Mon avis sur… Our Colorful Days T.2 de Gengoroh Tagame

Our Colorful Days

Après un premier tome qui m’a totalement conquis (voir avis ici), c’est avec plaisir que je retrouve la nouvelle série de Gengoroh Tagame, pour ce deuxième tiers de l’histoire. Après nous avoir présenté les personnages principaux, notamment Sora, jeune lycéen homosexuel qui essaie de vivre avec sa différence cachée aux autres, le mangaka va développer dans cette deuxième partie de l’histoire les relations entre les personnages et encore un peu plus approfondir les thématiques liées au coming out et à la difficulté de vivre avec ce secret. Et encore une fois, c’est beau, émouvant, et particulièrement intelligent !

Dessiner le rend « libre ». Mais quand il doit mentir, son monde perd toutes ses couleurs…
Si Sora cache encore qu’il est gay, il se sent moins seul… Grâce à Nao, son amie d’enfance, mais surtout au patron du petit café qu’il aime tant, l’adolescent a trouvé un nouvel équilibre. Enthousiaste à l’idée de réaliser une fresque murale, il cherche l’inspiration. Mais les on-dit et autres secrets risquent bien d’encore lui donner du fil à retordre…

Ce second volume est donc dans la droite lignée du premier, on reste sur les mêmes thématiques et enjeux, de toute façon en trois tomes il vaut mieux que l’histoire reste relativement simple. Sora accepte donc de faire une fresque murale pour le café du « Patron », véritable havre de paix pour lui, où il peut être lui-même sans peur du regard des autres.

NaoDans ce volume, tout tourne autour de l’évolution des relations entre les personnages. On passe notamment pas mal de temps avec Sora et Nao, voyant comment la révélation qu’il a fait à sa meilleure amie influe sur leur relation. J’ai trouvé particulièrement bien vu le fait qu’on partage pendant un temps le point de vue de la jeune fille, qui se remet en question et se demande si le fait d’avoir considéré son ami comme hétérosexuel par défaut ne lui aurait pas fait du mal parfois. MasqueCette question est également évoquée via la mère de Sora, qui part du principe qu’il sort avec Nao comme ils sont toujours ensemble, et on comprend que c’est pour le jeune homme une source de souffrance. Car même sa mère ignore son homosexualité, et le fait qu’elle nie cet aspect en partant du principe qu’il est hétéro est difficile pour lui.

Au-delà de ça, la relation du jeune homme au Patron se développe toujours un peu plus, l’homme étant une figure proche d’un mentor pour lui, ou tout du moins une oreille attentive et dont la force de l’expérience peut lui venir en aide pour savoir comment se situer par rapport à son secret. Ensemble ils évoquent des questions liées au regard des autres et à comment ils se sentent au font d’eux, l’occasion d’étoffer le personnage du Patron.

Le PatronOn apprend notamment que plus jeune, il avait honte de ce qu’il était. Et si ce n’est pas dit explicitement, impossible de ne pas y voir l’impact de nos sociétés, qui ne font pas le nécessaire pour que certaines choses soient considérées comme normales. Si le Patron se dégouttait du fait qu’il soit homosexuel, c’est bien que la société lui a fait comprendre que ce n’était pas normal et qu’il y avait quelque chose de sale là-dedans. Fort heureusement, avec l’âge il a compris que ce n’était pas le cas. Et en ça, le fait d’avoir des personnages principaux avec une grande différence d’âge permet de marquer une éventuelle évolution des mentalités sur ce point (même si c’est encore insuffisant dans les faits).

Enfin, la fin du volume apporte une information capitale concernant le Patron, qui pourrait remettre en cause beaucoup de choses. On le sent dans les dernières pages, Sora est ébranlé par ce qu’il apprendra (que je ne révélerai pas), et qui vient encore enrichir une œuvre déjà très dense.

Ainsi, comme dans le premier tome, et comme dans Le Mari de mon frère, Tagame jongle avec un grand talent entre les différents personnages afin d’enrichir la thématique de son récit. On pourrait se demander si le fait de faire deux séries si proches en terme de thèmes ne le ferait pas sombrer dans la redite, mais il n’en est rien, tant l’auteur arrive à donner à chacune sa propre identité, et à travailler des aspects différents du même sujet. Encore une fois, que ce soit dans l’intelligence de son propos, dans la bienveillance globale qui transparaît ou tout simplement dans la maîtrise esthétique et narrative, Gengoroh Tagame s’impose comme un mangaka brillant, et Our Colorful Days continue de faire un sans faute.

7 commentaires

  1. Bon, comme il y a quelques minutes, je viens créer la vie ici.
    Je trouve ça vraiment agréable de pouvoir suivre des œuvres dont je n’avais absolument jamais entendu parler chez toi. Quel plaisir de pouvoir agrandir ma culture dans la passion grâce à ton travail !

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    • Merci beaucoup, ça me fait très plaisir et cest réciproque, grâce à toi et aux autres je découvre des titres que je n’aurais pas connu…
      Et parfois vous me faites saliver maos on ne peut pas tout lire.

      Sinon, j’ai vu le gros colis de Meian, c’est cool !

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      • Voilà c’est ça, je viens saliver chez les autres mais ça ne restera que des mangas que je suivrais de loin. Ce qui leur donne une aura assez particulière d’ailleurs.

        Ça fait tellement plaisir de voir tout ça et de pouvoir commencer 6 nouvelles séries grâce à mon travail 😍

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      • En voyant le début, j’ai cru que tu allais arriver sur une tout autre conclusion 😆
        « Et maintenant, je ne ressens plus loin. J’estime que c’est la norme pour un talent immense comme le mien » mais ça aurait peut-être fait beaucoup !

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      • A vrai dire, j’ai la fibre de la reconnaissance (par contre j’ai pas la fibre optique mais mon débit me suffit largement 😆) du coup je pense que je me sentirai toujours privilégié de recevoir des mangas, et je dois avouer que ça a créé un affect énorme vis à vis de Pika qui est le premier éditeur à m’avoir fait confiance. Puis recevoir beaucoup de titres d’un éditeur permet de vraiment connaitre leur catalogue et pour le coup, Pika tente beaucoup de choses !

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