Decouverte du monde du manga avec Bakuman #3 : Mangaka, un métier de rêve ?

Après avoir abordé le Weekly Shonen Jump, le magazine de prépublication pour lequel travaille le duo Muto Ashirogi, et le théâtre principal du manga, il me semblait important de parler du métier de mangaka, que ce soit dans la façon dont il est présenté dans Bakuman. Sachant que le manga a une certaine authenticité compte tenu du fait qu’il soit l’œuvre d’un duo de mangakas ayant œuvré avec succès au sein du magazine avec Death Note. Le duo Ohba/Obata est d’ailleurs évoqué parfois dans Bakuman, et il ne serait pas étonnant que Muto Ashirogi soit l’alter ego fictionnel du tandem. Je ne vais pas aller jusqu’à dire que leur manga a un côté autobiographique, mais on sent dans la description des difficultés du métier qu’elles ont quand même un bon degré d’authenticité.

Nous allons donc revenir sur ce point qui me semble fondamental qu’est le travail des mangakas. Car si beaucoup d’otakus doivent déjà avoir une idée assez précise des réalités du métier, il est possible que certain(e)s ne se soient jamais vraiment posé la question, et de ce fait risquent de découvrir un travail qui est tout sauf une sinécure.

Les spécificités du travail « à la japonaise »

Lorsque l’on s’intéresse à la bande dessinée et que l’on suit assidûment certaines séries, on ne peut qu’être frappé par la différence considérable de rythme entre les parutions françaises et japonaises. Alors qu’avec les séries Franco-Belges, on est habitué aux tomes de 40 à 65 pages qui paraissent annuellement, on constate de l’autre côté du spectre que les mangas ont un rythme bien plus soutenu, de l’ordre des 2 à 3 mois la plupart du temps (même si de nombreux délais existent en fonction des séries), pour des volumes de 192 pages en général. Et même si l’on saute l’étape de la colorisation puisque les mangas sont en général en noir et blanc, cela fait quand même une différence énorme en terme de pages à produire annuellement.

La raison à cela vient notamment du système japonais de pré-publication, largement abordé dans l’article précédent sur la série. Pour rappel, la majorité des mangas au Japon sont pré-publiés dans des magazines, à raison d’un chapitre par numéro, sachant que la périodicité et le nombre de pages par chapitre varie en fonction des magazines. Dans le cas du Weekly Shonen Jump qui nous intéresse plus particulièrement, on est à un rythme hebdomadaire de 19 pages, avec parfois des pages supplémentaires voire des pages couleur. Ce qui fait, vous en conviendrez, un rythme de travail extrèmement soutenu.

Atelier
Mashiro et ses assistants au travail.

Fort heureusement, le ou les auteurs ne travaillent pas seuls. Ils ont un responsable éditorial (appelé « Tanto » au Japon) qui les soutient et prend souvent une part importante dans le processus créatif, mais également tout une batterie d’assistants. Le nombre peut varier, certains auteurs travaillent seuls ou avec un unique assistant, alors que la norme semble être aux alentours de trois ou quatre. Les assistant peuvent dessiner des personnages secondaires, des décors, apposer des trames ou autres tâches moins importantes en fonction des compétences de chacun et des besoins, le but étant d’alléger le travail du ou des auteurs de la série afin qu’ils puissent tenir le rythme et peaufiner l’écriture et le découpage.

Mais même avec ce soutien de taille, livrer 19 pages par semaine est un sacré défi, d’autant plus qu’en début de carrière, les auteurs n’ayant pas encore fait leurs preuves doivent tout faire de A à Z avant d’avoir des assistants. Et même si on parle du magazine au rythme le plus soutenu, les mangakas devant rendre 45 pages par mois ont également fort à faire, entre l’écriture, le découpage et le rendu au propre des planches, cela fait un travail intense épuisant et usant, devenant un des enjeux principaux de Bakuman.

Mangaka, un métier dangereux pour la santé

Car un élément important de la série est que l’oncle de Mashiro, le dessinateur de notre duo principal, était auteur de manga qui n’avait connu qu’un seul succès, et a fini par mourir d’épuisement à force de chercher à reproduire ce succès selon la légende. Si on a qu’une demi confirmation de cet état de fait, il semble bel et bien que ce soit l’épuisement et le stress liés au travail qui soient responsables de sa mort.

Mashiro
Mashiro continue le travail à l’hôpital pour être dans les délais.

Ainsi, les conditions de travail des mangakas et la fatigue que le rythme imposé implique est un pilier dramatique de la série. Mashiro va d’ailleurs tomber malade d’épuisement et être hospitalisé assez tôt dans l’intrigue, afin de souligner les effets bien réels sur la santé que ce travail entraîne. Et sur ce point, il est difficile de ne pas voir de corrélation avec des cas plus ou moins connus dans la réalité. Au-delà de l’exemple fameux de Togashi, qui fait de nombreuses pauses dans la publication de Hunter X Hunter, officiellement pour problèmes de dos, les exemples d’auteurs qui font des burn out ou ceux pour qui la pression (qu’elle vienne des délais ou des fans) est trop dure ne manquent pas. Les difficiles conditions de travail des mangakas sont souvent relevées, que ce soit par le biais de témoignages d’auteurs ou de déclarations des éditeurs qui doivent expliquer pourquoi les chapitres prennent du retard.

Homme de sociétéEt tout ceci est parfaitement mis en avant dans Bakuman, à la fois car cela constitue une réalité qui ne peut être ignorée dans le cadre d’une fiction se voulant un tant soit peu réaliste, mais aussi parce que cela constitue un pivot dramatique de choix, comme je l’ai expliqué. Mais si le duo Ohba/Obata utilise cet élément pour mettre des bâtons dans les roues de nos héros, ils en profitent aussi pour l’exploiter de façon tragi-comique, en particulier avec le personnage de Hiramaru, ancien salaryman s’étant lancé dans le manga pour échapper à la pression d’un travail de bureau, qui se retrouve encore plus sous pression. Son responsable éditorial en vient à lui dire qu’un mangaka n’est plus un homme de société, chose que de véritables auteurs ont déjà dit en substance, notamment Tsukasa Hojo (auteur à succès, notamment de City Hunter) : « On m’avait dit que quand un dessinateur de BD réussissait un hit, il pouvait se faire construire une somptueuse résidence, acheter une voiture étrangère, s’amuser à boire avec ses amis… Et bien, tout ça, c’était du pipeau !!! Un dessinateur à succès n’a même plus le temps de sortir de chez lui, alors pour ce qui est de s’amuser avec des amis, vous pensez… »

Mangaka, un salarié sur un siège éjectable

Les mangakas étant en contrat pour des magazines de prépublication, parfois avec des exclusivités, ils sont malgré leur statut d’artistes, des salariés comme les autres. Et en cela, ils doivent des comptes à leurs employeurs, qui leur fixent des objectifs. Ils se retrouvent de ce fait en concurrence les uns avec les autres au sein de leur magazine, et doivent avoir des classements suffisamment hauts dans les sondages de popularité pour rester en place.

Que ce soit dans le cadre de la fiction, où de nombreux mangakas que l’on voit dans Bakuman se retrouvent à avoir des séries stoppées, parfois avec brutalité, ou dans la réalité, le constat est le même. Aucun auteur est intouchable et le manque de succès implique un verdict implacable. De nombreux mangakas talentueux en ont fait les frais, voyant des séries stoppées après moins de 20 chapitres (soit 2 à 3 tomes au format poche).

samurai8
L’échec retentissent de Kishimoto rappelle qu’aucun auteur n’est intouchable.

Un exemple récent particulièrement parlant est celui de Masashi Kishimoto, qui malgré son statut de mangaka majeur du fait d’avoir sa série Naruto troisième des plus grandes ventes, a vu sa nouvelle série se terminer récemment, après une faible vie puisqu’elle ne comptera au final que 5 tomes reliés (soit environ un an de vie). La fauta à des classements de popularité et des ventes désastreuses. Et si l’aura du mangaka lui a permis d’avoir un léger sursis par rapport aux novices, afin de voir si Samurai 8 avait une chance de s’installer dans le temps, le fait est que son statut ne l’a pas rendu intouchable. Et d’autres auteurs de premier plans ont essuyé des revers similaires, si bien qu’à la pression des délais s’ajoute celle de toujours être suffisamment bien classé pour ne pas voir sa série stoppée prématurément.

 

En conclusion, un métier qu’on ne peut exercer que par passion ?

Compte tenu de toutes les sources de stress, de fatigue et les soucis de santé que peut engendrer le métier de mangaka, on peut presque en venir à se demander comment il est possible de vouloir faire ça de sa vie. Bakuman semble répondre que c’est avant tout par passion que l’on devient mangaka, et pas par appât du gain facile. Le cas d’Hiramaru est d’ailleurs très intéressant sur ce point. Comme je l’ai dit, c’est un ancien employé de bureau qui a décidé de se lancer dans le manga, alors qu’il n’est même pas lecteur, afin d’échapper au stress de son travail, et qui se retrouve à être dans une situation encore plus stressante. Et il ne peut pas en échapper car il a des dettes accumulées au fil du temps, car son manga est un grand succès ce qui l’a incité à dépenser sans compter.

L’aspect financier est intéressant car dans le manga, il est souvent précisé les salaires des auteurs, et on constate que celui-ci monte assez rapidement. Cependant, on parle du cas d’auteurs à succès qui se construisent sur le long temps, avec des développements multimédias de leurs univers (je reviendrai sur ce point dans un prochain article). La majorité des auteurs ne roulent pas sur l’or, car ce n’est pas parce qu’il y a des Oda, Toriyama, Togashi, Hojo ou quelques autres auteurs qui vendent énormément que c’est le cas de tous et toutes.

Je souhaitais insister sur ce point en conclusion car, bien que je ne sois pas du tout adepte du culte de la personnalité, il me semble important de ne pas ignorer les conditions de travail souvent rudes des mangakas, et le fait qu’ils ne soient pas forcément récompensés à la mesure des efforts fournis. Ainsi, sans vouloir me lancer dans la polémique des scans, je tenais à rappeler que derrière un manga, il y a surtout des personnes qui travaillent énormément, et que selon moi, au-delà de la qualité (subjective) des œuvres, ce travail mérite d’être pris en considération. Car le monde du manga, comme celui du cinéma, du jeu vidéo ou des arts dans leur ensemble, a ce grand paradoxe qu’il nous vend du rêve au prix d’un travail souvent acharné.

33 commentaires

  1. Même si c’est faiblement abordé dans Poison City, on voit bien la pression qui pèse sur les mangakas. Il me semble que le pire des conditions réside dans le fait qu’ils n’ont pas de filet de secours. S’ils foirent, ils peuvent tout perdre. Et en ça, on voit déjà bien la différence du système japonais face au nôtre, bien que la France ne soit pas non plus au top niveau mais possède « encore » des ressources pour rebondir. Au-delà de cette productivité énorme qu’on leur demande (quel que soit le boulot qu’ils font), les enjeux sont gigantesques. Et comme je ne me suis pas du tout renseigné sur le sujet, j’ai peut-être tort.
    En tout cas, ton article est très intéressant. 🏆

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    • C’est vrai que Poison City est un manga très intéressant aussi, notamment sur la question de la censure.

      Sur le point que tu abordes, je t’avoue ne pas être assez au courant du fonctionnement là-bas pour te confirmer ce point, même si j’aurai tendance à te faire confiance.

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  2. Superbe article très intéressant ! Il faut vraiment que je lise ce manga. Tu as totalement raison en ce qui concerne les scans. Les gens ne se rendent vraiment pas compte j’en ai vu un demander directement sur une publication Instagram de pika ou kana comment obtenir leurs titres en scan x) le même souci existe en littérature. Il faut d’urgence éduquer à cette problématique.

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    • Sur le sujet des scans, j’ai vu plein de choses qui me font hérisser les poils.
      Comme toi, j’ai vu quelqu’un sortir à un éditeur que les scans c’est lieux que les mangas parce que c’est au même stade de publication qu’au Japon. D’autres répondent à Shinobu Seguchi (l’auteur de Prisonnier Riku) qu’en lisant son manga en scan ils en font la pub.
      Mais le top reste un mec qui avait demandé à Kurokawa le fameux « pour combien de RT vous m’offrez l’intégrale de Vinland Saga ? ». Ils lui ont offert au final et le mec un mois après balance « mon frère commence à lire les scans de Vinland saga, faites comme lui ! », le manque de respect infini.

      En fait, je comprends qu’on lise des scans pour tout un tas de raisons, mais on ne devrait pas en faire autant la promotion comme si c’était parfaitement normal. Ça m’est aussi arrivé plein de fois quand je parlais d’une série qu’on me demande « t’as lu les scans ou t’as regardé l’anime », comme si le scan était le moyen premier de consommer du manga et que simplement les acheter n’était même pas envisageable…

      Oui j’aurais de la matière pour en faire un article, j’y ai d’ailleurs déjà beaucoup pensé mais je n’ose pas trop à vrai dire.

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      • C’est un article polémique, j’en ai écrit quelques uns avec les réflexions de l’ombre et ça m’a toujours fait flipper quand j’osais les sortir. Pourtant après, j’étais très contente des échanges que ça générait. Je me demande si je ne vais pas m’y coller un jour en parlant surtout du côté roman d’ailleurs, à voir…
        Les histoires que tu racontes me choquent beaucoup franchement o.o J’en reviens pas. Après en littérature, y’a la même : les gens qui demandent à un auteur comment avoir son livre gratuitement, ceux qui insultent un auteur qui demande à ce qu’on retire son ebook d’un site de partage ce qui entraine beaucoup de mauvaises notes sur le roman en « vengeance » bref… L’enfer. C’est sidérant.

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      • Oui, en plus ça se répercute directement sur les auteurs et les ventes. Je pense qu’on a souvent l’image des auteurs comme des gens blindés à qui ça ne peut pas porter préjudice cette façon de faire. Mais on oublie que les quelques uns qui ont la chance de très bien vivre de leur métier sont des exception et que la plupart galèrent. D’où le fait que je refuse de lire des scans. Je pars du principe que si je me dis qu’un volume ne vaut pas ses 6/7 euros, je ne perds pas grand chose à ne pas le lire.
        Bon, je suis aussi un cas particulier de lecteur, travaillant en médiathèque et étant inscrit dans plusieurs réseaux, j’ai la possibilité d’emprunter des dizaines de tomes par semaine et j’en aurai pour plusieurs années avant de lire tout ce que les médiathèques que je fréquente proposent.

        Mais encore une fois, je ne souhaite pas blâmer les gens qui lisent des scans, je pense qu’il y a des enfants, des gens qui ont peu de ressources et je ne vais pas leur dire que ce qu’ils font est mal. Mais les exemples que j’ai donné sont réels et assez édifiants quand même, et je ne crois pas qu’ils viennent de gens qui ont peu de moyens.

        Et le coup d’insulter les auteurs ou de mettre de mauvaises évaluations, là c’est clairement indéfendable, on est d’accord.

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      • Si tu as peu de ressources, tu peux te rendre dans une bibliothèque / médiathèque car les auteurs touchent des droits qui s’appellent des droits de reprographie, pour les œuvres qui sont présentes en bibliothèque. Y’a toujours une solution adaptée quand on se donne la peine de la trouver :/

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      • Oui, je suis bien d’accord, c’est d’ailleurs pour ça que je souligne qu’en allant en bibliothèque, j’ai tellement de ressource dispo que le scan n’est même pas envisageable.
        Certains répondraient par contre qu’il n’y a pas toutes les séries qui les intéressent en bibliothèque… j’ai d’ailleurs constaté qu’il y avait énormément de créativité (et de mauvaise foi) pour justifier les scans. Du genre « les mangas papiers sont de qualité moyenne du coup j’ai pas envie d’en payer »…

        D’où aussi le fait que j’hésite à en faire un article, j’ai pas envie de me prendre plein de remarques de mauvaise foi, de trucs négatifs ou autres. Et je me connais, je sais que je n’ai pas les épaules pour encaisser ça.

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      • Je comprends parfaitement ça et si tu ne le sens pas, le mieux c’est d’éviter même si le sujet est important. T’as pas à te peindre une cible sur le front si ça doit t’empoisonner le plaisir de bloguer. Les gens seront toujours de mauvaise foi de toute manière…

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  3. Il y a d’ailleurs un point sur lequel la censure japonaise se fait bien ressentir, c’est les sites de simulcast. Car ces derniers diffusent des animes à peu près en même temps que la version télévisée japonaise de ces derniers, laquelle peut être plus ou moins censurée en fonction des chaînes de télé locales.

    Mais généralement, ces censures sont enlevées dans les versions DVD/Blu-ray *.

    * Là, je ne fais que résumer le sujet par rapport à la vidéo suivante : https://www.youtube.com/watch?v=1FXy1omkIvI

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  4. Oui la vie des mangaka est très loin d’être rose… Ils sont vraiment à l’image de cette société japonaise qui pousse à bout les gens qui la composent.
    Là vient aussi la réflexion sur ce qu’est un artiste au pays du soleil levant puisqu’un mangaka devient un salarié comme un autre.
    C’est aussi à mettre en parallèle avec le monde la BD franco belge…

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    • Oui, j’ai l’impression que ce sont deux conceptions et deux mondes très différents.
      Malgré tout je pense que le monde de la BD franco belge n’est pas rose non plus. Les auteurs peuvent davantage respirer en terme de temps se travail, mais bien peu peuvent vivre de leur art malheureusement. J’ai eu l’occasion de rencontrer quelques auteurs peu connus, et c’était un constat général. Un d’entre eux m’avait dit que si sa femme n’était pas instit, ça n’aurait pas été envisageable pour lui de continuer car il fallait au moins un salaire fixe.

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      • Oui le monde la BD n’est pas rose qu’importe le continent !
        C’est le problème de tout artiste, vivre correctement de son art est compliqué et difficile. Mais je pense que c’est aussi dû à un système de rémunération qui oublit complètement la personne qui crée. Les sous vont aux intermédiaires et ils ne redistribuent pas.
        C’est un milieu bien complexe et obscur.

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    • J’ai parlé d’un comice pour la thématique animale, du coup c’était une petite entorse. Mais j’ai quelques BD franco belges aussi mettant en scène les animaux dont j’envisage de parler, encore faut il que je les lise.
      Maos en dehors de quelques exceptions, je veux quand même rester centré sur la culture Otaku.

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  5. même vision de la vie des dessinateurs de comics… aux différents panels et masterclass à la comic cons on s’est rendu compte que certains devaient livrer 2-3 full stories par ans pour vivre… Idem pour les romanciers, certains romanciers pour ado arrivent à être salarié de leurs éditeurs à conditions de livrer 2-3 livres par ans… Sinon ils retournent au système des avances et des droits classiques…

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      • Le dessinateur des 2 premiers volumes de stranger things a avoué ne plus pouvoir faire des volumes par épisodes, mais que des full stories, comme ça 1 ou 2 histoires max par ans. Puis il passe à une autre série pour éviter d’avoir de la pression supplémentaire… Et ne bosse plus que par ordi pour ne pas perdre du temps à devoir refaire tout en cas d’erreur.

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  6. Je ne connaissais pas ces conditions, cela me rend triste. En fait, je ne connais pas bien (pas encore) l’univers des mangas. C’est ma fille ado qui m’a donné goût à certaines lectures de Bd japonaise. Je suis une novice dans cette matière, mais je commence à aimer les différents genres, séries et dessins.
    Les mangas sont sa nourriture littéraire depuis 2 ans. Elle emprunte beaucoup en bibliothèque (on a la chance d’avoir une biblio moderne qui a un budget pour les mangas). Son argent de poche est consacré à sa collection de mangas. J’essaie de lui faire prendre conscience de tout le travail en amont avant qu’elle ai le manga, en papier et traduit en français, entre ses mains. Ton article est très intéressant, merci de m’ouvrir les yeux sur ces difficultés hors frontière. J’y vois là un bon exemple de travail pour l’école : sensibiliser les ados lecteurs de mangas sur les conditions réelles de vie des mangakas. Le pourquoi du comment, du quand, et du combien ! Des ados sensibilisés et responsabilisés seront des adultes qui réfléchiront deux fois avant de voler, de dénigrer, de ruiner un auteur, un illustrateur, traducteur…

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    • Si ta fille aime beaucoup le manga, Bakuman pourrait l’intéresser dans ce cas ! La série fait 20 tome par contre.

      Merci pour ton retour, avec ces articles j’essaie effectivement de parler du monde du manga tel qu’il est dans la réalité, par le biais de cette serie qui se passe au sein de la rédaction du plus gros magazine japonais. Du coup ça me fait très plaisir d’avoir ce genre de retours.

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      • Pas de soucis pour le volume de la série. Perso, je fais la collection d’une BD belge et je dois avoir 320 titres dans les Bob et Bobette 🤪
        Puis-je faire un lien sur ton article dans un prochain article sur mon blog ? Je vais demander à ma fille de me parler de sa passion, ce sera un genre d’interview, et je mettrai plusieurs liens vers d’autres blogs qui parlenr de manga et que ma fille a découvert, aimé, appris quelque chose… les BD et les mangas peuvent aussi nous apprendre des tas de choses intéressantes ! Des univers à découvrir, à aimer et à partager ^^.

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      • Ce sera avec grand plaisir pour le lien, il n’y a même pas besoin de demander d’ailleurs.
        Et ce sera aussi avec plaisir que je lirai cet article !

        (Je ne connais pas Bob et Bobette, mais plus de 320 albums ! Pire que One piece !)

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      • Ha ! Ha ! Merci. Oui, mais cette BD est fine, elle sort un nouveau titre tous les 3 à 4 mois ! Sans parler des hors séries ! Hélas depuis que les persos ont changé de look (grandi), j’aime moins… de plus la qualité d’impression avec la couverture souple fait que j’en ai pas mal que je dois remplacer. Mais chaque chose en son temps.
        Je ferai un article pour « ton » manga préféré 😉 entre l’avis de ma fille et le mien, il y aura de quoi écrire.

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      • Oh, Bakuman n’est pas mon manga préféré, mais « seulement » un de mes préférés.
        Mon préféré à l’heure actuelle c’est Prisonnier Riku. En principe je vais publier prochainement un nouvel article dessus.

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  7. C’est amusant parce que j’ai essayé d’être mangaka ou dessinateur de BD professionnel entre 14 et 15 ans, et je peux te dire que j’avais beaucoup de mal à sortir une mauvaise planche – tant au niveau du dessin que du scénario – par semaine, donc un chapitre entier de grande qualité, même avec des assistants c’est galère… Pour faire des mangas, tu te casses le cul tout seul sur ta chaise, tu vois très peu de mecs qui partagent ta passion, tu ne sors jamais dehors. Les dessinateurs c’est des galériens. J’ai arrêté parce qu’au bout d’un moment ça devenait comme du travail scolaire, un truc que tu te forces à faire. J’ai eu la chance de découvrir le basket à cette époque et depuis que j’ai arrêté le dessin je veux jouer au plus haut niveau possible. Et franchement je trouve que c’est beaucoup mieux. Tu te casses le cul aussi au basket, mais tu as des contacts sociaux plus fréquents et de meilleure qualité avec d’autres passionnés, tu vas dehors, et ça t’aide à te sentir mieux dans ton corps – tant qu’on le ménage suffisamment -.

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    • Oui, je pense que pour être dessinateur, que ce soit de manga ou de BD, il faut vraiment que la passion soit à un niveau tel que tu peux ne rien faire d’autre. Ca m’impressionne et clairement c’est pas le genre de truc que j’aurai pu faire un jour.

      Je te souhaite d’arriver au niveau que tu te fixes au basket en tout cas !

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