Père & fils : les difficultés et les joies de la paternité

Père et fils

Père & fils est un manga qui avait croisé ma route il y a déjà quelques temps, lorsque je cherchais des séries courtes de qualité et qui puissent parler au plus grand nombre, afin de garnir avantageusement les rayonnages de la médiathèque où je travaille. Au final, nous ne l’avons pas pris, mais le fait est que j’ai vu le titre très régulièrement évoqué parmi les séries de moins de 10 tomes à lire absolument. Et je l’ai gardé dans un coin de ma tête jusqu’à ce que ma femme m’offre le premier tome alors qu’elle était enceinte. De ce fait, cette série a une résonance particulière pour moi puisque j’en ai lu la première moitié alors qu’on attendait notre bébé, et la seconde après être devenu père. Mais on va voir que même sans avoir d’enfants, la série reste une lecture de choix !

Avant d’aller plus loin, resituons rapidement la série. Père & fils est un seinen de Mi Tagawa, prépublié dans Comic Garden de 2014 à 2018. En France, le manga a été licencié en 8 tomes par Ki-oon dans la collection Seinen, proposant une édition de très belle qualité qui met parfaitement en valeur le titre.

Torakichi, apothicaire ambulant, passe la majeure partie de son temps sur les routes pour rendre visite à ses clients. Résultat, il n’a quasiment jamais vu son fils de trois ans, Shiro… À la mort de sa femme, il prend une décision qui changera sa vie : celle d’emmener le petit garçon avec lui sur les routes !
Mais si Torakichi est incollable sur les plantes médicinales, il n’y connaît rien aux enfants et est loin d’être un père modèle… Pourquoi Shiro pleure-t-il ? Pourquoi se réveille-t-il en pleine nuit ? Entre les soucis du quotidien et son travail éreintant, le jeune papa est complètement dépassé. Les aléas du voyage et les rencontres diverses l’aideront-ils à renouer le lien perdu avec son fils ?

Ainsi, la série est remarquable pour plusieurs points selon moi. Si la thématique de la paternité est évidemment le cœur du récit, le rapport aux plantes et à la nature en règle général est très important, ainsi qu’un mode de vie rural, qui semble appartenir au passé même si on manque de marqueurs temporels. De là découle une ambiance particulière et apaisante, propice au partage de moments de vie entre ce père et son fils. Le tout parfaitement mis en valeur par une esthétique douce et chaleureuse.

Car la douceur et l’apaisement sont certainement parmi les choses que je retiens le plus de ce titre. Le récit n’est pas structuré autour d’une réel fil conducteur si ce n’est l’évolution des relations entre Torakishi et Shiro. Même si tout n’est pas facile entre eux, du fait que le père ne se soit jamais vraiment intéressé à son fils qu’il est contraint de garder désormais, leurs rapports vont évoluer de façon positive et nous attendrir tout au long de la série.

Cela semble évident compte tenu du titre de la série, mais la relation entre Torakishi et son fils est le centre du récit. La mangaka va nous montrer comment cet homme va prendre conscience au fil du temps de ses carences en tant que père, et de l’impact que cela a eu sur le développement de son enfant. Ainsi, le travail sur la temporalité permet de voir au fil de l’histoire que Shiro grandit et évolue (il parle de mieux en mieux par exemple), en même temps que son père devient de plus en plus à l’aise avec ce nouveau rôle.

Et la parentalité étant le thème central de l’histoire, on voit au fil des chapitres plusieurs autres figures parentales qui permettent de comprendre qu’il n’y a pas qu’un seul modèle parental auquel se conformer, mais des façons très diverses d’appréhender la question. C’est un des points que j’ai particulièrement apprécié car cela vient enrichir la thématique du récit, tout en rendant l’évolution de Torakishi crédible puisque ce dernier est amené à se questionner sur son rôle de père en voyant comment sont les autres parents. Et c’est en l’occurrence quelque chose de très authentique selon moi, car on a besoin d’exemples et de conseils pour assumer ce rôle si complexe. Que ce soit auprès de sa sœur, d’amis ou de famille plus éloignée, Torakishi arrive à trouver oreille attentive et des gens vers qui se tourner afin de l’aider dans l’éducation de son fils.

Tora et ShiroJe tenais à insister sur cet élément car c’est sûrement un de ceux qui m’intéressait le plus dans la série, puisque comme je l’ai dit il me concernait directement. Et je pense que c’est tout naturel pour n’importe quel parent de se questionner sur son rapport à son enfant, souhaitant faire de son mieux pour lui tout en ayant peur de faire des erreurs et de ne pas être à la hauteur. En cela, je me suis beaucoup projeté dans le personnage de Torakishi, bien aidé par une écriture de qualité. Et voir un père qui n’est pas parfait, mais qui prend conscience de ses défauts et cherche à les corriger pour le bien de son enfant m’a énormément touché et m’a fait du bien dans ma vision de mon rôle de père.

Au final, je ne saurai pas trop en dire plus, à la fois pour ne rien dévoiler, et également parce que le récit suit finalement un chemin assez simple, et c’est très bien comme ça. On voit ce père et son fils se découvrir, ne pas se comprendre parfois, évoluer ensemble et finir par être davantage en osmose, et surtout, on les voit s’aimer à chaque instant, même s’ils n’arrivent pas toujours à se comprendre. En ça, la série est vraiment très belle et touchante et mérite d’être lue. Elle est douce et apaisante, et on se sent finalement bien arrivé au terme de ce voyage.

Shiro et Tora

12 commentaires

  1. Très belle mise en avant d’un titre qui en vaut le coup !
    Je n’ai pas d’enfant et j’ai été très touchée par l’histoire de ce père avec son fils tandis que la mère est absente. Ce fut plein d’émotion, parfois très belles, parfois plus tristes. Je ne regrette vraiment pas cette lecture et je suis ravie de voir qu’elle t’a touché aussi 😀

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      • Je n’ai pas de médiathèque par chez moi. Il y a quelques années, oui, j’habitais une ville où ils avaient monté un super truc. Je ne sais même pas si la biblio municipale de la ville la plus proche a beaucoup de choix. Je me renseignerai sur l’accès, tout ça, à l’occasion mais ça ne sera pas super pratique sachant que je suis obligée de trouver un chauffeur (bon, oui il faudrait que je me décide à passer mon permis mais c’est une autre histoire). C’est moins plaisant de savoir que tu fais attendre la personne qui t’accompagne qui ne s’intéresse pas du tout aux bouquins.

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      • Ah oui, j’ai tendance à oublier qu’il y a dans certains cas des grosses contraintes pour l’accès aux médiathèques alors même que j’ai connu ça, étant originaire de Meuse.

        Mais si jamais tu envisages des trajets, n’hésite pas à voir avant si les structures ont un site internet avec un accès au catalogue, histoire de déjà voir s’il y a des choses qui t’intéressent.

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