Mon avis sur… Slam Dunk Star Édition T.11 & 12 de Takehiko Inoue

Slam Dunk

Vous le savez surement depuis le temps, ma découverte de Slam Dunk avec la Star Edition a surtout été pour moi l’occasion de découvrir un mangaka qui fait aujourd’hui partie de mes préférés, tout comme une série que je porte dans mon cœur, même si je dois avouer que pour le moment, Real est ma série fétiche d’Inoue. Et si, comme pour chacun de mes articles sur ce titre, les dithyrambes vont pleuvoir, je dois admettre qu’elles seront cette fois un peu contrebalancées par un point qui m’a un peu embêté durant ma lecture. Cela ne m’a pas empêché de prendre comme toujours un immense plaisir face à un titre magnifiquement écrit avec des personnages toujours aussi forts et brillamment développés, mais je dois admettre aussi avoir été moins conquis que d’habitude, et je m’en vais vous expliquer pourquoi.

Les présélections départementales en vue du tournoi interlycées approchent de leur fin. Approche une victoire contre Takezato, Shôhoku joue sa place via une ultime rencontre, face à la redoutable équipe de Ryônan, qui compte en ses rangs Sendô mais aussi Uozomi, le « grand gorille »…

Comme le précise le résumé, ces volumes se focalisent sur le match entre Shohoku et Ryonan, avec au centre la rivalité entre Akagi « Le Gorille » et Uozomi, gorille de l’équipe adverse. Et si le match occupe déjà ces deux volumes, il est loin d’être fini à la fin de la lecture et il faudra attendre le tome 13 pour en avoir la conclusion. Au moins comme ça vous pouvez être certains que je ne vous en révélerai pas l’issue, ne la connaissant par moi-même.

Quoi qu’il en soit, on se retrouve avec une configuration bien connue dans la série désormais, puisque l’on assiste à un match où les performances individuelles et collectives s’enchaînent afin de faire pencher la balance pour une équipe ou l’autre en fonction des moments. Inoue parvient toujours à maintenir un certain suspense en multipliant les péripéties au sein du match, que ce soit avec une première mi-temps où certains semblent étonnamment effacés sur le terrain, des fautes trop fréquentes pour certains ou, comme toujours, Sakuragi l’électron libre qui continue d’apporter une certaine dose d’incertitude dans le match, entre coups de génies et très mauvaise prestation…

On connait la recette, mais elle fonctionne toujours à la perfection car Inoue continue de nous investir émotionnellement aux côtés de ses personnages. C’est particulièrement frappant quand on voit Sakuragi sur la touche un moment trembler de tous ses membres tant il rage face aux humiliations subies sur le terrain.

Mais surtout, alors qu’on était habitués à prendre fait et cause pour les joueurs de Shohoku, Inoue prend le temps de revenir sur Uozomi et de le rendre véritablement central dans ce volume, au point où on se surprend à se prendre d’empathie pour lui, et de vouloir le voir briller, quand bien même cela signifierai voir nos héros perdre le match. Et j’ai vraiment beaucoup aimé ce point, car à force de se focaliser sur Shohoku, on en oublie que les autres équipes aussi comptent des joueurs qui redoublent d’efforts pour être au niveau, et qu’ils sont aussi méritants. De ce fait, il devient compliqué d’être totalement pour Shohoku, et l’investissement émotionnel du lecteur dans le match s’en ressent.

Ainsi, vous l’aurez compris, il n’y a encore une fois rien à dire en terme d’écriture. Inoue est toujours aussi brillant pour nous faire frissonner sur le terrain et nous impliquer émotionnellement, notamment à travers un travail sur les personnages des plus soignés. Mais dans ce cas d’où vient mon soucis avec ces tomes ?

SendohIl est tout simplement d’ordre esthétique. Car Inoue nous a habitué à un haut niveau en terme de dessin, et sans aller jusqu’à dire que ces deux volumes ne sont pas à la hauteur, je dois quand même dire que j’ai trouvé davantage d’errances et de scories que d’habitude. Il faut savoir que dans le cadre de la publication dans un magazine comme le Weekly Shonen Jump, Inoue et son équipe devaient rendre 19 pages par semaine. Un rythme de travail énorme, et si vous lisez souvent des mangas (pas que des shonen d’ailleurs), vous avez déjà sans doute constaté que le niveau de détails des planches peut être variable.

C’est le cas depuis le début dans Slam Dunk, mais je trouvais quand même qu’il y avait globalement bien plus de planches travaillées que de planches brouillonnes. Or, dans ces volumes, j’ai eu le sentiment qu’il y avait davantage de dessins moins détaillés, de soucis de perspective ou de proportions dans les corps. De même, les planches vraiment fortes et marquantes étaient moins nombreuses et souvent moins impactantes. Rien qui ne rende la lecture désagréable, il faut être clair. Mais cela reste quand même en deçà de ce à quoi Inoue m’a habitué, d’où le fait que j’ai légèrement tiqué durant ma lecture.

Page couleurJ’ai notamment eu le sentiment qu’il avait un peu plus de mal à dessiner les visages des joueurs de Ryonan, ce qui n’est d’ailleurs pas impossible, car de nombreux mangakas disent souvent que certains éléments, et notamment des personnages, peuvent leur donner du mal. Et comme Inoue et ses assistants n’avaient pas jusque là énormément dessiné les joueurs de Ryonan, il peut y avoir un peu de moins bien sur ce point. Mais encore une fois, on est de l’ordre de la petite gène, mais qui ne gâche pas non plus la lecture de ces deux tomes toujours parfaitement maîtrisés en terme d’écriture et de portée émotionnelle. Ils n’atteignent simplement pas les sommets que j’ai pu avoir avec certains tomes.

L’honnêteté me force également à préciser que de nombreuses planches sont quand même somptueuses, notamment sur les pages couleurs (en noir et blanc dans cette édition) qui ont bénéficié de tout le soin qu’on est en droit de s’attendre de la part d’Inoue.

En résulte deux tomes qui me semblent moins peaufinés que les précédents, mais qui n’en restent pas moins intenses, émouvants et surtout ultra funs, dynamiques et toujours aussi addictifs, malgré un petit coup de moins bien en terme visuel. De ce fait, ils n’entachent en rien la qualité globale de la série et la réussite constante qu’elle représente. Car même si j’ai tiqué sur les visuels, un Inoue en moins grande forme reste d’un niveau inaccessible à la majorité des mangakas.

2 commentaires

  1. Moi qui ne suis vraiment pas intéressé par les mangas de sport et qui ai eu du mal avec les premiers tomes de Kuroko ou d’Haikyu, je suis vraiment dans l’optique de découvrir slam dunk pour prendre une belle claque !

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