Premier contact avec… Rin de Harold Sakuishi

Rin

Plutôt que de toujours écrire des avis tome par tome pour les séries que je lis, je me suis dit que dans certains cas, il est plus pertinent d’écrire un article de présentation de la série via les premiers tomes, en exposant les points qui m’intéressent, et qui me donnent envie ou non de poursuivre. C’est selon moi plus intéressant concernant les séries terminées ou les séries assez longues, ou encore, celles en cours depuis déjà un certain temps. De ce fait, je vais désormais distinguer les avis tome par tome d’avis généraux sur les débuts de série, qui ne seront pas amenés à être suivis d’avis sur les tomes suivants. L’idée est simple, lorsque j’écris un article « Premier contact avec… » concernant une série, il ne faudra pas s’attendre à d’autre article avant que j’ai atteint la fin de la série en question. Et le premier manga auquel je vais apposer ce traitement est RiN, d’Harold Sakuichi !

RiN est un shonen de Harold Sakuichi, l’auteur de Beck, publié entre 2012 et 2016 au Japon. La série est terminée en 14 tomes dans son pays d’origine, alors que nous avons 11 tomes disponibles en France chez Delcourt Tonkam. Précisons d’ailleurs que l’éditeur, pour une raison que j’ignore, sort les volumes à un rythme assez déroutant puisque les 8 premiers tomes sont parus à un bon rythme, et depuis le volume 9, il semblerait qu’ils ne sortent qu’un tome par an. D’autant plus étonnant qu’on n’est qu’à 3 tomes de la conclusion en France. Je ne sais pas si c’est dû à un manque de succès de la série ou à des complications avec l’éditeur japonais, toujours est-il que si vous souhaitez vous lancer dans la série, il faudra peut-être patienter avant d’en voir la fin, cela me semblait important de le préciser. Me concernant, j’ai acheté et lu les trois premiers volumes, et je souhaitais donc en parler plus longuement.

Jeune adolescent timide de 16 ans, Norito n’a qu’un rêve : devenir mangaka ! Ses débuts sont assez laborieux, mais pour plaire à la belle Asune, il redouble d’efforts. Rin, 16 ans, a été repérée par une agence de jeunes Idoles. Même si ses talents de médium font parler d’elle, elle refuse la célébrité.
Bien qu’improbable, leur rencontre semble inévitable et pourrait bien bouleverser leur avenir…

Le résumé l’indique clairement, il va être question de manga et de monde de l’édition dans RiN. Si vous avez l’habitude de me suivre, vous savez surement que Bakuman est un manga cher à mon cœur, et vous ne serez donc pas étonnés si je vous dit que j’ai vu un certain nombre de similitudes entre les deux séries. En effet, Norito, tout comme le duo Muto Ashirogi, souhaite être publié et pour ce faire commence par proposer des histoires courtes en vue de décrocher un prix pour les mangakas amateurs. Cela amènera un jeune responsable éditorial à le prendre sous son aile, et il rencontrera d’autres auteurs en herbe, dont un autre lycéen de son âge qui se présente comme un rival professionnel. Dit comme ça, cela pourrait très clairement résumer Bakuman également donc, à ceci près que RiN propose au milieu de ce récit réaliste un élément fantastique avec le personnage de Rin, jeune fille semblant posséder des dons de médium puisqu’elle arrive à apercevoir des éléments du futur des gens, ainsi que sentir les morts.

Ce personnage se relie à l’intrigue de Norito lorsqu’ils se rencontrent, car elle prédit que notre jeune héros et son rival seront amenés à travailler sur un manga traitant du même sujet. De plus, un mystère tourne autour du dernier mot écrit par un auteur décédé, que nos personnages souhaitent élucider. Ainsi, on se retrouve à naviguer dans le monde de l’édition, avec un soupçon de mystère et de fantastique qui se mêlent habilement à l’ensemble.

De là découle une ambiance particulière, avec une gestion vraiment très réussie de la vie quotidienne lycéenne, faite de rivalité entre garçons pour l’attention d’une fille, monde du manga, vie citadine (notamment nocturne), et un élément fantastique. Concernant l’ambiance globale et le travail sur les personnages, on retrouve d’ailleurs une certaine similarité avec les débuts de Beck (dont j’ai aussi lu les trois premiers tomes). Norito fait penser à Yukio (le personnage principal de Beck) en ce sens où ils partagent des traits physiques de jeune homme pas spécialement populaire, intéressé par une très jolie camarade de classe et qui se démarque par sa passion (dans un cas la musique, dans l’autre le manga). De cette passion naît un rapprochement naturel avec la camarade en question. Et dans les deux séries, le travail sur la vie lycéenne et sur le rapport à la passion est vraiment très réussi, autant que les interactions avec les autres personnages. Il s’agit très clairement d’un des gros points forts de Sakuichi, qui arrive à poser ses ambiances et créer de l’empathie pour ses héros, d’autant plus qu’on peut facilement s’identifier à eux du fait qu’ils soient des gens normaux.

Et puisque l’on en est à parler de l’ambiance et des personnages, impossible de ne pas évoquer l’esthétique très reconnaissable d’Harold Sakuichi. Il y a à la fois un côté réaliste à son trait, avec cependant un gros travail sur l’expressivité de ses personnages et les déformations des visages. En résulte des bouches parfois exagérément grandes qui peuvent faire bizarre au premier abord, mais qui passent finalement très bien par rapport au ton de son histoire et à son style très maîtrisé. Car encore une fois, on est dans l’aspect très proche de ce qu’il avait fait dans Beck, mais avec plusieurs années d’expérience au bout des doigts, ce qui fait que tout est parfaitement aboutit (dans les premiers tomes de Beck, le dessin était assez inégal, et on voyait bien les planches sur lesquelles il s’était le plus appliqué, ici, c’est vraiment très uniforme en terme de qualité).

Mais là où RiN se démarque, comme je l’ai dit précédemment, c’est par l’aspect fantastique qui vient du personnage éponyme. En effet, le manga a déjà de belles qualités, mais la plus importante pour moi est très certainement ce personnage, très mystérieux et intrigant. Son pouvoir, la relation qui se noue entre elle et Norito et son caractère en font un personnage vraiment très attachant. De plus, le character design que lui confère Sakuichi est vraiment très réussi. Il lui donne un côté banal mais duquel se dégage quand même quelque chose de spécial. De plus, son caractère extraordinaire du fait de son don est contrebalancé par le fait qu’elle ait une relation très normale et naturelle avec Norito, les rendant tous les deux très intéressants. Nul doute que l’évolution de leurs rapport sera au cœur de la série…

Ainsi, les différents éléments du récits se mêlent avec délice, contribuant à créer une ambiance vraiment particulière, entre réalisme et fantastique teinté de mystère, pour un récit qui s’annonce assez dense, et en tout cas passionnant. De ce fait, la question qui se pose évidemment après lecture de ces trois premiers tomes est : Est-ce que j’ai envie de poursuivre ? La réponse est clairement oui, et je pense d’ailleurs continuer le plus tôt possible car les mystères mis en place ainsi que nos personnages me donnent vraiment envie d’en voir plus.

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