Mon avis sur… Beastars T.12 de Paru Itagaki

Beastars

C’est un plaisir constamment renouvelé pour moi d’écrire sur Beastars, parce que la série est magnifique, évidemment, mais aussi car Itagaki a toujours des idées passionnantes pour développer son intrigue et son univers, enrichissant de façon constante les thématiques traitées tout en donnant toujours plus de corps à ce monde qui fonctionne comme un miroir déformé du notre. Voyons donc, en limitant toutefois les spoilers, ce que celui-ci apporte de plus.

31 décembre, jour du duel… D’un côté, Rizu, qui a cessé de prendre ses inhibiteurs de puissance, est plus fort que jamais ; de l’autre, Legoshi est diminué par son refus de manger de la viande. Mais tout n’est pas encore perdu…
Pour donner à son ami une chance de vaincre, Louis lui fait un cadeau pour le moins inhabituel ! Ce présent permet au loup de renverser la tendance, et l’ours reconnaît sa défaite. Malheureusement, Legoshi n’est pas tiré d’affaire pour autant… car c’est maintenant avec la police qu’il a des problèmes !

J’ai dit que je limitais les spoilers, mais ça reste compliqué de tout passer sous silence. De même, si vous n’avez pas lu les tomes précédents, il pourrait y avoir quelques révélations. Vous m’en excuserez, j’essaie de m’adresser à tout le monde mais ça reste compliqué quand on traite d’une série tome par tome. Un jour, je trouverai peut-être la formule magique pour parler sans la moindre révélation d’un titre, mais ce n’est pas encore pour aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, si vous ne lisez pas encore Beastars, je vous encourage à vous y mettre ! Nous avons d’ailleurs appris il y a quelques jours que la série va s’achever au Japon dans quelques chapitres, et qu’elle comptera au final 22 tomes. Une durée tout à fait convenable compte tenu de la richesse globale du titre. Mais parlons de ce douzième tome afin de voir en quoi il est un des meilleurs de la série jusqu’à présent (à mes yeux, bien entendu).

Tout d’abord, je dois évoquer Legoshi, comme d’habitude. Notre héros étant un personnage magnifiquement écrit, je ne peux pas ne pas lui dédier au moins un paragraphe à chaque fois. Comme d’habitude, Itagaki lui offre un traitement des plus pertinents, montrant les conséquences des événements du tome précédent, à la fois d’un point de vue légal et administratif, mais également sur la psyché de notre personnage. Il est plus que jamais mal à l’aise avec sa nature de carni compte tenu de ce qui s’est passé, et se sent obligé de quitter l’institut. Il va donc trouver un petit boulot ainsi qu’un logement, ce qui sera l’occasion de faire la rencontre d’une voisine.

SevenLa voisine en question n’est autre que Seven, une mouton de 29 ans qui se révèle déjà très intéressante. Employée modèle, elle est victime de sa nature d’herbi et n’est pas considérée par ses collègues et supérieurs. Que ce soit dans le travail où elle subit le harcèlement, où dans les transports où elle se retrouve sous la pression des regards de carnis (alors qu’il y a des rames réservées aux herbis, qu’elle refuse de prendre), on comprend bien que le personnage agit comme une représentation métaphorique de la difficulté d’être une femme au Japon. Entre harcèlement au travail ou dans les transports, connus pour être le lieux où les pervers profitent de la promiscuité pour avoir des comportement odieux, ce personnage touche d’emblée et permet à la mangaka de mettre en avant des comportements intolérables. Une fois de plus, la métaphore fonctionne a plein régime et sonne on ne peut plus juste !

Mais ce n’est pas le seul élément thématique intéressant du tome, bien au contraire. Il est chargé à ras bord d’idées passionnantes, qui ne nuisent à aucun moment au développement du récit, et n’alourdissent en aucun cas la lecture. À l’image de ce chapitre où l’on voit des usines où travaillent des vaches, dans des conditions particulièrement éprouvantes nous rappelant le travail à la chaîne particulièrement harassant trop souvent néfaste pour la santé des gens…

Et c’est dans ce contexte que le Beastar, fraîchement introduit, intervient pour mettre un peu de justice dans ce cadre de travail. Je ne dévoilerai rien sur ce personnage, si ce n’est qu’il dégage une aura intense, et semble représenter une forme d’idéal dans ce monde. Il est autant respecté que craint compte tenu de ce qu’il dégage et de son importance. Je dois même avouer qu’il m’a même fait un peu penser à Batman, notamment dans la façon dont il est mis en scène (cela ne veut pas dire que le personnage est une chauve-souris pour autant).

Bébé LegoshiEt pour terminer sur ce menu déjà copieux, nous avons droit à de nouveaux développements pour Louis et Juno. Le cerf se révèle de plus en plus passionnant, et si Legoshi reste à mes yeux le meilleur personnage du manga, Louis n’est pas très loin non plus tant son évolution est passionnante et maîtrisée.

Enfin, le volume se conclut sur les retrouvailles entre Legoshi et une personne très importante pour lui, l’occasion de séquences fortes émotionnellement, qui permettent de constater l’évolution de notre héros. Le tout culminant vers un cliffhanger vraiment cool et badass, comme Itagaki nous en a déjà fait précédemment dans la série.

En résumé, mon manga préféré de 2019 continue tranquillement son chemin et démontre à chaque volume qu’il n’a toujours aucune concurrence à mes yeux, même en 2020. Ce douzième volume est clairement dans le haut du panier de la série de par sa grande richesse thématique et la façon dont Itagaki ouvre encore un peu plus son univers, sans jamais négliger le développement de ses personnages. Un chef d’oeuvre, tout simplement !

25 commentaires

  1. Je n’ai pas spécialement peur mais ce tome ne fera parti de mes préférés que si les nombreux éléments qu’il met en place se voient bien traités.

    Je le voit comme la fin de la montée en puissance des derniers volumes pour nous offrir une nouvelle fois, il jouera donc un rôle majeur en plus d’être déjà très intéressant avec ces trois niveaux personnages mais j’attends un peu quand même 😋

    J'aime

  2. On en a déjà parlé mais j’ai adoré ce tome et je partage ton enthousiasme à 100%!!
    Je suis aussi contente d’apprendre qu’une fin est prévue et que ça ne va pas tourner en série commerciale à rallonge malgré le succès. Un autre côté je suis aussi un peu triste parce que j’adore tellement ❤️

    Aimé par 1 personne

    • Oui, c’est toujours ce sentiment qu’on a avec les super séries. On est content qu’ils n’etirent pas inutilement mais en même temps on en veut toujours plus.
      J’espère que Ki-oon éditera les histoires courtes qu’elle avait ecrit avant que la série soit lancée, et également son manga autobiographique.
      Dans tous les cas, je pense qu’on reverra vite Paru Itagaki ! Un talent comme ça, elle va vite pouvoir repartir sur quelque chose.

      Aimé par 2 personnes

  3. Oui un très beau tome qui assure bien la transition après les derniers événements.
    J’ai beaucoup aimé cette entrée de Legoshi dans l’univers des adultes avec tout ce que cela implique. Sa relation avec sa voisine m’a amusée. Ses retrouvailles avec un certain perso touchée parce que ça montrait combien il avait grandi.
    J’ai hâte de revoir ce nouveau « Batman » et le rôle qu’il va avoir auprès des jeunes 😉

    Aimé par 1 personne

  4. C’est également ce que je lui souhaite. Et je ne la remercierai jamais assez d’avoir écrit et dessiné un si magnifique manga dont le succès continuera par le biais d’un tout aussi merveilleux anime.

    Aimé par 1 personne

  5. On peut dire que cette brebis n’a vraiment pas de chance 😟. Toutefois, son nom m’inspire quelques réflexions :
    En anglais « seven » veut dire « sept ». Or, parmi les homophones présents en japonais, trois concernent certains numéros.

    Et ce n’est pas gai du tout puisque「四」(prononcé « chi ») voulant dire « quatre » est homophone avec「死」signifiant « mort », tandis que「七」(prononcé « chitchi ») qui veut dire « sept » est voisin de「死地」signifiant « terre de mort » et que「九」(prononcé « kou ») vouant dire « neuf » est proche de「苦」voulant dire « souffrance ».

    * Dixit Julien Fontanier, professeur de japonais.

    Aimé par 1 personne

    • N’ayant aucune notion de japonais, je n’aurais pas pu faire cette analyse qui me semble être pertinente. Comme les noms ne sont pas donnés au hasard, on peut effectivement craindre pour elle, surtout qu’elle est présentée d’emblée comme un personnage en souffrance. Est-ce qu’elle pourrait se mettre en danger volontairement ? Ce n’est pas impossible.

      J'aime

Répondre à tampopo24 Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.