Mon avis sur… Still Sick de Akashi

Still Sick

Nouvelle série courte (3 tomes) des éditions Taifu Comics, que je remercie d’ailleurs pour l’envoi, Still Sick avait de beaux arguments pour m’intéresser. Entre une esthétique qui, de prime abord, me semblait assez séduisante, et le cadre du travail mais aussi des passions sur le temps libre, à forte tendance otaku, il y avait de quoi m’intriguer. Car ce titre a la bonne idée d’être un yuri qui parle… de yuri, comme nous allons le voir.

Dans la vie de tous les jours, Makoto Shimizu est une employée modèle, cheffe d’équipe au sein du département de recherche et développement, fiable et honnête. Ce que ses collègues ne savent pas, c’est qu’elle consacre tout son temps libre à dessiner des mangas amateurs (doujinshi) yuri. Jusqu’au jour où une collègue, Akane Maekawa, passe devant son stand durant une convention et la reconnaît. Entre l’indécrottable otaku Makoto et la dépassionnée Akane, qui ne semble rien n’y connaître, se lie une relation rafraichissante, dépourvue de faux-semblants. Mais une question reste en suspens. Pourquoi Akane était-elle donc présente à une convention yuri ce jour-là ?

Le résumé resitue parfaitement l’histoire. Nous partageons le point de vue de Makoto Shimizu, indécrottable amatrice de manga qui dessine durant son temps libre des doujinshi à tendance yuri, qu’elle vend en convention. Et c’est au hasard d’un de ces événements que sa collègue Akane Maekawa va découvrir cette passion secrète. Dès lors, les deux vont se rapprocher, échanger des animes et discuter autour de cette passion qui semble commune.

Si le résumé pose la question de pourquoi Akane était présente à la convention, ce n’est pas anodin. Et il me semble compliqué d’aborder la suite du récit sans divulguer cette information, qui arrive de toute façon à la fin du premier tiers du tome. De ce fait, je vais vous le révéler, mais cela ne devrait en rien vous gâcher la lecture si le titre vous intéresse (car il est très intéressant !).

En effet, Akane se révèle être une ancienne mangaka, qui a décidé de tout abandonner pour des raisons qui seront explicitées par la suite. Ainsi, Shimizu va s’intéresser encore plus à sa collègue, puisqu’elle va lui demander des conseils et de l’aide pour s’améliorer. Et ce faisant, elles vont se rapprocher, mais surtout, l’envie de reprendre les crayons va commencer à démanger Akane.

Et c’est précisément ce cadre et cette relation particulière, qui se développe autour d’une passion commune aux deux qui est intéressante. Tout d’abord, parce que (en principe), cette passion est aussi partagée par les lecteurs et lectrices du titre, puisque jusqu’à preuve du contraire, si on va vers ce manga spécifiquement, c’est qu’on a un intérêt pour le yuri. Et si on reste plutôt dans le versant amateur de la pratique, via le doujinshi que publie Shimizu de son côté seule, cela permet de mettre en scène ce genre de passion, et le pourquoi du comment certaines personnes aiment imaginer des romances entre les personnages de fiction qu’ils/elles apprécient.

Cet aspect est très intéressant je trouve, et est en plus complété par le versant professionnel de la chose, avec le personnage d’Akane. Cependant, ce point de vue est encore peu développé dans ce premier tome, mais plusieurs pistes laissent à penser que la suite va davantage explorer l’aspect professionnel de la chose. Ainsi, on trouve une complémentarité naturelle entre les deux personnages qui passe très bien, surtout dans le cadre de ce genre de récit. Précisons cependant que pour le moment, on est plus dans une forme d’amitié très forte, teintée de sentiments ambigus, mais la romance ne me semble pas bien loin. À voir comment les choses vont évoluer.

Ainsi, en plus de ces deux personnages féminins qui ne manquent pas de charme et le trait particulier mais vraiment plaisant de la mangaka, c’est bien le cadre global du récit, entre milieu professionnelle et vie « cachée » de chacune qui donne vraiment toute la sève à ce titre décidément très accrocheur ! De ce fait, c’est une nouvelle fois une série courte pleine de promesses que Taifu nous a déniché là, et qui en tout cas a su me séduire.


still-sick-2-taifuMon avis sur le tome 2

Nous suivons Makoto Shimizu, une employée de bureau et otaku qui vit sa passion en secret, et sa collègue et (ancienne) mangaka, Akane Maekawa.
Après un échec dans sa carrière de mangaka, Maekawa s’est éloignée de cet univers, mais poussée par les flots de Shimizu, elle va décider de redevenir auteure.
Toutefois, un événement inattendu va venir mettre en péril leur relation…

Alors que le premier tome de Still Sick nous avait présenté les deux personnages et le rapport que chacune entretient avec le monde du manga, ce second volume sur trois permet d’approfondir leur relation, qui va considérablement évoluer, on s’en doute.

Alors que Shimizu pousse Maekawa à reprendre sa carrière de mangaka, cette dernière accepte de reprendre les crayons seulement si la seconde est à ses côtés pour l’épauler. Cela permet d’instaurer une nouvelle dynamique entre les deux, qui ne va pas être sans quelques heurs.

Car Maekawa est une personne difficile à saisir, et c’est selon moi ce qui fait la sève de ce second volume. La jeune femme semble avoir quelques troubles affectifs, qui font qu’elle semble par moments tourner autour de Shimizu, étant également jalouse du fait qu’elle parle à d’autres personnes au travail, et à d’autres moments, elle la repousse, parfois assez durement. De son côté, Shimizu commence à ressentir des sentiments de plus en plus forts pour Maekawa, et est bien plus claire dans son comportement.

Ainsi, la relation qui se noue entre les deux est compliquée et contribue à densifier les deux personnages. Et si le monde du manga et du doujinshi commence à être plus un prétexte qu’autre chose, le mal-être de Maekawa est étoffé pour devenir le cœur du récit. Et ça tombe bien, car je trouve le travail sur le personnage très réussi. Si plusieurs fois j’ai eu du mal à saisir les réactions de la jeune femme, j’ai fini par comprendre que c’était justement voulu, et que ses gestes contradictoires sont là pour mettre en avant le désordre affectif de cette dernière.

Ce faisant, ce volume de transition avant la fin de la série est vraiment réussi car il donne davantage de relief aux deux personnages, en particulier Maekawa qui suscite l’empathie de par ses soucis d’ordre relationnel et affectif. De ce fait, j’ai très hâte de voir comment l’histoire va se conclure, que ce soit la partie professionnelle et la publication du manga (car il est quand même toujours question de ça, même si c’est moins mis en avant) et l’aspect relationnel entre les deux jeunes femmes.

9 commentaires

    • De rien, c’est avec plaisir ! Si tu n’as pas lu Kase-san, j’ai fait un article sur le premier tome de la 2e partie (pas lu la première mais ça ne pose pas problème) et dans ma petite expérience du yuri, c’est la série que je recommanderai le plus je pense.

      Aimé par 1 personne

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