Mon avis sur… Ashidaka – The Iron Hero T.1 de Ryo Sumiyoshi

Ashidaka

Parmi les grosses nouveautés de la fin d’année, Ashidaka – The Iron Hero a su se faire une place. Il faut dire que Glénat semble croire dans le potentiel du titre, puisqu’après une prépublication numérique au chapitre, le titre arrive enfin au format relié, avec une édition simple et une collector à 15€ pour son premier tome. De mon côté, j’étais très intrigué notamment car le titre est écrit et dessiné par la mangaka de Centaures, que je n’ai pas lu mais qui m’intéresse depuis un moment. Mais comme les goodies ce n’est pas mon truc, je me suis contenté de l’édition simple, je ne pourrai donc pas faire de retour sur ce que propose la collector. Cependant, un retour sur le contenu du titre, ça je peux le faire !

Depuis un combat apocalyptique opposant un Dieu et un Démon, l’humanité s’est vue dotée d’une paire de “bras d’acier” supplémentaire et vit sur une Terre infestée de droïdes mécaniques. Parmi eux, ceux qui possèdent plus de deux bras d’acier sont considérés comme des “descendants du démon”, des “multibras” tués ou abandonnés à la naissance.
Notre héros, Ashidaka, fait partie de ces derniers, et survit en chassant les droïdes. Passionné par ces créatures et leur customisation, il cultive son talent jusqu’à ce qu’un beau jour, le Démon revienne sur Terre pour bouleverser l’ordre établi…

Premier élément qui saute aux yeux, et ce dès le résumé du titre, l’univers ainsi que l’intrigue semble très très chargés au niveau symbolique. On nous parle d’emblée de combat entre un Dieu et un Démon, Ashidaka nous est présenté en lisant une Bible, et on nous explique que les « multibras » sont abandonnés car considérés comme des descendants de démons.

Et clairement, l’univers est d’emblée le gros point fort du titre, au-delà de sa force symbolique. Je pensais avant de me lancer qu’on était face à un titre steampunk où les personnages utilisent des améliorations mécaniques, or, le côté mécanique fait partie intégrante de leurs corps, ces bras étant de véritables membres, bien qu’ils puissent être customisés. Cela donne un côté presque plus cyber que steampunk (car le cyberpunk se caractérise, entre autres, par les « augmentations » directement intégrées aux corps). De ce fait, on le comprend rapidement, les bras mécaniques étant une partie du corps des personnages, il faut faire attention à ce qu’on fait avec, au risque d’être gravement blessé (voire pire, la perte de tous les bras mécaniques entraînant la mort).

Ashidaka 2

Et si j’ai tant insisté sur ce point, c’est également car, comme l’indique le résumé, les bras mécaniques sont un élément central de l’univers du titre, puisque les multibras sont des parias, chassés voire tués pour leur différence, au nom d’une croyance qui semble de prime abord grotesque. Cependant, certains éléments viennent poser question dès ce premier volume et ce faisant, apportent une dynamique à l’histoire tout en étoffant l’univers.

Car on nous explique qu’un démon pourvu de cent bras d’acier s’est abattu sur Terre par le passé, et a détruit tout sur son passage. C’est alors qu’un Dieu, lui aussi pourvu de cent bras d’acier, l’aurait vaincu, et aurait dispersé ses bras afin de recréer la vie. Cette vie serait donc ces hommes pourvus de bras d’acier (en plus de leurs bras de chair). Du fait de cette croyance (on ne sait pas encore s’il s’agit d’un fait avéré), les « multibras » sont rejetés. Il semblerait qu’il y ait une forme d’ambiguïté dans cette croyance puisque le fait de posséder de nombreux bras peut tout autant renvoyer au Dieu qu’au démon.

AshidakaSauf que les gens ont décidé que non, avoir plus d’une paire de bras était un signe démoniaque, d’où le fait qu’Ashidaka ait été rejeté par sa mère, le contraignant à une vie de paria aux côtés de Geji. Ils vivotent en détruisant des petits droïdes sauvages, et en récupérant leur huile ainsi que leurs pièces. Mais un jour, une créature pourvue d’une centaine de bras attaque, et détruit la ville où la mère d’Ashidaka vit (celle-là même qui l’a rejeté). Ceci marquera le début de ce qu’on peut imaginer être une grande aventure pour notre héros.

Ainsi, si j’ai tant insisté sur la description de l’univers, c’est parce que ce premier volume, assez classique dans sa construction et dans l’archétype de son héros, développe déjà avec intelligence son monde fictionnel. Au-delà de l’aspect organique-mécanique que j’ai évoqué, qui lui confère une vraie identité, le fait d’insister sur les croyances propres à cet univers lui donnent non seulement du corps, mais enclenchent une mécanique de récit à fort potentiel. Ainsi, si les premières péripéties sont assez convenues, le monde dépeint ne l’est pas, bien qu’il soit chargé d’influences génériques.

D’ailleurs, l’esthétique du titre vient encore renforcer ce point, et pourrait, tout comme la nature de l’univers dépeint, être un frein pour certaines personnes. Car la mangaka de Centaures a un trait particulier, reconnaissable au premier coup d’œil et qui fait mouche (selon moi). Mais dans le même temps, son découpage et le côté chargé des designs font qu’il peut être parfois compliqué de bien saisir ce qui se déroule. Je pense qu’elle a surtout visé le dynamisme dans l’action, et c’est une réussite sur ce point, d’autant plus que ce premier tome se lit à une vitesse folle. Je pense sur ce point que la mangaka, consciente du caractère difficile de son style visuel et de son univers, a rendu son récit le plus fluide possible afin de faire passer ça au mieux. Et son choix est on ne peut plus payant.

Cependant, même si j’ai personnellement beaucoup aimé ce premier tome pour l’univers qu’il dépeint et son fort potentiel, je crains que son style, qui est pour moi une qualité, puisse rebuter d’emblée un certain lectorat. Mais si l’on se donne la peine de se plonger dedans, c’est une belle surprise qui nous guette au bout du compte, car on sent une véritable maîtrise en terme de construction d’univers et de récit, bien appuyé par une esthétique très marquée et globalement très réussie.

En résumé, ce premier tome d’Ashidaka – The Iron Hero m’intriguait et m’a déjà convaincu. On tient ici la promesse d’une belle aventure dans un univers qui semble avoir été bien pensé, soutenu par une esthétique originale et travaillée. De plus, le tout semble très chargé au niveau symbolique et pourrait donc offrir un récit qui prend de la hauteur par rapport à ce qu’il raconte, pour nous délivrer en plus un message intéressant. Si on ne peut pas juger de la réussite de l’entreprise sur un seul tome, force est de constater que cette entrée en matière a déjà capté mon attention, en ça, c’est une réussite !

22 commentaires

  1. Zut je pensais quand même un peu pouvoir me passer du titre mais quand je te lis, l’univers et le background entre mythe et science me tente terriblement >< Je vais être oublié d'aller voir ça même si je persiste, je ne retrouve pas le charme du dessin de Centaures pour ma part, mais après tout c'est normal puisque dans celui-ci il y avait une touche fantastique qui n'est pas nécessaire ici ^^
    Merci pour cet avis complet !

    Aimé par 2 personnes

    • Comme je n’ai pas lu Centaures mais que je n’ai que feuilleté, je ne peux pas totalement comparer, mais on retrouve quand même un trait similaire, bien que adapté à un univers très different. Donc c’est sur, ça change l’esthétique globale. Et je la trouve en effet parfois difficile à appréhender mais elle m’a quand même plu.

      En fait au départ le titre m’intriguait mais je n’avais pas prévu de le prendre. Mais j’utilise chaque mois ma cagnotte Auchan pour acheter un ou plusieurs mangas, et comme ils n’avaient pas L’Oxalis et l’or, je me suis rabattu sur celui la qui fût une très bonne surprise…. alors que L’Oxalis et l’or et une grosse déception ! Je mettrai mon article en ligne demain je pense pour expliquer ce qui ne va pas, sans spoiler.

      Quoi qu’il en soit, Ashidaka est prometteur à mes yeux !

      Aimé par 2 personnes

      • Tant mieux alors si tu y vois des similitudes, je pense que je vais finir par craquer ><
        C'est chouette cette petite cagnotte. J'en ai une aussi à mon Leclerc mais elle met plus longtemps à tomber xD
        Dommage pour l'Oxalis et l'Or, j'attendais pas mal le titre… Du coup, je suis curieuse de voir ce qui ne t'a pas plu 😉

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      • Ta curiosité pourra être satisfaite demain matin 😉
        Je vais aussi à leclerc de temps en temps, mais comme la cagnotte c’est qur des produits spécifiques qui changent à chaque fois, il faudrait potasser les prospectus pour savoir ce qu’il en est. Mais je n’en suis quand même pas là😆

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  2. Centaures m’avait beaucoup plu et j’attends enormement ce titre qui me fait legerement penser a steamboy d’otomo pour l’aspect visuel du personnage. Je crains toujours les bd de grosses bebetes pleines de pattes mais je pense que je vais le lire.

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  3. Encore un titre dont je n’avais pas du tout entendu parler et que tu vend très bien.
    J’aime bien ton paragraphe introductif qui explique bien ce qu’il y a à savoir.
    Excellent boulot quotidien comme d’habitude !
    Excellente journée à toi !

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  4. Je n’ai pas lu centaures parce que le trait ne m’attirait pas. Ici spontanément en le voyant en librairie je ne me serai pas arrêtée non plus mais ta chronique m’intrigue quand même donc je vais probablement y jeter un œil par moi même. Merci pour la découverte ☺️

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  5. Si l’univers a l’air vraiment riche, tu as pointé dans ton avis ce qui me rebute au premier abord, le style de l’auteur qui, je l’avoue, ne m’attire pas outre mesure… Il faudrait que je feuillette le manga pour voir si je pourrais passer outre la forme pour m’intéresser au fond.

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    • Je comprends tout à fait, c’est pour ça que j’ai abordé ce point. Le style de la mangaka est très marqué, et même si j’ai aimé ce n’est pas toujours facile à déchiffrer en terme visuel. Donc je comprends tout à fait que ça puisse être rebutant.
      Le mieux serait en effet de le feuilleter pour te faire une idée plus nette.

      J'aime

  6. Je viens de terminer ce premier tome et je m’avoue un peu déçu (notamment par rapport à Centaures. La mangaka est clairement douée graphiquement mais la simplicité, parfois un peu abusée, de certaines planches et le style adopté rendent la lecture peu lisible comme tu le dis (l’aspect caligraphie de Centaures allégeait cet effet de vitesse). Surtout l’intrigue est assez pauvre sur les 2/3 du bouquin et heureusement le dernier chapitre mets un gros pulse à l’intérêt. Je ne suis pas certain de poursuivre mais la fin m’a clairement remis en course pour ce titre…

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    • Je vois ce que tu veux dire. Je pense que le début est surtout là pour poser le cadre du récit, en prenant un peu le temps. Moi ça ne m’a pas du tout dérangé personnellement, mais je comprends qu’on puisse en sortir avec un sentiment de trop peu.

      Mais c’est vrai que c’est surtout sur la fin du tome que les choses s’accélèrent.

      Aimé par 1 personne

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