Mon avis sur… Hotel de Boichi

Ce n’est pas un hasard si je vous parle d’Hotel en ces temps de confinement. En effet, ce titre de Boichi, édité par Glénat, n’est plus disponible au format papier, et cela faisait longtemps que je songeais à acheter la version numérique disponible sur Izneo. Et c’est désormais chose faite, et on peut dire que je ne regrette pas l’investissement tant ce recueil de nouvelles est un petit condensé de SF Boichienne comme je les aime.

Avant de voir plus en détails ce dont il est question, précisons que ce recueil a été publié en 2011 en France et en 2008 au Japon, et est donc pour les fan de Boichi un morceau intéressant dans la carrière de l’auteur, car il s’agit finalement d’œuvres relativement anciennes, qui témoignent de la passion du mangaka pour la SF, et semblent même avoir en germe certains éléments que l’on retrouvera par la suite. Me concernant, j’aime beaucoup découvrir plus en profondeur la carrière des auteurs que j’aime (et ce quel que soit le domaine), de ce fait, pour cette seule raison, Hotel est déjà intéressant. Mais ce n’est pas que la seule qualité de ce recueil !

L’humanité a-t-elle un avenir ?

Louis n’est pas un homme. Louis est une intelligence artificielle chargée de conserver les échantillon ADN de toute créature ayant existé sur Terre. Toute sauf une : l’humain. En effet ce dernier a été jugé néfaste à la planète et son espèce éradiquée. Les années passent, les siècles s’accumulent, les éons succèdent aux millénaires et Louis se questionne : est-il vraiment juste que l’humanité disparaisse?
L’avenir de cette dernière repose dans l’âme d’une I.A…

Autres histoires du recueil : Présent, Diadem et Stephanos…

KenjiNous avons donc droit à cinq histoires, entrecoupées de petites pastilles humoristiques dont l’esthétique plus douce et arrondie fait penser au style visuel de l’auteur sur Dr Stone. Mais pour le reste, on est clairement dans une esthétique Boichienne parfaitement aboutie, et donc de toute beauté. Que ce soit la quantité folle de détails visuels, le travail sur les personnages (qui, certes, se ressemblent un peu tous, mais c’est un procès que l’on pourrait faire à énormément de dessinateurs brillants) ou sur les ambiances, tout est particulièrement somptueux et témoigne comme toujours avec Boichi d’un perfectionnisme qui force le respect. On a d’ailleurs droit à quelques pages couleurs au début de la première histoire, Hotel, ainsi que pour la toute dernière.

Et puisque l’on évoque les histoires, voyons de quoi il en retourne. Je ne vais pas écrire sur chaque histoire séparément, car cela serait peut-être un peu fastidieux en terme de lecture, et surtout je préfère voir ce recueil comme un tout, d’autant plus que Boichi semble y avoir mis du liant avec les vignettes entre chaque nouvelle. On retrouve donc au gré des intrigues des thématiques classiques de la SF, propices aux réflexions philosophiques et humanistes. Que ce soit par le biais des intelligences artificielles, des questions sur la création scientifique avec une pointe d’eugénisme ou encore de la course contre la mort grâce à la technologie, Boichi profite de poncifs largement utilisés dans le domaine pour développer de belles idées et des questionnements intéressants.

 

Et si la nature de l’œuvre fait que l’on a peu de temps pour s’imprégner de l’univers et sentir une proximité avec les personnages, les histoires que nous raconte l’auteur arrivent à faire mouche sur les points importants, leur conférant une vraie profondeur et densité émotionnelle. Tout cela en témoignant déjà d’un soin maniaque pour ce qui est de la crédibilité de son univers. Car comme dans Origin, Boichi tient à expliquer le fonctionnement des éléments technologiques mis en scène, quand bien même il ne dispose de peu de temps pour le faire. Je tenais à souligner ce point car c’est très important dans le domaine de la science-fiction de rendre son univers crédible, et Boichi le sait parfaitement, en bon adepte érudit du genre, et y arrive toujours très bien.

Cependant, l’exercice du recueil de nouvelles a ses limites, et c’est évidemment le cas ici aussi. Avoir droit à cinq histoires en un volume est chose plaisante, mais le revers de la médaille vient du fait que la qualité est variable (la dernière ne m’a pas franchement passionné, et une autre histoire est sympa sans plus à mes yeux), et surtout qu’on a parfois envie de passer plus de temps aux côtés de certains personnages. En résulte une lecture qui passe extrèmement vite, très plaisante, mais un brin frustrante. Mais je serai tenté de dire que c’est le lot de la majorité des recueils de nouvelles. Et quoi qu’il en soit, sans être une œuvre majeure dans la carrière de son auteur, c’est un petit fragment de ce qu’a fait Boichi, qui permet de voir que de nombreuses choses que l’on retrouve désormais chez lui étaient déjà en germe. Et rien que pour ça, ce titre vaut le coup d’être lu.

 

8 commentaires

  1. Je crois que Xander me l’avait déjà conseillé à l’époque, vu comme j’ai aimé Dr Stone, je vais donc ajouté Hotel et Origin aussi par la même occasion à ma wishlist de reprise xD
    Je ne sais pas si c’est si bien que ça d’être confiné finalement, ma liste d’achat n’arrête pas de s’agrandir ><

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  2. J’avais commencé Sanctum qui m’avait paru pas mal également… Il a une biblio assez fournie je dois dire… heureusement que Sunken Rock l’a occupé pendant quelques années sinon je ne sais pas où il en serait! 🙂

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