Mon avis sur… Beastars T.10 de Paru Itagaki

Beastars 10

Après Dr Stone, c’est au tour de Beastars de passer le cap symbolique du dixième tome. Depuis le début, Paru Itagaki mène sa barque avec grand talent pour nous proposer un titre marquant, donc chaque tome contribue à la portée et la richesse. Et avec ce nouveau volume, on ne déroge pas à la règle, car entre les thématiques encore approfondies, Legoshi qui est toujours plus passionnant et une esthétique qui ne fait que s’affiner, le programme est des plus séduisants, encore une fois.

Qui est l’assassin du club de théâtre ? Legoshi le sait, à présent ! Malheureusement pour lui, il n’est pas près de l’arrêter pour autant, car la puissance du meurtrier est sans commune mesure avec celle d’un loup… surtout végétarien.
Et ce n’est pas son seul problème… En s’entraînant aux abords du marché noir, il est stoppé par le gang des Lions, qui le prend pour un espion. S’il est ravi de revoir Louis en bonne santé, le découvrir à la tête d’une organisation criminelle est moins réjouissant… Désormais, le jeune justicier a un second objectif : faire revenir son ami à Cherryton !

Le résumé nous le dit, Legoshi sait beaucoup de choses, peut-être trop pour ses épaules de loup qui semblent déjà porter assez de poids. Mais ça ne lui fait pas peur visiblement, et il est prêt à se confronter à la fois à l’assassin de Tem et à Louis et son gang. L’occasion de séquences d’action qui donnent de gros frissons par la violence à laquelle on est exposé. Legoshi et HaruViolence qui tranche clairement avec la douceur de certaines séquences, notamment la rencontre entre le loup et Haru à laquelle on a droit dans ce volume, qui rappelle une fois de plus à quel point l’esprit de Legoshi est torturé, notamment par ses hormones. Ici, la dimension sexuelle devient parfaitement explicite, alors qu’en début de récit elle était beaucoup plus métaphorique.

Legoshi passe le cap de la puberté, comme l’indique la repousse rapide de ses poils, et fait une première expérience importante qui va changer en partie sa vision des choses (encore une fois, la métaphore sexuelle semble évidente, mais pas seulement). C’est aussi l’occasion de révélation inattendue sur le fameux grand père de Legoshi, qui avait été évoqué dans un tome précédent. Cela nous permet de mieux comprendre le loup et son caractère.

PatienteMais au-delà de tout ça, on a encore le discours sur les pulsions et sur la différence entre nature et culture qui s’affine. Notamment via une scène poignante avec Gohin et une de ses anciennes patientes, où le fait de céder à ses pulsions carnivores est clairement vu comme une déficience psychologique qui se soigne. Il n’est d’ailleurs pas anodin que la patiente en question soit une louve appartenant à une sous-espèce inexpressive. Ce n’est pas quelque chose de systématique, mais j’aime énormément quand Paru Itagaki insère des chapitres un peu autonomes au sein de son histoire.

Enfin, on continue de suivre le parcours parallèle de Louis, même s’il occupe une place moindre dans l’intrigue. On en apprend davantage sur son bras droit lion, qui s’affirme comme un très beau personnage, et on découvre encore des éléments sordides du marché noir, et avec eux on sent le cerf sombrer un peu plus dans des choses tellement graves qu’il risque de ne pas pouvoir en ressortir.

En résumé, on est encore une fois face à un tome dense en terme narratif, qui développe avec toujours autant de talent ses thématiques, et dont la virtuosité visuelle est de plus en plus impressionnante. L’alternance des ambiances fait également des merveilles, permettant à ce volume d’être une fois de plus marquant. Après 10 tomes, Beastars ne m’a déçu à aucun moment et n’est jamais sombré dans la facilité, le signe d’une œuvre de grande qualité.

18 commentaires

    • Je n’avais pas entendu parler de Beast Complex et après recherche, je trouve que ce serait en effet une excellente idée d’inclure tout ça. A voir si elle souhaite développer son univers ou passer à autre chose ensuite.

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  1. Moi aussi. Mais d’un autre côté j’ai peur que si ça va vraiment trop loin on se retrouve dans la même situation qu’avec « JoJo’s Bizarre Adventure », « Berserk », « Hunter × Hunter », « Hajime no Ippo » ou « One Piece » qui ont fini par s’étendre au point de faire perdre tout espoir d’en voir une fin définitive.

    C’est ça qui m’inquiète le plus, tu vois.

    Aimé par 1 personne

    • Je pense que comme on est dans un genre de récit très different il y a peu de chances que ça arrive, dans le sens où les exemples que tu cites ont des gros univers ou des structures de récit qui font qu’on peut toujours les entendre à l’infini.
      Ca ne me semble pas être le cas pour Beastars.

      Aimé par 1 personne

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