Mon avis sur…Goodbye Irony Dress de Miyoshi Ayato

Goodbye_Irony_Dress_taifu

Nouveau yaoi des éditions Taifu comics, que je remercie pour l’envoi, Goodbye Irony Dress a cette belle qualité d’être un one shot, évitant une grosse dépense. Le revers de la médaille est qu’il faut être efficace d’un point de vue narratif, d’autant plus que ce titre propose une réflexion intéressante, comme nous allons le voir.

Suite au décès soudain de sa mère avec qui il n’avait presque plus de contact, Meguru revient vivre dans l’appartement qu’ils partageaient ensemble fut un temps. Il y fait la rencontre de Keiichi, un garçon habillé en lycéenne. Mais loin d’être un choix, ce travestissement semble avoir été imposé au jeune homme par sa mère après son coming out. Face à cette situation familiale encore plus complexe que la sienne, Meguru ne reste pas impassible.

Avant de commencer, précisons que le titre ne comporte aucune scène explicite, et la seule séquence de sexe a d’ailleurs lieu dans l’épilogue. Cet élément n’est d’ailleurs pas innocent, j’y reviendrai par la suite. Le récit reste néanmoins plutôt adulte dans son style et son propos.

Ce yaoi m’intriguait dès son synopsis, avec cette histoire de jeune adolescent contraint par sa mère de porter une jupe suite à son coming out. Cependant, nous partageons le point de vue de Meguru, le personnage plus âgé, et non celui de Keiichi, le lycéen. Cet élément est important à préciser car la réflexion du personnage plus mature est centrale dans le développement de la thématique du récit, qui est le rapport à ses parents lorsque l’on est homosexuel.

goodbye-irony-dress

En effet, la mère de Keiichi a beau sembler une personne gentille et ouverte, la contrainte qu’elle impose à son fils est la marque au contraire d’une forme de rejet. Elle semble assimiler son homosexualité à quelque chose de féminin, comme si seules les femmes pouvaient aimer les hommes, et le force de ce fait à porter des habits féminins, quand bien même cela fait de lui une tête de turc. Et si Meguru ne peut pas rester sans rien dire face à ce comportement, cette relation conflictuelle entre le jeune homme et sa mère le ramène à sa propre relation complexe avec la sienne, à laquelle il n’a jamais avoué son homosexualité. Chose désormais impossible puisque cette dernière est morte.

De ce fait, vous l’aurez surement compris, la question du coming out et de la façon dont la famille le prend est centrale, tout comme la question du rapport à une personne plus âgée qui peut accompagner dans cette démarche. Sur ce point, il y a d’ailleurs une chose importante à préciser. Vous vous en doutez bien, il y a un parfum de romance dans l’air. Or, Meguru est un adulte installé alors que Keiichi est encore mineur. Ce côté plus que limite est traité dans le titre, l’adulte refusant toute forme de relation avec l’adolescent tant que celui-ci n’a pas obtenu son diplôme (j’interprète ceci comme le marqueur de la majorité du jeune homme également). Ainsi, s’il reste dans les clous d’une certaine morale et de la légalité, la relation entre les deux est quand même vraiment limite à mes yeux.

Mais si on accepte cet aspect, on en ressort avec une lecture vraiment intéressante, de par ses deux thématiques et la complémentarité entre les deux personnages. Cependant, j’avoue avoir ressentir une petite frustration car j’aurai aimé avoir encore quelques chapitres de plus, non pas que la fin soit abrupte, mais je trouve le développement global un peu rapide, et plusieurs dizaines de pages supplémentaires auraient pu rendre ça plus dense et donc encore plus pertinent.

Cependant, cet écueil n’empêche pas le titre de proposer une réflexion intéressante et traitée avec soin. De plus, le travail sur la caractérisation des personnages appuie très bien cet aspect et contribuent à rendre le titre tout à fait réussi. En résulte une belle histoire avec ce petit quelque chose en plus qui lui permet de se distinguer.

8 commentaires

  1. Je ne lis pas vraiment de yaoi, mais plus par manque d’opportunité que par rejet (je reste souvent tributaire de ma médiathèque), mais ce titre pourrait éventuellement m’intéresser si j’arrive à faire abstraction du problème relation entre un mineur et majeur… Dans tous les cas, le comportement de la mère est juste révoltant et tellement stigmatisant que j’espère sincèrement que cela ne viendrait à l’esprit de personne dans la vraie vie !

    Aimé par 1 personne

  2. Le sujet du coming out et de l’acceptation ou non par la famille m’intéresse, mais j’ai beaucoup de mal avec le comportement de cette mère telle que tu le décris… Alors si on y ajoute ton sentiment de trop peu, je préfère passer mon tour ^^!

    Dans un tout autre genre, je ne sais pas si tu as tenté de lire la BD (roman graphique diraient certains) Heartstoppers où le sujet du coming out est traité également. Le titre est magnifique, très positif, même s’il met aussi le doigt sur des choses qui dérangent comme l’outing. Bref, je te le recommande 😉

    Aimé par 1 personne

    • J’en ai entendu parler pas mal sur les blogs et les RS.
      Mais si c’est pas japonais j’achète pas 😆
      Plus sérieusement, je me pencherai quand même dessus et ça pourrait le faire pour la mediatheque. Mais on a passé les dernières commandes de l’année donc ce sera l’année prochaine.

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.