Mon avis sur… Hi Score Girl (anime)

High Score Girl

Dire que j’ai été happé par Hi Score Girl est un doux euphémisme ! J’ai littéralement dévoré cet anime sur Netflix, et je compte bien essayer de vous donner envie par le biais de cet article !

Pour commencer, resituons l’oeuvre. Hi Score Girl est un anime du studio JC Staff, exclusivement disponible sur Netflix, et qui adapte le manga du même nom de Rensuke Oshikiri (à qui on doit l’excellent Bip-Bip Boy). Le manga est disponible en France chez Mana Books, et compte 4 tomes parus, contre 10 au Japon. Avant d’expliquer de quoi parle cet anime, je vais mettre au clair quelque chose qui m’a bien pris la tête.


MAJ : le paragraphe suivant n’est plus vraiment pertinent maintenant que la saison 2 est disponible, faisant que l’intégralité de la série est sur Netflix. Je ne laisse cependant car il éclaire un peu le pourquoi du comment de cette structure. J’ai vu aussi que la question d’une saison 3 se posait chez les fans, sachant que la fin de la 2 est ouverte. L’intégralité du manga a été adaptée dans ces 24 épisodes, il ne devrait donc pas y voir de saison 3 à moins que Rensuke Oshikiri décide de donner une suite à son manga.

Vous trouverez aussi en fin d’article une mise à jour sur la saison 2.


En effet, sur Netflix, 15 épisodes sont disponibles actuellement, et ne concluent pas l’histoire. En effectuant quelques recherches, j’ai constaté que l’anime comptait 21 épisodes et 3 OAV. En poussant plus loin mon investigation, j’ai vu que la première saison faisait 12 épisodes, et la deuxième 9. Mais du coup, pourquoi on a 15 épisodes ? Tout simplement parce que les 3 OAV évoqués sont en fait les épisodes 13, 14 et 15 de l’anime, et n’ont vraiment aucune particularité (leur durée est la même que pour tous les autres épisodes, et ils sont dans la continuité de l’histoire). Pour résumer, on a pour le moment en France les épisodes 1 à 15, qui représente la première saison et les 3 OAV. Ceci étant clarifié, on va pouvoir voir ensemble de quoi parle cet anime.

1991. Haruo est un élève de primaire qui n’a qu’une passion : les jeux vidéo. Il passe la quasi-totalité de son temps libre dans les salles d’arcade à aiguiser sa maîtrise des jeux de combat. Alors qu’il pense être le meilleur dans son domaine, ses certitudes vont voler en éclats le jour où une redoutable adversaire va se dresser contre lui : Akira, la plus brillante et la plus jolie des filles de son école.

Le résumé explique très bien quels sont les éléments centraux du manga : le jeu vidéo, et le rapport d’Haruo Yaguchi à Akira Ono. Mais il n’y a pas que ça comme on va le voir. Car ce qui m’a le plus marqué dans cet anime, au-delà de la qualité de l’ambiance retranscrite, c’est la façon dont l’écriture arrive à parfaitement imbriquer les différents éléments de son récit, qui sont l’évolution du jeu vidéo dans les années 1990, comment un enfant grandit et se construit, et enfin l’évolution des relations entre trois personnages. Car si le résumé se focalise sur Yaguchi et Ono (les personnages s’appellent par leur nom de famille, le prénom étant une marque de proximité), le troisième personnage principal du récit, Koharu Hidaka, va permettre de créer un triangle amoureux et une rivalité pour le cœur de Yaguchi. Et pour développer comme il se doit ce récit très riche, l’écriture se focalise avant tout sur une gestion parfaite du passage du temps.

Une gestion impeccable de la temporalité du récit

En effet, avant d’évoquer les différentes strates de récit qui se développent en parallèle, il convient de mettre en avant la notion de temporalité, tant celle-ci est intimement liée aux enjeux de l’histoire. Car l’anime nous raconte deux choses : l’évolution du monde du jeu vidéo dans les années 1990, et l’évolution d’un enfant de cette époque, ainsi que de ses relations avec deux jeunes filles. L’histoire commence alors que Yaguchi est en école primaire, et il est au lycée lorsque le quinzième épisode s’achève (je ne sais pas quel âge il aura à la fin du récit). Ainsi, on commence en 1991 et nous assistons à l’évolution du monde du jeu vidéo, en particulier du jeu de combat en salle d’arcade, qui accompagne l’évolution du personnage principal et de ses amies Ono et Hidaka.

Et pour souligner le passage du temps au-delà des mentions écrites lors de certains moments, le récit insiste sur l’évolution des jeux de combat et sur les nouvelles versions qui arrivent au fil du temps (l’occasion de voir que le monde du jeu vidéo n’a pas attendu les DLC pour exploiter à outrance ses succès, comme on peut le voir avec les versions successives de Street Fighter 2 qui se sont enchaînées). Et sur ce point, nul besoin d’être un spécialiste de l’histoire du jeu vidéo pour voir l’évolution, qui se fait de façon très naturelle. De la même façon, montrer les nouvelles consoles de salon que notre héros achète est un marqueur temporel d’autant plus réussi que c’est dans la culture courante de savoir que la NES a été suivie de la Super NES, suivies ensuite de la Saturn et de la Playstation. Ainsi, la temporalité très réussie du récit permet de ne jamais nous perdre, que l’on soit passionné de jeux vidéo ou néophytes, et permet de bien saisir l’évolution du récit et de l’environnement dans lequel les personnages évoluent, proposant en cela une belle photographie de la jeunesse japonaise de l’époque.

Le jeu vidéo au cœur du récit et des enjeux

Car le jeu vidéo est évidemment un élément central de l’univers dans lequel baignent nos personnages. Haruo Yaguchi vit littéralement pour le jeu vidéo, au point de voir des personnages de jeu (en particulier Guile de Street Fighter) lui donner des conseils dans sa vie de tous les jours. De la même façon, son rapport aux autres est étroitement lié au jeu vidéo, puisque sa rencontre avec Ono se fait en salle d’arcade et c’est les compétences de la jeune fille qui vont être à l’origine du lien entre les deux. De même, le jeu vidéo va être un élément majeur dans l’évolution de la relation entre notre jeune héros et Hidaka.

 

De ce fait, toute l’ambiance et l’esthétique du récit est marquée par le jeu vidéo, en particulier les jeux de combat. Et c’est notamment un des points forts de cette adaptation, car les images animées permettent quelque chose de logiquement absent du manga : on y voit de véritables parties sur les jeux évoqués. Ainsi, de Street Fighter à Tekken en passant par Soul Edge ou Darkstalkers, sans oublier King of Fighters ou Virtua Fighter, la diversité du jeu de combat de l’époque est bien mise en avant et permet de comprendre à quel point ce genre était roi dans le monde de l’arcade. Et c’est devant la borne que les caractères s’affirment et que les rapports entre les personnages évoluent.

Et compte tenu de l’importance de Street Fighter 2 pour Haruo et pour le récit (ce jeu est vraiment majeur aussi bien dans l’histoire du jeu d’arcade que dans celle du jeu vidéo tout court), il est important de préciser que l’anime a eu la bonne idée de faire appel à Yoko Shimomura pour en composer les musiques, elle qui est à l’origine de thèmes marquants de Street Fighter 2 (et qu’on connait aujourd’hui surtout pour des RPG tels que Kingdom Hearts ou Final Fantasy XV, qui a au passage une des bandes originales qui m’a le plus marqué). Cela contribue encore plus à nous immerger dans cette ambiance si particulière, et inutile de préciser que les musiques de l’anime sont de ce fait excellentes.

Mais les jeux de combat ne sont pas les seuls à avoir leur importance dans le récit, car au fil des situations, nous auront l’occasion de voir d’autres genres de jeu, le beat them all, dérivé des jeux de combat, mais également d’autres plus originaux dont je vous laisse la surprise de la découverte, car leur apparition dans le récit sera intimement liée aux péripéties que traversera Haruo. Car malgré l’importance du jeu vidéo, l’histoire est également celle d’un enfant qui va grandir, et dont l’évolution des relations avec deux filles seront centrales.

Un récit sur la découverte des sentiments

C’est surement le point que j’ai le préféré dans cette histoire, car ce n’est pas un hasard si finalement les deux seuls véritables rivaux d’Haruo sont des filles. D’un côté, il y a Akira Ono, qui l’obsède par son talent aux jeux de combats, et qu’il souhaite à tout prix battre, et de l’autre, nous avons Hidaka qui s’intéresse aux jeux vidéo uniquement pour passer du temps avec Haruo. Cette dernière est d’ailleurs le personnage qui m’a le plus touché dans l’anime, quand bien même les autres sont également très réussis. Ainsi, les rapports entre les trois personnages évoluent au rythme des parties, mais pas seulement. Ils auront l’occasion de vivre de nombreux événements plus ou moins importants qui contribueront à faire évoluer leurs relations.

Et comme pour le rapport au jeu vidéo, l’évolution des relations entre les personnages, et la naissance de sentiments qu’ils ont parfois du mal à comprendre passe en partie par le travail sur la gestion du temps que j’ai évoqué précédemment. Ainsi, tout cela se fait très naturellement, et si on n’est pas étonné de la façon dont vont tourner les choses, on ne peut qu’être investis émotionnellement dans le devenir de chacun des trois personnages principaux.

D’ailleurs sur ce point, l’écriture des trois est très réussie, les rendant tous très différents mais également très attachants. J’ai particulièrement aimé la façon dont Haruo se définit totalement par le biais de son rapport aux jeux vidéo, parlant de ça constamment. C’est un des nombreux ressorts comiques de l’anime (car il faut le dire, on rit vraiment beaucoup au fil des épisodes !). D’un autre côté, Ono est également très remarquable, venant d’une famille très riche et ne pouvant jouer aux jeux vidéo qu’en cachette, en salle d’arcade. Un autre élément qui la caractérise vient du fait qu’elle ne parle absolument jamais dans l’anime (tout du moins durant les 15 premiers épisodes, et ce serait étonnant que cela change par la suite). C’est une idée très intéressante qui permet, selon moi, de marquer le fait qu’elle soit difficile à cerner, en particulier pour Haruo qui n’arrive pas à décrypter les comportements des filles.

 

Enfin, mon personnage préféré, Hidaka, arrive après quelques épisodes, et est l’inverse de Ono. Elle parle beaucoup, permettant à Haruo de s’en donner à cœur joie dans le partage de sa passion. Elle ne semble pas apprécier les jeux vidéo en particulier mais s’y met quand même afin d’avoir des choses à partager avec Haruo, ce qui m’a particulièrement plu, car cela met parfaitement en évidence l’aspect social du jeu vidéo, surtout en salle d’arcade. Et le fait que l’on partage parfois ses pensées (alors que Haruo est le narrateur de l’histoire la majeure partie du temps) permet de ressentir une forte empathie vis-à-vis d’elle, ce qui explique qu’elle est le personnage qui m’a le plus touché. En effet, c’est avec Haruo le personnage dont on comprend le mieux les sentiments, et dont l’évolution est très logiquement la plus intéressante.

Ainsi, on se retrouve au final avec un récit passionnant, parfaitement écrit (cela vient surement du travail de Rensuke Oshikiri, le mangaka à l’origine de l’œuvre, car on retrouve des qualités d’écriture similaires dans sa série Bip-Bip Boy), dont l’esthétique et l’ambiance font mouche, permettant de bien prendre conscience de l’effervescence qui régnait dan le monde du jeu vidéo japonais des années 1990. En prime, on se retrouve avec un récit très passionnant sur le fait de grandir et de se définir enfant qu’enfant et ensuite adolescent. J’espère que les épisodes à venir vont continuer de faire évoluer ces protagonistes très attachants, en même temps que le monde du jeu vidéo. Au final, Hi Score Girl est une petite pépite d’animation à mes yeux, et me donne furieusement envie de me lancer dans le manga !


MAJ Saison 2 : Mon avis n’a pas changé avec cette seconde saison, qui étoffe encore les rapports entre les personnages, entre remises en question et grosses émotions. C’est toujours aussi drôle et touchant, mais surtout, on sent d’autant mieux l’évolution en âge de nos protagonistes et l’évolution de leur façon de penser leurs rapports entre eux. Que ce soit Haruo, Hidaka ou Ono, les trois sont parfaitement traités.

Et sans dévoiler la fin, elle conclut parfaitement cette histoire, tout en restant suffisamment ouverte pour nous faire comprendre qu’on a suivi ces personnages sur quelques années, mais que leur vie va continuer et que leurs relations vont perdurer et évoluer. De ce fait, une suite pourrait tout à fait voir le jour, et serait fort pertinente, même si pour le moment aucune information n’a été donnée à ce sujet.

8 commentaires

    • Je pense qu’elle finira par arriver à un moment, en espérant que ce soit dans le courant de l’année.
      Et en effet, j’ai trouvé l’écriture vraiment aux petits oignons comme on dit. On sent vraiment bien le travail sur le passage du temps et sur l’évolution des personnages.

      Aimé par 1 personne

    • Oui, je crois que c’est la raison
      D’où le fait qu’il y ait un gros décalage. Mais il me semble (à vérifier quand même) que la saison 3 de Food Wars est prévue quand même.
      C’est pour L’attaque des Titans par contre que je pense qu’on peut lâcher l’affaire sur netflix.

      J'aime

  1. Le titre m’a fait un effet similaire à la série Kaiba de Yuuasa par son côté « design pas folichon » et en plus en 3D, puis finalement très agréable à suivre. Le contenu présente une certaine richesse encyclopédique en décortiquant les jeux vidéo réel sortis au fil des ans mais cela a sa limite si vous ne vous y intéressez pas plus que ça. Cela place en revanche l’histoire dans un contexte temporel réel et nous suivons les personnages grandir, et les salles d’arcade et les console de jeux font originales par rapport à une sempiternelle histoire dans les mondes virtuels. La romance est classique mais rafraîchissante à suivre, même si cela a tendance à tomber dans les travers du triangle amoureux qui n’en finit pas.

    Aimé par 1 personne

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