Mon avis sur… Éclat(s) d’âme de Yuhki Kamatani

Eclats d'ame

Cela faisait un très long moment que le manga Éclat(s) d’âme me faisait de l’œil. Encore plus après lecture du premier tome de Nos C(h)oeurs Évanescents, précédente série de Yuhki Kamatani (mais qui nous arrive après en France). Il faut dire qu’entre le sujet, les visuels enchanteurs et le fait que ce soit édité par Akata, un éditeur dont les choix sont toujours très judicieux, il y avait tout ce qu’il fallait pour m’intéresser. Et au final, je n’ai clairement pas été déçu. Voyons donc en quoi ce titre vaut vraiment le coup d’être lu.

Avant de commencer, précisons que la série est terminée en 4 tomes.

Deux jours avant les vacances d’été, je crois que… je suis mort ». C’est ce qu’a pensé Tasuku le jour où un de ses camarades de classe lui a piqué son smartphone, alors qu’il était en train de regarder un vidéo porno gay dessus. La rumeur s’est répandue comme une traînée de poudre. Tasuku, pense alors à se suicider, ne pouvant supporter cette réalité dont il n’avait pas encore complètement conscience lui-même, mais aussi par peur du regard de la société. Pourtant, alors qu’il s’apprête à sauter dans le vide, il aperçoit, au loin, une mystérieuse silhouette de jeune femme qui le devance et… saute dans le vide ?! Intrigué, terrorisé, il s’élance vers l’endroit d’où elle a sauté. Il y découvre, stupéfait, que la jeune femme est encore en vie, et qu’elle est l’hôte d’une sorte de résidence associative, véritable safe space où se réunissent diverses personnes LGBT. De rencontre en rencontre, le jeune lycéen va apprendre à se connaître, à s’accepter, et trouver sa place dans le monde.

Le synopsis met très bien l’accent sur ce qui est le cœur du récit : la découverte de sa différence (ici l’homosexualité) et comment l’accepter à un âge où on peut avoir du mal à se définir et à savoir qui on est, lorsque des changements brutaux surviennent dans notre corps et notre tête.

L'hôteTasuku, le personnage principal de l’histoire, a pris conscience qu’il préférait les garçons, et a peur que ça se sache et qu’on s’en prenne à lui à cause de ça. Cette peur est telle qu’il envisage le suicide, chose qui n’arrive pas fort heureusement, et qui l’amènera finalement à une rencontre décisive. Dans la résidence où il va désormais avoir ses habitudes, il pourra se sentir lui-même, accepté, auprès de personnes également homosexuelles. Ce sera l’occasion pour lui d’apprendre à mieux se connaitre, et à comprendre également les autres.

Un des gros points forts du titre est qu’il nous présente plusieurs personnes, qui vivent chacun leur homosexualité à leur façon, et qui en seulement quatre tomes sont développés comme il se doit. L’homosexualité n’est d’ailleurs pas le seul élément traité ici, on parle aussi de transidentité et de traverstissement. Et à chaque fois, la mangaka explore la façon dont chacun se définit, et le regards des autres là-dessus.

Ceci est l’occasion de nombreuses séquences de remise en question pour Tasuku, qui va voir que sa façon de se definir n’est pas forcément la même que pour un autre, et que certains de ses présupposés ne sont pas universels, et peuvent blesser.

Et au milieu de ça, il y a plusieurs histoires d’amour, car c’est bien l’amour et l’acceptation qui sont au cœur du récit. Plusieurs des personnages que l’on apprend à connaitre sont dans des relations amoureuses, qu’ils vivent chacun à leur façon, et Tasuku est également amoureux d’un camarade, à qui il a peur d’avouer ses sentiments, car il ne sait pas comment il pourrait réagir, ignorant notamment si cette personne est hétéro ou non.

TasukuEt si l’amoureux en question, Tôma, est parfois très énervant voire détestable dans ses comportements, son évolution est parfaitement maîtrisée et il en devient finalement le personnage qui m’a le plus touché de par ses questionnements et son écriture particulièrement réussie. Même si en réalité, chaque personnage a droit à un traitement aux petits oignons, qui les rend tous très attachants dans leurs qualités ou leurs défauts (car certains sont loin d’être parfaits).

En résulte un récit profondément touchant, très humain et très doux. Le tout étant sublimé par un graphisme magnifique, qui n’hésite pas à se faire lyrique par moments pour souligner les émotions des personnages, et on peut dire que ça fonctionne du tonnerre. Car en plus de mettre en valeur les états émotionnels des personnages, cela nous transporte, nous, lecteurs, dans tourbillon d’émotions. Si vous lisez Nos C(h)oeurs évanescents, vous trouverez d’ailleurs une continuité visuelle entre les deux titres, avec certaines idées de mise en scène qui se ressemblent et qui fonctionnent très bien dans les deux cas.

Au final, Éclat(s) d’âme est une série courte comme je les aime. Malgré son faible nombre de tomes, la série sait développer avec soin ses personnages, déroulant son récit comme il se doit pour nous toucher et traiter en détails de ses thématiques. Le tout soutenu par une esthétique qui fait mouche en totale osmose avec l’écriture, permettant à cette lecture d’être vraiment marquante.

Éclats d'âme

8 commentaires

  1. Je ne suis pas surprise que tu aies aimé toi aussi. C’est un titre qui m’avait beaucoup marquée et qui est vraiment dans mon top 5 chez Akata.
    Je trouve nos choeurs évanescents plus faibles en revanche. Il m’impacte moins.
    Par contre, on n’enlèvera pas les graphismes sublimes et sensibles de l’autrice 💕

    Aimé par 1 personne

      • C’est vrai que quand un titre nous touche de près ça peut devenir aussi un frein.
        Je profite tout de même de ce que tu viens de dire pour te demander (mais tu n’es pas obligé de répondre) si tu trouves justement que c’est traité avec une certaine dose de réalisme ou pas, du moins dans ce que tu as lu ?

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      • Je trouve que oui personnellement, mais comme l’hypersensibilité n’est pas considéré comme un maladie car touchant trop de monde pour ça (je crois que c’est genre 30% des gens), il me semble que ça peut se manifester de façon extrêmement différente.
        Dans mon cas c’est surtout une empathie exacerbée qui fait que des choses totalement extérieures à moi et ma vie peuvent me toucher à l’extrême au point même d’en devenir une source de souffrance. C’est le cas par exemple avec tout ce qui touche à la maltraitance des enfants et des animaux.

        Aimé par 1 personne

      • Merci pour ce partage et tes explications. J’avoue que je connais bien mal le phénomène et que ça m’intéresse de lire ce genre de témoignage pour mieux comprendre.
        Ça ne doit clairement pas être facile à vivre V.V

        Aimé par 1 personne

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