Mon avis sur… Vampire Dormitory T.1 d’Ema Toyama

Vampire Dormitory

Si vous avez l’habitude de me lire, vous savez que je suis un gros lecteur de seinen et shonen, mais que j’aime particulièrement découvrir de nouvelles choses et varier les plaisirs, donc un petit shojo de temps en temps, ça m’intéresse. Et le premier juillet, Pika a sorti une nouvelle série dans sa collection Shojo Addict, avec Vampire Dormitory d’Ema Toyama. Une mangaka qui a beaucoup d’expérience puisqu’elle en est à sa cinquième série éditée chez Pika.

J’en profites d’ailleurs pour remercier l’éditeur pour m’avoir envoyé ce volume, et vous invite à faire un tour sur la page dédiée sur leur site pour en savoir plus sur le titre et lire le premier chapitre pour vous faire une idée.

Dernière précision avant de parler du volume en lui-même, la série est en cours avec 4 tomes au Japon, et le second paraîtra en France le 2 septembre. Le manga étant dans la sous-collection Purple Shine, plus axée sur les récits à teneur fantastique, et vous allez rapidement comprendre pourquoi.

Orpheline, Mito est à la rue où elle survit, travestie en garçon à l’insu de tous. Alors le jour où elle perd son emploi, son univers s’effondre ! Surgit alors Luka, un vampire distingué, qui lui propose de l’héberger dans son pensionnat contre un don de sang régulier. Problème : comme Mito n’a jamais connu l’amour, son sang est infect… Mais Luka, que les filles dégoûtent, refuse d’abandonner pour si peu et compte bien résoudre le problème de Mito à grand renfort d’affection ! Si Mito veut garder un toit sur la tête, il va donc lui falloir préserver son secret à tout prix…

Dès le résumé, j’ai constaté deux choses qui m’ont rappelé Fruit Basket, avec le fait que l’héroïne est orpheline, et l’élément fantastique qu’il faut cacher. Une référence qui n’est pas pour me déplaire personnellement, et qui permet de donner de la personnalité à cet univers, qui est d’ailleurs très bien mis en avant dès ce premier volume.

MitoLa petite originalité venant du fait que les deux personnages principaux ont quelque chose à cacher, Luka étant un vampire, et Mito une fille qui se déguise en garçon. De là découlent les enjeux principaux du récit, Mito souhaitant garder le fait qu’elle soit une fille secret, d’autant plus qu’elle s’attache rapidement à Luka que les femmes répugnent (à cause de leur sang).

Le sang des fillesLa relation entre les deux est d’ailleurs plutôt bien traitée en ce début de série, puisque l’on n’est pas réellement dans la romance (bien que je ne doute pas que ça finira par arriver), mais par un besoin réciproque de l’un envers l’autre. Luka a grâce à Mito une réserve de sang à disposition, et celle-ci gagne un toit sur la tête et surtout, quelqu’un qui a besoin d’elle et promet de lui faire découvrir l’amour.

Je suis très intrigué par ce point d’ailleurs, et par la façon dont il sera traité. Car de prime abord on dirait que l’idée est que l’amour rend meilleur (puisqu’il améliorerait le goût du sang), ce qui me semble intéressant bien qu’assez fleur bleue (mais ça ne me dérange pas du tout), mais devra être traitée avec intelligence par la suite. Ce qui est certain, c’est que le vampirisme et la question du goût du sang, qui s’améliorerait grâce à l’amour, semble former une métaphore des différents éléments en lien avec le sentiment amoureux (la question de la sexualité, souvent liée au mythe du vampire, semblant mise de côté pour le moment, mais elle pourrait cependant arriver par la suite).

RenEt pour donner encore davantage de relief à l’histoire, le fait que Mito soit une fille que l’on prend pour un garçon a évidemment une importance au niveau narratif (que je ne vous dévoilerai pas), et on aura le plaisir de voir arriver un troisième personnage dans ce volume qui augure de la possibilité d’un triangle amoureux, ou au minimum, d’un autre élément central dans l’histoire. Puisque ce dernier, Ren se jure de protéger Mito (notamment de Luka, dont la nature de vampire pourrait être un danger). On voit donc une classique opposition entre deux personnages masculins très différents, les deux étant très proches de l’héroïne.

Tout ceci donne déjà une belle richesse à ce premier tome, mettant en avant plusieurs enjeux intéressants tout en développant déjà très bien les personnages. Et pour soutenir tout ceci, nous avons droit à une esthétique vraiment très réussie. Comme je le dis souvent concernant les shojo, j’ai du mal avec les pages surchargées et au découpage trop compliqué. Ici, on a une mise en scène très réussie et surtout très claire. J’aime beaucoup le character design, et la mangaka arrive très bien à faire ressortir le petit aspect fantastique dans un cadre pourtant quotidien.

De même, je trouve qu’il y a un travail visuel sur la représentation du suçage de sang très réussi, bien qu’assez classique, qui donne une connotation romantique à la chose (je n’irai pas jusqu’à dire sexuelle car on reste dans du très très sage).

Vous l’aurez donc compris, j’ai été plutôt emballé par ce premier tome. C’est visuellement très soigné, on nous introduit l’univers de façon très efficace, présentant rapidement les personnages principaux tout en mettant en avant des enjeux qui, on s’en doute, seront importants sur le long terme. On sent une touche de classicisme mélangée avec une petite originalité par rapport à son cadre fantastique qui fonctionne vraiment très bien, et l’addition des différents éléments de récit forment une belle alchimie, pour une lecture très plaisante qui passe même trop vite. J’ai de ce fait d’autant plus hâte de lire la suite !

19 commentaires

  1. J’ai déjà lu deux fois cette mangaka dont une saga complète et elle a toujours le même souci : l’idée de base est cool mais elle l’exploite toujours mal sur le long terme et c’est frustrant. Depuis j’ai arrêté de me lancer dans ses mangas 😅

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      • C’est le soucis avec les mangas. On peut être au taquet au début, et être déçu par la suite (d’ailleurs quelqu’un hier pour défendre les scans à utilise l’argument selon lequel si après 15 tomes d’une serie il décide d’arrêter, il les aura achetés pour rien… j’étais tellement estomaqué que j’ai eu du mal à trouver une réponse 🤔)

        Aimé par 1 personne

      • Je pense qu’il y a beaucoup de mauvaise foi. Tu sais j’ai vu un gars expliquer qu’il achèterai des mangas que quand ils feraient des abonnements ou on lui envoie les tomes par lot. On lui a donné l’exemple de Kingdom qui est proposé avec abonnement, et il a dit qu’il le prendrait pas parce qu’il aime pas les box… parfois je pense que toutes les excuses sont bonnes.

        Mais le #WeLoveManga a révélé quelques pépites, y compris chez de gros consommateurs de scans qui se sont improvisés chevaliers blancs pour l’occasion…

        On m’a aussi sorti le « de toute façon tout le monde en lit », ce avec quoi je ne suis pas d’accord. Je pense ne pas faire exception en n’en lisant pas, loin de là…
        Enfin, encore une fois ça me démange d’écrire que le sujet mais je sais que je vais déguster si je le fais 😅

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      • C’est hallucinant. Toutes les excuses sont bonnes.. Je peux concevoir que ça fait vite un budget mais y’a toujours moyen de s’arranger avec les bibliothèques, entre amis, ou avec les formules d’abonnement numérique justement. On ne peut pas exiger des artistes qu’ils bossent pour rien, comment ils pourraient vivre ? 😅 Mais bon ces gens là n’y pensent évidemment pas…

        Je comprends ton hésitation vis à vis de l’article. D’un côté ce serait intéressant d’échanger la dessus en donnant des solutions pour consommer la culture de manière éthique, de l’autre tu vas probablement te prendre des commentaires désagréables comme ça a été le cas sur Twitter. À toi de voir si tu te sens de le gérer. Je pense que ça générera aussi de beaux échanges 🙂

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      • J’ai eu le même réflexe je me suis dit qu’il valait mieux ne pas rentrer dans son jeu… Mais j’étais à deux doigts de lui demander si partant du principe qu’on est très souvent déçu par les fins des shonen on devait se sentir lésé à chaque fois qu’on en achète un ? On aura tout vu 15 tomes…

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      • Épineux mais qui mérite d’être abordé, je trouve que ce we love manga a permis quand même quelques discussion un peu plus sensé que celle ci. Comme toi j’ai demandé le fichier avec les chiffres faut que je jette un coup d’œil ce week-end et je vais essayer je pense de faire un article sur le sujet même si le risque de se faire un peu bousculer est là

        Aimé par 2 personnes

      • Pas forcement dans le même genre je pense, mais c’est suite à notre conversation en commentaire que j’en ai eu l’idée. Et comme en plus il y a eu une histoire là-dessus sur twitter récemment (qui m’a permit de découvrir un certain nombre de shonen écrits par des femmes d’ailleurs), je me suis dit que ce serait pas bête. En tout cas le sujet minteresse donc faisons nous plaisir !

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      • Ah oui je pense avoir vu sur Twitter l’enchaînement de poste avec des femmes mangaka de shonen à succès et il y en avait un sacré paquet !

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