliquent ça qu’il convient de préciser, des choses finalement évidentes pour des gens de mon âge mais qui ne le sont pas forcément pour les plus jeunes.

Car tout ça nous ramène au début/milieu des années 1990, une époque où… il y avait très peu de chaînes de télé ! De l’ordre de la dizaine je dirai, voire moins. En tout cas la télévision publique et gratuite accessible au plus grand nombre, c’était assez peu de chaînes. Je le précise car c’est fondamental : au fil des ans, la multiplication des chaînes de télévision, des loisirs, d’internet et des canaux de diffusion de contenu audiovisuel hors télé ont fait que les propositions sont devenues pléthoriques, diluant le public qui va aller vers tout un tas de contenus différents. Or, à l’époque du Club Dorothée, ce n’était pas le cas. Il y avait peu de programmes, et fatalement, les enfants se retrouvaient à un peu tous regarder la même chose.

Cela explique déjà le succès d’une partie de la japanimation à l’époque : elle avait très peu de concurrence par rapport à ce qu’il peut y avoir aujourd’hui. Mais même au sein de tout ce qui était diffusé dans le Club Dorothée, j’ai souvenir que pour tout le monde, Dragon Ball était quelque chose de particulier. Petite remarque avant de poursuivre, pour les enfants que nous étions à l’époque, on n’avait aucune notion de ce qu’était un anime ou un manga, pour nous tous ces programmes étaient des « dessins animés » comme les autres, aux côtés de Scoubi Doo ou Inspecteur Gadget (les deux titres qui me viennent directement en tête du fait de nombreux traumatismes de jeunesse… je détestais ces dessins animés !!!).

Je disais donc que Dragon Ball avait rapidement acquis une aura particulière : je me souviens que dans mon entourage, et je pense un peu partout, absolument TOUS les gosses en parlaient. Tous n’étaient pas fans, mais tous savaient au moins de quoi il en retournait. Le nom de Sangoku n’était inconnu à personne. Même les parents connaissaient, voire les grands parents parfois. Le manga était balbutiant en France, mais ce titre en particulier dépassait largement le cadre du cercle restreint des fans et était vraiment ce qu’on pouvait qualifier de phénomène. Je crois que le seul autre anime japonais qui a eu un impact si fort en France à ma connaissance était Pokémon, bien aidé par le fait qu’il s’agissait d’un phénomène médiatique global, dans le sens où cela venait d’un jeu vidéo au succès hallucinant, qui portant l’anime arrivé plus tard, renforcé par les cartes à jouer et compagnie.

Tout ça pour dire que des phénomènes tels que Dragon Ball dans les années 1990 ne peuvent selon moi pas se reproduire, car il y a tout un contexte autour de ceci qui vient expliquer les succès exceptionnels, et quoi qu’on en dise Demon Slayer me semble, malgré ses chiffres de vente, bien faible en terme d’impact populaire en comparaison.

Et donc, comme la majorité des gosses de l’époque, j’étais évidemment à fond dans Dragon Ball Z à la télé au départ, avant de me lancer dans le manga… à une époque sans Internet, où je vivais au fond de la cambrousse. Donc les tomes que j’achetais, c’était au Mammouth (devenu ensuite Auchan), et je prenais les volumes disponibles sur le moment. Autant dire que réussir à gérer une collection était compliqué. J’ai d’ailleurs commencé le manga par le tome 16, où Sangoku affronte Piccolo encore méchant à ce moment-là, pendant le championnat du monde d’arts martiaux.

Ce genre de précision est intéressante, car c’est assez révélateur du rapport enfantin au dessin animé et à la bande dessinée. Je pense que tout le monde l’a constaté dans son entourage, forcément, des enfants habitués à Asterix et aux Schtroumpfs ne se posent aucune question sur la continuité des intrigues de prime abord. Et dans mon cas, comme pour beaucoup d’enfants je pense, c’est par le biais du manga que j’ai pris conscience de ces notions d’intrigue suivie et de continuité. Car alors que dans l’anime que je regardais à la télé, « Petit Coeur » (oui, c’était le nom de Piccolo dans l’anime en VF) avait toujours été gentil (je n’avais jamais vu d’épisode avec Sangoku enfant… et je crois d’ailleurs que je n’en ai jamais vu à ce jour), j’ai découvert en me lançant dans le manga qu’il était méchant à l’origine. Pareil pour Vegeta d’ailleurs, car je crois que quand j’ai découvert l’anime, ils en étaient à l’arc de Freezer… Je suis certain qu’il y a des sites qui indiquent les dates de diffusion en France des épisodes et que je pourrai donc retrouver ainsi quand j’ai commencé… Mais j’ai pas que ça à faire !

Et au-delà de l’anime et du manga, je me souviens avoir aussi découvert sans en avoir vraiment conscience la notion de produits dérivés et de merchandising avec Dragon Ball. C’était aussi cette époque lointaine où les magazines se vendaient encore, et où la moindre petite activité de niche pouvait avoir son mag. J’ai donc découvert les magazines centrés sur Dragon Ball, je me souviens notamment d’un numéro que mes parents m’avaient acheté où les personnages étaient référencés par niveau de puissance en fonction des arcs (le fameux 5 à 1307 de Sangohan durant l’affrontement contre Radditz !), l’occasion de voir que Toriyama s’était tiré une sacré balle dans le pied en introduisant ces niveaux de puissance qui n’ont pas trop de sens. Mais il y avait aussi les VHS des épisodes, qui m’ont permit de voir la fin de l’anime avec une VHS contenant la fin de l’affrontement contre Boo.

De la même façon qu’entre ma découverte de l’anime et celle du manga, j’avais vu le début de l’arc Boo jusqu’à ce que Sangoku et Vegeta soient absorbés à la télé, et je n’ai vu que la fin en VHS, avec un trou durant toute la partie où Boo détruit la Terre notamment. Mais force est de constater que les enjeux clairs du récit et le storytelling maîtrisé permettaient de prendre beaucoup de plaisir même en ayant l’histoire par bribes… Puis j’étais un enfant, il m’en fallait peu.

Et du Dragon Ball, il y en avait vraiment à tous les étages. Je me souviens notamment des magazines de jeux vidéo Consoles +, dans lesquels je me suis lancé à l’origine à cause d’une couverture avec Gogeta dessus. Au départ, j’avais donc acheté ce magazine pensant qu’il ne parlait que de Dragon Ball, et c’est en le lisant que j’ai découvert qu’il était en réalité dédié au jeu vidéo (évidemment, quand des jeux Dragon Ball étaient évoqués dans le magazine, ils en profitaient car la licence faisait vendre bien plus que le tout venant de la production vidéoludique). Et en plus de ça, il y avait les OAV qui sortaient aussi en VHS et qui avaient des diffusions télé, et également des figurines et autres… et le fameux jeu vidéo Nes injouable !

Toute cette accumulation pour dire que dans les années 1990 s’était clairement créé un réseau de synergies dans le domaine des loisirs de l’enfance centré sur Dragon Ball, qui fait que la licence était totalement omniprésente pour n’importe quel gosse, au grand dam des parents. Et si ça me mettait des étoiles dans les yeux, j’ai aujourd’hui un regard nettement plus critique là-dessus car les mécanismes étaient là uniquement pour soutirer un maximum d’argent de poche aux enfants au final… comme c’est toujours le cas avec ce type de diversification autour d’une licence de toute façon.

C’est un compte rendu un peu long je pense, et il est en plus très incomplet, je pense qu’il y aurait énormément de choses à dire sur la question (j’espère que les ouvrages écrits chez Pix N Love et Third Edition sur la série reviennent là-dessus, ça me semble indispensable). Je souhaitais surtout mettre en avant le fait que dans les années 1990, pour des raisons contextuelles mais aussi parce que la série avait créé une connexion avec les enfants, Dragon Ball était vraiment une série à côté de laquelle on ne pouvait pas passer, que l’on soit enfant ou parent. Rien à voir avec certains « phénomènes » qui n’en sont pas qu’on nous vend actuellement, car je le répète, un carton énorme ne suffit pas à créer un tel impact auprès de l’ensemble de la société. C’est vraiment quelque chose de difficile à imaginer si on a pas vécu cette époque, car les stratégies médiatiques actuelles ne sont tout simplement pas à même de créer des phénomènes similaires. Comme je l’ai dit, je pense que ça vient en partie d’une dilution du public du fait des propositions médiatiques et de loisirs trop pléthoriques, mais il doit y avoir d’autres éléments qui justifient ceci. Ceci étant dit, on va pouvoir mettre un peu les mains dans le cambouis et parler du manga en lui-même.

Précisons que, cas très particulier oblige, je me permets de ne resituer absolument rien et de partir du principe que tout le monde connaît la série assez bien. Je sais qu’il y a la possibilité que ça ne soit pas le cas, et si vous êtes dans cette situation et que vous avez du mal à saisir ce que je raconte, j’en suis désolé. Mais je pense que l’article gagnera en fluidité comme ça, car il risque d’être un peu long déjà. Je vais donc dans un premier temps voir ce qui rend cette série si particulière à mes yeux.

Pourquoi Dragon Ball reste un intouchable ?

Avant de me lancer dans les diverses sous-parties, précisons que quand je parle de manga « intouchable », je ne veux pas dire qu’on doit obligatoirement le trouver parfait sur tous les points (vous verrez d’ailleurs que j’ai un certain nombre de reproches à lui faire), mais je veux dire que son impact est tel qu’on ne peut pas le balayer d’un revers de la main et dire que c’est un manga pourri. Je conçoit qu’on puisse ne pas aimer, évidemment, mais je pense qu’il faut savoir prendre un peu de recul et admettre que le titre a quelque chose qui en fait effectivement une grande œuvre, quand bien même des titres bien plus denses et virtuoses ont été fait dans le genre du nekketsu au fil des ans (on y reviendra). Ceci étant précisé, et parce qu’il faut bien commencer quelque part, on va aborder l’esthétique du titre.

Le plus beau des nekketsu ?

Le point d’interrogation est là parce qu’il faut bien que je prenne de la distance vis-à-vis de mon propre avis. Quand on parle de style, comme pour tout le reste, c’est très personnel. Mais me concernant, je continue de considérer, même après plusieurs décennies, qu’aucun auteur de nekketsu ne peut s’asseoir à la table de Toriyama sur la question de l’esthétique pure.

Cela englobe les notions de character design, de découpage, de travail sur les postures et sur l’aspect iconique des planches. J’ai utilisé plusieurs fois dans certains articles l’expression « des images qui impriment la rétine », j’entends par là, des images qui restent en tête, il suffit de fermer les yeux pour se les représenter. Je peux citer un certain nombre d’auteurs et de mangas qui arrivent à créer ce genre d’image, Inoue avec Real ou Makoto Yukimura avec Vinland Saga par exemple y arrivent à plusieurs reprises. Mais mon maître en la matière reste Toriyama pour l’heure, et ce tous genres confondus.

Et si on se borne au simple nekketsu, on va être clair, je trouve qu’aucun mangaka que j’ai lu jusqu’à présent ne lui arrive à la cheville sur ce point. Je n’ose pas trop dire lesquels s’en rapprochent le plus car j’ai peur de faire grincer quelques dents, mais disons qu’un certain K.H. est largement au-dessus du lot en terme de travail de découpage et de postures actuellement selon moi (encore une fois, c’est un point de vue totalement personnel).

Je suis également assez friand de cette façon d’envisager le combat, qui ne cherche pas à créer un système d’énergie complexe auquel on ne comprend pas grand chose et qui viendrait justifier tous les délires visuels. Au contraire, on reste dans quelque chose de simple à base de corps à corps et de « boules d’énergie ». Je serai tenté de dire qu’une fois le Kaméhaméha maîtrisé, on a déjà toute la panoplie des actions possibles dans cet univers. Bien sur, apprendre de nouvelles attaques est un élément important, mais on ne va pas dans des trucs super compliqués à la Naruto ou à la Hunter x Hunter. Au fil des lectures, je me suis d’ailleurs demandé pourquoi les auteurs cherchaient toujours à créer des choses si compliquées, là où la simplicité de Dragon Ball semble payante.

Et au-delà du fait que c’est aussi un signe de l’évolution du genre (la simplicité est presque le maître mot sur tous les aspects dans Dragon Ball, et ses héritiers semblent bien souvent chercher à tout rendre plus complexe), je pense que cette volonté de rendre les systèmes d’affrontements plus complexes vient d’un manque de foi en son propre talent chez les mangakas. J’entends par là qu’il faut avoir une certaine assurance dans sa capacité à mettre en scène les choses pour se dire qu’on va pendant 42 tomes rester sur les mêmes façons de se battre. Un des plaisirs du nekketsu étant de voir des affrontements qui se renouvellent, créer des systèmes d’énergie complexe permet de varier la nature même des combats. Or, Toriyama n’a pas été dans cette direction et ne s’est appuyé que sur sa capacité à toujours renouveler son travail de découpage et de scénographie. Certes, on a ponctuellement des personnages qui ont des aptitudes plus originales (je pense à certains membres du commando Ginyu par exemple, ou Gotenks), mais globalement, Toriyama a surtout cherché à exploiter les techniques classiques de ses personnages en renouvelant leur utilisation.

Et sur ce point, je trouve ça particulièrement fort. Car à part dans le dernier arc, je trouve qu’il a toujours réussi à se renouveler sur la façon de mettre en scène ses affrontements, offrant toujours de très grands moments de mise en scène de combat en combat. Je ne résiste d’ailleurs pas à l’envie de partager quelques planches que je trouve particulièrement iconiques, ceci n’étant qu’un petit florilège parmi toutes les magnifiques compositions que propose Toriyama.

Mais au-delà de son talent pour mettre en scène l’action, Akira Toriyama est aussi un character designer de génie. Encore une fois, j’ai le sentiment que la simplicité est de rigueur dans son travail, que ce soit pour les coiffures ou les habits des personnages. On évite les chichis (sans mauvais jeu de mots), mais le mangaka arrive quand même à doter ses héros d’attributs parfaitement reconnaissables, et dans certains cas vraiment signifiants (je pense au fait que Sangohan porte la même tenue que Piccolo, une idée vraiment bonne qui rappelle le lien particulier entre les deux).

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Toriyama a une grosse carrière de character designer de jeu vidéo en plus de celle de mangaka. On peut citer la série des Dragon Quest, mais également Chrono Trigger et Blue Dragon. Et en plus de ces trois RPG, il a également fait le character design de Tobal et Tobal 2, des jeux de combat. Soit deux genres où le design global, et en particulier des personnages, est très très important. Je vous met quelques images d’illustration si jamais ces jeux ne vous disent rien.

Tout ça pour dire que Dragon Ball s’illustre selon moi très clairement par son esthétique globale, et c’est sûrement l’élément qui le rend le plus intemporel. Je ne vais pas m’appesantir dans cet article sur tout ce qui est dérivé du manga, tout simplement car ça ne m’intéresse pas franchement, mais je me permets quand même d’évoquer rapidement Dragon Ball Super, dessiné par Toyotaro. Sans donner d’avis sur le manga dans sa globalité (que je trouve exécrable), le travail de réappropriation de l’esthétique de Toriyama dans cette série permet de constater que ce n’est pas un style si simple qu’il en a l’air. Car en dehors du fait que le trait de Toyotaro est bien moins assuré que celui de son ainé, on voit dans cette suite à quel point le travail de composition et de mise en scène de Toriyama ne peut pas s’imiter comme ça. On voit souvent des comparatifs des planches de la série d’origine reprises quasiment tel quelles dans DBS, et la comparaison fait vraiment très mal… Le but n’est pas de démonter gratuitement DBS, mais c’est surtout de dire que l’existence de cette suite permet de clairement mettre en avant en quoi le travail de Toriyama est assez exceptionnel dans le genre.

Des beaux dessins c’est une chose, mais Dragon Ball n’aurait pas atteint un tel statut juste grâce à son visuel. Il y a aussi un travail d’écriture qui explique à quel point le titre a réussi à se rendre addictif et passionnant.

Une écriture « character driven »

Parmi les critiques qui reviennent régulièrement concernant Dragon Ball, il y a celle d’une certaine inconsistance dans l’écriture. Je pense que cela vient surtout d’enjeux relativement simples, qu’on peut résumer à partir de l’arc Piccolo à sauver le monde face au nouveau grand méchant toujours plus fort. Mais partir de ce principe serait oublier un certain nombre d’éléments qui font aussi partie de l’écriture globale d’un titre. En l’occurrence, je pense que l’écriture de Dragon Ball mais surtout l’accent sur les personnages. J’entends par là qu’il y a une réelle intelligence dans la façon d’écrire et de développer ses personnages, qui a certes vieillit sur certains points, mais qui n’en reste pas moins vraiment pertinente.

Sangoku

Sur ce point, on pourrait passer énormément de temps à développer un certain nombre de personnages, j’ai d’ailleurs bien envie d’écrire des portraits de personnages pour certains d’entre eux (je pense en particulier à Sangoku, Piccolo, Vegeta et Sangohan, pour moi les personnages les mieux écrits de la saga… auxquels j’ajouterai Hercule Satan, un personnage guignolesque mais étonnamment bien écrit).

Ainsi, si d’un arc à l’autre, l’enjeu est toujours un peu le même, il y a tout un cadre autour, qui permet de développer l’univers (j’y reviendrai), mais surtout les personnages. Quand je pense à Dragon Ball, je pense surtout à comment Sangoku évolue du début à la fin tout en conservant la même caractérisation, comment Piccolo va passer de démon à personnage positif et père de substitution de Sangohan (avec ce qui est pour moi la meilleure séquence de toute la saga avec son sacrifice face à Nappa), ou encore comment Vegeta devient un personnage positif dans la paternité dans l’arc de Cell… au détriment d’une certaine teneur morale puisqu’on oublie vite que ce personnage très apprécié est à l’origine un psychopathe génocidaire, sûrement le point qui me fera toujours tiquer dans le manga. Toriyama arrive à me faire accepter qu’un être pareil devienne gentil… ça en dit long sur la force de contorsion morale de la fiction !

Mais au milieu de tous ces personnages, il y a évidemment un point qui fait encore beaucoup parler, et à raison : la question des méchants. Car une des obsessions du nekketsu « moderne » (à chacun de voir à partir de quand on parle de nekketsu moderne, moi je dirai que c’est le nekketsu post-Dragon Ball justement) est de toujours, toujours, toujours trouver des justifications, des motivations et des explications aux méchants. Il doit bien exister de nombreux contre exemples, mais globalement, l’écriture de nekketsu vise à donner des motivations intelligibles aux méchants, pour nous faire comprendre qu’on n’est pas méchant sans raison. Sur ce point, Naruto est un excellent exemple, qui vient justifier à l’excès les comportements de tous les méchants.

Et si cet aspect se justifie par la volonté de densifier l’écriture des personnages et par la simple causalité psychologique, je dois avouer que ce point me pose parfois problème. Si on revient sur le cas de Naruto, on se retrouve avec la quasi-totalité des méchants qui ne sont finalement pas si méchants, que ce soit Nagato, Obito, voire même Zabuza. Et mon soucis est que cela finit par créer une forme de relativisme dans le mal, qui semble nous dire que finalement méchant et gentil c’est pareil, un méchant a juste vrillé sans le vouloir. Or, je me permet de penser qu’on ne devient pas une enflure si on ne l’est pas un petit peu au fond de nous.

Et dans le cas de Dragon Ball, j’apprécie de ce fait cet aspect du méchant qui est méchant parce qu’il est méchant et qu’il s’en fout d’être méchant. La seule et unique caractérisation de Freezer est qu’il est un uber dictateur qui veut devenir immortel et dominer l’univers, Cell veut juste… péter la gueule de tout le monde (enfin, j’ai cette impression), et Boo est le mal incarné et détruit tout. Par ailleurs, le Fat Boo est sûrement le plus travaillé puisque sa relation à Hercule va beaucoup le travailler et le transformer.

Mais quoi qu’il en soit, ces méchants très méchants me conviennent très bien, notamment parce qu’on sait qu’on ne pourra les arrêter qu’en les butant (Freezer, même coupé en deux, continue de faire le malin, c’est dire !). Et surtout, et ça c’est vraiment très personnel, mais les méchants, ce n’est pas ce qui m’intéresse. Je n’attends d’eux qu’ils soient là pour mettre en valeur les gentils, et c’est tout. Et de ce point de vue, ceux de Dragon Ball fonctionnent parfaitement, d’autant plus que Sangoku étant motivé par l’envie de se battre contre plus fort que lui. Sur ce point de vue, il semble y avoir chez le héros une sorte de neutralité morale poussée à l’excès. Il est certes entièrement bon, mais j’entends par neutralité morale que le fait que son adversaire soit méchant ne semble pas créer une véritable inimitié de sa part vis-à-vis de l’ennemi. Même dans le cas de Vegeta et Nappa, alors qu’ils ont buté tous ses amis, il arrive assez facilement à les épargner. Je pense que ça vient vraiment de la volonté de poser Sangoku en héros idéal, et ce point me fait tiquer en même temps qu’il me plaît.

Tout ça pour dire que les méchants qui n’ont pas d’autre objectif qu’être méchants n’est vraiment pas un problème pour moi dans Dragon Ball, bien au contraire. On peut discuter ce point, mais je pense qu’il doit être mis en perspective par rapport au travail interrelationnel global entre les personnages, mais aussi par rapport à la façon dont les nekketsu qui ont suivi appréhendent ces figures de méchant et ce que ça implique. Ma vision des choses n’est pas forcément la bonne ou en tout cas la seule valable, et elle est d’ailleurs variable en fonction des cas. Je pense surtout que le travail sur les personnages de Toriyama ne doit pas être pris de haut, car il est parfois (souvent ?) bien plus dense que ce que l’on pense de prime abord.

Des morts sans conséquences ?

Un autre point que je voulais aborder en réaction à certaines critiques récurrentes sur la série, vient de l’idée selon laquelle les morts n’ont pas de conséquence compte tenu de la possibilité de ressusciter tout le monde. Sur ce point, mort ou pas, la question des conséquences dans le nekketsu se pose. Étant un gros lecteur de My Hero Academia, je trouve que l’absence totale de conséquence à chaque événement est un gros défaut de la série. Les rares morts (une en plus de 20 tomes, et en me spoilant le dernier arc en date au Japon, les « nombreuses » morts n’ont aucun intérêt puisqu’elles ne concernent que des héros inconnus au bataillon sauf un… dont on se fout totalement) sont un problème, mais pas le seul.

Piccolo sacrificeEt dans le cas de Dragon Ball, on comprend (selon moi) que la mort n’est pas une fin en soi et que les conséquences sont gérées différemment. Déjà, comme la plupart du temps, les morts sont surtout montrées du point de vue des personnages qui ne meurent pas. La mort de Piccolo n’est pas définitive, mais cela rester pour moi la scène la plus marquante de la saga, car elle représente à ce stade le terme d’une évolution du personnage, et son passage d’antagoniste à héros. Et sa mort est rendue encore plus poignante par son rapport à Sangohan et la réaction de l’enfant.

Et sur ce point, je trouve que globalement, le travail sur les morts des personnages chez Toriyama est vraiment soigné, quand bien même ils finissent par revenir à la vie. Je pense notamment aux différentes morts de Vegeta, que ce soit face à Freezer où il meurt après avoir pris conscience qu’il n’était pas le fameux super Saiyen qu’il pensait être, comme la punition ultime pour son orgueil. De même son sacrifice face à Boo vient souligner la fin de son cheminement pour devenir une figure positive (même si comme je l’ai dit, j’aurai toujours un soucis avec cet aspect).

Yamcha deathAinsi, je pense vraiment que dire que les morts sont sans conséquence parce que les personnages ressuscitent tout le temps n’est pas vraiment pertinent. Il faut voir ce que les morts signifient en terme de cheminement de personnage, ce qu’elles apportent aux autres et révèlent d’eux. Et sur ces points, les morts sont vraiment importantes et impactantes… À part celles de Yamcha, évidemment ! Car il ne faut pas oublier que Sangoku devient un Super Saiyen parce que Krilin meurt. C’est vraiment l’exemple le plus parlant selon moi (mais on peut en citer d’autres… en particulier celle de C16 pour Sangohan).

Ainsi, j’espère qu’avec les différents points abordés j’ai ne serait-ce qu’un peu touché du doigt la qualité et la richesse de ce titre. Je pense écrire de temps en temps des articles pour parler de certains points spécifiques du manga afin d’enrichir mon point de vue et mon analyse. Ceci étant, j’espère surtout que l’on a ressenti tout mon amour pour ce manga car maintenant, on va parler des points problématiques !

Du côté des imperfections

Un world building un peu aux fraises ?

La question du world building me passionne, et l’effet pervers est que je garde toujours ça dans un coin de ma tête dans mes pratiques fictionnelles même quand les œuvres ne cherchent pas à construire un monde complexe. Le cas de Toriyama est Dragon Ball est cependant intéressant. Il faut savoir que l’auteur a créé un « monde partagé » dans lequel se déroulent toutes ses œuvres, qu’il a sobrement nommé The World. Je dois par contre avoué ne pas savoir si cet univers partagé a été décidé dès le début ou si ça a été décidé à posteriori. Ce qui est sur, c’est qu’à partir du moment où il est décidé d’aborder son œuvre comme un monde partagé, la question du world building s’est forcément posée à un moment ou à un autre.

Or, je trouve que le travail sur l’univers de Dragon Ball est vraiment peu travaillé dans le sens où au fil de la série, j’ai l’impression qu’on se retrouve dans un univers qui n’est plus celui d’origine. Car au départ, on côtoie des dinosaures, des bestioles géantes, des lapins anthropomorphes mais aussi des véhicules futuristes, des capsules dans lesquelles on peut mettre des maisons, et des montagnes enflammées et des animaux qui se transforment.

Alors c’est un poncif éculé, mais en principe tout le monde sait qu’au départ Toriyama s’est basé sur Le Voyage en Occident pour son histoire. Ne connaissant pas trop l’histoire d’origine, je ne vais pas pousser la comparaison, mais je pense que l’identité première de la série s’est diluée au fil de l’évolution du titre, et l’univers s’en ressent. Après ce patchwork visuel qui trouve sa cohérence dans l’esthétique (bien qu’on ait beaucoup de mal à concevoir comment fonctionne ce monde), on passe à un univers plus dense où le héros se révèle un extra-terrestre, et le démon Piccolo une entité d’une autre planète également. Une fois passé l’arc de Namek qui permet de voir une autre planète, on revient sur Terre avec des histoires de cyborgs et de voyage dans le temps à la Terminator.

Bref, le monde de Dragon Ball semble sous de nombreuses influences, et je n’ai à aucun moment le sentiment que tout cela a été pensé en terme de développement d’univers. Pour dire simplement, je n’ai pas l’impression que les premiers tomes et l’arc Cell se déroulent sur la même planète tant les environnements n’ont rien à voir. On pourra dire que c’est parce qu’on se trouve dans des cadres différents d’un arc à l’autre, mais le fait de voir au départ des animaux anthropomorphes assez régulièrement pour ne quasiment plus, voire plus du tout en avoir par la suite est perturbant.

Alors ce point me pose problème à moi, tout comme j’ai vraiment problème à passer 72 tomes dans Naruto sans comprendre comment fonctionne cet univers au niveau géopolitique ou technologique. Mais dans les faits, je crois tout simplement que le world building est ultra secondaire dans ce genre de manga, sauf certaines exceptions. Du coup c’est un problème à mes yeux dans l’idée, mais dans les faits ces séries fonctionnent vraiment très bien malgré les carences de leur univers.

Un dernier arc problématique

Globalement, je trouve que Toriyama s’est toujours renouvelé dans sa série malgré le fait qu’il ait rapidement souhaité arrêter. Mais, je dois avouer que le tout dernier arc est vraiment problématique, et augure pour moi des soucis dans l’exploitation de la licence qui arriveront par la suite jusqu’à aujourd’hui. Cela me fait vraiment penser au cas du Retour du Jedi, que je considère comme un film pas terrible mais surtout une conclusion calamiteuse. Dans les deux cas on est face à un créateur qui semble avoir un rapport d’amour/haine avec son œuvre, dépassé par son ampleur.

Le cas de Lucas a été évoqué une infinité de fois au fil des ans, et ce serait très long de revenir dessus. Mais pour Toriyama, je vois comme chez Lucas cette envie de couper le cordon vis-à-vis d’un phénomène qu’il a créé qui n’est pas totalement en phase avec ce qu’il souhaitait faire au départ. Et de mon point de vue, le dernier arc de Dragon Ball entre dans cette optique. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il a voulu saloper le travail, mais chaque fois que je lis ce dernier arc, je ne peux pas m’empêcher de me dire que c’est le travail d’un auteur fatigué qui a envie d’en finir.

GotenksDe là découle une lourdeur globale, notamment dans l’humour avec Trunks et Sangoten, que je trouve tout simplement insupportable. De même, son retour au championnat du monde d’arts martiaux me semble un peu forcé et sans réel intérêt. Enfin, c’est vraiment le seul arc où je trouve qu’il est largement en dessous de son niveau habituel en dessin. Il y a parfois des planches un peu cracra auxquelles il ne nous avait pas habitués, mais aussi une forme de flemme dans le découpage et le travail sur les postures. Je serai tenté de dire de prime abord qu’il n’y a pas de planches qui m’ait fait ce fameux effet « Wahou » dans cet arc. Et pour finir, on commence à ressentir le côté power up venus de nulle part dans cet arc qui va contribuer à pourrir la suite de la saga.

SatanJe ne vais pas m’attarder davantage sur ce dernier arc que personnellement, je n’aime pas beaucoup. Je pense que lister les écueils est suffisant. Même s’il y a de très bons points, en particulier Hercule qui est pour moi LA réussite de cet arc. Le seul élément vraiment drôle, mais aussi très intéressant dans sa relation avec Boo et dans le travail sur l’image du personnage et son impact sur la population terrienne.

Quoi qu’il en soit, je pense que mon point de vue sur la question est clair, j’ai vraiment le sentiment que Toriyama a voulu se débarrasser de la chose avec ce dernier arc. Je trouve quand même la fin plutôt réussie et porteuse de sens, tout comme le travail sur Vegeta. Pour le reste, c’est compliqué quand même.

Derniers écueils en vrac

Pour les autres points qui me posent problème, c’est trop petit pour mériter des sous parties dédiées, je vais donc les lister comme ça.

J’ai par exemple un soucis avec le fait que l’histoire globale n’ait pas été pensée. Le fait qu’il n’y ait pas de liant entre les arcs ne me dérange pas, les changements d’ambiance sont justement une des forces de la série. Mais je pense plus au fait qu’à partir du moment où les saiyens sont introduits, tous les autres personnages à l’exception de Piccolo et Krilin deviennent totalement inutiles. Il prend quand même le temps d’offrir une séquence vraiment badass et stylée à Ten Shin Han face à Cell, mais globalement, les personnages secondaires finissent par ne servir un peu à rien.
C’est un problème récurrent dans le nekketsu du fait du grand nombre de personnages, mais certaines séries s’en sortent mieux que d’autres. Naruto arrive à remettre en avant ponctuellement certains personnages pour au moins leur offrir un combat important… Chose qu’on ne trouve pas dans Dragon Ball. De même, si un personnage comme Piccolo reste important, son rôle finit par se réduire à celui du mec qui va power-up pour rivaliser avec l’antagoniste, et se faire fumer quand même violemment. Un peu triste pour un personnage si magnifique.

Autre écueil pour moi, le personnage de Vegeta. J’ai mis des années avant de l’apprécier, et maintenant que je l’aime bien j’ai identifié le problème que j’ai. Je vais aller rapidement dessus car je l’ai déjà évoqué, mais je trouve très compliqué, notamment du point de vue moral, de transformer un psychopathe génocidaire en personnage positif. Et si l’aspect moral est important, je pense qu’il y a surtout le fait qu’en terme d’écriture, c’est quelque chose qui a du mal à passer. Vegeta mortD’ailleurs Toriyama a profité d’une petite ellipse pour faire de Vegeta le mec de Bulma à qui il fait un gosse, tout simplement parce que ça n’a pas franchement de sens. Mais pour une raison que j’ignore, j’ai fini par l’apprécier et accepter son évolution. il n’empêche que je doutes clairement du fait qu’il s’agissait d’une idée pensée d’emblée par Toriyama, et je vois plus ça comme la conséquence de la popularité du personnage. De mon point de vue, il s’apparentait à un opposé total de Sangoku, et donc plutôt à une figure de méchant à dépasser. D’ailleurs sa mort face à Freezer offrait une conclusion bienvenue à son parcours de personnage.

Dernier point qui me pose problème, mais qui ne vient pas du manga à proprement parler : l’exploitation à l’excès de la licence, quitte à la vider de sa substance.
Je dois dire que je n’ai jamais vu Dragon Ball GT et je n’en ai pas envie. Déjà, je garde un mauvais souvenir de l’anime Dragon Ball, mou à souhait. Mais en plus ça ne m’intéresse pas de voir des suites et des suites à outrance. Le cas de Dragon Ball Super est assez édifiant aussi. D’ailleurs, je trouve intéressant que ce soit canonique mais que ça joue avec la notion d’univers parallèles, qui donne vraiment un côté what if plutôt que réelle suite. Comme si le but était de quand même décorréler les deux séries. On en revient à la question du world building, mais tu ne peux pas comme ça réécrire les fondements même de l’univers comme ça, et expliquer que c’est bel et bien le VRAI univers. Ici, le fait de nous expliquer que tout le monde qu’on connaissait est en fait un fragment d’un multivers avec des univers jumeaux ne passe clairement pas, dès le niveau du concept même.
Du coup cette exploitation ad nauseum de la licence est vraiment un soucis pour moi, mais en même temps j’arrive clairement à déconnecter ça du reste de l’histoire.

En conclusion

Après un article quand même relativement long (le plus long dans cette rubrique il me semble), je dois dire que je n’ai aucune idée de comment conclure sans me répéter. Dragon Ball est un manga vraiment particulier, à la fois pour moi mais même dans le rapport au manga en France, et même dans l’histoire du manga en particulier. Il fait partie de ces bornes dans le domaine, de ces titres incontournables et inattaquables. Inattaquables dans le sens où on est bien obligé de reconnaître son importance, quand bien même on peut ne pas aimer ou y trouver des écueils, comme c’est mon cas.

Ainsi, si Dragon Ball ne peut que baisser dans mon panthéon mangaesque au fil des découvertes, il gardera une place vraiment particulière, autant du point de vue strictement personnel (premier découvert, le plus relu, etc…) que pour des raisons qui tiennent au manga en lui-même, qui a quand même des éléments vraiment intemporels et qui passeront l’épreuve du temps.

Du coup j’espère que ce énième article sur Dragon Ball vous aura au moins un peu intéressé. Que j’ai abordé quelques points un tant soit peu pertinent. Car c’est aussi le soucis quand on évoque un manga si important, on a bien du mal à trouver des choses originales ou intéressantes à dire. Mais bon, on fait comme on peut…

26 commentaires

  1. Article très complet.
    J’ai adoré ta partie sur le phénomène DB qui m’a bien replongée dans mon enfance et est vraiment pertinente pour expliquer la place que le titre occupe dans nos cœurs, nos mémoires même si on a peut être trouvé des titres qui nous ont plus fait vibrer depuis.
    Il faudrait que je relise la saga, ça fait longtemps que je ne l’ai pas fait, mais je garde un souvenir émerveillé de l’inventivité des débuts, de son humour bon enfant et de ses combats qui montaient peu à peu malgré la répétition. La partie adulte m’a moins plu en manga, animé oblige.
    Je reconnais et partage les faiblesses que tu pointes, même si moi j’aimais bien Goten et Trunk ><

    Tu me donnerais presque envie de compléter la perfect que j'avais commencé mais dont je n'aime pas trop la trad ^^!

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    • Merci à toi pour ce commentaire.
      J’avais envie de parler de ce manga qui reste très important pour moi, mais je voulais trouver un angle pertinent et surtout personnel.

      Et je trouvais intéressant de resituer le phénomène tel qu’on a pu le vivre enfants car je pense que ceux qui ne l’ont pas vécu ne peuvent pas se représenter à quel point c’était un phénomène. Je n’ai jamais vu de manga qui a eu un tel impact personnellement.

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  2. Comme toujours sur ce blog, un excellent article. Et une façon originale de mettre en avant l’un des mangas les plus vendus en France avec « One Piece » et « Naruto ».

    Ça fait plaisir de tomber là-dessus pile au début d’une nouvelle année.

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  3. Ah, DB vaste sujet…

    Je te rejoint totalement sur l’impact de DB et sa place forgée notamment dans cette époque bénie du Club Do’

    Plus qu’un dessin au top, pour moi c’est surtout la capacité qu’a Toriyama d’exploiter l’espace tridimensionnel via ses perspectives ou son découpage qui impacte vraiment et le différencie de la plupart des auteurs. Par moment on dirait que des éléments sortent des pages… Son dessin clair et dépouillé accentue encore cet effet.

    Pour la simplicité, Toriyama va toujours au plus efficace et simple, parfois au détriment du scénario et quitte a répéter des schémas arcs après arcs.

    La mort dans DB c’est plus complexe. Comme tu dis oui certaines morts ont un effet impactant et « formateur ». Mais les boules de cristal et la possibilité de ressusciter enlève toute tension et effet dramatique quelque part. Surtout quand celle de Namek entre en jeu ou simplement qu’Enma autorise certains a garder leurs corps dans le monde des morts. On perd ce coté définitif et on fini par se dire « bah y’a les boules de cristal au pire ». Et cela enlève quelque part le coté émotion et impactant de certaines morts/sacrifices.

    Un peu comme Naruto et l’Edo-Tensei (j’ai limite prié pour que Kishimoto ne fasse pas revenir Jiraya) qui au final enlève la superbe de certaines morts (Zabuza ou Asuma p.ex)

    La construction globale et l’univers de DB sont eclatés faut avouer. Cela s’explique notamment par le fait que Toriyama a tenté de conclure plusieurs fois DB. La partie Sayen n’était pas censé existé (s’pour ça que tous ou presque deviennent des extraterrestres etc.), la partie Boo pareil. Après faut se débrouiller pour justifier ce qui a été mis en place quitte a prendre des raccourcis…DB a été construit de manière empirique ce qui explique en partie le manque de continuité entre les arcs.

    Bref DB a beaucoup de qualité mais paradoxalement presqu’autant de défauts.

    J’avais développé tout ça en profondeur là : https://chroniquesdunvagabond.wordpress.com/2020/07/19/dragonball-un-classique-aux-pieds-dargile/

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  4. Dragon Ball est mon manga favoris de tous les temps. Pas parce qu’il est le meilleur (quoique… ^^), mais parce qu’il a une valeur nostalgique à mes yeux et qu’il m’a beaucoup aidé à une époque où j’en avais besoin.

    Ton article est très complet (je n’ai pas grand chose à ajouter, j’avoue), comme à ton habitude tu nous offres un billet très cohérent avec des points de vus intéressants. Merci beaucoup !

    Je profite de ce billet pour te souhaiter une belle année à ta petite famille et toi.

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    • Merci beaucoup, je te souhaite également une bonne année ainsi qu’à toute ta famille. On a pu voir la mienne aujourd’hui et ça a fait beaucoup de bien. J’ai rencontré le fils de mon petit frère qui a 3 mois, ça fait vraiment super plaisir !

      Je comprends tout à fait que DB puisse rester avec le temps le manga préféré, même si ce n’est pas mon cas.
      Mais à vrai dire il a une position vraiment unique, au même titre qu’un Prisonnier Riku dans mon cœur.

      J’ai essayé de vraiment traiter le sujet sous un angle très personnel car je pense que la série est tellement connue et analysée que c’est dur d’être original… mais je vais quand même ouvrir la vanne et faire des articles dessus, en particulier des portraits de personnages car c’est une des grandes forces du titre en plus des dessins selon moi.

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  5. C’est vrai qu’il est long cet article mais il est aussi sympa à lire 🙂 j’ai moi aussi grandi avec ce manga et avec les chevaliers du zodiaque. En Belgique on regardait ça sur club rtl c’était dingue, y’avait cat’s eyes aussi puis on a eu Gundam mais je pense que dragon Ball a été mon premier manga sans que j’en ai conscience puisqu’on disait, comme tu le soulignes, juste dessin animé à ce moment là.
    Pourtant tout ce que tu relèves sur ses défauts je l’ai très vite senti. Et moi j’ai vu le GT… Après c’est lointain dans ma mémoire mais clairement si je ne renie pas son statut de monument dans l’histoire du manga, je reste bien plus sensible à la profondeur narrative d’un Naruto.
    Fun fact dragon ball est le premier manga que j’ai lu, j’étais en 1er primaire et c’était dans la bibliothèque de la classe, un tome pris au hasard. Je me souviens que c’était imprimé à l’occidental en plus alors quand j’ai acheté un manga pour la première fois j’étais perplexe face au sens de lecture inversé xD

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    • Oui, moi aussi je lisais les Dragon Ball en sens de lecture occidental. C’est d’ailleurs cette première éditions chez Glenat que j’ai toujours chez moi. Je l’ai complété il y a quelques années. Je sais que la traduction est à la ramasse mais j’y suis tellement habitué que je ne suis pas sur de pouvoir me faire à une nouvelle trad, même si elle serait plus fidèle.

      On est d’accord que c’est pas dur de trouver des mangas plus denses et complexes, même dans le genre du nekketsu. Comme toi je trouve Naruto plus riche et intéressant dans son écriture, de même que Hunter x Hunter ou L’Attaque des Titans.

      Mais ça reste un manga qui a un statut vraiment à part dans le médium tant son impact est inédit.

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  6. Waouh, bravo pour cet article ! J’aurais pas fait mieux pour « Yu-Gi-Oh ! » (le premier manga que j’ai lu mais que je te déconseille car je pense qu’il faut être assez jeune pour l’apprécier). DBZ passait à la télé bien sûr mais il ne m’a pas autant marqué que les mecs de ma génération l’auraient bien voulu. Alors qu’il a été beaucoup moins diffusé, que j’étais plus jeune et que je l’ai peu regardé, « Albator » m’a plus marqué en comparaison…

    Petites remarques : tu dis que « Dragon Ball » paye de par sa simplicité dans les combats, qu’il n’y a pas je ne sais combien de niveaux, de paliers à dépasser et que Toriyama a renouvelé la chose avec sa mise en scène graphique. Ok, difficile de nier cette qualité. Par contre, je pense que ça ne marcherait pas forcément à tous les coups et que c’est pour ça que d’autres nekketsu essayent de se démarquer par une image de « sérieux » (je mets entre guillemets parce que ça ne veut rien dire en plus d’avoir des chances d’être loupé). Un reproche de superficialité viendrait très vite atteindre ces shonens : je pense que « Dragon Ball » est bien le seul manga chez lequel on considère que c’est une qualité. Une répétition de ce fait n’est pas souhaitable : il faudrait qu’un nouveau mangaka sache faire mieux que Toriyama et on sait tous les deux que ce n’est pas près d’arriver.

    Concernant les méchants, j’aime les justifications autour des méchants (je trouve ça intéressant) mais je te rejoins sur le gros problème que ça engendre : des fans de ces personnages en profitent pour les excuser. Seulement, expliquer n’est pas excuser, contrairement à ce que pense un certain Manuel Valls de la sociologie. Et je me demande si, contrairement aux terroristes pour lesquels on a forcément une certaine animosité dès le départ, on n’excuse pas ces personnages de leurs méfaits et crimes parce qu’on a un attachement affectif à l’oeuvre, voire aux personnages eux-mêmes pour plein de raisons. Ca expliquerait pour quelle raison on voit toujours des justifications aberrantes et déplacées des actions des méchants. Et pourtant, comme tu le dis, ça reste des méchants : quel que soit leur histoire, ce qu’ils font reste inexcusable…

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    • Oui, la question des justifications aux actes des méchants m’a par exemple beaucoup perturbé dans Naruto, où quasiment tous les méchants ont un moment qui permet de les comprendre, d’être touché par eux voir de les pardonner. C’est le cas très tôt avec Zabuza qui a marqué les fans, mais on peut dire ça de la quasi-totalité des méchants.
      Nagato par exemple, il bute quand même Jiraya, mais au final il semble trouver une forme de rédemption et de pardon grâce à Naruto. D’ailleurs bien souvent je trouve que ces points sont là surtout pour mettre en avant le personnage de Naruto, et que c’est surement pour ça que j’arrive à l’accepter. Mais globalement, j’ai du mal au bout d’un certain stade avec les méchants qui ont toujours des raisons d’être méchants.

      D’ailleurs un des arcs récents de My Hero Academia, centré sur les méchants et venant expliciter un peu leur passé pour certains m’a semblé d’une fadeur extrème justement à cause de ça. Ce sont des méchants, à aucun moment je n’arrive à m’attacher à eux puisque je sais déjà qu’ils sont méchants… Et puis bon, il faut reconnaître aussi qu’il y a une sorte de « Bingo du pourquoi je suis devenu méchant » et on trouve quand même assez souvent les mêmes variations.

      Pour ce qui est des pouvoirs, c’est encore un point de vue personnel. j’avoue que sauf quelques exceptions, la multiplication de pouvoirs et de trucs compliqués auxquels on ne comprend rien a tendance à me perdre.
      Pour reprendre l’exemple de Naruto, sur la fin je ne comprends littéralement plus rien à ce qui se passe, même avec les explications fumeuses de Kakashi. Mais je pense aussi comme toi que pour pouvoir se permettre cette simplicité, il faut la virtuosité dans le style qui va avec et que ce n’est pas donné à beaucoup de mangakas.

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      • Zabuza, ça n’a pas marché pour moi, mais pour Nagato, je suis mitigée, donc ça a à moitié marché ?

        Mais je pense que c’est, en plus des auteurs, aux gens de savoir prendre du recul. Ils en oublient très vite ce qu’ils ont fait de mal. Par exemple, dans Naruto, j’adore Itachi, j’avais senti dès le début qu’il y avait anguille sous roche, mais c’est un criminel malgré tout, il a tué énormément de gens… Je pense que se rappeler de ça de temps en temps ne fait pas de mal.

        Pour les pouvoirs, c’est parfois expliqué avec les pieds, on va pas se mentir… Oui, très clairement, pas tous capable de faire comme Toriyama.

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  7. Ca nous fait un point en commun 😀 J’ai découvert Dragon Ball via l’animé sur une chaîne belge qui s’appelait « Club Rtl », j’ai du découvrir ça pendant l’arc des Saiyans (là où Vegeta et Nappa débarquent sur terre). J’avais reçu le tome 21 de mon meilleur ami pour mon anniversaire et j’ai commencé la collection. Ce fut la première série que j’ai commencé. D’ailleurs je faisais comme toi, je choppais les tomes plic-ploc, en fonction de ce qu’il y avait comme tomes en rayon dans le supermarché près de chez moi. Et j’ai du finir la collection avec le tome 39.

    Encore un très bon article, hyper complet. A l’époque pour moi DB c’était l’œuvre ultime ! Mais je voyais ça avec des yeux d’enfants. Avec un regard plus adulte et un meilleur sens critique, aujourd’hui il n’est pas sans défauts. Même si comme toi, DB dégringole dans mon top, il garde une place importante, car c’est grâce à ça que j’aime autant les mangas 😀

    Je profites de cet article pour te souhaiter une excellente nouvelle année, plein de bonheur à toi et ta petite famille 🙂 Plein de succès dans ton blog et au plaisir de te lire 😀

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    • Merci beaucoup pour ton message, à la fois pour tes remarques sur l’article en lui-même qui prouve encore une fois qu’on est très nombreux à avoir un rapport similaire à Dragon Ball, et aussi pour le petit mot à la fin qui me touche.

      Excellente année à toi aussi. Je ne sais pas combien de membres compte ton foyer mais je vous souhaite à tous le meilleur !

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  8. Ah bon ? Tu n’aimes pas le dernier arc ? Étrange que tu n’en ai pas encore parlé pléthores de fois sur Twitter !

    Article très bien construit, c’est très agréable à lire.
    Tout comme Dragon Ball, dans lequel je me replonge toujours avec plaisir, qu’importe le nombre de découvertes que je fais entre-temps. C’est dingue !

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